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Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste
par Philippe Corcuff
Publie le lundi 4 février 2013 par Philippe Corcuff - Open-Publishing23 commentaires
Un départ mélancolique après 15 ans dans la galaxie LCR/NPA… et l’ouverture à de nouvelles explorations libertaires…
« Je m’en vais bien avant l’heure
Je m’en vais bien avant de te trahir
Je m’en vais avant que l’on ne se laisse aller
Je m’en vais avant que l’on puisse en rire
[…]
Je m’en vais car l’on s’est vu voler
Je m’en vais avant que l’on ne puisse atterrir
[…]
Je m’en vais en te voyant sourire
[…]
Je m’en vais pour tout recommencer
Je m’en vais pour ne jamais m’assagir »
Miossec, Je m’en vais, 2004.
Depuis le lycée, j’ai connu un itinéraire militant tâtonnant : Mouvement de la Jeunesse Socialiste (en septembre 1976, en seconde), PS (1977-1994), Mouvement des citoyens (1993-1994), Verts (1994-1997). Mais j’ai commencé ma première grève dès 1973, en 5e, contre la réforme des sursis militaires de Michel Debré. Avec un groupe de militants Verts hostiles à la participation au gouvernement Jospin, je quitte le parti écologiste pour créer le réseau SELS (Sensibilité Ecologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate), qui publie le 13 décembre 1997 un Manifeste : « Pourquoi nous nous liguons ? » (1). Un accord expérimental interviendra entre le groupe SELS et la LCR début 1998, qui conduira à l’adhésion de ses principaux animateurs en 1999 (dont les trois autres membres du quatuor initial : Claire Le Strat, Lilian Mathieu et Willy Pelletier).
En fait, j’ai connu deux grandes « familles » politiques : le CERES (d’abord courant de gauche du PS –dont la figure centrale pour moi fut un intellectuel-dirigeant marxiste nommé Didier Motchane, et non pas Jean-Pierre Chevènement– transformé en courant du PS Socialisme et République, puis en parti MDC) pendant 19 ans et la galaxie LCR-NPA pendant 15 ans. Ces deux belles aventures militantes débouchèrent sous deux formes différentes d’impasse : impasse nationaliste-étatiste-institutionnaliste pour le CERES-MDC (2). Quant au NPA, on va y venir…
De quoi être mélancolique au bout de plus de 36 ans de militantisme partisan, associé à des engagements syndicaux, associatifs et extra-associatifs (dans des collectifs divers) ! Pourtant, dans un air du temps qui porte, de l’extrême droite à la gauche de gauche, aux aigreurs du ressentiment (3) et au nostalgisme (le « c’était mieux avant ! ») sur fond d’adaptation à la logique de l’immédiateté, il apparaît important de s’efforcer de rebondir, sans perdre les bouts de lucidité générés par l’expérience mélancolique des échecs passés, dans une mélancolie joyeuse aiguisant la goût de la curiosité. Cela fait neuf mois que ma réflexion s’est engagée (4), que j’ai longuement discuté avec les uns et les autres au sein du NPA, que j’ai amorcé des relations amicales et expérimentales avec le Groupe Gard Vaucluse de la Fédération Anarchiste. Au lendemain du IIe congrès du NPA, ma décision est prise : je quitte cette organisation pour la Fédération Anarchiste.
LCR/NPA : une belle aventure transformée en impasse
La Ligue Communiste Révolutionnaire des années 1990 avait deux atouts importants dans sa besace, ancrés dans son histoire post-soixante-huitarde :
1) une insertion parmi des animateurs nationaux et locaux de structures syndicales et de mouvements sociaux, atout symbolisé à l’époque par quelqu’un comme Christophe Aguiton (avec d’autres figures syndicales comme Hélène Adam, Catherine Lebrun, Pierre Khalfa, Léon Crémieux, etc.), qui a permis à des militants de la LCR de jouer un rôle significatif dans le renouveau de la contestation sociale et l’émergence de nouveaux réseaux (ATTAC, mouvements de chômeurs, syndicats SUD, collectifs de sans-papiers et de sans-logis, etc.) ;
et 2) une activité intellectuelle soutenue, dans une époque de désintellectualisation à gauche, autour d’un marxisme ouvert en dialogue avec d’autres courants critiques et radicaux, symbolisée par Daniel Bensaïd et son travail théorique multiforme aux divers bourgeons hérétiques (5), mais aussi d’autres intellectuels-militants comme Michael Löwy, Samy Johsua, Enzo Traverso, Antoine Artous, Philippe Pignarre, Janette Habel, Catherine Samary, Josette Trat, Michel Husson, François Coustal, Pierre Rousset, Jacques Fortin, Alain Maillard, Charles Michaloux...
Et ces deux atouts étaient inscrits dans une dynamique de dépassement de la « culture léniniste-trotskyste ouverte » qui était celle de la LCR vers un nouveau type d’organisation politique, pluraliste et porteuse d’une diversité de radicalités sociales et intellectuelles. Sans cette configuration, quelqu’un comme moi, plutôt formé à un critique du « léninisme » autour de la figure de Rosa Luxemburg (6), n’aurait pas rejoint un cadre culturel si éloigné du sien. J’ai fait le pari de la pratique en mouvement contre l’inertie identitaire. Ces deux atouts ont été ensuite renforcés par l’émergence d’Olivier Besancenot sur la scène publique et ses capacités à déplacer les langues de bois militants au profit d’un langage politique ouvert sur la vie. Dans un autre style et à partir d’une autre expérience sociale, Philippe Poutou a continué dans la voie d’une rénovation du langage politique. Et pourtant, le pari fait en décembre 1997, dont j’avais pu croire, avec la création du Nouveau Parti Anticapitaliste en février 2009, qu’il était pleinement justifié, a finalement échoué.
Presque 10000 membres à sa fondation, aujourd’hui entre 2000 et 2500 membres : ces chiffres, pourtant significatifs, disent pourtant encore mal l’effondrement rapide de la promesse NPA. Le NPA n’a pas su trouver les voies d’un nouveau type d’organisation, inventant des pratiques militantes renouvelées davantage ajustées à la perspective d’auto-émancipation des opprimés. La quête d’une forme politique rénovée, avec une main dans les institutions existantes (la participation aux élections) et deux pieds et une autre main dans une mise à distance de la politique institutionnelle traditionnelle, n’a pu se concrétiser. Le NPA n’a pas su résister à la culture avant-gardiste de son axe initiateur, la LCR, dont le jeune Trotsky avait saisi lucidement les effets « substitutistes » (substitution du parti aux masses, des dirigeants aux militants, etc.) contre Lénine (7).
La culture avant-gardiste de la LCR s’est alors divisée en deux pôles attracteurs principaux : un pôle politicien faisant de l’intervention dans la politique professionnelle le point d’application principal (la majorité des animateurs de ce pôle a rejoint le Front de gauche) et un pôle révolutionnariste affirmant le primat traditionnel du parti révolutionnaire (qui constitue une forte minorité du NPA –presque 41% à l’issue de ce congrès– dans des formes dogmatiques archéo-bolchéviques que ne connaissait pas la LCR des années 1990). La majorité du NPA (51% lors de ce deuxième congrès) n’a pas réussi à inventer une autre position, permettant de penser et de pratiquer autrement le rapport entre organisation et auto-émancipation. Elle a plutôt exprimé, en fonction des moments, des hésitations et un bricolage entre les deux pôles. Olivier Besancenot est des rares à avoir en tête l’invention d’une configuration à la fois libertaire et marxiste d’un autre type, nourrie des défis posés par la pensée de Jacques Rancière, mais il est bien seul dans ce cas…
La grande majorité des animateurs nationaux et locaux de l’ex-LCR et du NPA (dont ceux qui ont rallié le Front de gauche) ont abandonné en pratique, comme nombre d’organisations politiques existantes, le chemin de l’auto-émancipation des opprimés, en passant subrepticement du verbe pronominal s’émanciper (selon l’adage de la Ie Internationale ouvrière en 1864 écrit par Marx et soutenu par Bakounine : « l’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ») au verbe transitif émanciper (comme on a émancipé les esclaves). La petite plateforme W (à laquelle j’ai participée), qui a courageusement défendu les chemins de la refondation auto-émancipatrice, n’a recueilli que 8% des voix lors de ce deuxième congrès. Dès le départ du NPA, les militants, de la base au sommet, ont nourri un fort déficit d’expérimentation de nouvelles pratiques politiques, et se sont rapidement calés sur les routines du vieux langage politique et de la vieille prétention avant-gardiste (sous ses deux faces : politicienne/révolutionnariste). « Le mort saisit le vif », écrivait Marx dans la préface à la première édition du livre 1 du Capital, en 1867, c’est-à-dire qu’ici le passé mort a tendu à écraser les possibilités créatrices du présent.
Mais alors qu’un « Nouveau » Parti Anticapitaliste n’arrivait pas à naître réellement, les atouts antérieurs de la LCR ont peu à peu disparu : les capacités animatrices dans l’univers syndical et dans les mouvements sociaux se sont amenuisées de manière drastique –la « période Aguiton » est maintenant loin derrière nous– et le travail théorique comme les liens noués avec les milieux intellectuels critiques se sont effilochés –après sa mort la « période Bensaïd » s’est écroulée. Bref ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement les possibilités gâchées du NPA et la déception bien au-delà du NPA, c’est aussi la régression par rapport à la LCR elle-même, à laquelle ont principalement contribué les membres du NPA eux-mêmes (et peu leurs concurrents et adversaires). Quinze ans de militantisme soutenu au sein d’une « culture léniniste-trotskyste ouverte » qui n’était pas la mienne et qui n’est toujours pas la mienne pour en arriver… en-deçà de mon point de départ, alors que les plus mauvais côtés de la « culture léniniste-trotskyste » semblent avoir pris le dessus sur les meilleurs. Il est bien temps de partir. Même si je garde beaucoup d’attaches et de souvenirs avec les camarades que je quitte. Je pense, par exemple, au sens aigu de l’intérêt général du mouvement ouvrier que j’ai pu observer chez un des principaux piliers méconnus de la LCR et de la IVe Internationale, François Sabado.
Maurice Merleau-Ponty m’a appris que la politique se nourrit au mieux de paris raisonnés dotés de repères partiels en situation d’incertitude historique (8). Les paris raisonnés sur l’avenir du NPA que continuent à faire mes amis Olivier Besancenot et Philippe Poutou comme mes camarades de la plateforme W ne sont plus les miens. Mais il n’est pas impossible qu’ils aient, cette fois, raison et que, une fois de plus, j’ai tort. Ainsi vont les mystères d’une histoire dont personne ne peut prétendre posséder les clés.
Je continuerai à donner des coups de main, quand ils me solliciteront, à Philippe Poutou et à Olivier Besancenot, mais hors du NPA. Je continuerai aussi à échanger avec les camarades du NPA qui sont inscrits sur la liste internet du Réseau de réflexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA, qui est ouverte aux non-membres du NPA. Et je garderai un lien avec la IVe Internationale, via mon abonnement à son excellente revue Inprecor. Mais ma cotisation, mes abonnements à la presse du NPA et mon inscription sur ses listes internet seront résiliés à partir d’aujourd’hui, ce qui prendra effet au plus tard début mars 2013. Dès 1981, le dirigeant communiste italien Enrico Berlinguer déclarait que « la force propulsive de la Révolution d’Octobre » était « épuisée ». Je reprendrai facilement la formule aujourd’hui en incluant le « lénino-trotskysme » de la LCR. Et je fais l’hypothèse que ce n’est pas autour d’un tel axe, ni même autour d’un axe « marxiste » plus large, que pourrait être reconstituée une galaxie anticapitaliste et émancipatrice demain, même si des militants issus de ces traditions pourraient utilement apporter leurs pierres à l’édifice.
La Fédération Anarchiste : un repli exploratoire pour préparer l’avenir
Quitter le NPA, certes, mais pourquoi pas pour le Front de gauche, me demande-t-on régulièrement ? Parce que je considère aussi le Front de gauche comme incarnant une série des régressions - régressions plus profondes que celles du NPA - et une impasse sur la voie d’une nouvelle politique d’émancipation pour le XXIe siècle. Que peut-on dire de ces régressions quant à certains acquis altermondialistes récents ?
- régression vers la double fétichisation de la professionnalisation politique et de « l’homme providentiel » vis-à-vis de la critique démocratique et libertaire des régimes représentatifs professionnalisés ;
- régression cocardière par rapport à la perspective altermondialiste ;
- régression laïcarde par rapport à une laïcité interculturelle ;
- régression républicarde-centraliste par rapport à une République associant espaces communs et diversité ;
- régression étatiste dans la conception de la transformation sociale.
Je reconnais volontiers toutefois un point positif au sein du Front de gauche : la capacité du Parti de gauche à avoir fermement associé très tôt question sociale et question écologiste, plus récemment sous les couleurs de l’écosocialisme. Mais, globalement, je fais l’hypothèse qu’une expérimentation de nouvelles pratiques politiques ne pourra y être que marginale dans la double logique politicienne et centraliste pesant sur sa structuration.
Des voix ont, par contre, été longtemps minorées et marginalisées à gauche : les voix libertaires et anarchistes. Or, ces voix ont notamment pointé une tendance transversale à tout un ensemble d’expériences réformatrices ou révolutionnaires : la tendance, sous des formes soft (parlementaires) ou hard (autoritaires, voire totalitaires), à la concentration politique des pouvoirs. La prise en compte de cette tendance passe par la critique des mécanismes de représentation et de professionnalisation politique comme des logiques avant-gardistes. Les sensibilités anarchistes et libertaires ont souvent préservé également une place de choix pour les individualités dans une perspectives émancipatrice alors que, saisies par les évidences d’un « logiciel collectiviste », les autres forces de gauche ont tendu à faire disparaître l’individu, sous la pression du collectif, de l’horizon mental des gauches. L’anarchisme est donc à réévaluer aujourd’hui dans les gauches, dans un dialogue avec Marx, dont l’individualisme tranche avec nombre de discours « marxistes » (9), comme avec les pensées critiques contemporaines (Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, Judith Butler, etc.) (10).
Pourquoi la Fédération Anarchiste ? Elle incarne particulièrement bien, dans son histoire, la critique du double point aveugle des gauches traditionnelles : la concentration politique des pouvoirs et la minoration des individualités. Quelques extraits de ses « Principes de base » l’expriment clairement :
« Les anarchistes luttent pour une société libre, sans classe ni État (…) et l’abolition des frontières. (…) L’anarchisme est un objectif de société globale, un idéal, mais aussi les moyens pour y parvenir, ceux-ci étant basés sur les mêmes principes organisationnels et éthiques : fédéralisme et entraide. En tant qu’individus conscients de leur exploitation, les anarchistes entendent lutter avec tous les exploités contre tous les gouvernements, reconnaissant ainsi l’existence de la lutte des classes dont la finalité doit être l’instauration d’une société anarchiste. »
Et la FA reconnaît la place, dans un cadre organisé, des individus :
« la Fédération anarchiste reconnaît :
* La possibilité et la nécessité de l’existence de toutes les tendances libertaires au sein de l’organisation.
* L’autonomie de chaque groupe.
* La responsabilité personnelle et non collective. (…)
* La révocabilité des secrétaires et mandatés. »
Á mon sens, les courants « communistes libertaires » sont encore trop pris dans les effets du « logiciel collectiviste ». Cela ne signifie pas que l’on ne trouve pas de pratiques et de réflexions intéressantes, à Alternative Libertaire (11) ou à l’Organisation Communiste Libertaire (12). Mais si « le communisme » se révélait clairement, en ce début de XXIe siècle, tout à la fois la maladie infantile et sénile de l’émancipation sociale ? Car la référence « communiste » tend à aplatir la prise en compte des individualités, y compris dans la mouvance anarchiste. Maurice Merleau-Ponty voyait en 1955 dans « l’a-communisme » une « condition stricte de la connaissance de l’U.R.S.S. » (13). L’a-communisme est peut-être devenu aujourd’hui une des conditions principales pour repenser l’émancipation.
On trouve justement chez Proudhon une critique du « communisme », réévaluant la place de l’individu dans des relations de réciprocité et de solidarité, différente de l’individualisme égocentré d’un Stirner, par exemple (14). Plus récemment, le philosophe Emmanuel Levinas a formulé une mise en tension fine de l’espace commun et de la singularité personnelle, du collectif et de l’individuel, sans hégémonie de l’un sur l’autre : « il faut comparer l’incomparable » (15). Comparer, au sens politique de constituer un espace commun, du commensurable, avec des institutions collectives, des services publics, des règles et des critères de répartition plus juste des ressources, etc. Et l’incomparable ? Pour Levinas, le caractère incommensurable, singulier, du visage d’autrui. Cette tension entre solidarité et individualité est au cœur de ce que j’ai appelé avec quelques-uns social-démocratie libertaire (16). Dans une telle perspective de reformulation des relations entre l’individuel et le collectif, la Fédération Anarchiste porte une actualité dont elle n’est pas toujours suffisamment consciente.
Certes, je ne vais pas présenter mon long itinéraire me menant du PS à la FA comme une autoroute menant à des jours glorieux ! Je suis conscient de ma marginalisation dans l’espace politique. C’est pourquoi je parle de repli exploratoire - explorer une réévaluation et une réactualisation d’idées libertaires comme de pratiques alternatives anarchistes – dans un état des forces politiques au sein duquel j’ai du mal à déceler les possibilités réellement novatrices. Je ne pense donc pas que c’est à partir de la seule FA que l’on pourra reconstituer une politique d’émancipation au XXIe siècle. J’ai plutôt en tête un espace pluraliste encore à venir dans lequel les composantes libertaires devront être importantes et non plus marginales.
Sur ces chemins incertains, je me méfie du gauchisme, entendu comme l’affichage d’une posture et le maniement d’une rhétorique qui font passer la logique identitaire avant les effets émancipateurs sur la réalité. J’ai été vacciné très tôt contre un tel gauchisme grâce au CERES. Une phrase de 1973 de Didier Motchane m’accompagne encore :
« Dans les grandes banlieues de la révolution, l’illusion lyrique n’est séparée de l’illusion comique que par un terrain vague : la confusion politique, la gesticulation idéologique s’y donnent libre cours » (17).
C’est peu su, car les préjugés sont tenaces, mais à la FA certains combattent aussi ce type de gauchisme. Ainsi dans un texte intitulé « La convergence concrète avec les anarchistes », des militants de la FA ont récemment appelé à « dépasser le clivage léniniste réforme ou révolution » (18). Non pas pour abandonner l’horizon de la révolution sociale, mais pour assouplir, de manière plus pragmatique, la vision des processus y menant. Cela rejoint, sous des formes différentes, les efforts contemporains pour mieux lier anarchisme et pragmatisme, chez Irène Pereira (11) ou chez Michel Onfray (19).
Mais pourquoi entrer de nouveau dans une organisation politique, alors que des choses fort intéressantes se font et s’écrivent du côté des anarchistes indépendants, avec mes amis Daniel Colson (20) et Pierre Bance (21) ou dans la revue Réfractions. Recherches et expressions anarchistes ? Parce que je ne me reconnais pas dans le discours anti-organisations de certains composantes des mouvements d’indignés aujourd’hui. Parce que je ne crois pas au seul spontanéisme. Parce que je crois en la nécessité d’une mémoire critique du passé et à un cadre organisateur dotant l’action d’une stabilité relative. Parce que j’espère encore dans la tension entre organisations politiques et auto-émancipation.
Post-scriptum pour les fondus du ressentiment sur Mediapart :
Pour ceux qui seraient tentés de déverser, une fois de plus, leur bile sur ce blog, je recommande un passage préalable par le sas de décontamination constitué par le précédent billet : « Du ressentiment : des trolls de Mediapart à la société française », 1er février 2013.
Je pense en particulier à :
- Ceux qui ne pourraient pas contrôler des poussées spontanées d’aigreur contre mes supposées turpitudes libertaires de « bourgeois » ou de « petit-bourgeois ». Ces montées irrépressibles d’acide sont d’ailleurs souvent le fait de « bourgeois » ou de « petits-bourgeois » eux-mêmes qui masquent le conformisme social de leurs modes de vie effectifs derrière l’anonymat d’identifiants abscons et une rhétorique ronflante qui les institue en porte-parole imaginaires de « la classe ouvrière » et du « Peuple ». Quand il s’agit d’anarchie, ils peuvent d’ailleurs circuler automatiquement sur les rails constitués, dans un moment de faiblesse théorique, par le bourgeois Marx contre le prolo Proudhon : « petit-bourgeois ballotté entre le capital et le travail » (Misère de la philosophie. Réponse à la philosophie de la misère de M. Proudhon, 1847)…
- Et à ceux dont l’activité « militante » se réduit principalement à l’usage narcissique de la souris et du clavier, et qui grappillent d’éphémères jouissances au final frustrantes dans la désignation à la vindicte publique de « traîtres » et de « vendus » parmi les militants non virtuels. Je conseille à ces cyber-procureurs d’éteindre, un moment du moins, leurs ordinateurs et de contempler silencieusement « l’Idée du communisme » dans leur jardin à la française en sirotant une tisane made in China.

Notes :
(2) Sur certains apports et limites de l’expérience du CERES, voir P. Corcuff : « Nouveau Parti Anticapitaliste : actualité du CERES » (version intégrale d’une tribune publiée dans Le Monde, 7 février 2009), Mediapart, 10 février 2009.
(5) Voir Daniel Bensaïd, Une radicalité joyeusement mélancolique. Textes (1992-2006), textes réunis et commentés par P. Corcuff, Paris, éditions Textuel, 2010, et le nouveau site qui lui est consacré : http://danielbensaid.org/ .
(7) Dans Léon Trotsky : Nos tâches politiques (1e éd. : 1904), Paris, Denoël-Gonthier, collection « Bibliothèque Médiations », disponible sur internet ici.
(8) Voir P. Corcuff : « Actualité de la philosophie politique de Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) » : « I - Politique et raison critique », 5 janvier 2009 et « II - Politique et histoire », 7 janvier 2009.
(9) Voir P. Corcuff, Marx XXIe siècle. Textes commentés, Paris, Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », 2012.
(10) Voir P. Corcuff, Où est passée la critique sociale ? Penser le global au croisement des savoirs, Paris, La Découverte, collection « Bibliothèque du MAUSS », 2012.
(11) Au sein d’AL, voir Irène Pereira, Peut-on être radical et pragmatique ?, 2009 et L’anarchisme dans les textes. Anthologie libertaire, 2011, publiés tous deux à Paris, aux éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie critique ».
(12) Voir dans le journal de l’OCL, Courant Alternatif : « Autour de Jacques Rancière : Éléments d’une politique d’émancipation », par J. F., n°192, été 2009 et « Ni le mouvement social ni le pouvoir populaire ne règlent la question politique », par J. F. et Philippe, n°195, décembre 2009, pp.20-23.
(13) Dans Maurice Merleau-Ponty, Les Aventures de la dialectique (1e éd. : 1955), Paris, Gallimard, collection « Folio Essais », 2000, p.311.
(14) Voir P. Corcuff : La question individualiste. Stirner, Marx, Durkheim , Proudhon, Latresne (près Bordeaux), Le Bord de l’eau, 2003, et Philippe Chanial : La délicate essence du socialisme. L’association, l’individu & la République, Lormont (près Bordeaux), Le Bord de l’eau, 2009.
(15) Emmanuel Levinas : Ethique et infini (1e éd. : 1982), dialogues avec Philippe Nemo, Paris, Le Livre de Proche, 1990, p.84.
(17) Dans Didier Motchane : Clefs pour le socialisme, Paris, Seghers, 1973, p.198.
(18) « La convergence concrète des anarchistes », Le Monde Libertaire, n°1641, 23 juin-6 juillet 2011.
(19) Voir Michel Onfray : Le postanarchisme expliqué à ma grand-mère. Le Principe de Gulliver, Paris, Galilée, 2012 ; et, sur Mediapart, P. Corcuff : « Michel Onfray, postanarchiste iconoclaste. Ou l’actualité d’un pragmatisme libertaire », 10 décembre 2012, et Laurent Galley : « Michel Onfray et le Postanarchisme », 28 janvier 2013.
(20) Voir Daniel Colson, Petit lexique philosophique de l’anarchisme. De Proudhon à Deleuze, Paris, Le Livre de Poche, 2001.
(21) Voir les analyses avancées par Pierre Bance d’un point de vue anarcho-syndicaliste quant à une série de pensées critiques contemporaines sur le site AutreFutur.org.







Messages
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 08:24, par Henri
C’est sur ,d’un point de vue de philosophe, c’est beaucoup plus confortable d’étre Anarchiste , Plus de probléme d’election etc etc , on reste dans la divine philosophie,comme une belle oeuvre d’art , dans le pur , et surtout on est sur qu’on est inattaquable au niveau de la dialectique on est dans un idéal....Onfray l’a bien compris lui aussi ......Mais bon cette façon de faire ne résoud rien, sauf pour les philosophes et leurs réves......
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 18:46, par Luis
Dommage pour Corcuff qu’il ignore une des principales leçons du mouvement d’émancipation, une des idées auxquelles Daniel Bensaid tenait tant, et qu’il a mis en oeuvre depuis son adolescence,jusqu’à sa mort :
Source : http://danielbensaid.org/Strategie-et-parti
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 20:37
Je partage entièrement Luis
Merci pour ce rappel
LL
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 08:34, par Gérald
Longue diatribe pour "s’excuser" de se casser...
Corcuff n’est pas indispensable !
Qu’il aille faire de la masturbation intellectuelle à la FA !
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 09:43, par LBL
oui, là il pourra poétiser avec ses nouveaux compagnons anarcho-jacobins, adeptes du Dieu Ferré et de l’anti-marxisme forcené, et comme dit précédemment, du "grand philosophe" l’Onfray anti-média mais qu’aime bien y aller quand même pour y vendre sa soupe anrcho-bleu-blanc-rouge... Le NPA ne doit pas y perdre grand chose.
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 7 février 2013, 02:42, par Gilbert Duroux
Corcuff nous fera toujours rire.
À propos de sa nouvelle référence, Michel Onfray, l’anarchiste qui s’appuie sur les papiers flicards de Libé pour débiner les épicemards de Tarnac, voir ici :
http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article1318
http://internetdown.org/claudeguillon/article.php3?id_article=24
Ça ne m’étonnerait pas qu’un de ces quatre les anarchistes organisés rejettent le faussaire Corcuff comme ils rejettent maintenant Onfray.
D’autant que Corcuff, critique intelligent de la critique des médias, ne cesse (en s’attaquant à PLPL,puis au Plan B, puis à Acrimed, puis à Serge Halimi et au Monde diplomatique) de s’en prendre à des militants qui auraient des leçons à lui donner en matière de défense des valeurs libertaires.
Pour Corcuff, critique intelligent de la critique des médias, ces gens ont une vision simplificatrice d’un sujet éminemment complexe et sont, de plus, des complotistes. Corcuff et BHL, même combat !
http://www.acrimed.org/spip.php?page=recherche&recherche=Corcuff
3. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 10:15
tu fais ce que tu veux, on s’en fout de tes états d’âme !
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 19:23
tu fais ce que tu veux, on s’en fout de tes états d’âme !
oui toi tu t’en fout , mais ON s’en fou ,ben......
NOUS NON ..... en fait li nous mène en bateau dès le départ ?ça c’est important ,il faudra faire la lumière ,désolé pour les
lèche bottes , mais on a compris depuis longtemp
4. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 11:23, par A.C
OUI, on en discutais hier avec mes gosses
– "Papa, tu t’es cassé du Peuceufeu, pourtant le P ;d.G a un leader vachement charismatique, des intelligents pas trop ouvriéristes comme toi et en plus, pour nous les Bac plus trois ou cinq, bientôt chômeurs, la question centrale del’écosocialisme dont t’as l’air de te contrefoutre,,c’est pourtant un machin que’entre jeunes, surtout issus comme nous de familles pas trop friquées, ça nous branche grâve !"
"Et corcuff quand m^me, c’est pas la moitié d’un con Papa,"
moi, avec une moue..
– Exact, pas la moitié, mais les trois quarts.
C’est le genre "Ou puis je aller instiller un peu de "nouveau" , afin que F.OGisbert ou les politologues Nolleau et Zemmour m’invitent dans un prochain talk-show ou je serai quand m^me un peu plus représentatif de la Révolution en marche que ce gentil Poutou avec son Bac mois deux et son vocabulaire assez limité d’ouvrier de chez FORD..
Si là , ça marche pas , il me reste quelques"cercles" , quelques revues quasi clandestines parce que ’incompréhensibles pour des gens qui , à part dans l’ Equipe , ne savent pas rechercher un minimum de renfort neuronal afin debien comprendre les enjeux de cemillénaire....
– bon, Papa, avec toi, c’est toujours la mitrailleuse lourde pour soidisant flinguer la connerie. ;
– Ouais..Et quand je lis Corcuff, je me rends compte que soit je suis mauvais tireur, soit la connerie , comme la pollution, ça progresse..
A.C
5. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 11:30, par Snark
Bien d’accord avec ton analyse sur les dérives électoralistes et crispations identitaires. Pour ma part, après avoir tenté un moment de participer au redressement démocratique (suite à l’UE 2011) du NPA j’ai décidé de mettre les voiles. Quand aux lazzies de toutes sortes, et comme je l’écrivais suite à un post de Jacques Fortin dernièrement, il n’y a que le NPA qui croit qu’il existe, qui croit qu’il peut être utile dans les luttes, dans le rassemblement. Dans mon département breton, on ne voit plus que quelques ombres qui passent dans les cortèges, plus de communiqués etc ...
Par contre le repli sur une autre "organisation" fusse la FA, je n’y crois guère. La liste "pratique libertaire au sein du NPA" n’était pas non plus un lieu d’action et d’élaboration qui donne de l’optimisme ; souvent des proclamations sous-tendues par "j’ai une idée, donc elle est bonne", un manque total de légitimité de militants qui menaient le débat sur cette liste parce qu’ils ne lemenaient pas dans leur propre comité ... (cf la motion sur le débat des statuts de l’automne 2011 débattue et votée dans 20 structures alors que plusieurs dizaines de militants annoncaient haut et fort qu’ils allaient se bagarrer pour faire changer le NPA)
J’ai l’impression que le NPA est mort en même temps que Bensaïd.
Bon courage à toi, ne te mélange pas trop à Onfray (dont le bouquin sur Camus est particulièrement indigent)
Salut et fraternité
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 11:44
le NPA est mort ?
J’ai plutôt l’impression que ce sont les cadavres qui s’en vont !
6. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 12:00, par jean 1
Alors là Philippe Corcuff j’ai l’impression que quelque part tu dois être dans la bonne direction à voir les réactions des intervenants dont celles du général en chef A.C qui il y a peu a du être l’objet d’une promotion(dans la police peut-être) avant de m’interpeller de la façon suivante :
" !Tous ensemble sortons de ce système et décidons de notre vie sans .intermédiaire."
T’en es ou, TOI, dans ton coin ta boite, de telle outelle initiative quit’éviterait sans cesse de te la péter"Révolutionnaire licenciéé es Lutte de CLASSES" fustigeant les ceuss qui"enfument" et que tu comabtsà coup de slogan rappelant ceux du Général NIvelle en 1914
"Armons nous et partez"
Ta denière action de masse stp, en dehors de tes solos de clavier ?
Tu milites ou, dans quelle boite, sur quel territore, Jean 1° , empereur des YAKA-FOCON ?
A.C je te laisse à tes questions et pour en revenir à ton slogan"armons nous et partez" je trouve qu’il s’applique pleinement(on a déjà donné) à l’Espagne de 1936 et à la Gréce de ce jour où les anarchistes ont toujours été et sont toujours aux avant-postes pour combattre le fascisme.
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 13:27, par Paco NPA
ce n’est pas se livrer à une curée intolérable (et contraire à l’histoire de la LCR et du NPA) à l’encontre d’un "partant" que de constater que l’annonce du départ de P.C. (annonce faite au lendemain du congrès national) permet à certains cercles intello-webiens de parler de ce départ... Et non dudit congrès...
Et par un effet de "timing" de faire parler de lui et non des conclusions du congrès (dont personne ne conteste la préparation et le déroulement démocratiques) renforçant ainsi "l’analyse" d’une dépêche d’une agence de presse reprise en boucle (le NPA va très mal...) et tenant lieu de vérité éternelle.
Pour le reste, il y aurait matière à discuter du texte (sans qu’il ne soit "incontournable"), si cette discussion se réduisait à : A bas les traitres/Vive l’anarchie, je n’en serai pas...
Disons simplement que le départ de P.C. n’a pas la même portée politique que la non rencontre POUM/courant Durruti qui elle aurait (peut-être) pu changer l’histoire.
Paco
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 17:35, par A.C
OUI.cela t’évitera d’y répondre..
Remarque qu’en fait, savoir "QUI est qui "," qui lutte et comment" c’est secondaire..
La lutte de classes pour certains Mozart(s) du clavier d’ordi, c’est comme la masturbation
Tu fermes les yeux et tu t’imagines que c’est une telle ,ou un tel(en cette période "divorce pour tous" , je ne voudrais pas te froisser inutilement) qui te procure ton orgasme..
T’avouerais je cette audace révolutionnaire qui te fait jouer duclairon rouge-noir , pour réveiller les masses.., cela me fait frisonner , moi aussi....
Ah, les "nanars" d’operette, que je les aime...!
:)
J’en ai connu quelques uns, les plus rigolos, ceux qui ne sortent pas des rangs de laclasse ouvrière, les "fréquentables" de salons ,ceux que Courcuff vient de rejoindre..
Ils se disent anarchistes mais auraient fait se se marrer Durruti(pour reprendre ton exemple sur l’Espagne..)
– J’ai compris pourquoi t’as choisi ce pseudo. ;
Pour démontrer qu’on peut combattre ..en durant plus que son illustre homonyme
Tu le sais :
Jean Ier de France, dit « le Posthume »1, roi de France et roi de Navarre, était fils posthume de Louis X le Hutin et de Clémence de Hongrie. Né dans la nuit du 14 au 15 novembre 1316, il ne vécut que cinq jours.
Toi, , t’as déjà régné plus longtemps ...en ROI de la Phrase Révolutionnaire...
Cette forme de Lutte des classes qui ne fait pas s’évanouir de peur Madame Parisot...
.
BON, on fait la paix, ok ?
Et tu n’oublies pas de nous dire ou et comment tu pourfends le Kapitaaal,
Ciao, Majesté !
:)
A.C
7. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 17:56, par La Louve
Comme il al ’air de bien aimer la musique, le camarade Corcuff , voilà à peu près ce que m’a inspiré son pensum :-D
http://www.youtube.com/watch?v=GRaAghtPFRE
"Et moi, et moi, et moi...."
Y s’ra bien à la FA. Il a bien fait :-D
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 18:56
"""Mais alors qu’un « Nouveau » Parti Anticapitaliste n’arrivait pas à naître réellement, les atouts antérieurs de la LCR ont peu à peu disparu : les capacités animatrices dans l’univers syndical et dans les mouvements sociaux se sont amenuisées de manière drastique –la « période Aguiton » est maintenant loin derrière nous– et le travail théorique comme les liens noués avec les milieux intellectuels critiques se sont effilochés –après sa mort la « période Bensaïd » s’est écroulée""
Jugement de valeur.
on ne doit pas être dans le même parti car je n’ai pas du tout la même lecture de ce qu’est le NPA .
j’y suis minoritaire,je ne fus jamais à la LCR.
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 20:03, par Snark
à mon avis, il ne s’agit pas d’un "jugement", mais d’une constatation. Constatation peut être erronée, mais que je partage.
Je conçois que les actuels adhérents du NPA aient une vision positive de leur parti, mais il s’agit essentiellement d’une vision "entre soi" qui n’a rien à voir avec la vie réelle. Lorsque je vois les derniers militants du NPA sur les Côtes d’Armor, filant comme des ombres le long des manifs, juste un drapeau, pas de tracs, mpas de mégaphone, pas de communiqués ... De la politique "hors sol".
Mais le NPA risque de survivre longtemps, les crises interne récurentes nourissent une activité incommensurable qui donne l’illusion d’une activité politique utile.
Bon courage
3. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 22:28, par Cops
Sur Philippe Corcuff , il n’a jamais été ma tasse de thé et son ralliement à la FA n’est pas un considérable événement même si il y a pire comme ralliement.
Reste qu’il y a eu un congrès du NPA. Et la question , même si elle est modeste vu l’effectif dudit parti , outrepasse le périmètre du nombril de notre ami.
Le problème du NPA est une absence de stratégie compréhensible (et de stratégie tout court car beaucoup ne disent pas ce qu’ils pensent , et beaucoup ne pensent pas ce qu’ils disent).
Ce n’est pas une question de sectarisme par ailleurs. Les non-choix ne font pas une politique mais exacerbent les forces centrifuges.
Ceci dit tout en reconnaissant des progrès sur une série de questions.
Mais, bon, bonne chance Corcuff !
4. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 5 février 2013, 23:15, par Paco NPA
Le passage à la FA me semble être un sas de décompression vers l’abandon du militantisme (à supposer qu’il y aie encore un "militantisme" FA).
Vers un avenir médiatico-intellectuel où tous les revenus de tout ont toujours été bien accueillis, les dénonciations de tous les mécanismes de domination bienvenus (surtout quant on ne fait plus rien pour les renverser) et une posture "plus à gauche que moi, tu meurs..." (anarchiste... Pensez donc...)
Mais ce qui me fatigue, c’est les références à Rosa (pour moi incontournable) concluant son analyse de la révolution russe par :
"Ce qui importe, c’est de distinguer dans la politique des bolcheviks l’essentiel de l’accessoire, la substance de l’accident. Dans cette dernière période, où nous sommes à la veille des luttes décisives dans le monde entier, le problème le plus important du socialisme est précisément la question brûlante du moment : non pas telle ou telle question de détail de la tactique, mais la capacité d’action du prolétariat, la combativité des masses, la volonté de réaliser le socialisme. Sous ce rapport, Lénine, Trotsky et leurs amis ont été les premiers qui aient montré l’exemple au prolétariat mondial ; ils sont jusqu’ici encore les seuls qui puisent s’écrier avec Hutten : "J’ai osé !" [8]
C’est là ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks. En ce sens, il leur reste le mérite impérissable d’avoir, en conquérant le pouvoir et en posant pratiquement le problème de la réalisation du socialisme, montré l’exemple au prolétariat international, et fait faire un pas énorme dans la voie du règlement de comptes final entre le Capital et le Travail dans le monde entier. En Russie, le problème ne pouvait être que posé. Et c’est dans ce sens que l’avenir appartient partout au "bolchevisme".
Paco
5. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 6 février 2013, 13:08
"à mon avis, il ne s’agit pas d’un "jugement", mais d’une constatation"
c’est bien la définition d’un jugement de valeur,c’est une vision d’ à partir de soi.
8. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 6 février 2013, 11:57, par Un exemple
Pour moi la "mort" programmée du NPA est plutôt à chercher dans son recrutement, ses soutiens, ses electeurs.(dont Corcuff est un bon exemple d’ailleurs)
Un exemple ? : la liste NPA pour les dernieres régionales en Aquitaine comportait 80 % de fonctionnaires ( dont plus de la moitié de l’EN) : comment aprés ça , vouloir représenter TOUTE la classe populaire (à titre de contre exemple Poutou a fait un trés bon candidat, mais cela reste une exception) ( à LO ils ont aussi le même probléme).
Le NPA (et LO) est devenu un "repoussoir" pour tous les employés du commerce, de l’artisanat , des petites entreprises.... bref pour tous les exploités et précaires du privé.
Si ils ne résolvent pas ce probléme, ils vont disparaitre définitivement.
1. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 6 février 2013, 13:18
""Le NPA (et LO) est devenu un "repoussoir" pour tous les employés du commerce, de l’artisanat , des petites entreprises.... bref pour tous les exploités et précaires du privé.
Si ils ne résolvent pas ce probléme, ils vont disparaitre définitivement.""
Si c’était que lo et le npa et les anars qui étaient un repoussoir,ce ne serait pas grave,mais c’est l’idée même de transformation socialiste qui est devenu un repoussoir pour l’immense majorité de notre classe.
Un sondage ce matin 60% des français pensent qu’il est nécéssaire de pousser l’age de la retraite à 65 ans plus de 30% en quelques années !
et demain avec un petit bourrage de cràne tf1/a2 on aura 67 voir 70 ans !
Vouloir représenter toute la classe quand la classe est anesthésiée ,sauf une couche (profs ???) c’est difficile,mais peut on vouloir autre chôse ?
2. Pourquoi je quitte le NPA pour la Fédération Anarchiste, 6 février 2013, 20:06, par copas
t’as raison, tandis que les JLM, PL, MGB, sont des purs produits prolétariens...
La composition du NPA est à la mesure de la classe ouvrière et ses sympathisants aussi. Les travailleurs savent quand ils entendent Poutou et Besancenot de quel côté ils sont. Que les travailleurs pensent que leur orientation est irréaliste ressort d’un autre problème.
Au delà des critiques qu’on peut porter à une orientation politique des révolutionnaires, ceux-ci sont dans les batailles sociales .