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Viande reconstituée : René Barjavel avait déjà tout prévu en 1942

par md

Publie le mardi 12 mars 2013 par md - Open-Publishing
5 commentaires

mais il avait aussi prévu les légumes industriels, les oeufs industriels et le lait industriel

Dans la première partie (Les temps nouveaux) voici ce que l’on peut lire :

"François mangea de bon appétit. Fils de paysan, il préférait les nourritures naturelles, mais comment vivre à Paris sans s’habituer à la viande chimique, aux légumes industriels ?
L’humanité ne cultivait presque plus rien en terre. légumes, céréales, fleurs, tout cela poussait à l’usine, dans des bacs."

82 000 hectares de terres agricoles sont perdues chaque année en France.
Les zones artificialisées occupent 4,9 millions d’hectares en 2010, soit près de 9 % de la métropole. La moitié correspond à des sols revêtus ou stabilisés (routes, parkings), dont l’imperméabilisation a notamment des impacts négatifs sur le cycle de l’eau. Les espaces artificialisés se sont étendus d’environ 260 000 hectares entre 2006 et 2009, en grande partie aux dépens de terres agricoles, mais aussi de milieux semi-naturels.
http://www.planetoscope.com/sols/1370-disparition-de-terres-agricoles-en-france.html

« Les végétaux trouvaient là, dans de l’eau additionnée des produits chimiques nécessaires, une nourriture bien plus riche et plus facile à assimiler que celle dispensée par la marâtre Nature. Des ondes et des lumières de couleurs et d’intensité calculées, des atmosphères conditionnées accélérait la croissance des plantes et permettaient d’obtenir, à l’abri des températures saisonnières, des récoltes continues, du premier janvier au trente et un décembre. »

Le troisième producteur de poivrons est la Hollande (pays au climat très adapté à la culture du poivron n’est-ce pas ) avec une production annuelle moyenne de 345.000 tonnes. Les Pays-Bas continuent d’intensifier la culture des poivrons.
La production néerlandaise est passée de 252 890 tonnes en 1995 à 345 00 tonnes en 2005 sur une superficie de 1 236 ha (626 ha de poivron rouge, 220 ha de poivron vert et 297 ha de poivron jaune).Selon le CBS (Bureau Central des Statistiques), en l’espace de 25 ans, la superficie investie en poivron a été multipliée par dix aux Pays- Bas. De 200 ha en 1980, elle est de l’ordre de 1 200 ha à l’heure actuelle, soit six fois plus et cette progression s’est dans le
même temps accompagnée d’une hausse des rendements à 26kg/m2
en 2004 contre 15kg/m2.
Aujourd’hui le poivron rouge reste dominant. Le poivron vert nereprésente plus que 18% des surfaces (39% il y a 25ans), tandis que la part des poivrons d’autres couleurs est passée de 11% à 33%. Le poivron jaune a bénéficié du plus fort développement. La surface de poivrons jaunes devrait atteindre 330 hectares en 2007 aux Pays-Bas, soit une progression de 10%. La progression se fait au détriment des poivrons verts.

http://web2.eacce.org.ma/Portals/0/POIVRON.pdf

« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir des bêtes pour les livrer. ensuite au couteau du boucher, c’était bien là des moeurs dignes des barbares du XXe siècle. Le »bétail« n’existait plus. La viande était »cultivée" sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel coeur de poulet vivait encore au Musée de la Société protectrice des animaux.
Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d’une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de boeuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours, dde chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion, et de mille autres variétés servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant-garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelle, depuis le simple boeuf miroton jusqu’au civet de lièvre à la royale."

(…)

« La Brasserie 13 n’était qu’une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n’était pas une boucherie parisienne qui ne vendit son plat populaire. Le sous-sol de la brasserie abritait l’immense bac à sérum où plongeait la »mère", bloc de viande de près de cinq cents tonnes.
Un dispositif automatique la taillait en forme de cube, et lui coupait, toutes les heures, une tranche gigantesque sur chaque face. Elle repoussit indéfiniment. Une galerie tournait autour du bac. Le dimanche, le bon peuple consommateur était admis à circuler. Il jetait un coup d’oeil attendri à la « mère » et remontait à la brasserie en déguster un morceau, garni de graines de soja géant coupées en tranches, et frites à l’huile de houille. La fameuse bière 13, tirée de l’argile, coulait à flots.
François, son bifteck achevé, se fit servir une omelette et un entremets au lait.
Il ne serait pas venu à l’idée des Européens du XXe siècle de manger des foetus de mouton ou des veaux mort-nés. Ils dévoraient pourtant des oeufs de poules. une partie de leur nourriture dépendait du derrière de ces volatiles. un procédé analogue à celui de la fabrication des viandes libéra l’humanité de cette sujétion. des usines livrèrent le jaune et le blanc d’oeuf, séparés en facons. on ne commandait plus une omelette de six oeufs, mais d’un demi-litre.« http://www.oeufs-liot.fr/ »Quant au lait, sa production chimique était devenue si abondante que chaque foyer le recevait à domicile, à côté de l’eau chaude, de l’eau froide et de l’eau glacée, par canalisations. il suffisait d’adapter au robinet de lait un ravissant petit instrument chromé pour obtenir, en quelques minutes, une motte d’excellent beurre. Toute installation comportait un robinet bas, muni d’un dispositif tiédisseur, auquel s’ajustait une tétine. Les mères y alimentaient leurs chers nourrissons."
https://www.babynes.ch/FR/systeme-babynes/videos/Pages/Demo-videos.aspx

http://www.npa32.fr/spip/spip.php?article343

Messages

  • R Barjavel : ex chroniqueur de "je suis partout" revue collaborationniste(40-44), spécialisée dans l’antisémitisme.....

  • il y a, une chose très simple à faire.
    arrêtez de vous gavez de viande, devenez végétarien !!!boycottez tout ce qui est industriel( dans la mesure du possible).
    bon appétit !

  • Viande reconstituée : René Barjavel avait déjà tout prévu en 1942

    1909, Anatole France :

    « La santé des pauvres est ce qu’elle peut être, disaient les hygiénistes ; mais celle des riches laisse à désirer. » Il n’était pas difficile d’en trouver les causes. L’oxygène nécessaire à la vie manquait dans la cité ; on respirait un air artificiel ; les trusts de l’alimentation, accomplissant les plus hardies synthèses chimiques, produisaient des vins, de la chair, du lait, des fruits, des légumes factices. Le régime qu’ils imposaient causait des troubles dans les estomacs et dans les cerveaux.

    Tiré de L’ile aux pingouins, qui dans le genre anticipation frappe fort. Je vous incite à lire (au moins) le dernier chapitre, dont voici le début :

    Section 1

    On ne trouvait jamais les maisons assez hautes ; on les surélevait sans cesse, et l’on en construisait de trente à quarante étages, où se superposaient bureaux, magasins, comptoirs de banques, sièges de sociétés ; et l’on creusait dans le sol toujours plus profondément des caves et des tunnels.

    Quinze millions d’hommes travaillaient dans la ville géante, à la lumière des phares, qui jetaient leurs feux le jour comme la nuit. Nulle clarté du ciel ne perçait les fumées des usines dont la ville était ceinte ; mais on voyait parfois le disque rouge d’un soleil sans rayons glisser dans un firmament noir, sillonné de ponts de fer, d’où tombait une pluie éternelle de suie et d’escarbilles. C’était la plus industrielle de toutes les cités du monde et la plus riche. Son organisation semblait parfaite ; il n’y subsistait rien des anciennes formes aristocratiques ou démocratiques des sociétés ; tout y était
    subordonné aux intérêts des trusts. Il se forma dans ce milieu ce que les anthropologistes appellent le type du milliardaire.

    ...

    Chico

  • Ah ben réduire la critique de ce monde à une série de dénonciations, et recourir à l’authentique, à "l’économie réelle", aux valeurs viriles, a presque toujours conduit, y compris depuis la gauche de la gauche, aux fascismes. Il nous faudra passer, comme disait W Benjamin, par les "déserts glacés de l’abstraction" - c’est à dire par la prise de consciences que les formes sociales "évidentes" sont justement des abstractions - ou bien se condamner à retomber toujours dans ces puits régressifs. Barjavel et bien d’autres plus récents en sont une triste illustration.