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Vieux pirates et jeunes fayots / C’est l’heure de l’mettre !

Publie le lundi 19 novembre 2012 par Open-Publishing

CE MERCREDI 21 NOVEMBRE 2012 à 18H30
 

C’EST « L’HEURE DE L’METTRE »

 
Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6

 
En direct et en archives sur www.campuslille.com

 
 
 Dans notre quête incessante de l’excellence journalistique, soucieux de rejoindre les rangs éminents de la Grande Caravane Publicitaire Qui Nous Informe, désireux d’éclairer nos clients sur la marche du monde et les réformes courageuses qu’ils sont en droit d’attendre, poussés par une soif inextinguible d’euros sonnants et trébuchants,

 
 Nous nous livrerons ce mercredi à un exercice obligé de notre noble profession, un exercice sans lequel la liberté de blâmer serait un vain mot ; un exercice consistant à flatter, à flatter sans limite, à la manière d’Elkabbach déroulant un tapis moelleux à Lagardère, à la façon d’un Pernaut écoulant un sirop d’éloges sur le plastron de Bouygues, et avec le brio de Giesbert léchant amoureusement l’auguste postérieur de Monsieur Pinault, avec l’entrain béhachélien unanime de la profession quand il s’agit de promouvoir l’intérêt collectif – qui s’avère être celui du Capital,

 
 Capital sans lequel la presse serait condamnée, sans lequel nous n’aurions pas de guerre humanitaire à vendre, sans lequel le droit d’Israël à massacrer ne trouverait aucun écho bienveillant, sans lequel les armes chimiques des méchants ainsi que leurs défauts abominables, resteraient de purs fantasmes cachés au plus grand nombre,
 

 Capital sans lequel notre démocratie serait en danger, en même temps que notre croissance, notre compétitivité, nos forces vives, et les nombreuses exonérations fiscales dont bénéficie la chair de notre chair, la prunelle de nos yeux : les créateurs d’emplois, qui accessoirement, possèdent les medias.

 
 Dans notre quête incessante de l’excellence journalistique donc, nous nous livrerons ce mercredi à un exercice d’obséquiosité inédit : nous donnerons la parole à nos patrons. Oh, certes, Radio Campus n’est pas Radio Lagardère, Télé Bouygues ou Dassault Magazine. Mais nous aussi, nous avons des patrons formidables !

 
 En 1969, les Glorieux Fondateurs de notre radio, lancent, en dépit de multiples obstacles et des menaces qui pèsent sur leur existence, la première radio libre de France, une radio pirate, qui se joue pendant 12 ans de la maréchaussée qui la poursuit sans relâche ; toujours, Radio Campus retombe sur ses pattes et échappe aux méchants gros minets, et ce, pour une raison essentielle : c’est que, en plus de leurs qualités innées de décideurs et d’inventeurs hors pair, nos Bienaimés Bâtisseurs, nos Chers Dirigeants, disposent tous d’un corps joliment proportionné, de qualités athlétiques incomparables, de mollets sculptés pour l’effort. Ils courent donc très vite.

 
 Fatigué de galoper derrière nos virevoltants, astucieux et irremplaçables Pionniers, le pouvoir, à bout de souffle, pris d’une grande lassitude qu’avaient évidemment calculée avec leur Science Infuse les Pères Bienveillants de notre radio, le pouvoir donc, accorde le droit d’émettre aux radios. C’est en 1981, très exactement à l’heure d’émettre…

 
 Depuis, et jusqu’à nos jours, grâce à la pugnacité et à l’intelligence exceptionnelle de nos Eminents Protecteurs, Radio Campus a résisté et résiste encore à la vague écoeurante de la publicité, des paillettes et de l’idiotie hertzienne, qui a submergé, tel un tsunami de merde, la radiodiffusion en modulation de fréquence.

 
 Pensez-vous que 43 ans et quelques kilos plus tard, nos Grandioses Leaders aient perdu quoi que ce soit de l’élan sublime originel ? Pensez-vous qu’aujourd’hui légalisée, presque institutionnelle, notre radio ait perdu de sa proverbiale impertinence ? C’est sans compter sur l’éternelle jeunesse qui anime, jusque dans leurs recoins les plus intimes, nos Administrateurs Perpétuels.

 
 Des esprits chagrins, prompts à la critique stérile qui a tant fait de mal dans l’histoire humaine et dans les salles de rédaction qui la racontent, pourraient mettre en doute notre éthique et notre indépendance. Quelle démagogie ! Reconnaître les qualités de nos supérieurs, sachez-le, ne nous apportera aucun avantage matériel. Lisant ce qui précède, ils tapoteront avec bienveillance nos épaules frêles d’animateurs juvéniles, et nous glisseront tendrement à l’oreille : « Bon, allez, tu bois quoi ? » A part ça, une fois le calice bu par Ali, il ne restera pour nous que l’immense satisfaction d’avoir servi la cause de la liberté d’expression et de la buvette associative qui va avec…

 
 Ceci étant dit et à César rendu ce qui lui appartient de source sûre, nous évoquerons l’histoire ancienne, la plus récente, le présent, et l’avenir de cette aventure qui s’appelle Radio Campus. Parce que le combat pour avaler autre chose que ce que le Grand Robinet nous impose reste d’actualité. Et qu’il doit sans doute prendre de nouvelles formes, trouver un nouvel élan…


 
Soit dit en passant, il est fort probable que, lors de notre « ¼ d’heure en Palestine » nous nous trouvions en direct de Gaza. Si toutefois cela s’avérait impossible, pas de doute : ce ne serait pas la faute de Radio Campus !

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