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relance de : Qu’ en est il de la classe ouvrière.

par NOCTURNE

Publie le lundi 31 décembre 2012 par NOCTURNE - Open-Publishing
10 commentaires

Ayant été absent , je tenais a prendre part au débat " qu’en est il de la classe
ouvrière "

Que ceux qui n’ont que leur force de travail soit la classe la plus nombreuse, n’a
"d’ interré "qu’a condition que ces travailleurs soit aussi trés nombreux a ce lancer sans concession dans la LDC.
Je laisse de coté le défaitisme d ’ Alain 04,vu qu’ il sera seul pour faire sa révolution.
Je pense pour ma part que les travailleurs se sont " embourgeoisés " sous une
sur consommation pas toujours nécessaire , nous sommes pour la plus part coincés
par des crédits et beaucoup pense qu’ils ont trop a perdre. ( ceci pour une partie
seulement des travailleurs ,souvent les plus "éduqués")
Par contre une grande partie de la classe ouvrière issue des différentes
migrations a été laissée de coté par l’ensemble des travailleurs d’origine francaise
les partis et syndicats n’ayant rien fait pour les intégrér aux luttes.

Toutes cette jeunesse des " quartiers " tous ces travailleurs ou chômeurs. sont un réservoir de combativité , ils sont la jeunesse des forces du travail ils n’ont pas grand chose a perdre mais tout a gagner .
Il nous appartient a nous communistes, de travailler a la formation d’un parti
révolutionnaire intégrant ces forces vives au combat dans l’unité et la fraternité
pour le triomphe du socialisme.

Messages

  • Don si je comprends bien, les travailleurs français ayant déserté la lutte ou étant partis dans des orgas d’extreme droite, les partis de gauche ne doivent compter que sur "la réserve" de main d’oeuvre immigrée que le patronat fait entrer en masse dans notre pays pour d’une part tirer vers le bas les salaires et acquis des travailleur français et d’autre part étouffer toute révolte de ces memes travailleurs français (si vous ouvrez votre bouche, on délocalise...)

    • les travailleurs français ayant déserté la lutte ou étant partis dans des orgas d’extreme droite, les partis de gauche ne doivent compter que sur "la réserve" de main d’oeuvre immigrée que le patronat fait entrer en masse

      Je n’ai jamais dit cela.Je fais référence au crédit qui tien beaucoup de gens qui possèdent des biens (voiture, maison,etx etx) et qui ont " beaucoup a perdre " du moins ils le pensent.
      Ma démarche vise a mètre l’accent sur l’isolement d’une grande partie de la classe ouvrière enfermée dans des ghettos, abandonnés par les partis de gôôôcche et par
      les syndicats.

      Je lancés un appel pour que la réflexion sur la création d’un parti ou mouvement
      communiste internationaliste de france se fasse pour et sur la reunion de l’ensemble des travailleurs de toutes origines.

      Mon propos n’etait pas d’ expliquer le pouquoi de la non mobilisation des travailleurs en france .

  • Je pense pour ma part que les travailleurs se sont " embourgeoisés " sous une sur consommation pas toujours nécessaire , nous sommes pour la plus part coincés par des crédits et beaucoup pense qu’ils ont trop a perdre.

    Ah... et moins ils sont "embourgeoisés" par le capitalisme de crise et moins ils bougent ?

    La misère n’a jamais produit automatiquement la révolte et la révolution.
    De même les conquêtes et la richesse n’ont jamais produit automatiquement de l’inactivité sociale et politique. C’est d’ailleurs au moment où il y avait le moins de nuages dans la prospérité qu’il y eut le plus formidable mouvement de grève en France.

    Le crédit ? hum, peut-être ça joue.

    J’ai comme l’impression qu’il faille chercher d’autres raisons. Plein de gens n’ont pas de crédit, sans que cela ne les fassent aisément se mobiliser.

    • J’ai comme l’impression qu’il faille chercher d’autres raisons. Plein de gens n’ont pas de crédit, sans que cela ne les fassent aisément se mobiliser.{}

      Seul les trés pauvres non pas de crédit et non rien a perdre. Mais ils sont tellement
      dans la merde que " le survive " leur tien seul de réflexions.

      La plupart des travailleurs ayant encore un emploie en couple sont pris dans le jeux
      de la sur consommation ( voitures, maison ordi x tele etx etx) et sont prisonnier
      des fin de mois.

    • Nous avons vu que la classe ouvrière existe , qu’elle est beaucoup plus grosse au sens moderne qu’avant , que les travailleurs sont moins dans des petites boites qu’avant (contrairement à une idée répandue et fausse), que la petite-bourgeoisie est aplatie, tout comme la paysannerie pour l’essentiel, que les couches sociales de la classe ouvrière relativement dorlotées sont mises à diète commune, la bourgeoisie nous unifiant à grand renfort de beignes.

      Il existe actuellement un fond de luttes sociales non négligeable, des dizaines voir des centaines de grèves par mois.

      Souvent dans de petites unités, avec ou sans crédits pour nos collègues concernés et pas toujours défensives. Il n’y a pas d’éléments qui nous font penser que des travailleurs très pauvres se bougeraient plus que des travailleurs pauvres.

      Ce n’est pas parce qu’elles ne pèsent pas sur la scène politique centrale ni les prime times que ça n’existe pas, il faut comprendre cela, l’analyser et se rendre plus compte de nos ignorances et trop longues habitudes de bouffer des pop corns devant la télé en trouvant qu’il ne se passe rien.

      Ce n’est pas exact.
      Il faut que nous nous documentions avant de se faire des a prioris.

      Ce qui est en cause n’est pas le potentiel de résistance des travailleurs mais la faillite de leurs représentations organisées. Cela a bien sur un impact sur l’efficacité et la massivité des résistances, mais ces résistances existent.

      Je sais que là je prends à rebrousse-poil un sentiment largement partagé. Pourtant je pense que ce sentiment est inexact. Comme pour beaucoup de choses et face à la grosse caisse des médias dominants, il s’agit d’enquêter sur ce que font nos camarades à côté de nous, sans qu’on le sache.

      Il est très simple de se renseigner sur ce qui existe à minima en France en matières de grèves et de mouvements sociaux.

      Cette situation d’un fond de résistances diffus non négligeable ne durera pas éternellement mais dépend de note capacité à construire et reconstruire nos organisations et d’en centraliser l’expression (afin d’éviter que d’autres ne la confisque).

    • Ma démarche vise a mètre l’accent sur l’isolement d’une grande partie de la classe ouvrière enfermée dans des ghettos, abandonnés par les partis de gôôôcche et par
      les syndicats.

      Je lancai un appel pour que la réflexion sur la création d’un parti ou mouvement
      communiste internationaliste de france se fasse pour et sur la reunion de l’ensemble des travailleurs de toutes origines.}

      cordialement

    • Ok ;

      Tout est à construire et à reconstruire d’un mouvement d’émancipation, afin que les travailleurs aient pouvoir sur leur propre vie. Ce constat on le fait tous.

      Le partis de "gauche" n’existent plus en tant que tels au milieu des travailleurs.
      Les organisations syndicales sont très faibles.

      Des masses importantes de travailleurs isolés existent sans lien entre elles et terres de manœuvre des fachos sans que ceux-ci d’ailleurs les organisent d’une quelconque façon.

      Tout ça peut être réorganisé et ça peut se faire dans les luttes du réel . C’est pour ça que je te parlais du fonds de lutte qui agite la classe populaire alors qu’elle a tout contre elle.
      Mais ça n’empêche pas d’y aller au concret pour chacun dans son entreprise se battre, construire des syndicats, mener des batailles acharnées contre les divisions en insistant notamment auprès des plus exploités et oppressés.

      Ca n’empêche pas de tirer des conclusions sur des batailles qui ont été menées en Espagne et au Portugal qui ont permis dans des pays comparables à la France, du point de vue culturel, de l’histoire du mouvement ouvrier et des attaques de la bourgeoisie, où des indignés ont pu faire bouger des couches jeunes, instruites et précaires du prolétariat qui étaient tétanisées par les attaques de la bourgeoisie.

      Ils (ces mvts) nous ont montré que cela était possible d’arriver à mettre en mouvement des masses auparavant isolées, terres de conquêtes des fachos en France, les fachos sont faibles en Espagne et au Portugal d’ailleurs, une partie du chemin leur a été coupé.
      Sans parti communiste internationaliste et contre les orgas révolutionnaires même radicales, la plupart du temps.

      Pourtant la gauche espagnole est dans un état effroyable, le mouvement syndical parcouru de vendus ayant signé pratiquement tout ce qui mettait la corde au cou des travailleurs.

      Mais ce qui se passe dans ces deux pays montre que des travailleurs et la classe populaire qui sont isolés en France sont disponibles à la bataille, que tout cela renvoie à des questions d’orientation politique et d’organisation, de militantisme dans note classe.

      De même dans les entreprises et les secteurs, il manque de groupes de travailleurs révolutionnaires qui travaillent assidument à unir et résister, sur des bases de classe, en construisant des grandes organisations unifiées de résistance où les travailleurs ne sont pas divisés suivant leur courant politique mais sont ensemble pour combattre au concret.

      La force de groupes de travailleurs révolutionnaires serait qu’ils se construiraient sur un objectif allant au delà des luttes sociales, en donnant à ces dernières d’autres raisons de se battre que la résistance et la conquête de revendications, c’est à dire qu’ils enserraient les luttes sociales dans l’objectif de renverser le capitalisme et que les travailleurs aient le pouvoir.

      Pour ce qui est des secteurs de la classe ouvrière au sens large, inorganisés et bougeant peu, il s’agit de ne pas se dégonfler et de construire les résistances, c’est possible, on l’a vu dans quelques pays.

      Pour ce qui est des couches de travailleurs en butte à la xenophobie, au racisme et à l’islamophobie, il s’agit de favoriser leur affirmation dans des organisations adéquates afin qu’ils aient leur chemin de convergence avec le reste du mouvement d’émancipation, en finir avec la morgue xénophobe violente qui existe dans une partie du mouvement ouvrier officiellement au nom de la laïcité mais au fond au nom de la xénophobie.

      Pour l’internationalisme que je dirai prolétarien, car c’est bien là d’une bataille commune d’entre-aides des prolétariats dans le monde dont on parle, il faut constater que l’essentiel de la classe ouvrière au sens large dans le monde n’est plus dans les vieilles métropoles industrielles, mais pousse à un rythme fort dans tous les pays dits en développement. L’endroit où le prolétariat urbain est le plus gros de la planète mène le plus de combats dans le monde est en Chine.
      As-tu entendu des déclarations de solidarité avec les travailleurs qui font des dizaines de milliers de grèves et batailles sociales en Chine ? Non, rien, que dalle.
      Il faut populariser cela, soutenir, afin d’éviter que des forces réactionnaires emportent la mise de ces résistances.
      Ce prolétariat urbain des pays dits en développement très puissant numériquement est en train de faire ses dents et se foutre sur la gueule avec ses appareils d’état tyranniques. Ils le font à 200% sans la moindre attention du vieux mouvement ouvrier européen, et ne l’attendent pas trop d’ailleurs.

      Cette poussée se voit en Indonésie avec la hausse du salaire minimum de 40% ce qui fait hurler les géants internationaux du capital qui font des pieds et des mains pour que cette conquête issue d’une grande bataille cet été et au début d’automne ne soit pas appliquée dans les zones spéciales. L’Indonésie a été choisie comme nouvel atelier du monde par une partie des géants capitalistes.

      Tous les pays dits en développement voient ce prolétariat urbain devenir majoritaire et mener des batailles de plus en plus rudes . S’inserre-t-on dans ce mouvement massif et planétaire qui s’effectue dans la dureté et la souffrance ? Non, "on" ne fait même pas l’effort de se renseigner sur ce qui se passe réellement ailleurs.

      Quand on parle du Mexique, on parle du Chiapas, il faut effectivement le faire, mais comprendre aussi que le monde rural au Mexique est plus petit que le monde rural en France. Quand au Brésil où de très nombreuses batailles ouvrières ont lieu avec un gigantesque prolétariat urbain on ne regarde que les batailles interessant le monde rural (Brésil, population urbaine 87%, France, population urbaine 78%, pour aider à comprendre).

      Le mouvement d’émancipation en France, on va appeler cela comme ça, ne s’enserre pas dans les grandes batailles du prolétariat qui existent dans le monde, c’est un gros problème, et, quand il le fait , il le fait avec ses imaginaires coloniaux (les chinois tous paysans, les brésiliens des paysans affamés, les arabes des tribus sur des chameaux dans le désert, etc, je n’exagère presque pas).

      L’internationalisme prolétarien en utilisant ce vieux mot salement abimé par des générations de vieux sbires du capitalisme d’état tous passés à la bourgeoisie maintenant, consiste d’abord à s’enserrer dans ce combat mondial qui existe partout maintenant et soutenir activement et politiquement ces combats concrets.

      Reconnaitre comment ce prolétariat pousse et déstabilise toutes les anciens modes de domination de la bourgeoisie dans le monde dans les pays en développement. L’ensemble du monde dit arabo-musulman est secoué par cela, même si une foultitude de mouvements réactionnaires s’agitent dans tous les sens pour profiter de cette tendance à l’émancipation pour geler des situations à leur avantage.
      Mais il s’agit bien d’abord de comprendre ce qui déstabilise ces sociétés : l’histoire de la lutte des classes et l’apparition d’un gros prolétariat instruit et urbain. La destruction de la paysannerie et le crépuscule de grosses petites bourgeoisies .

      L’internationalisme prolétarien est d’abord fort de cette poussée, de la puissance du camp auquel il fait partie. Ce n’est pas trop le cas en France où le regard porté vers l’extérieur est de commisération au mieux, de méfiance maladive au pire.

      Cela aussi doit être changé.

    • Cher CAmaro. ;
      j
      Là il y a eu des débats qui pourraient t’interesser..

      Notamment-et pardon si je cite les articles que j’ai initiés , c’est la seule façon pour moi et google de retrouver des trâces..)

      http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article112806

      http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article115692

      http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article123443

      bonne Année, nocturne..

      Amitiés

      Alain

    • Merci Alain de me diriger sur ces articles.

      JE NOUS SOUHAITE UN MAX DE REALISATION DES PROJETS CONQUERANTS QUI NOUS ANIMENT POUR 2013.

      AMITIES
      JP.

    • Tiens, AMIGO
      Ce copain, Jean françois AUTIER, fut de ma génération de "dirigeants" départementaux du PCF33, un "complice" de militantisme n’oubliant jamais que l’humour est révolutionnaire..

       Co signataire avec d’autres girondins du texte"Pour des ASSISES du COMMUNISME"-rejoints par des dizaines de camaros par la suite, dans un article publié alors notamment ci dessous , l’ ajusteur mécanicien retraité, écrivait
      un papier avec comme titre :

      A propos de classe ouvrière
      Résignation ? Non, Révolution

      http://pcf.venissieux.org/Resignation-Non-Revolution.html

      JFA précisait en préambule

      l’Humanité de mercredi 16 janvier annonce un "grand entretien" pour "Comprendre le capitalisme du XXIe siècle", puis, sur 2 pages, sous le titre "L’âge de la société de service", nous rappelle que la vie économique a beaucoup changé depuis Marx. Conséquence des évolutions techniques et technologiques, la population active se composant à plus de 70 % de travailleurs des services, "la classe ouvrière a perdu son rôle historique", et il faut donc un nouveau projet de société. Voilà, en quelques mots, ce qu’il faudrait comprendre du capitalisme aujourd’hui. http://www.humanite.fr/2008-01-16_T... Je n’ai pas été le seul lecteur à comprendre que je devais me résigner, et accepter au moins temporairement le capitalisme comme la fin de l’Histoire.

      Et de commenter :

      Au risque de choquer, j’ose dire que cette affirmation, on ne peut plus démobilisatrice pour les luttes immédiates (mais c’est peut-être son but), me paraît relever d’une conception ouvriériste de la classe ouvrière. Le texte étant parsemé d’allusions à Marx et au marxisme, mais sans jamais oser en affronter la moindre citation, le retour à la lecture de textes de Marx et Engels me semble indispensable, surtout pour ceux qui croient qu’ils ont autre chose à faire que lire ces vieilles barbes.

      Il me semble en effet, qu’à se laisser aveugler par les apparences de "la société de consommation", de "la société de service" (en oubliant que bon nombre ne font plus, déjà, que servir, pour un temps, ce qui n’est plus produit en France, avant de rejoindre les exclus de la consommation et du service dont le nombre ne cesse de croître), on passe à côté de l’essentiel : nous vivons la dictature terroriste du capital financier en expansion. Curieusement (?), ce n’est pas ce terrorisme là, qui détruit les moyens d’existence de millions de personnes, pourvoyeur de misère et affameur, réduisant les dépenses de santé et supprimant des médicament utiles estimés insuffisamment rentables financièrement, assassinant, semant la guerre, la mort et la désolation, polluant et empoisonnant la planète, capable d’accepter sans sourciller la mort prévisible de 1 milliard d’humains comme conséquence des changements climatiques dont il est responsable, etc., ce n’est pas ce terrorisme là, les moyens d’y résister et d’y mettre fin, qui sont le souci principal de nombre de faiseurs d’opinion.

      A la différence de ceux qui ont une conception ouvriériste de la classe ouvrière, Marx et Engels ne la réduisent pas à la partie du prolétariat qui a le statut d’ouvrier. Pour eux, en opposition à la bourgeoisie capitaliste, il y a l’ensemble du salariat, le prolétariat, en tant que classe en soi. Et il y a le prolétariat révolutionnaire, la classe ouvrière, en tant que classe pour soi. Au fil des ans, cette distinction est de plus en plus nette dans les préfaces du Manifeste du parti communiste, comme s’ils sentaient le danger d’une dérive ouvriériste.

      Aujourd’hui comme en 1848, on produit pour des capitalistes, ce que décident des capitalistes, à l’endroit voulu par des capitalistes, au moment voulu par des capitalistes, de plus en plus aux conditions voulues par des capitalistes, pour que ces capitalistes accroissent toujours plus leur capital. Aujourd’hui, comme en 1848, il n’y a toujours que 2 classes principales, dont l’une, pour survivre, est obligée de vendre sa force de travail à l’autre qui en vit : le prolétariat et la bourgeoisie. Mais, la différence essentielle avec 1848, c’est moins les nouvelles technologies que l’élargissement du prolétariat à la presque totalité des activités humaines, l’écrasement des couches intermédiaires, et le rabougrissement numérique de la bourgeoisie, cette classe parasite qui vit de l’exploitation du travail salarié.

      Aujourd’hui, alors que 92 % de la population active est salariée, pro-lé-ta-ri-sée, et (à part une minorité de laquais du capital) subit de plein fouet la dictature terroriste du capital financier en expansion, la seule question qui se pose, c’est de rendre à ce prolétariat la maîtrise des richesses dont il est le seul créateur, donc la maîtrise du capital, c’est-à-dire d’exproprier le capital pour en permettre l’appropriation sociale : c’est la condition sans laquelle il ne peut être mis fin à l’écrasement des salariés. Aujourd’hui comme hier, le problème est de tout faire pour permettre au prolétariat d’accéder à la conscience de classe, de passer du statut de classe en soi à celui de classe pour soi, au statut de "classe ouvrière", pour se libérer et libérer l’humanité du joug du capitalisme. Et ça ne se fera pas en coupant en 4 les cheveux des exploités, mais en leur montrant qu’ils sont ensemble les victimes d’une poignée d’exploiteurs qui se sont arrogés le droit de vie et de mort, en leur montrant que l’histoire témoigne que s’ils ne sont pas encore tous écrasés au même degré par l’exploitation, personne n’y échappera : déjà, la génération actuelle vit moins bien que celles qui l’ont précédée.

      D’aucuns objecteront peut-être que Marx fait sa démonstration de la plus-value avec des objets manufacturés, pas avec des produits de l’esprit, impalpables ; qu’à son époque, l’informatique n’existait pas. Énumérant les bouleversements que la bourgeoisie capitaliste fait subir à la formation économique et sociale, dans "Le manifeste du parti communiste", Marx et Engels écrivent : "Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit." Sauf erreur de ma part, comme Galilée et son "Et pourtant elle tourne", Ricardo avait eu l’intuition de la plus-value, mais n’avait su en expliquer le processus d’accaparement privé. C’est ce que fait Marx. Mais il le fait en prenant la peine de préciser, dès le début : "La valeur d’usage des marchandises une fois mise de côté, il ne leur reste plus qu’une qualité, celle d’être des produits du travail. (...) Il ne reste donc plus que le caractère commun de ces travaux ; ils sont tous ramenés au même travail humain, à une dépense de force humaine de travail sans égard à la forme particulière sous laquelle cette force a été dépensée." (K. Marx, "Le capital", Livre premier, Le développement de la production capitaliste, 1e section : la marchandise et la monnaie.) "... sans égard à la forme particulière sous laquelle cette force a été dépensée." Enfin, s’agissant de "l’impalpable", Marx et Engels, eux, ont une conception moniste du monde qu’il ne séparent pas entre esprit d’un côté et matière de l’autre. Ce que les capitalistes ont bien compris, même si certains ont une conception dualiste du monde : ils ont réussi à faire de "l’impalpable" une marchandise qui s’échange sur le marché contre du fric palpable... pour réaliser et s’approprier la plus-value contenue dans cet "impalpable"...

      "Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer." (K. Marx et F. Engels, L’idéologie allemande, Thèse XI sur Feuerbach). A l’instar de Marx et Engels qui, dans la préface à l’édition allemande de 1872 du Manifeste du parti communiste, alors que la Commune vient d’être noyée dans le sang, que le syndicat n’a pas d’existence légale, attirent l’attention sur "les progrès immenses de la grande industrie dans les vingt-cinq dernières années et les progrès parallèles qu’a accomplis, dans son organisation en parti, la classe ouvrière", ceux qui souhaitent que le prolétariat révolutionnaire du 21e siècle transforme le monde, sans se laisser aveugler par l’élection de Sarkozy, apprécient la signification de classe du vote Non de 54,7 % du peuple de France le 29 mai 2005, le jugement négatif que portent sur le capitalisme 61 % des Français (sondage Louis Harris - Libération publié le 4-11-05), l’irruption de la jeunesse obligeant au retrait du CPE alors que les syndicats avaient renoncé à l’action contre le CNE.

      Cette conscience de ce qu’est le capitalisme et son Europe, ce n’est pas à ceux qui veulent à tout prix substituer le clivage gauche-droite à la contradiction fondamentale capital-travail qu’ils la doivent, mais essentiellement à leur pratique quotidienne du capitalisme. Et si une part d’entre d’eux peut encore se laisser abuser et participer à l’élection de Sarkozy, c’est notamment parce que le PCF, mon parti depuis 1963, ne leur propose aucune perspective... Sous la direction d’une ancienne ministre de la "gauche plurielle" (celle qui a privatisé plus qu’aucun gouvernement de droite) élue au 31e Congrès (2001) pour doter le PCF d’un projet communiste qui n’existe toujours pas, le PCF a soutenu à la présidentielle un programme ne touchant pas à la propriété du capital, et propose le rachat des actions d’EADS par l’État ; autrement dit, de faire payer aux salariés par l’impôt, ce capital qui n’est que le produit de leur travail dont ils ont été spoliés par la bourgeoisie ! Comment le prolétariat révolutionnaire pourrait-il se retrouver dans un tel programme ? Un autre ministre de la "gauche plurielle", celui qui expliquait que l’ouverture du capital d’Air France n’était pas la privatisation, vient alors proposer que le PCF supprime l’adjectif "communiste" de son nom. Bien que plus de 70 % des sections du PCF refusent cette proposition, les 8 et 9 décembre, la ministre de la "gauche plurielle" qui dirige le PCF, agitant le risque d’explosion du parti, obtient l’autorisation de poursuivre jusqu’à la fin 2008 la liquidation de ce qui fut un parti révolutionnaire. C’est alors qu’en cohérence, l’Humanité, qui n’est plus l’organe central du PCF, de moins en moins le journal de Jaurès et de plus en plus celui de Lagardère, sous la direction d’un ami de celui qui prit appui sur un besoin réel d’évolution du parti pour le faire muter à un contenu social démocrate, vient affirmer que "comprendre le capitalisme du 21e siècle", c’est se résigner à attendre l’émergence d’un nouveau projet de société... Peut-on faire mieux pour désespérer le prolétariat révolutionnaire ? C’est vrai que pour ces dirigeants là, l’adjectif communiste est de trop ! Mais serait-il nécessaire de semer la désespérance si le prolétariat acceptait le sort qui lui est promis sans menacer de mettre fin à la domination de la bourgeoisie ?

      Il est temps, grand temps, que se tiennent des Assises du communisme, ouvertes à ce prolétariat qui fait face aux attaques du capital, se bat et cherche son unité malgré tous les empêcheurs de "Tous ensemble" et ceux qui tiennent à négocier un nouveau recul social ; ouvertes à cette jeunesse, prolétariat de demain, qui avec le CPE voulait faire sauter toute la loi dite "d’égalité des chances", avant que les "On a gagné" viennent mettre un terme au mouvement. Oui, il est temps que se tiennent des Assises du communisme ouvertes, pour élaborer une perspective de sortie du capitalisme maintenant, et doter le prolétariat révolutionnaire d’un parti communiste digne du 21e siècle.

      Parce qu’il serait illusoire d’attendre l’organisation d’Assises du communisme ouvertes de ceux qui, dans les faits, utilisent le prolétariat comme une masse de manoeuvre, une armée de fantassins dans leur marche vers un pouvoir qu’ils exerceraient à la place du prolétariat, ce n’est qu’à la base, entre militants révolutionnaires sans exclusive, que peuvent se créer les conditions de leur tenue. C’est le sens de l’initiative à laquelle je participe avec d’autres communistes organisés et inorganisés : "Pour des Assises du communisme, des communistes s’adressent aux communistes." Comme le chante l’Internationale : "Il n’est pas de sauveur suprême..., producteurs sauvons-nous nous mêmes..., nous ne sommes rien soyons tout..."

      Jean-François Autier,

      Toujours d’actualité, ce point de vue de février 2OO8, non ?

      Cordialement

      A.C