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Marseille, Hellemmes, Montreuil : les Roms, éternelles victimes

par Quentin

Publie le mardi 5 mars 2013 par Quentin - Open-Publishing

A Marseille, des riverains "excédés" chassent les Roms de leur campement sans que la police n’y voit malice. A Lille/Hellemmes, le maire PS est pris à partie par des manifestants protestant contre l’installation d’un village d’insertion pour les Roms. A Montreuil, des riverains de la rue Paul-Bert bloquent le chantier d’installation des Algeco destinés au logement de familles roms.

En période de crise, les clichés qui définissent le Tzigane comme "l’asocial absolu"
connaissent une nouvelle jeunesse. Les Roms, comme nombre de ressortissants de pays d’Afrique ou d’Asie fuient la misère économique, la violence raciste, les discriminations raciales ou religieuses. Et bien sûr que cette migration pose question notamment par les habitants d’origine, surtout quand cette migration est exploitée politiquement pour préconiser des politiques autoritaires, de "préférence nationale", d’exclusion de "l’étranger".

A Marseille ou à Lille, les forces à la gauche du PS se sont opposées par l’explication et la mobilisation à ces bouffées d’antiromisme primaire.

Ainsi le tract du PCF Nord

Hellemmes : pour la dignité humaine des Roms
"Une semaine après la manifestation anti-Roms et la violente agression contre le maire, Frédéric Marchand (PS), les communistes d’Hellemmes étaient en nombre sur le marché pour diffuser un tract prenant fait et cause pour le village d’insertion. Ce tract-pétition, qui s’ajoute à celui d’un collectif "Soutien aux Roms à Hellemmes", est conçu comme « un acte de pédagogie politique », souligne Roger Maly, secrétaire de section et adjoint au maire ; il sera diffusé « toutes boites » afin de sensibiliser largement la population dans les jours à venir. Face à des comportements extrémistes, haineux, attisés par l’UMP et FN, cultivant le mythe d’une invasion de voleurs et de délinquants, il n’est pas question en effet de faire le dos rond, de laisser passer l’orage comme semble vouloir le faire le Parti socialiste local, tandis que les autres représentations politiques observent un silence qui interroge voire, inquiète."

Ainsi le tract du Parti de gauche Marseille

"C’est avec émotion et horreur que le Parti de Gauche Marseille tient à réagir à "l’évacuation" monstrueuse du camp des Roms de la cité des Créneaux par les habitants. Comment en sommes-nous arrivés là ? C’est bien là question que nous devons nous poser au lendemain de cet événement. Les politiques successives gouvernementales d’expulsions inhumaines, le scandale d’une élue de la République de la mairie de Marseille (Mme Preziosi) attisant les haines, les réjouissances du préfet délégué à la sécurité de Marseille (anciennement en poste) après des expulsions, les non-réponses des pouvoirs publics aux demandes répétées des habitants ne conduisent qu’à une chose : quand la République recule, l’état de droit disparaît et les citoyens en viennent à se débrouiller seuls ! L’incapacité à proposer des solutions viables et humaines pour tous conduisent à réduire l’humanité à la défense de son propre territoire. Les violences répétées envers les Rroms par l’Etat ont légitimé progressivement les discours de haine, jusqu’à ce que les discours se transforment en acte."

Eh bien à Montreuil, rien de tout cela. Au contraire, le PCF soutient l’intervention anti-Rom de certains riverains de Paul-Bert. Le communiqué du Comité des citoyens montreuillois de Brard le confirme ainsi que le tract du PCF bas-Montreuil.

Persistant dans cette voie, mardi 5 mars, Jean-Pierre Brard, flanqué d’un complice, a bloqué avec son véhicule l’accès aux engins de chantier qui tentaient de nouveau de procéder à l’installation.

Qu’en pense le PCF nationalement ? Et P. Bessac, dépêché par ce parti sur Montreuil pour en chasser Voynet ? Qu’il parle enfin, s’il désapprouve. Et quid des autres composantes du Front de gauche qui n’ont réagi à ce jour que par de timides communiqués "prenant leur distance " avec Brard tout en ne s’exprimant pas directement sur le sujet à l’échelle de la population ?

Qu’attend-on : un pogrom anti-rom à la hongroise ? Il est plus que temps de réagir, de prendre toute initiative unitaire pour endiguer le poison de la xénophobie.

Le communiqué du NPA Montreuil

Solidarité avec les familles Roms pour le respect de leurs droits

Mardi 26 à l’aube, les conducteurs des engins de chantier, venus construire des logements provisoires pour des familles Rroms rue Paul-Bert dans le Bas-Montreuil, ont retrouvé les pneus de leurs véhicules crevés à la perceuse. De plus, des riverains présents manifestaient sur les lieux leur mécontentement face à ce projet.

La mairie de Montreuil avec l’aide de la région Île-de-France et de l’Europe doit installer ces prochains jours des « logements passerelles » pour accueillir des familles rroms vivant jusque-là dans des conditions sanitaires exécrables. Il est clair que les Algeco prévus pour loger ces familles ne sont pas une réponse durable à la hauteur des besoins. Mais leur refuser l’accès à ces logements précaires revient à les rejeter à la rue. Une réalité qui n’a pas l’air d’émouvoir les riverains hostiles à leur venue ni ceux qui ont soutenu publiquement cette opération "coup de poing".

> > Le NPA Montreuil est particulièrement indigné du soutien qu’apporte à cette mobilisation réactionnaire et raciste une partie du PCF local et de ses chefs, dont l’hostilité aux Rroms est notoire. A l’orée de l’élection municipale, certains pensent manifestement que tout est justifié pour reprendre la mairie. Le PCF appelle même dans un tract distribué sur la ville à résister à l’aménagement du terrain Paul-Bert comme le font les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ! Un parallèle indécent sachant qu’en plus une grande partie des élus PCF du grand-Ouest soutient le projet d’Ayrauport !

> > Le NPA dénonce toutes celles et ceux qui montent une partie de la population contre une autre pour finir comme toujours par taper sur les plus faibles et les plus démunis, les Rroms en l’occurrence. De plus, ce type de politique ne peut que favoriser le Front national et son discours xénophobe.

> > La crise rend les conditions de vie de plus en plus difficiles dans bien des quartiers. Une vraie politique de réquisition des logements vides et de construction massive de logements sociaux est une urgence sociale. Malgré les effets d’annonce le gouvernement n’y répond pas, dans la continuité des politiques de logement des derniers gouvernements.

> > Le NPA appelle toutes les forces politiques de gauche à l’unité contre toutes les formes de racisme et de xénophobie, à dire "stop" à cette dynamique dangereuse pouvant déboucher sur des actes d’une extrême gravité.