Accueil > les soldats et le très grand Crime (7ème et dernière partie)
les soldats et le très grand Crime (7ème et dernière partie)
par Jean-Yves Peillard
Publie le samedi 12 janvier 2013 par Jean-Yves Peillard - Open-Publishing« Le projet Manhattan était à l’origine destiné à contrecarrer le programme nucléaire de l’Allemagne nazie. À la suite de la défaite du IIIe Reich, plusieurs scientifiques qui travaillaient sur le projet eurent le sentiment que les États-Unis ne devaient pas être les premiers à utiliser de telles armes. Albert Einstein sera réticent face à la bombe et Leó Szilárd, qui était largement impliqué dans le développement de la bombe, dira après la guerre :
« Si les Allemands avaient largué des bombes atomiques à notre place, nous aurions qualifié de crimes de guerre les bombardements atomiques sur des villes, nous aurions condamné à mort les coupables allemands lors du procès de Nuremberg et les aurions pendus. » » (source wiki)
« Il est plus que jamais nécessaire que ces appels soient enfin entendus. Sinon, des régions entières de notre planète seront rayées de la carte, transformées en poubelles radioactives pour l’éternité, et des populations toujours plus nombreuses seront condamnées à une mort lente et atroce. A terme, la planète entière sera contaminée. » Joëlle Pénochet déjà citée http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html
Ainsi, nous avons fait un petit tour de rappel non exhaustif.
- Quoi de plus normal de faire le lien entre ce qui se passe aujourd’hui et ce qu’écrivait Tolstoï il y a plus d’un siècle. Sur la conspiration du silence, sur l’esclavage moderne, les soldats, les gouvernements ; Le Grand Crime.
Mais ce n’est plus « seulement » « le grand crime » écrit par Tolstoï,
Ce n’est plus « seulement » « le crime de Tchernobyl » écrit par Tchertkoff, qu’il raconte encore dans ce documentaire et accuse « les soldats » http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2012/12/wladimir-tchertkoff-raconte-le-crime-de.html
C’est le Très Grand Crime contre le génome, en toute impunité, contre le vivant qui se dessine là depuis le 6 Août 1945 ou même depuis l’ère dite « moderne » avec ses soldats industriels comme Monsanto, Dow, puis Areva, Novartis etc, ses soldats politiciens, scientifiques, universitaires, fonctionnaires, militaires, ses soldats banquiers, actionnaires, économistes, religieux, journalistes et tous les anciens et nouveaux chiens de garde d’un système qui s’effondre, en s’évertuant à avancer malgré tout avec des œillères criminelles, et font leur maximum pour atrophier la pensée, jusqu’à l’extrême limite de leur bêtise qui est déjà incommensurable en ce nouvel an 2013.
– Quoi de plus normal que cela soit un Tchertkoff qui soit dans les premiers rangs contre Le très Grand Crime. Le crime sur le vivant, sur ceux qui ne naîtront jamais ceux qui naîtront mais ne vivront pas longtemps et ceux qui naîtront en essayant de vivre heureux avec leur handicap souvent spectaculaire dans ce monde du spectacle, malgré le malaise voir le rejet évident de la majorité de la population face à « leurs différences ». Ils devront vivre et même se montrer toute leur vie comme des gueules cassés de la guerre 14-18 pour montrer ce très Grand Crime qui est La Nausée.
Comble de la modernité,
Il suffit d’appuyer sur un bouton de téléviseur pour s’apercevoir de l’état d’avancement de l’abrutissement.
Il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher un très grand crime .
Nous sommes peu de choses...
On va peut-être nous taxer d’antiaméricanisme primaire,
pourtant c’est la même chose pour la France et l’Angleterre,
et tout l’occident fonctionne sous l’ordre des soldats,
puis le monde entier a adopté cette marche au pas,
De Wounded Knee à Gaza ;
et de Hiroshima à Fukushima,
Qui peut être fier d’un tel résultat ?
Il est difficile d’exprimer un crime contre l’humanité qui dure et complètement impuni, pourtant si on l’exprime ou l’explique on peut mieux le combattre. Et ici même, on doit l’éradiquer à la source.
Ce n’est pas avec des millions de dollars, « des indemnités », des mesurettes techniques et scientistes etc que l’on condamne un crime contre l’humanité c’est avec des sanctions exemplaires : on éradique l’original : le soldat et son gouvernement.
On a remonté ici à son origine « technique » quoique qu’on sache que son origine est plus lointaine et déjà citée dans les textes anciens, certains affirment que cela parti de la chrétienté et de ses multiples déviances religieuses qui suivirent. Puis de la fable des abeilles jusqu’à la fable du libéralisme.
Une chose est sûr, c’est que même le langage est dépassé, impuissant pour exprimer l’inexprimable, le mot barbarie n’a été que trop utilisé, lui-même dépassé si l’origine vient des grecs qui le définissaient comme « tout ce qui n’est pas grec ». (Et de toute façon même Aristote s’accommodait de la condition des femmes sans droits et des esclaves). Et cetera. Alors quel mot ? Humain trop humain ? Biocide, omnicide, génocide, crime contre l’humanité, crime de guerre etc. Lequel mot utiliser ? Des mots plus simples mais affublés de superlatif ? Après le crime, le grand crime, le très grand crime, le plus grand crime etc. L’infinie connerie humaine.
Pourtant cela a été écrit de longue date, dit et redit : Il y a des pauvres parce qu’il y a des riches, et il y a des guerres parce qu’il y a des soldats. C’est très simple. La simplicité volontaire.
Voilà, les preuves s’amoncellent toujours. Entre tunisienne et islandaise, nous avons donc
le choix entre Kropotkine ou George ou Gandhi ou les trois à la fois ;
- p120 « Ce n’est pas des cris et des bruyantes manifestations, ce n’est pas par des plaintes et des dénonciations, ce n’est pas en formant des partis ou en faisant des révolutions , que l’on arrive à réaliser des réformes sociales, écrit Henry George, c’est en éveillant les esprits et en faisant progresser les idées . Tant que l’esprit ne pensera pas juste, il ne pourra y avoir d’actions justes, et les actes justes suivront les pensées justes. » Léon Tolstoï (Le grand crime).
- « Dans l’Esprit de Révolte, Kropotkine s’interroge sur le moyen de faire passer un peuple d’une situation d’indignation générale à celle d’une insurrection. En effet, même si le recul historique donne le sentiment d’un soulèvement déterminé à partir de causes évidentes (pauvreté, rejet du système politique en place...), l’élan général est déclenché par un acte solitaire et incertain. Il nomme leurs auteurs les Sentinelles perdues :
« Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. » » (source wiki)
– « Un individu conscient, éveillé et debout est plus dangereux pour le pouvoir en place que 10.000 individus endormis et apeurés. »Gandhi.
Ceci est un appel aux sentinelles perdues.
Encore un peu de lecture, tant qu’il y a de la place dans les serveurs et dans les cerveaux disponibles des gouvernements :
– « Si l’idée de droit de la nature existe depuis longtemps dans les sociétés andines (et dans d’autres) c’est probablement parce que contrairement aux nôtres, ce ne sont pas des sociétés humanistes et anthropocentriques (deux faces d’une même monnaie ?). Lorsque Mchoquenhunea ministre des affaires étrangères de la Bolivie et indigène aymara s’exprime au sujet de la cosmovision de son peuple, il signale que l’être humain n’en est pas le centre, qu’il n’est qu’un élément du cosmos parmi d’autre, ne possédant pas une valeur supérieure. Les êtres humains semblent,pour ces communautés, s’inscrivent dans un réseau de réciprocité avec les autres êtres animé ou pas ... et avec lesquels la communauté humaine entretient des relations que l’on pourrait qualifier en nos termes, de droits et de devoirs » [...] « En Bolivie, au contact des peuples indigènes, il m’a semblé comprendre que c’est le groupe qui est premier et non pas l’individu. Les devoirs de l’individu envers le groupe semblent primer sur ses « droit », qui découlent de l’accomplissement des devoirs envers le groupe. En somme, ce n’est pas, comme dans nos sociétés, l’individu qui doit être protégé des abus de la société (par des droits), mais bien le groupe qui doit-être protégé contre les abus « individualistes » de ses membres (par des devoirs). [...] Dans son texte intitulé en français « Leur civilisation et notre délivrance », parlant de la société indienne traditionnelle, Gandhi signale également que les droits n’existent pas en eux-mêmes, mais découlent des devoirs assumés envers la collectivité. La notion de devoirs n’est donc peut-être pas intrinsèquement seconde par rapport à celle de droits, mais elle l’est bien dans notre manière de voir les choses. Et ce point cardinal me semble déterminer des types de société très différentes , avec chacune ses avantages et ses inconvénients. » Mathieu Glayre « droit de la nature »
p10 « l’évolution de l’humanité suit celle de l’univers. Elle obéit aux lois de la thermodynamique »[...] notion de « structures dissipatives s’auto-organisent par alternance entre l’ordre et le Chaos. » François Rodier « Où va l’humanité » La Décroissance N°88.
Cette reconnexion avec le vivant est fondamentale ; soit nous changeons soit nous mourrons .
Est-il nécessaire de diviniser à nouveau la nature ; Gaïa, Pachamama etc ? ou opposer matriarcat contre patriarcat et cetera ? Alors que c’est simplement nous dans la biosphère ; pas de dieux, que des hommes qui ont besoin de croire..., à un avenir.
« Inlassablement, il faudrait répéter que l’on est "vraiment libre que lorsque tous les êtres [...] qui [nous] entourent [...] sont également libres" (Bakounine), et que "tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des guerres" (Tolstoï). » http://nantes.indymedia.org/article/25187
– « Une des questions centrales concerne la façon dont les êtres humains peuvent réorganiser la société de sorte que son impacte sur de vastes étendues sur la Terre soit réduit et finalement minimisé. »[...] p62« Ces deux points de vue avancent que la société humaine a, tout au long de l’histoire, substitué des formes de hiérarchie sociale à d’autres, et a peu à peu adopté une logique d’exploitation et de destruction à l’égard du monde naturel. Ils voient une contradiction croissante entre les possibilités créées par le progrès social et le prix à payer par l’humanité et par la nature. Par conséquent, il est nécessaire de dépasser cette contradiction par la destruction du système de domination qui divise les êtres humains et les sépare de la nature. » John P.Clark (La pensée sociale d’Élisée Reclus).
– « Le changement qualitatif ne peut se faire qu’en retrouvant la relation humaine vraie, sans arrière pensée, sans moralisation, en acceptant l’autre sans jugement. Cette amitié est l’attaque la plus radicale qui puisse être portée soit à une société technicienne vouée à l’efficacité soit à une société « communiste » fondée sur le conformisme et la délation » (Ellul « A temps et à contre temps »). [...] 3ème leçon d’Ellul : se lancer dans la bagarre. Car une éthique de non puissance et de liberté est forcément « créatrice de tensions et de conflits », lesquels ont justement tendance à être aboli par la technique, qui présente leur disparition comme un bienfait. Nous vivons dans une société riche en faux débats mais de moins en moins conflictuelle. Or note Ellul « On sait que les groupes humains dans lesquels les tensions et les conflits disparaissent sont des groupes qui se sclérosent, perdent leur faculté de changer et de résister aux agressions, ainsi que celle d’évoluer » (« Recherche pour une éthique... ») Il ne s’agit donc pas de multiplier pour le plaisir des combats tendant à la destruction pure et simple du groupe, mais de produire « des tensions calculées dans les groupes humains pour que ceux-ci ne puissent pas se fermer, se clore, s’achever (toute société achevée est morte) mais retrouve une aptitude à évoluer par eux-mêmes et sans référer l’évolution à la technique »[...] « penser global, agir local », dans de bons combats[...] « Une bonne vie, c’est un bon combat avec de bons compagnons »[...] Ellul a montré en quoi les vrais enjeux échappent à l’homme politique, et pourquoi la conquête de l’appareil d’État n’est qu’un leurre. »[...] « On ne peut pas créer une société juste avec des moyens injustes. On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d’esclaves. »[...] Dernière leçon agir en sentinelle . Se battre pour que soient établie des limites : « La fixation de limites est toujours constitutive de la société comme de la culture. L’illimité est la négation de l’humain comme de la culture ». Et les limites ne sont en rien contraires à la liberté : « C’est quand l’homme a appris à être libre qu’il est capable de se limiter ». Bien avant que soit posé le principe de précaution, il affirmait : « Chaque fois que le scientifique et le technicien sont incapables de déterminer avec la plus grande précision et certitude les effets globaux et à longue échéance d’une certaine technique possible, il faut immanquablement refuser d’engager le processus de cette technique » (Jacques Ellul Recherche pour une éthique... Repris dans Silence N°410 p38 )





