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Une policière se suicide au commissariat de Caen avec son arme de service
par Véronique HUR
Publie le lundi 19 novembre 2012 par Véronique HUR - Open-Publishing2 commentaires
Une policière de 42 ans, mère de deux enfants, s’est suicidée dimanche dans le vestiaire du commissariat de Caen avec son arme de service, peu avant 13h00, a-t-on appris auprès du directeur départemental de la sécurité publique (DDSP)du Calvados, Philippe Trenec.
Elle s’est suicidée dans le vestiaire avant de prendre son service. Son corps a été découvert à 13h00 par une de ses collègues.
"L’événement a beaucoup choqué l’ensemble de ses collègues", a expliqué M. Trenec qui précise qu’une cellule d’aide psychologique et médicale a été mise en place.
La mère de famille, brigadier de police, travaillait au commissariat de Caen depuis dix ans.
Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire, a ajouté M. Trenec."
Le Point - 18 novembre 2012
Et Laurent CUENCA, président de l’Association "Police Victimes", parce qu’il avait fait une intervention médiatique pour dénoncer la montée du taux des suicides dans la police nationale, vient de signer son arrêté de suspension de traitement, sans doute lors de la journée de la gentillesse 2012. Il y a eu un précédent. Alors pourquoi perdre une si bonne habitude de rire de la souffrance qu’on inflige ?
Père de deux enfants, il est privé de salaire juste avant les fêtes de fin d’année, une grande spécialité de la "maison-poulaga", ajouter la cruauté à la bêtise.
S’acharner contre les lanceurs d’alerte qui dénoncent justement les travers d’une administration où l’Omerta n’est pas corse mais réelle, avec pour sanction la privation de leur dignité d’homme, en supprimant à toute une famille, dont des enfants, la possibilité matérielle de vivre bien, normalement, semble plus facile que d’entendre la souffrance réelle des policiers de la sécurité publique confrontés à des situations de plus en plus dures.
Les agents de l’Etat sont les "messagers" d’une politique qu’ils doivent porter pour être crédibles, expliquer et même revendiquer. Leur interdire de s’exprimer, surtout pour "couvrir" l’indicible, le honteux, le sordide, n’est pas la solution. Ou alors, ce sera la solution finale, la fin de l’Etat républicain.
Si au XIXème siècle, les Instituteurs de Jules Ferry avaient dû se taire face au discours prédominant de l’Eglise Catholique, il n’y aurait jamais eu d’école gratuite, laïque et obligatoire. Ce sont les Hussards de la République qui ont le mieux défendu la politique de Jules Ferry, là où ils étaient envoyés, là où ils se trouvaient.
Il faut sortir du silence corse, ce silence qui tue chaque jour et fait davantage de victimes, puisque ceux qui sont touchés par la culture du "non-dit" ont des enfants et sont chargés de familles.
Je salue la déclaration publique du directeur de la DDSP. Pour une fois, ce ne sont pas les syndicats qui larmoient sur l’énième suicide d’un policier, tandis qu’ils ont déserté la défense de Laurent CUENCA, le lanceur d’alertes sur la prévention des suicides dans la police nationale. Non seulement il n’a pas été écouté, mais en plus, leur collègue est durement sanctionné, avec leur accord explicite ou hypocritement tacite.
J’ose l’écrire : cette inversion constante et consternante des valeurs morales est une honte pour la police nationale.





Messages
1. Une policière se suicide au commissariat de Caen avec son arme de service, 19 novembre 2012, 03:11
la gestion des "ressources humaines" par le mépris
2. Une policière se suicide au commissariat de Caen avec son arme de service, 19 novembre 2012, 15:20, par Anne-Marie
"Etrange zèle qui s’irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques et non contre ceux qui les commettent." (Pascal)
Déjà, en ces temps là ....