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Salariés en lutte : la colère monte

par une rebelle solidaire

Publie le mardi 12 février 2013 par une rebelle solidaire - Open-Publishing
3 commentaires

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  • Devant le siège de Goodyear à Rueil-Malmaison, mardi 12 février, la colère monte

    Ce mardi 12 février à 8H30, RDV était donné par Mickaël WAMEN, de la CGT de Goodyear,
    accompagné par plus de 700 de ses camarades, devant le siège de l’entreprise à Rueil-Malmaison, où se tenait un comité central d’entreprise, pour un rassemblement des salariés en lutte de plusieurs entreprises, toutes menacées ou frappées de fermetures et de plans sociaux massifs :

    Ce sont ainsi retrouvés là plus d’un millier de personnes, salariés de GOODYEAR, PSA Aulnay (ce sont 8 000 postes qui vont être supprimés dans le groupe), SANOFI (qui supprime toute sa branche recherche), RENAULT (qui fait un chantage à la fermeture pour imposer hausse du temps de travail, mobilité forcée et gel des salaires) , ARCELOR (où Mittal ferme des hauts-fourneaux rentables), FAURECIA, FORD Blanquefort avec Philippe Poutou, etc…
    (on ne peut les citer toutes), avec la présence des Licencielles, de Xavier Mathieu, ex-leader de la lutte des « Contis » (aujourd’hui confrontés au chômage et à la précarité), de nombreux syndicalistes de divers secteurs et aussi bien de la CGT que de Solidaires, avec quelques CFDT, de jeunes du NPA, d’Alternative Libertaire, de divers représentants d’élus locaux, départementaux et régionaux du Front de Gauche et d’autres leaders politiques.
    La liste des fermetures annoncées s’allonge en effet de jour en jour, avec une cascade de chiffres les plus hallucinants de licenciements…Mais la convergence et les liens entre les salariés en lutte se renforcent aussi de jour en jour, ainsi que leur détermination à ne rien lâcher, tandis que monte leur colère devant les reculs et l’inertie d’un gouvernement dénommé « socialiste », élu sur des promesses de s’opposer à ces fermetures et à la destruction méthodique de notre appareil productif, et qui a avalisé tous les plans sociaux et délocalisations au vu de rapports de pseudo-experts bâtis de toute pièce.
    Juché sur une camionnette de la CGT-Chimie, Mickaël Wamen haranguait la foule déjà très nourrie, avant d’entrer en réunion, puis accueillait, lors d’une pause, l’arrivée de plus de 150 grévistes de PSA Aulnay venus en renfort, après presqu’un mois d’une grève massive largement passée sous silence par les médias…
    Le ton était donné : Ne pas céder aux provocations afin de ne pas faire le jeu du patronat et du gouvernement qui surveille de très près cette colère sociale et avait envoyé plus de cent cars de CRS…Ne pas se laisser faire par des manœuvres en trompe l’œil avalisées par certains syndicats – ceux-là même qui viennent, le 11 janvier de signer un accord « national interprofessionnel » sur l’emploi non seulement minoritaire, mais qui représente une régression historique des droits des salariés en cas de licenciement…
    Comme le soulignait Mickaël Wamen, cette lutte est emblématique de la rage et de la volonté de préserver à tout prix leur emploi de la part des salariés concernés, majoritairement syndiqués à la CGT, qui ont compris que les meilleures indemnités que l’on peut arracher – comme l’avaient fait les « Contis » - n’ont qu’un temps, et laissent la place au chômage, et au découragement. Ici, il s’agit, comme ailleurs et notamment à Arcelor Florange, de maintenir l’emploi, pour avoir le droit de vivre et de travailler en France :
    « Nous, on ne se suicidera pas ! On ne lâchera rien, on ira jusqu’au bout, pour que cette usine vive, et que l’on ait le droit de vivre en tant qu’ouvrier en France . Cette usine est à nous, c’est notre bien le plus précieux. Cela fait six ans que l’on se bat, et on est toujours là. Ce ne sont pas les patrons qui décident. C’est la rue qui va reprendre le pouvoir. C’est un combat de tous, ensemble, quelles que soient nos étiquettes. Nous nous battons pour nous-mêmes, mais aussi pour d’autres. Il faut développer la convergence des luttes et nous faisons appel au soutien de la population ! », déclara notamment Mickaël Wamen, suivi par le Délégué de la CGT-Chimie, et celui de la CGT d’Arcelor.
    Tous soulignèrent que les entreprises que l’on ferme aujourd’hui ici sont rentables : Goodyear a dégagé 700 millions de bénéfice net après impôt en 2012…Les bilans comptables présentés par le cabinet d’expert désigné par la firme font tout simplement disparaître plus de la moitié de la production, dont les bénéfices partent dans les paradis fiscaux…
    Quant au comité de groupe convoqué ce matin, le leader CGT souligne qu’il est purement et simplement illégal, car les normes légales n’en ont pas été respectées.
    La colère exprimée par ces salariés, qui font vivre notre économie par leur travail, face aux reculs du gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault était palpable et légitime, ainsi que celle des citoyens venus nombreux les soutenir. Certains proposant de renommer Hollande en « Hollandréou », ou haranguant la rangée de CRS avec boucliers au nom de l’avenir de leurs enfants…ou encore, à propos de la maladie Alzheimer dont est victime Chirac à la fin de sa vie, soulignant que Hollande n’aura pas attendu longtemps, lui, pour l’attraper et en oublier les promesses qu’il avait faites en février et mars 2012 sur les tréteaux et dans les usines visitées lors de sa campagne pour la présidentielle.
    A la sortie de ce comité de groupe, on apprend – ce que l’on savait déjà – que le groupe Titan renonce à reprendre l’entreprise Goodyear Amiens Nord. Un nouveau comité central d’entreprise est convoqué pour le 7 mars, soit deux jours après la manifestation unitaire annoncée contre l’Accord interprofessionnel sur l’emploi…D’ici là, les salariés en lutte de différentes entreprises vont continuer à se coordonner et à définir une stratégie commune radicale et à la base.
    Aujourd’hui, il apparaît clairement, même aux plus naïfs, qu’il n’y a rien à attendre des sociaux-démocrates au pouvoir, et que seule la lutte pourra arrêter l’hémorragie de nos emplois. D’où la nécessité urgente, pour les citoyens que nous sommes, pour nos élus locaux, de se mobiliser massivement, et tant qu’il en est temps, aux côtés des salariés en lutte pour la préservation –et la reconversion s’il le faut – de notre appareil productif. Il faut arracher du gouvernement et de nos parlementaires le vote immédiat de deux lois, promises et non votées, mais dans leur esprit initial, et non sous des formes édulcorées :

    L’interdiction des licenciements boursiers, montés de toute pièce à des fins spéculatives à court terme.
    Le droit de préemption des salariés ou de réquisition publique des entreprises qui ferment, et l’examen préalable de contre-projets alternatifs.

    Une citoyenne en soutien

    • Voir compte-rendu et mots d’ordre beaucoup plus utiles ici :
      http://ouvalacgt.over-blog.com/article-tous-ensemble-pour-quoi-comment-115286045.html
      Extrait

      Tous ensemble, mais POUR quoi ? Pour quelles revendications ? C’est encore la confusion. En ce moment, sous l’égide de Fiodor Rilov (Front de Gauche) avocat des Goodyear, Faurecia, Licenci’elles, la proposition c’est la fameuse « loi pour l’interdiction des licenciements boursiers » (voir l’article du blog sur le sujet, ICI). Une loi qui exclue d’entrée 93% des entreprises concernées (sur 60 448 défaillances d’entreprises recensées par la Banque de France d’octobre 2011 à octobre 2012, 56 000 concernaient les entreprises de moins de 250 salariés), ça va pas être facile de construire l’unité sur cette base, ça va pas être facile à expliquer aux prolétaires ! Ensuite, cette loi, on la demande à qui ? A Hollande pour qu’il « tienne ses promesses » ?


       « Aucune usine ne doit fermer ! Partage du travail entre toutes les usines ! » Ce mot d’ordre a l’avantage de refuser les restructurations et de revendiquer la diminution du temps de travail, c’est très bien. Il a l’inconvénient de partir de la production et pas de l’intérêt ouvrier, et donc d’ouvrir la porte à toutes les thèses réformistes sur la « défense de l’emploi industriel »… (voir ICI)

       « Un CDI pour tous ». Ce mot d’ordre a l’avantage de partir de l’intérêt ouvrier, au moins c’est clair, de permettre l’élargissement du combat aux précaires. Il a l’inconvénient de donner l’impression d’accepter les restructurations capitalistes telles qu’elles ont lieu avec des reclassements.

       « Interdiction des licenciements ». Nous parlons là du mot d’ordre brut, et pas de la version pourrie et déformée proposée par certains. L’intérêt du mot d’ordre, c’est de montrer que l’emploi, c’est une question politique. L’inconvénient, c’est qu’il laisse planer toutes les illusions sur le gouvernement à qui on s’adresse, et ouvre la porte à toutes les versions édulcorées et réformistes…

       « Travailler tous, travailler moins, travailler autrement », c’est le mot d’ordre que nous portons en ce moment. Il remet globalement en cause l’exploitation, en partant du point de vue ouvrier. Question néanmoins : est-ce un mot d’ordre réaliste, réalisable dans la société actuelle ?

      Et ainsi de suite. On se rend compte qu’aucune revendication n’est parfaite, qu’elles sont toutes à double sens quelque part, et qu’en fait, ces revendications n’ont de sens que portées par un combat global qui fait le tri et laisse de côté les interprétations fausses et réformistes.
      C’est bien cela l’enjeu d’aujourd’hui : donner du sens à ce combat global, politique, du sens au « TOUS ENSEMBLE ! »

    • Ce serait bien que chez les chômeurs et les précaires ça se réveille aussi.