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M Harlem Désir, un peu d’histoire

par secrétariat au Relations extérieures de la fédération anrchiste

Publie le dimanche 27 janvier 2013 par secrétariat au Relations extérieures de la fédération anrchiste - Open-Publishing
2 commentaires

Communiqué
M. Harlem Désir, un peu d’histoire !
Ignorance de l’histoire ou déni de l’histoire, les propos de Harlem Désir, le 21 janvier 2013, dans Mots croisés, sur France 2, à propos de l’accueil réservé aux réfugiés espagnols en 1939, sont inacceptables. Comment oser dire que ces Espagnols étaient fiers de la solidarité de la France ?
Comparant la gratitude qui serait celle de Maliens de 2013 envers la France à une présupposée gratitude des Espagnols républicains de 1939 à l’adresse du même pays qui aurait été accueillant pour eux, Harlem Désir a tenu ces propos : « Juste avant cette émission, j’étais à Montreuil où nous organisions une réunion de solidarité avec le peuple malien et j’ai vu des hommes et des femmes, beaucoup de Maliens de France, qui étaient à la fois inquiets, pour leur pays, comme ont pu l’être des réfugiés, vous savez, des Espagnols ou autres qui ont été accueillis en France au moment où leur pays traversait des drames et des guerres, et qui en même temps étaient fiers de la solidarité de la France, qui étaient soulagés, qui étaient reconnaissants. »
Or, même si en 1936 et 1937, il y eut une petite solidarité envers les Républicains espagnols en guerre civile, celle-ci a vite été interrompue par le gouvernement de gauche.
La Fédération anarchiste tient à rappeler que, parmi les 500 000 réfugiés espagnols fuyant le franquisme, après avoir, pour nombre d’entre eux, mené un âpre combat contre les forces franquistes, mais aussi contre ses alliés nazis et les supplétifs de Salazar, au moins 330 000 se sont retrouvés dans des camps de concentration (appellation officielle).
La solidarité n’était pas de mise, sauf chez certains militants de gauche, des anarchistes et quelques entités caritatives. En métropole et au Sahara colonisé, le gouvernement recevait ces Espagnols antifascistes, sans l’avoir anticipé – alors que les évènements présageaient une arrivée massive –, dans les camps de la honte du sud du pays. 17 000 personnes y périrent, ne parvenant pas à lutter contre le vent froid, la pluie, l’insalubrité, le manque d’eau potable, l’insuffisance des équipements sanitaires, la typhoïde, la tuberculose, le paludisme, le désespoir. Au Sahara, les conditions de vie étaient encore pires et certains y croupirent jusqu’en 1942. Rappelons aussi que les révoltes étaient punies d’emprisonnement dans des espaces disciplinaires et que les punitions brutales pouvaient semer la mort.
Là, il est question de l’attitude du gouvernement républicain jusqu’en 1940. Quant à celui de Vichy, il a livré des Espagnols au régime franquiste et aux nazis qui les ont déportés dans les camps d’extermination.
Pour rendre la monnaie de la pièce de la solidarité à la France, nombre d’espagnols exilés, dont de nombreux anarchistes, se sont battus contre l’occupation nazie, rejoignant la Résistance ou les Forces libres : les hommes de la 2e division blindée de Leclerc, commandée par le capitaine Raymond Dronne, la Nueve, qui, comme son nom l’indique, était composée en majorité d’Espagnols, ont été les premiers à rentrer dans Paris, le 24 août 1944, au soir.
Aussi, M. Harlem Désir, la Fédération anarchiste vous invite à revisiter votre Histoire de France, l’histoire de ces républiques et celle du comportement de ses représentants.

Secrétariat aux relations extérieures de la Fédération anarchiste.

Messages

  • Moins connue et plus dramatique encore est la situation des combattants qui ont été embarqués à Alicante pour l’Afrique du Nord. Acheminés dans le Sud algérien et le Sud tuni-sien, les premiers réfugiés y arrivaient en mars. Les camps de Carnot, d’Orléansville, d’Oran ont été construits. Là aussi, les autorités étaient débordées par le nombre de réfugiés voulant débarquer. Après avoir refusé leur débarquement, elles finissaient par céder. Ainsi, durant un mois, près de deux milles réfugiés de l’African Trader et du Stanbrook restaient coincés à bord. Une épidémie de typhus leur permit de quitter leur embarcation.
    Les familles regroupées, les femmes, les enfants et des hommes aux situations socio-professionnelles supérieures ont été hébergés dans des conditions correctes. Il en a été tout autrement des dits « miliciens » dans les camp de Suzzoni de Boghar et de Morand de Bogha-ri, au sud du département d’Alger : au manque d’hygiène, d’eau, de nourriture, de médica-ments, d’espace, il fallait ajouter la chaleur, les morsures de serpents… Nombreux sont morts du typhus, de la tuberculose, de la faim et des mauvais traitements .
    En Algérie, très rapidement, ces réfugiés seront exploités pour la construction du Transsaharien. En métropole, ils seront recrutés dans les fermes et dans les compagnies de travailleurs étrangers quand le pays, entré en guerre, traversera une pénurie de main-d’œuvre.

    Extraits de Les camps de la honte,Monde libertaire numéro 1669 28 juin 11 juillet, Agnès Pavlowsky

  • Complément

    Le 25 janvier 2013 - , je faisais référence à ces déportations en commentaire del"article d’Antoine

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article132945

    Le PS prend en otage la Guerre Civile espagnole pour justifier l’intervention

    Par ailleurs je vous mets une référence de ce Forum qui évoque Max AUB que mon grand-Père , un des responsables communistes du Camp , m’a dépeint comme un homme extraordinaire.

    http://djelfa.forumactif.org/t16-le-diario-de-djelfa-de-max-aub

    Vous évoquez les bateaux de la Retirada.

    L’histoire du Winnipeg que mon ami ORTIZ a mis en scène sous le titre "La Traversée solidaire" est édifiante , en terme de solidarité internationale

    l’Humanité écrivait

    Dominique Gautier et Jean Ortiz ont coécrit le film (1) qui retrace l’aventure humaine des 2 500 républicains espagnols sauvés par le poète Pablo Neruda. Remarquable.

    « J’ai aimé dès le début le mot de “Winnipeg”. Les mots ont des ailes ou n’en ont pas. (…) Le Winnipeg était un beau vieux bateau, auquel les sept mers avaient donné sa dignité.  » Ces mots sont de Pablo Neruda. Poète, diplomate et communiste. Un film, coécrit par Jean Ortiz et Dominique Gautier, retrace l’épopée de ce bateau qui, le 2 août 1939, quittera Bordeaux pour rejoindre Valparaiso avec, à son bord, 2 500 républicains espagnols. Quelques mois auparavant, ils avaient été 450 000 à traverser les Pyrénées. Devant l’accueil que leur réservent les autorités françaises, Neruda, alors jeune diplomate, décide de ne pas rester les bras croisés. Il prend contact avec France-Navigation, société d’armateurs créée en 1937 par les communistes français pour venir en aide à la République espagnole après la décision de non-­intervention du gouvernement de Léon Blum. Le choix se portera sur un de leurs navires, le Winnipeg.

    Au Chili, Jean Ortiz a rencontré des survivants. Ils s’appellent Victor Pey, Artemio Mateo Perz, Maria Luisa Valdellon, Rosa Bru ou encore Jose Balmes. Ils étaient enfants mais gardent un souvenir précis de la traversée, de l’accueil du peuple chilien. Des premières images de Valparaiso, ses lumières à flan de montagne dominant la baie, la nuit à peine tombée. Et le lendemain, de la joie, l’émotion qui ne les lâchera plus de Valparaiso à Santiago.

    À Paris, Jean Ortiz a également rencontré Jeannot Rivoual, marin à bord du Winnipeg, communiste qui, à son retour, sera arrêté et condamné à six mois de prison. Le climat anticommuniste culmine alors en France. Tout est prétexte, après la signature du pacte germano-soviétique, à déclarer la chasse à «  l’ennemi de l’intérieur  ».

    La force du film réside au-delà des témoignages. La caméra de Dominique Gautier est toujours au bon endroit, jamais intrusive, saisissant de manière opportune des paysages d’une beauté à vous couper le souffle. Il faut saluer le montage de Xavier Franchonne, qui entremêle images du tournage et photos d’archives. La force du film repose sur l’actualité de son sujet. L’histoire du Winnipeg ne se conjugue pas au passé. La solidarité internationale, l’exil, ses allers-retours — comme ceux qu’ont accomplis certains des descendants du Winnipeg contraints de prendre le chemin dans l’autre sens lors du coup d’État de Pinochet —, tous ces éléments nous ramènent au présent. Un film splendide et l’on se doit de saluer France 3 Midi-Pyrénées qui, non seulement le coproduit, mais le diffuse.

    Aux éditions Atalntica on peut se procurer "De Madrid à Valparaiso, Neruda et le Winnipeg" de Jean Ortiz et Marielle Nicolas

    Cordialement

    A.C