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Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie
par Marie-Anne
Publie le vendredi 22 février 2013 par Marie-Anne - Open-Publishing19 commentaires
Tous les peuples européens sont confrontés aux mêmes impasses néo-libérales et partout la révolte gronde.
Ces révoltes sont généralement occultées par les médias, et au mieux l’on n’y trouve que l’écho de leurs aspects les plus spectaculaires. Seuls des articles parus dans le Monde diplomatique, des revues spécialisées ou militantes permettent de comprendre le sens de ces révoltes et leur parenté profonde.
La Slovénie, jusqu’à une période récente, était la « succes story » d’un pays « ex-communiste » qui validait, par l’exemple, les bienfaits de l’intégration dans l’Union européenne et de l’adoption des politiques libérales. Le parcours de ce petit pays, de son appartenance à l’ex-Yougoslavie à la crise actuelle, démontre en fait le caractère destructeur de la voie libérale dans laquelle tous les pays d’Europe se sont fourvoyés. L’histoire récente de la Slovénie constitue un miroir dans lequel nous pouvons reconnaître les mécanismes qui mènent l’Europe à la même crise économique, sociale et politique.
Le mirage du capitalisme
En 1991, la Slovénie et la Croatie, les deux Etats les plus riches de la Yougoslavie, déclarent unilatéralement leur indépendance. L’économie yougoslave a suivi les mêmes tendances que celle des pays occidentaux : une forte croissance jusqu’à la fin des années 1970, qui va élever considérablement le niveau de vie ; la hausse du prix du pétrole puis l’augmentation des taux d’intérêt au début des années 1980, vont provoquer un endettement important et une décennie de crise économique. Les pays les plus riches de la Fédération ne veulent plus participer à la redistribution des ressources.
La déclaration d’indépendance des deux République prend place entre la chute du mur de Berlin (16 novembre 1989) et celle de l’URSS (dissolution le 26 décembre 1991). L’Allemagne et le Vatican s’empressent de reconnaître les deux nouvelles Républiques. Les autres Etats européens, les Etats-Unis, le FMI… étaient plutôt au départ favorable au maintien d’une Yougoslavie qui aurait troqué le socialisme autogestionnaire pour le capitalisme libéral ; mais ils ont entériné le fait accompli d’une sécession qui allait entraîner inexorablement l’explosion de la Yougoslavie, avec son cortège de guerres et d’épurations ethniques.
L’Allemagne est intéressée par « l’indépendance » de ces pays dont l’industrie est performante, mais dont le coût de la main-d’œuvre est tout de même inférieur à celui qui prévaut en Europe occidentale. Le Vatican, pour sa part, considère que le dogme et le salut des âmes ne sont jamais mieux servis que par une politique très terrestre de défense de ses intérêts matériels et géopolitiques : Slovénie et Croatie sont deux Etats à majorité catholique.
Pour la Slovénie et la Croatie, l’enjeu de l’indépendance est non seulement de ne plus contribuer au Fonds de solidarité des régions défavorisées, mais il est également lié aux profits attendus des privatisations à venir. De plus ces deux pays espéraient rejoindre bientôt la Communauté européenne, et à travers elle l’Occident et son image de prospérité. Les Slovènes étaient globalement deux fois plus riches que la moyenne des Yougoslaves (et dix fois plus que les habitants du Kossovo). Il se disait alors qu’il valait mieux être le dernier en ville (c’est-à-dire la communauté européenne) que le premier au village (la Yougoslavie…).
La Slovénie décide de jouer le jeu du capitalisme et un nouvel ordre se met en place, non sans rencontrer de fortes oppositions. La loi de restitution des biens des anciens possédants est fortement contestée. L’Eglise catholique redevient ainsi le plus grand propriétaire de domaines forestiers de toute l’Europe.
Les institutions issues de la période autogestionnaire étaient loin d’être toutes inefficaces ; à côté des parcelles privées et des coopératives, les combinats agricoles répondaient aux besoins alimentaires de la population. Les structures de santé et les crèches étaient gérées par des instances associant les salariés et les usagers.
La Slovénie découvre que sa prospérité était liée aux échanges avec les autres républiques ou provinces dont elle a voulu se séparer. Son industrie y achetait à bas prix les matières premières qu’elle transformait ; l’ensemble yougoslave constituait un marché protégé facilitant l’écoulement de la production. Les zones de pêche slovènes sont amputées des eaux territoriales de la Croatie : plusieurs centaines de pêcheurs doivent revendre leur bateau.
La « transition » ne se fait pas sans soubresauts économiques. Les exportations avec l’Union européenne prennent peu à peu le pas sur les échanges que le pays continue d’entretenir avec les pays de l’ex-ensemble yougoslave. La « croissance » s’accompagne d’un chômage persistant. Le gouvernement n’applique pourtant les principes libéraux qu’avec prudence pour ne pas heurter de front la résistance sociale.
L’entrée dans la communauté européenne ne se réalise pas aussi rapidement que la Slovénie l’avait espérée. L’Etat slovène résiste à la Commission européenne qui la presse de réduire les salaires et les impôts sur le capital pour attirer les investissements étrangers. Mais pour entrer dans l’Europe il lui faut pourtant passer par les fourches caudines de ses exigences.
Le programme de privatisation s’accélère depuis les années 2000. La société suisse Novartis s’offre un des fleurons de l’industrie, l’entreprise pharmaceutique LEK. Le capital étranger rachète également dans la téléphonie, les banques, l’agro-alimentaire, les équipementiers automobiles, la production de ciment… L’acier est « restructuré », les entreprises du secteur sont privées de subvention suite aux « recommandations » européennes et regroupées dans une holding en attendant le rachat par d’éventuels repreneurs. Le marché de l’électricité doit être progressivement ouvert aux fournisseurs étrangers.
De plus, l’Europe refuse la demande slovène de maintenir pendant dix ans ses accords de libre-échange avec les pays de l’ex-yougoslavie. Ceux-ci lui permettaient pourtant de maintenir son économie à flot en cas de baisse de la demande européenne. Elle doit dénoncer tous ses accords de libre-échange avant son entrée dans l’Union européenne au 1er mai 2004.
Cette intégration à l’Europe favorise l’évolution libérale. Le marché s’ouvre aux complémentaires santé mais la privatisation des structures de soins n’attire pas les investisseurs : la clientèle solvable fait défaut. La précarité de l’emploi du public se calque sur celle du privé. L’instauration d’un taux unique de TVA frappe les slovènes les plus modestes dont la part du budget consacrée à l’alimentation s’alourdit.
Pourtant le système de relation sociale n’est pas profondément modifié en profondeur : les dispositifs mis en place dans « l’après-communisme », qui eux-mêmes empruntaient beaucoup d’éléments à la période auto-gestionnaire sont toujours en place. La nouvelle loi sur les sociétés maintient le principe de la co-gestion ouvrière.
Malgré des concessions, la Slovénie continue également à trainer les pieds en matière de privatisation. Les prises de participation étrangères ont surtout contribué à recapitaliser des entreprises slovènes où l’Etat a veillé à garder une majorité de contrôle. Ainsi la Banque belge KBC n’a pas obtenu l’autorisation du gouvernement de porter sa participation de 35% à plus de 50% dans la Nova Ljubljanska Banka. Les deux grands fonds d’Etat, le fonds des pensions et le fonds des restitutions, sont présents dans toutes les entreprises importantes du pays.
Les exigences européennes s’alourdissent pour l’entrée dans l’euro qui a lieu en 2007. L’inflation doit être combattue : « l’ajustement » se fera sur le dos des travailleurs, au prix d’une importante rigueur salariale entraînant des grèves. Les retraites sont en partie désindexées.
La tourmente
L’entrée de la Slovénie dans le « Saint des saints » de l’intégration européenne et de l’ordre libéral, l’euro, est contemporaine de la crise dite des « subprimes » aux Etats-Unis.
La crise rattrape la Slovénie dès 2008. Pour tenter de l’endiguer, l’Etat verse en 2009 une compensation en contre-partie d’une diminution de 8 h de la semaine de travail. Les syndicats dénoncent un système qui laisse de côté de nombreux travailleurs.
En 2010, suite à l’annonce du gouvernement de son intention de geler le salaire des fonctionnaires pendant deux ans, 80.000 fonctionnaires descendent dans la rue.
En 2011, la crise prend une nouvelle dimension. Le chômage a plus que doublé depuis 2008 (12%). Les exportations diminuent et la croissance s’enraye, la compétitivité se dégrade.
Ici comme ailleurs, la crise est l’occasion rêvée pour tenter d’accélérer les recettes libérales et le démantèlement des acquis sociaux. Selon le premier ministre –de gauche !- l’économie slovène pourrait reprendre plus vite si des réformes structurelles et des mesures d’austérité cruciales pour la compétitivité étaient adoptées plus rapidement. Le parlement a voté la loi sur les retraites exigée par le FMI et l’Union européenne. Pourtant l’endettement slovène n’a rien de monstrueux : 43% du PIB.
Grâce à une montée au créneau des syndicats et de l’opposition, les slovènes obtiennent d’être consultés par référendum sur la question des retraites. L’épouvantail des agences de notation, celui de l’effondrement des finances publiques ont été agités en vain pour influencer les électeurs qui ne s’en sont pas laissé conter : à 70%, ils ont rejeté le relèvement de la retraite de 63 à 65 ans.
Le gouvernement tombe suite à ce rejet et les élections de décembre 2011 ramènent au pouvoir une coalition fragile de partis de droite ; le nouveau premier ministre, Janez Jansa, se donne pour mission de sortir le pays de la crise.
En avril 2012, Jansa annonce un projet d’austérité drastique : salaires des fonctionnaires réduits de 15%, remise en cause du congé maternité et de la prime à la naissance, réduction des allocations chômage et des bourses d’études, etc.., conformément aux injonctions de l’Union européenne.
Plus de 100.000 fonctionnaires cessent le travail en avril à l’annonce de ces projets.
Des syndicats de fonctionnaires (14 sur 21) finissent par signer un projet de compromis : les salaires sont amputés, en principe de manière momentanée, « pour le bien du pays », de 8%. Mais le ministre du travail estime que cette entente est insuffisante pour sortir le pays de la crise et laisse entendre que d’autres mesures austéritaires sont à prévoir.
Les coupes claires dans le budget sont pratiquées à tous les niveaux : le budget de promotion touristique de la Slovénie à l’étranger est amputé – et pourtant le tourisme génère 12% du PIB-. La représentation diplomatique du pays est réduite. Le ministère de la culture est purement et simplement supprimé. Un comble : Maribor, la deuxième ville du pays, est capitale européenne de la culture.
Un nouveau tour de vis s’annonce avec la crise du secteur bancaire. L’économie se contracte avec la baisse des exportations, conséquence de la crise mondiale, et le ralentissement du secteur immobilier. Les trois principales banques du pays font face à des impayés de plus en plus conséquents : les créances douteuses s’élèveraient à 6,5 milliards d’euros.
L’Etat est majoritaire dans deux des principales banques du pays. Alors qu’il ne sait déjà pas comment boucler son budget, il prévoit de dégager une enveloppe de 4 milliards pour provisionner les créances douteuses, qui seraient transférés à une nouvelle « entité ». Il prévoit le recours à des obligations pour un montant d’un milliard, pour contribuer à doter l’entité de défaisance.
Le 2 décembre, l’ancien premier ministre social-démocrate Borut Pahor est élu président de la République. Le premier ministre de droite qui reste en place, persiste dans ses projets de « réformes ». Il s’en prend aux institutions : ses projets visent le fonctionnement de la justice et la nomination des magistrats, le conseil constitutionnel qui serait supprimé, et d’autres mesures destinées à « débloquer le système politique ». Et bien sûr inscrire la « règle d’or » dans la constitution, tout en prévoyant les prochaines restrictions budgétaires, du budget de la Sécurité sociale, le report de l’âge de la retraite et la « flexibilisation » du marché du travail.
La révolte slovène : le feu couve sous la cendre
Le social-démocrate Borut Pahor, ex-premier ministre démissionnaire, est élu en décembre Président de la République avec un score élevé (67%), mais une faible participation, sous fonds de manifestations populaires. Borut Pahor a apporté son soutien au gouvernement conservateur, estimant que c’était la seule voie possible.
Les manifestations se multiplient depuis la fin de l’année dernière et le début de la nouvelle année. A Maribor, une révolte a éclaté quand la population s’est aperçue que le système de radars installé en ville pour contrôler la circulation avait coûté 5 millions d’euros aux deniers publics et que sa gestion avait été confiée à une société privée. Onze de ces radars furent détruits, les mouvements spontanés durèrent plusieurs jours et furent vivement réprimés par la police.
A Ljubljana, la capitale, elles prennent pour cible le parlement slovène et mettent en cause l’ensemble du personnel politique. Les liens douteux entre les élus et le milieu des affaires sont dans le collimateur des manifestants. En effet, plusieurs scandales ont éclaté, éclaboussant Jansa, mais aussi son opposant le maire de Ljubljana, et d’autres.
La jeunesse, dont les espérances sont frustrées, s’inspire du mouvement des indignés. La mobilisation passe beaucoup par internet et réclame une démocratie directe.
Des intellectuels soutiennent le mouvement de contestation. Ils ont fondé le « groupe du 29 octobre », qui s’est joint aux syndicats pour organiser une journée d’action le 17 novembre, demandant la démission du gouvernement et la relance de l’économie. Syndicats et intellectuels partagent la même analyse : le plan de sauvetage de la crise basé sur l’austérité n’est qu’un prétexte à casser les services publics. Réunis sous le slogan « Relevons la tête », les organisateurs ont l’intention de persévérer dans la poursuite de leurs objectifs.
L’opposition a tenté de se faire entendre en demandant un référendum contre la loi instituant la « bad bank » chargés des créances douteuses (soit en fait leur transfert à l’ensemble des citoyens) ainsi que la privatisation accélérée de toutes les entreprises publiques. La cour constitutionnelle ne l’a pas jugée recevable, au motif que ces lois seraient essentielles pour protéger le fonctionnement de l’État.
Comme dans d’autres pays, une nostalgie de l’ancienne Yougoslavie s’est développée en Slovénie. Cette nostalgie ne s’exprime pas sous la forme d’un projet politique mais de l’attachement à des symboles et à la mémoire.
En attendant, le gouvernement n’a plus de majorité, même si le premier ministre mobilise ses partisans pour une « manifestation patriotique » opposée au mouvement de fond qui jette dans les rues de la capitale des dizaines de milliers de personnes. Le chômage au mois de janvier a cru de 5,2%. La crise économique, sociale, politique, idéologique est particulièrement profonde.
Face à une opposition politique ambigüe, elle-même compromise dans des scandales, mais qui essaye de tirer les marrons du feu, le mécontentement du peuple slovène cherche son chemin, entre « indignés » et nostalgiques de la Yougoslavie, entre intellectuels et syndicalistes…
Notre histoire s’écrit aussi en Slovénie.





Messages
1. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 14:01, par Joannès
Je relève aussi que de mémoire nos médias qui se targuent encore de démocratie ne la respecte plus ! Ah ! qu’il était bon le temps de la critique des pays ex-communistes-ratés ! La réalité les rattrape ces bons Messieurs mais selon l’adage : cachez ce sein que je ne saurai voir ! Ceci explique cela ! Oui, dommage que la population ne voit plus la nécessité d’une formation d’avant-garde Révolutionnaire qui peut laisser la place à d’autres aventuriers du fascisme ou à la poursuite de toute façon de la dictature capitaliste !
1. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 17:10
Attention à ne pas amalgamer la Yougoslavie et son socialisme original (vivable et agréable bien qu’imparfait) avec les pays totalitaires qui se prétendaient héritiers de 17 et socialistes.
Les titistes en ont pris plein la gueule par les staliniens (pas qu’en Yougo, en France et ailleurs aussi), ne serait-ce que par respect pour eux (et pour la réalité, tant qu’à faire) il faut prendre garde à ne pas les mettre dans le même sac.
Chico
2. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 18:15, par A.C
Ah bon, il ya eu des titistes persécutés en Yougoslavie ?
ET en France ?
par des staliniens..
Les staliniens de Yougoslavie..c’était quoi comme force de répression là-bas ?
Quant en France , quid de cette mouvance titiste ?
moi j’en suis resté au fait que le stalinisme a conduit , notamment dans les pays de l’Est à s’en prendre dans les années 50 à des communistes des PC au pouvoir, accusés , comme RAJK, FIELD London Slansky et autres ..
Pour cause d’"excommunication de la Yougo par l’Urss d’abord puis par l’ensemble des PC.
La façon dont Thorez d’ailleurs fut un des procureurs les plus violents. ;se comprend mieux quand on sait queTito avait accusé vertement le PCF ..en 45 d’avoir failli dans la stratégie de Résistance..qui aurait pu, selon, lui, conduire à ce que la France soit du camp "socialiste"
L’accusation de"titisme" , chez nous , par ce que tu appelles les staliniens, a très peu été utilisé(contrairement dans les années 30 à celle de"trotskisme) et je ne vois pas -mais tu vas m’aider à parfaire mesconnaissances- ou et comment des militants en "auraient pris plein la gueule ", soit parce qu’ils se revendiquaient du modèle yougoslave...(ce que suppose ta phrase)soit qu’ils aient été "victimes" d’accusations et de maltraitance pour supposé titisme.
Si j’en crois les archives du PCF que j’ai consultées , THOREZ en personne est monté au créneau au cours de deux séances du BP quand deux envoyés e lasection "POLEX3 sont revenus du Vietnam (de mémoire en 48-49) avec des accusations de"titisme" contre HO CHI MINH et des camarades de ce qu’on appelait alors l’indochine..
Cordialement
A.C
3. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 20:25
Heureusement que tu es là pour souligner que je m’exprime mal. Je voulais dire que la Yougoslavie de Tito en tant que telle a été en conflit avec l’URSS ("ah bon, il y a eu des chars soviétiques en Yougoslavie ?"). En conflit politique, je veux dire. La Yougoslavie a choisi d’être dans les non alignés, pas dans le bloc de l’Est.
Ah non, c’est pas moi qui les appelle. Ce sont eux qui se réclamaient de Staline ! :-)))
Je ne suis pas historien, je ne peux te faire une conférence là-dessus, je ne sais pas le nombre de militants concernés, mais des militants du PCF affirment (je n’étais pas né, désolé, je m’en tiens à des témoignages) que ceux d’entre eux qui soutenaient la démarche et le socialisme de Tito ont été pour certains virés et/ou persécutés ("excommuniés", pour reprendre ton expression).
Mais au-delà de la lettre, au-delà des imprécisions de ma formulation, au-delà des "débats" de spécialistes, de théoriciens ou d’historiens (je ne suis rien de tout ça, donc je ne peux t’accompagner sur cette route), il me semble que l’essentiel est ceci :
Les gens étaient globalement heureux de leur vie en Yougoslavie (j’avais pas mal de copains là-bas, que j’allais voir régulièrement), et je ne crois pas que c’était le cas dans les pays du bloc soviétique (euphémisme).
Et je redis l’objet central de mon message sans le modifier d’un iota : on ne peut assimiler, amalgamer ces deux régimes (celui de la Yougoslavie et celui de l’URSS ou de ses satellites) qui sont fondamentalement différents, en particulier aux yeux des peuples directement concernés.
Chico
4. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 10:13
Ta phrase signifie que je réussis à donner le change et que tu sous-estimes mon inculture théorique ! (chut, ne le dis pas à mes ex camarades de la LCR)
Gamin, un initiation basique au marxisme de Politzer (fournie par mon père), puis le Manifeste, Que faire, la Maladie infantile, et c’est tout, à part les unes de Rouge et les dessins de Faujour !
Je suis infiniment mieux formé sur l’apparition et le développement de la messe polyphonique entre le 13ème et le 15ème siècle, ou sur le retour du langage modal à la fin du 19ème...
Je sais donc reconnaître et respecter (sans pour autant dire amen) ceux qui ont une formation d’un autre niveau, j’en ai côtoyés beaucoup à la LCR et au NPA, j’en lis aussi quelques uns ici.
Mais je me dis qu’après tout, le point commun c’est l’homme, l’évolution de l’homme, de la société humaine, et qu’il est également intéressant d’aborder la politique sous différents angles...
Chico
PS : au passage, ça me faisait rire quand certains me (nous) traitaient avec agressivité de "trotskiste", moi qui n’ai jamais lu ce gars-là... Sans trop savoir ce que ça veut dire, je me sens plutôt guévariste... Rapport à mes T-shirts... ;-)
5. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 10:54
Ce sont eux qui se réclamaient de Staline ! :-)))
Moi je suis pas "historien", bien qu’à mon âge je commence à faire partie, (modestement) de l’Histoire, mais avant 1956 et bien après le rapport Khroutchev je n’ai pas connu beaucoup de camarades qui n’aient pas été peu ou prou "staliniens".
Pas dans la démarche mais en tant que soutien et reconnaissance à ce qu’ils savaient, (Ou croyaient savoir) de l’Oeuvre de Staline et de son rôle dans la défense du "Bastion du Socialisme réel" et sa Lutte victorieuse contre le Nazisme.
C’’est pas une "apologie" ni même une "critique", mais simplement une constatation de facto.
Pour ce qui est des Titistes, je n’ai connu qu’un seul cas ou un camarade a eu des ennuis. C’était un camarade de la cellule de mes parents qui en réalité était parti en Vacance en famille en Yougoslavie. Sans plus prendre parti pour Tito que pour Staline, ni avant, ni après.
En rentrant certains éléments de la cellule l’avaient mis en accusation comme "titiste". Et c’est là que j’a appris le mot ainsi que les divergences existantes entre l’URSS et la Yougoslavie.
Et mes parents qui étaient "staliniens" comme tous les autres alors, ne l’avaient pas condamné lorsque j’avait demandé une explication mais m’avaient dit que le si Mouvement communiste se divisait alors que la guerre, (Froide), se développait ça ne pouvait amener qu’à la catastrophe pour nous.
C’’est pas une "apologie" ni même une "critique", mais simplement une constatation de facto.
Quant à ce qui est de la "catastrophe" quant on voit ce qui s’est passé en URSS et en Yougoslavie plus tard...
Et pour la petite histoire, ceux qui avaient tenté de démolir ce camarade à l’époque au nom de la "pureté" communiste, se sont révélés à l’usage, (Vu que j’ai pu suivre leur évolution dans le Parti ensuite), comme les plus engagés dans les entreprises de démolition sociales-démocrates, l’arrivisme le plus féroce, et les combines politiques les plus foireuses.
Mais bon, il est certain que la réalité lue à travers les amplificateurs de la Classe dominante ça ne favorise pas la compréhension pour ceux qui sont venus après.
G.L.
6. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 11:26
Absolument. Et c’est bien dans ce sens, définition d’un positionnement politique, que j’ai employé ce terme. Pas comme un anathème ou une qualification coupée de la réalité.
Anecdotique : quand j’étais petit, mon ours en peluche (dans le nez décousu duquel je cachais des sucres pour les manger en douce au lit... bonjour les caries) s’appelait Kroutchev. Et mes parents m’ont toujours affirmé que c’est moi qui avaient choisi le nom...
Je me suis toujours demandé comment la Yougoslavie avait pu s’effondrer si vite, malgré un régime qui n’avait rien à voir avec les régimes de l’est.
Il me semble que le ver dans le fruit était ce putain de nationalisme (associé à une grande disparité économique entre nord et sud), qui a repris le dessus à la mort de Tito, qui avait réussi à l’atténuer grâce à son aura de libérateur.
L’atténuer mais pas l’anéantir : j’ai toujours été étonné de le trouver présent même chez les jeunes générations ouvertes et progressistes...
Mais je pense que, bien que cela soit survenu à la même époque, la chute de l’URSS et de ses satellites n’a pas grand chose à voir avec celle de la Yougoslavie.
Et pour en revenir à mon post de départ, en tant que "ami" de la Yougoslavie (est belle), je n’ai pas envie qu’on utilise ce pays et son régime pour réhabiliter d’autres régimes qui n’ont pas forcément à l’être.
Chico
7. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 25 février 2013, 10:57
Il me semble que le ver dans le fruit était ce putain de nationalisme (associé à une grande disparité économique entre nord et sud), qui a repris le dessus à la mort de Tito, qui avait réussi à l’atténuer grâce à son aura de libérateur.
Tu penses pas que ceux qui envisageaient d’installer la plus grande base US en Europe, (Camp Bonsteel) et avaient planifiée le démantelement de la Yougoslavie depuis des décennies afin de protéger stratégiquement les routes de l’énergie, le futur pipe-line Ambo en priorité, ainsi que de planter un drapeau à la Russie (re)montante, ont quelque chose à voir dans le processus ?
Les USA et l’Allemagne fédérale en premier avec leurs crypto-alliés djihadistes ?
Pourtant il me semble avoir lu bien longtemps avant tout ça une interview de Kissinger sur le sujet et d’autres analyses d’économistes et stratèges, parlant de la nécessité de contrôler le Centre-Europe et le Moyen-Orient, face aux futurs challengers du Nouvel-Ordre Mondial. Chine et Russie pour ne pas les citer.
Je penses que dans ce cas le "nationalisme" a bon dos. Je pense plutôt à un grave déficit de politisation de la population qui n’a pas permis de contrer les exacerbations régionalistes et religieuses soutenues par des protagonistes extérieur et des opérations sous fausse bannière.
Si les mêmes connards s’y mettent ici je donne pas 6 mois pour qu’en France on s’égorge entre Basques, Bretons, Occitans, Schpoutzs, Ch’tis, et autres, sans compter entre Chrétiens, Juifs, Musulmans et Athées ou même Marseillais et Parisiens.
Avec la Droite plus ou moins extrême et la Légion qui égorgeront tout ce qui bouge au nom de l’indépendance nationale, et la Gauche (???) qui appellera la Maison Blanche et le Quatar à venir à notre secours à coup de missiles Tomahawks et de mercenaires barbus.
Le problème est évidemment qu’il y avait en interne un grave déficit de "Démocratie réelle", (Comme ici aussi), et une incompréhension, (Savamment entretenue par certains), par les citoyens du vrai rôle que doit jouer un vrai état dans leur protection et du rôle qu’ils doivent eux-même y jouer. Ainsi qu’une confusion entre identité régionale et culturelle et identité sociale et politique...
Comme ici. Actuellement dans notre Belle France.
Ce qui a permis à des larrons extérieurs de mettre le bordel et de tirer les marrons du feu avec la complicité d’un certain nombre de personnages dirigeants politiques et économiques internes qui pensaient voir là le moyen de devenir les futurs Rockfeller du coin sur le dos du Peuple déboussolé.
G.L.
8. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 25 février 2013, 13:42
Si, bien sûr, il y a un lien.
Mais ça rejoint d’autres débats, en particulier concernant les mouvements dans les pays arabes.
On sait bien que le camp en face met en permanence ses forces en action pour servir ses intérêts. Et il est puissant et bien organisé.
Pour autant il n’est pas non plus omnipotent (sinon on aurait plus qu’à chercher une autre planète). Certains pays (du fait de leur contexte, de l’unité de leur peuple et d’autres causes diverses) résistent plus ou moins bien (Cuba, Vénézuéla, Iran, voire... France).
La Yougoslavie était un maillon faible du fait de son histoire
Et bien sûr l’impérialisme en a profité pour avancer ses pions (il est dans son rôle, dans sa logique).
On juge le nationalisme assez durement en France car nous sommes un vieux pays. La Yougoslavie avait des "handicaps" (des défis à relever) d’une autre ampleur : une partie musulmane, pauvre, issue de l’empire ottoman, une partie slave orthodoxe, et le nord catholique et riche. Egalement une Serbie dénoncée (à tort ou à raison) comme hégémonique au sein de la fédération.
Bref, il me semble que si l’impérialisme a marqué des points là-bas, c’est qu’avant même son intervention le pays était fissuré, et il en a profité.
Une anecdote : je roulais dans le pays avec des amis yougoslaves (jeunes, n’ayant pas connu la guerre). Nous prévoyions de dormir dans une grange en demandant à un paysan.
Pour moi je roulais dans la campagne yougoslave, point.
Mais alors que la nuit tombait, les copains m’ont dit qu’il fallait attendre un peu pour nous arrêter et demander l’hospitalité car nous étions en Croatie, on nous dirait sans doute non ou nous serions mal accueillis (y avait-il du vrai ? En tout cas je sentais les copains dans l’affectif et le subjectif). Il a fallu passer cette frontière totalement invisible aux yeux des non initiés avant de s’arrêter.
Chico
2. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 15:44
je suis un nostalgique de la yougo du camarade Tito et vous encule tous :)
1. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 23 février 2013, 17:14
Moi c’est pas mon truc, mais chacun ses goûts, si c’est ce qui te plait no problemo.
Avec le recul de l’homophobie, il y a de la place pour tout le monde, donc sois le bienvenu, avec ton style poétique et fleuri !
Chico
2. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 10:59
et vous encule tous
A priori le mec il est pas modeste...
Sans compter que moi je ne suis pas intéressé, mais que peut-être d’autres pourraient le prendre "homo" ???
Des promesses, toujours des promesses !!! ((- :
G.L.
3. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 09:25, par A.C
Tu retrouveras ici quelques infos interessantes
Pages 350 et 351
http://books.google.fr/books?id=SWd0qBGk5EMC&pg=PA350&lpg=PA350&dq=Ho+chi+minh+Titisme&source=bl&ots=AVrOetEwUE&sig=uTFi_eyI-neU2MGgDGfaivx_gxE&hl=fr&sa=X&ei=dcgpUZP6J-nM0QWy04GYAQ&ved=0CDcQ6AEwAjgU#v=onepage&q=Ho%20chi%20minh%20Titisme&f=false
IL faut se remettre dans le bain de l’époque
Le titisme apparait comme le mal absolu puisque de type "national-communiste" une façon intolérable pour Staline de voir des expériences de socialisme avec une spécificié propre àchaque pays. risquer se répendre
Or la Lutte des camarades vietnamiens si elle est franchement soutenu par le Paerti sans les hésitations quant à son caractère qui interpelleront le PCF concernant laAlgérie(puisque l’initiative de soulèvement n’est pas née de mots d’ordres du Parti !), conduit à une certaine méfiance ici ou là, car au sein de l’internationale communiste , certains se méfient de tout ce qui peut créer du "shisme nationaliste" alors qu’àl’ordre du jour du stalinisme c’est " En rangs serrés derrière le PCUS et son immense dirigeant)
Thorez renvoie au petit coin ceux qui tenteront de s’en prendre au PCI de l’oncle HO..
Au passage, pour CHICO : :
Je suis pas plus" historien " , spécialite de ceci ou cela, " intello", que toi ou n’importe quel militant ici, ok ?
Reprendre un point précis pour le compléter ou le contredire, c’est simplement s’appuyer sur l’histoire d’hier pour aider aux solutions pour demain.
Cordialement
A.C
4. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 15:02, par Paco NPA
Pour mémoire, la 4 apporta un "soutien critique" à la Yougoslavie lors de sa rupture avec Staline.
Sa section française organisa des brigades pour aller aider à la construction du socialisme. Car même entachée de bureaucratisme, il s’agissait d’une authentique révolution avec des pratiques en rupture (même partielles) avec le stalinisme (les expériences autogestionnaires).
Ce qui renforça les relations "sportives" (attaques physiques de meetings et de militants de la 4) avec le PCF.
1. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 19:09, par A.C
:))
M’en parle pas.
.Ce fut terrible
Sarajevo avant l’heure...Dans le monde entier , suite à ce soutien de la 4° à Tito.la répression sauvage s’abattit sur les révolutionnaires...,en France notamment , menée par les commandos"Pif-PifouHercule Tata tonton"..du Val de Marne...
On sait que les municipalités thoréziennes s’opposèrent par la suite à l’édification du Mémorial... qui rappelle les fosses communes ou les staliniens entassaient les corps de mutilés, encore chauds, parfois vivants.,
On peut heureusement visiter le Musée édifié à la mémoire des Brigadistes antibureaucratie ets’y recueillir , avenue du Grand Léon à Trostkland (banlieue de Belgrade)
Entrée gratuite fermé le lundi.
Vive la lutte des classes
(surtout celles de la Maternelle)
:)
Bizzz à la russe !
A.C
Trop jeune alors pour s’enrôler...alors..et qui du attendre la Révolution cubaine pour chercher à se rendre utile , dans les années 60...
2. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 24 février 2013, 23:03, par Paco NPA
AC,
Quitte à faire de l’humour au second degré n’oublie pas de citer l’intégralité du nom des commandos "Pif" qui se termine par : Glop ! Pas Glop ! suivi de la conclusion : "C’est ça la dialectique !"
A titre d’anecdote, au début des années 70 (quand j’ai commencé à militer), dans les très long face à face des matins blêmes des manifestations parisiennes, plusieurs heures avant l’apparition du premier manifestant lambda, lorsque le SO de la Ligue faisait face à celui des stals...
Cela les rendait fous de nous entendre scander : Pif ! Pifou ! etc...
Ils croyaient que nous nous fichions de leurs têtes alors que nous faisions de l’humour au second degré...
Cordialement
Paco
5. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 25 février 2013, 08:06, par Copas
... et la lutte des classes maintenant ?
Elle relève la tête apparemment en Croatie et en Slovénie depuis plusieurs années. C’est là quelque chose à comprendre et sur lequel se pencher.
On rajoutera que de petites recompositions politiques sur la gauche se font jour dans les états des Balkans .
La bataille qui se livre en Grèce influence cette région d’Europe.
Une partie de l’histoire qui s’écrie là, comme dans la Bulgarie pas loin où le peuple a fait sauter le gouvernement, est notre histoire, et de ces batailles se joue un peu notre sort.
Tout le sud-est de l’Europe est sous tension, et une grande partie des classes ouvrières de cette région résiste très fortement.
Là, comme ailleurs, les partis susceptibles d’aider à la progression de ces mouvements n’existent pas. Comme en Afrique du nord (quoiqu’il y a là des révolutionnaires dans la bataille) et évidemment comme dans le reste de l’Europe.
Il y a, au stade actuel de crise du capitalisme dans le monde, un vrai problème pour les partis de l’émancipation.
Ce ne sont ni les classes ouvrières, ni leurs capacités de se mettre en mouvement qui sont en cause, mais bien l’incapacité à trouver des formes d’organisation tant en termes de partis qu’en terme d’organisations unitaires d’une classe, pour disputer le pouvoir au capitalisme (sénile, hargneux et dangereux du 4eme âge).
Ces deux segments, partis de la révolution et formes d’organisation unitaires de lutte et coordonnées de la classe ouvrière (au sens moderne du terme) telle qu’elle est, sont ce qui manquent.
Ce n’est pas la rage et la colère des peuples qui manquent, et l’incendie qui court de l’Afrique du nord au sud de l’Europe exprime cette puissance et cette indignation. Les ingrédients nécessaires et fondamentaux existent pour aller plus loin.
A condition d’opérer des ruptures stratégiques de fond en matière d’organisations qui permettent de mettre en ordre de marche vers le pouvoir les poussées et colères populaires.
Et on doit se pencher sur ce qui marche et ne marche pas.
6. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 25 février 2013, 20:49, par Paco NPA
Un éclairage qui m’a paru intéressant :
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=8&cad=rja&ved=0CFkQFjAH&url=http%3A%2F%2Fwww.npa2009.org%2Fcontent%2Fla-r%25C3%25A9volution-yougoslave-et-l%25E2%2580%2599autogestion-par-catherine-samary&ei=Pb8rUaH_OoOh0QXl1IHQCw&usg=AFQjCNGKrgMCxGfj8ao4Ck9P_fGnoAUIZQ&bvm=bv.42768644,d.d2k
1. Notre Histoire s’écrit -aussi- en Slovénie, 25 février 2013, 23:15, par Paco NPA
Pour Chico (et les autres).
Sur que ça va te passionner.
Ca ne se lit pas en 5 mn.
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=7&cad=rja&ved=0CFIQFjAG&url=http%3A%2F%2Fbasepub.dauphine.fr%2Fbitstream%2Fhandle%2F123456789%2F9473%2FFragmentation%2520de%2520la%2520Yougoslavie.PDF%3Fsequence%3D1&ei=3eErUYunFeec0AXin4G4Cw&usg=AFQjCNGXkHTkUhejv3BAR_BHNZWXII1_2A&bvm=bv.42768644,d.d2k