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Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS

de : Chien Guevara
mercredi 27 octobre 2010 - 00h07 - Signaler aux modérateurs
6 commentaires
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de Chien Guevara

L’un des six lycéens mis en examen pour rébellion et agression contre les forces de l’ordre, le 12 octobre à Fontainebleau, a maintenu devant le juge pour enfants avoir repoussé une grenade lacrymogène pour protéger un bébé dans une poussette. Les parents du bébé, Emmanuel et Myléna, racontent ce qu’ils ont vu et vécu lors de la dispersion de la manifestation lycéenne. Ils confirment ce qu’a dit le lycéen et veulent témoigner devant la justice. Selon eux, sans ce jeune homme, leur bébé aurait dû être blessé ou peut-être pire : les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes et des flashballs sur la foule, au hasard.

24 Octobre 2010 Par drapher

http://www.mediapart.fr/club/blog/d...

P.H : Pour quelle raisons étiez-vous présents, votre compagne, votre bébé et vous-même au moment de la dispersion de la manifestation ?

Emmanuel : « On devait aller en centre ville, à la banque faire des papiers. On s’est retrouvé encerclé au bout de la rue, il y avait les CRS des deux côtés, on ne pouvait pas passer. Ca tirait pas encore, c’était tendu, il y avait des charges de CRS au moment où on est arrivé. Ils couraient contre la foule, au croisement de la rue, on a été obligé de partir, avec la petite. Il y avait des personnes âgées. Un groupe de CRS a fait tomber par terre une personne âgée. »

P.H : Quand les gaz lacrymogènes ont été lancés, qu’est-ce qu’il s’est passé ?

« On a été repoussé avec la foule quand ça chargeait. Après on avait des choses à faire, on avait rien à voir avec ça, on a continué, et là, ça a tiré directement dans la foule. La première fois c’est tombé à 2 mètres, deux mètres cinquante de nous. La deuxième grenade c’est un lycéen qui s’est mis devant (ndlr : le lycéen mis en examen), sinon c’est la poussette et notre fille qui la prenait. Quand j’ai vu le premier tir, on a reculé, je suis parti directement voir les CRS. J’avais des preuves que je venais pour aller à la banque, je leur ai montré et on m’a répondu « ferme ta gueule, dégage de là », mot pour mot. Je leur ai dit que ma fille était bloquée dans les gaz lacrymogène, ils m’ont dit de faire le tour. C’est pendant que je discutais avec eux qu’ils ont tiré une deuxième grenade. Quand je suis revenu vers ma compagne c’est là que j’ai vu une veste sur la poussette. »

Myléna : « Le jeune (ndlr : celui mis en examen) avait mis la veste sur la poussette pour protéger la petite des gaz, il s’est interposé, il a pris un flashball dans la jambe, et a relancé une grenade qui était à côté de la poussette, c’était soit lui soit la petite, il a préféré que ce soit lui. »

P.H Quand il a repoussé la grenade lacrymogène, il l’a fait comment ?

Myléna : « Il a fait un geste comme tout le monde l’aurait fait. Il a essayé de la dégager le plus loin possible de la petite.

Emmanuel : « S’il ne se mettait pas devant la poussette, c’est la poussette qui prenait le tir ».

P.H : Les CRS étaient à quelle distance ?

Emmanuel : « Au début ils étaient collés, après ils étaient à quinze, vingt mètres. »

P.H : Les CRS pouvaient voir la poussette ?

Emmanuel : « Bien sûr, je leur ai dit, il y avait des lycéens qui leur ont dit « arrêtez, il y a un bébé qui passe ». Quand on a voulu s’en aller, ils nous ont dit : « allez y, allez y, passez, passez, personne fait rien, on bloque », et au moment où on arrivait au milieu de la route, les CRS se sont remis à charger. Ils voyaient bien qu’il y avait une poussette. Et nous, c’est une coiffeuse qui nous a fait rentrer dans son magasin pour nous protéger. »

Myléna : « Les CRS se sont pris pour des cowboys. Les lycéens ils faisaient leur manifestation, ils étaient par terre, sur la route. C’est là que les CRS ont fait n’importe quoi. On a vu trois policiers qui passaient dans la foule et dès que quelqu’un les regardait à peine, ils leur mettaient des coups de bouclier, ils leur parlaient mal. Ils ont tapé un jeune devant tout le monde et il l’ont menotté. »

P.H : Est ce que vous témoignerez au tribunal pour le procès des lycéens mis en garde à vue ?

Emmanuel : « Moi , je viendrai. Si cette personne là n’était pas là ce jour là, ma fille elle se prenait une cartouche. Grâce à lui, on a réussi à empêcher le pire. Je suis obligé, je viendrai. Il a mis en quelque sorte sa vie en danger pour protéger ma fille. Il ne nous connaissait pas, on l’avait jamais vu. Il s’est mis en opposition, il s’est pris une flashball dans la jambe pour la protéger. »

P.H : Qu’est-ce que vous pouvez dire sur cette manifestation, pour conclure ?

Emmanuel : « Ils ont tiré sur la foule sans calculer, comme ça, il y avait un deuxième couple avec une poussette, elle est partie tout de suite aux urgences. Ce couple, ils se sont pris des projectiles que la police a jetés. Les jeunes se sont mis devant pour éviter qu’il ait un problème avec la petite, c’est les jeunes qui ont essayé d’aider, les forces de l’ordre, il n’y avait rien à faire. Les jeunes étaient solidaires, ils essayaient d’aider les gens par terre. Il y avait un jeune avec des marques au visage, qui saignait, entouré par un groupe de trente policiers et CRS autour de lui. Il y a une femme policier qui a braqué un lycéen avec son flashball qui venait voir pour son copain par terre, elle lui a dit « tu bouges pas ou je tire ! » Ils sont restés au moins un quart d’heure à le taper. Les trois policiers qui circulaient dans la foule, ils regardaient les jeunes et les agressaient. Il y a un jeune qui ne faisait rien, adossé à un mur, un policier lui a mis un coup de bouclier dans la tête. A un moment les lycéens sont allés voir les policiers qui étaient devant la mairie et d’autres qui sortaient de la mairie, qui étaient derrière les portes de la mairie. Les policiers les ont insultés, leur ont dit "dégage, dégage". Ca tirait dans la foule, j’ai vu des personnes âgées qui pleuraient à cause des gaz. On se serait cru dans un film. On se sentait plus en sécurité avec les jeunes qu’avec les policiers. C’est grâce aux jeunes qu’on a pu rentrer chez nous.

Témoignage recueilli dimanche 24 octobre 2010 au domicile d’Emmanuel et Myléna, parents de la petite Océane, 12 mois.

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Commentaires de l'article
Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
27 octobre 2010 - 01h18 - Posté par Elis

1.000 et 1.000 mercis pour cette information

je fais passer autant que je peux le faire !!

mais quelles bandes de dégénérés !! :-(

et dire que c’est à ce genre de personnages qu’il faudrait confier notre sécurité ??!!!!!! :-O



Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
27 octobre 2010 - 08h00 - Posté par

suite logique on va chercher si les parents de la petite ont des papiers en ordre !!!!!!on est en sarkozy !

ils se comportent comme tsahal et depuis que l’on sait que ces dégénérés ont le droit de boire en service !!!!!!!!!!!!!!!!!!


Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
27 octobre 2010 - 16h45 - Posté par lilou

J’EN AI MAL AU VENTRE QUAND JE PENSE QUE C’EST NOUS QUI NOUS TIRONS LA CEINTURE POUR LES PAYER a quand aurons nous le courage tous ensemble de ne plus payer car le patron c’est celui qui paye sans argent plus de fonctionnaires zeles ni d’abrutis qui obeissent aux ordre d’autres abrutis



Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
27 octobre 2010 - 21h31 - Posté par J.C

Pourquoi mon commentaire a été effacé concernant ces chiens de CRS et aussi de mon père ? Sommes nous dans un état de libre expression ? j en doute très fort. !



Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
28 octobre 2010 - 09h08

Mort aux vaches.

varenne



Un jeune manifestant sauve un bébé des CRS
11 septembre 2011 - 22h16

police partout justice nulle part







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