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NOUVEAU DRAME A LA POSTE
par DUPIN Bernard Administrateur CGT Groupe La Poste
Publie le vendredi 1er mars 2013 par DUPIN Bernard Administrateur CGT Groupe La Poste - Open-PublishingIl y a presqu’un an jour pour jour, notre fédération intitulait son communiqué :
« Nouveau drame : il faut ré-humaniser La Poste ».
Aujourd’hui, c’est avec colère que nous confirmons les informations concernant le cadre supérieur du siège de La Poste qui a mis fin à ses jours Lundi dernier.
Cet évènement intervient dans une période où, à nouveau, d’autres gestes de désespoir de postières et de postiers ont eu lieu.
La CGT et ses militants pensent avant tout aux familles, aux proches, aux collègues et tiennent à leur apporter tout leur soutien et leur solidarité.
Elle mesure la responsabilité qui est la sienne s’agissant de celles et ceux qui se sont rapprochés d’elle.
Cela s’appelle le respect et la considération : autant de valeurs qui semblent s’être évanouies au plus haut niveau de l’entreprise.
Si chaque drame a sa dimension personnelle, le lien avec le vécu professionnel semble trop souvent prépondérant voire essentiel.
Les causes de l’épuisement physique et psychique qui frappe les postier(e)s et qui génèrent ces drames sont connues et identifiées.
Pour la CGT, dans tous les cas, c’est l’exigence de vérité qui doit présider. Si des enquêtes sont ouvertes ou à ouvrir, qu’elles le soient et surtout qu’elles permettent de faire toute la lumière sur les faits, afin que les responsabilités soient établies.
La CGT ne peut passer sous silence l’expression de La Direction de La Poste, à la fois en interne, mais aussi vis-à-vis des familles des victimes où le mépris se mêle à l’outrance.
Lorsqu’on s’entête à communiquer sur « des drames personnels où la dimension professionnelle est absente ou marginale », il s’agit là d’une atteinte à la dignité humaine, celle de la mémoire.
Il faut bien comprendre que cette démarche dépasse complètement le déni, tant elle s’enracine dans les directions territoriales comme une méthode de management et de communication.
Le contexte du début 2012 avait abouti à une négociation d’un accord cadre sur la qualité de vie et l’organisation du travail que la CGT n’a pas signé. Au-delà des déclarations d’intentions qui y figurent, aucune mesure concrète répondant aux attentes de toutes les catégories de postiers ne s’est traduite dans les faits.
Au contraire ce sont le plus souvent des attitudes méprisables qui sont opposées à leurs expressions revendicatives et à l’argumentation de leurs représentants syndicaux.
Depuis le début de l’année, la reprise à tout crin de restructurations dans tous les métiers et territoires, témoigne qu’aucune réelle inflexion de la stratégie n’a été opérée.
C’est la politique menée depuis une dizaine d’années, accélérée par le changement de statut en S.A, e qui a conduit à supprimer près de 90 000 emplois (dont près de 5 000 en 2012), à vendre le patrimoine, à se calquer sur les seules exigences de rentabilité et à faire la course aux dividendes.
Pour la CGT, le sens même des valeurs du service public est foulé aux pieds lorsqu’on fait le rapprochement entre l’attrition des chiffres de qualité de service et les abandons caractérisés de missions de proximité.
A côté du lien particulier que les postiers avaient tissé avec la population, c’est la qualité de vie au travail qui est aussi en péril aujourd’hui. Qu’on ne s’y trompe pas, la stratégie de l’entreprise et sa traduction dans le quotidien des services sont le terreau du malaise social et donc des drames évoqués.
Aujourd’hui, on ne peut tolérer l’absence de communication du ministère de tutelle.
L’Etat en tant qu’actionnaire majoritaire se doit de sortir de son mutisme car il a le pouvoir politique de mettre en œuvre une autre politique pour l’avenir du service public postal.
LA CGT EXIGE ENFIN QU’UN VERITABLE CHANGEMENT SE CONCRETISE A LA POSTE, A LA MESURE DE LA GRAVITE DE LA SITUATION.





