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Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
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Qui est Curzio Malaparte, cet italien cité par Sarkozy ?
de : patelle
lundi 16 avril 2012 - 18h19 - Signaler aux modérateurs
2 commentaires

Nicolas Sarkozy a multiplié les références littéraires lors de son meeting place de la Concorde : Hugo, Péguy, Chateaubriand, mais aussi l’écrivain italien Curzio Malaparte. Un choix surprenant.

Nicolas Sarkozy, comme son adversaire, François Hollande, n’a pas lésiné sur les références historiques lors de son meeting place de la Concorde ce dimanche.

Le président-candidat a évoqué tour à tour Victor Hugo, Molière, Charles Péguy, Chateaubriand. Mais, dès le début de son discours, c’est une citation de l’écrivain italien, Curzio Malaparte, que le président de la République a choisi de reprendre : "La place de La Concorde, ça n’est pas une place, c’est une manière de penser. Tout ce qui est vraiment français se mesure ici."

Un choix surprenant, car cet auteur italien n’évoque certainement pas grand chose pour la majorité des Français (un choix peut-être inspiré par son épouse Carla Bruni-Sarkozy ?), mais aussi parce que son histoire est assez complexe.

Curzio Malaparte est né en Toscane en 1898, sous le nom de Kurt Suckert. Il change d’état civil dans les années 1920. Malaparte adhère au parti fasciste dès 1920 (il en sera exclu plus tard) et participe à la marche des Chemises noires fascistes sur Rome en 1922. En 1925, il fait partie des signataires du Manifeste des intellectuels fascistes.

Après la Seconde Guerre mondiale, Malaparte tente d’intégrer le parti communiste. Sa demande d’adhésion au parti n’est acceptée que juste avant sa mort, en 1957. L’écrivain décide alors de léguer sa maison à la République populaire de Chine.

Malaparte n’en reste pas moins un écrivain et journaliste italien reconnu, correspondant de guerre, célèbre en Europe grâce à deux ouvrages majeurs : Kaputt et La Peau.

Paru en 1943, Kaputt raconte, en mêlant humour et style morbide, son expérience de correspondant de guerre sur le front de l’Est. Dans son roman La Peau (1949), Malaparte met en scène la libération d’une Italie affamée face aux armées américaines qui découvrent l’Europe, une fois encore dans un mélange de tragique et de comique.

En Italie, Malaparte est un écrivain aujourd’hui encore controversé. Si certains estiment que son talent est sous-estimé, d’autres lui ont reproché son "exhibitionnisme morbide", son goût pour la provocation et le scandale, et sa versatilité idéologique.

par Marie Conquy

http://quoi.info/actualite-politiqu...

Assez obcène à la veille des obsèques du résistant Raymond Aubrac !!!



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Commentaires de l'article
Qui est Curzio Malaparte, cet italien cité par Sarkozy ?
16 avril 2012 - 18h35 - Posté par CERISE 83

Je me marre ! TOUS ! La tête dans les bouquins de citations , de Socrate à Jaures en passant par Hugo, c’est vraiment facile d’écrire des discours,moi j’aime bien celle de COLUCHE VOTEZ POUR MOI. POUR VOUS RIEN NE CHANGERA.POUR MOI TOUT VA CHANGER.....



Qui est Curzio Malaparte, cet italien cité par Sarkozy ?
17 avril 2012 - 08h51 - Posté par duboÿ

Malaparte, Promenade place de la Concorde. Extrait du Journal d’un étranger à Paris, traduit de l’italien, éd. Denoël 1967, p.35-40 (Diario di uno straniero a Parigi, éd.Vallechi, Florence, 1966)

1er septembre 1947

Promenade place de la Concorde. - J’ai fait ce soir une promenade place de la Concorde. Ce n’est pas comme disait Hemingway à l’un de ses amis, "une promenade à la campagne". La campagne est aussi loin de la place de la Concorde qu’elle l’était de Versailles ; la campagne, cet endroit où les oiseaux sont crus. (Rien ne montre mieux que cette définition combien la noblesse française était éloignée, détachée de la vie des champs.) La place de la Concorde est la place la plus française qui soit en France. Elle obéit à la même intelligence, au même sens de la tradition, à la même sensibilité qui ont créé, à Rome la piazza del Popolo. ( Là aussi la même présence des arbres, dans le nom - popolo ne signifiant point peuple, mais peuplier, en latin - et sur les pentes du Pincio. Et le nom de l’architecte français, Valadier ; bien qu’il fût romain, et même bien romain et papal.) C’est une place qui obéit à la géométrie, une place cartésienne. Froide, logique, rationaliste, mathématique, avare. C’est le spectre de la France, la radiographie du peuple français. Quand on y arrive par les Champs-Élysées, on a comme fond de décor, en face le jardin des Tuileries, à gauche l’Hôtel Crillon, le Ministère de la Marine, les arcades de la rue de Rivoli. J’ai devant les yeux l’un des paysages les plus typiques de la France. Et si l’on arrive par la rue Royale, on a devant soi la Chambre des Députés, cette colonnade de pseudo Grèce, cette sorte de Grèce édifiée à l’usage de la bourgeoisie française, et les arbres des Champs-Élysées, l’air du fleuve, les reflets de la Seine dans l’air bleu et gris, dans cet air français qui est si français place de la Concorde. Mais il faut un art, pour se promener place de la Concorde. Et il me semble, où je crains, que les Français d’aujourd’hui ne l’aient perdu. Il n’y avait que les Français à savoir se promener place de la Concorde. A présent, il n’y a même pas eux. C’est un art difficile à pratiquer.

C’est un art qui appartient tout entier non au physique, mais au moral, à l’intellectuel. On ne peut se promener place de la Concorde, c’est-à-dire connaître cet art, si l’on a une vue claire de la France, de ce qu’est la France. J’ai vu Edouard Herriot traverser la place de la Concorde. Il était radical, mais il connaissait cet art, encore qu’il l’ait connu en son déclin, et de façon approximative. Il montrait, en marchant, qu’il savait fort bien que la liberté de la place de la Concorde n’est qu’apparente. Pour tout dire, c’est en réalité, une place enserrée entre les murs hauts et invisibles de la tradition, de la logique, de la dignité, des bonnes manières de l’âge d’or de l’esprit français. On peut être radical, socialiste, républicain de droite ou de gauche, et connaître à peu près l’art de se promener place de la Concorde, mais je doute fort qu’un communiste le connaisse, ou un gaulliste, ou un Action Française. C’est une place qui est à l’extrême limite d’une civilisation. Au-delà de cette frontière, c’est la démocratie, la République, le mauvais goût, la confusion. C’est une place inassimilable pour la République. D’un caractère moderne parfaitement raffiné, et intransigeant. De vraiment moderne, en France, il n’y a que la France de Louis XV. Tout le moderne français évolue, part de Louis XV, ignore Napoléon, la Restauration, Louis-Philippe, le Second Empire. Tout ce qui se construit de moderne, en France, a son point de départ dans le rationalisme élégant, raffiné, essentiel, pur, maigre de Louis XV. La place de la Concorde ne croit pas au progrès tel qu’on l’entendait au XIXe siècle. Elle ne croit pas à la perfectibilité humaine. Elle croit à l’homme parfait, tel qu’il est conçu et réalisé au temps de Louis XV. Darwin, Marx, tous ceux qui prétendent perfectionner l’homme (y compris Hegel, Freud, etc.) sont, sur cette place, des étrangers. La perfection dans le monde social moderne, ce serait un Marx ayant les proportions, la rigueur, la logique, la maigreur, l’harmonie de cette place. Un marxisme rigoureux, scientifique, conçu selon la mesure et la logique architecturales de cette place. Combien différent du marxisme conçu place de la Bastille, à la Villette, place de la République ! Tout ce qui est vraiment français se mesure ici. Picasso, Rouault, Matisse, Manet, Renoir, et les peintres abstraits, et la nouvelle école de Paris, Gischia, Fougeron, Manessier, c’est dans la mesure où ils adhèrent à cette place qu’on les reconnaît Français. Surtout certains impressionnistes, et d’abord Manet. De même pour certaine littérature. Même Racine, Corneille, La Fontaine ne sont pas pour ici. A la rigueur André Chénier. Lisez Eluard, Aragon, Apollinaire, et même Valéry, et même Gide, ici, sur cette place, et vous prendrez aussitôt conscience de ce qui les tient à l’écart de l’esprit français véritable, profond, authentique. Plus que tous les autres, cependant Eluard et Gide s’en approchent ; plus que tous les autres, ils ressemblent à la place de la Concorde. Mais que Proust en est loin ! Euripide en est proche, Sophocle, Virgile, certains poèmes d’Anacréon, et Xénophon, et Platon. Et par conséquent le Christ. Mais le Christ grec, celui de saint Paul, le Christ Hellénique. Non certes le Christ catholique ou le Christ réformé. Un Christ du Parthénon. Car la place de la Concorde est l’Acropole de la France (ni le Louvre, ni l’Arc de Triomphe, ni Versailles ne le sont). Je me suis toujours demandé pourquoi Renan est allé finir à Athènes, est monté jusqu’aux portes de l’Erechthéion pour prononcer sa prière sur l’Acropole. Quel endroit, à Athènes, plus athénien que cette place de la Concorde ? Quel endroit plus pur, plus parfait, plus essentiel, plus logique que celui-ci, quel endroit d’une nature plus intellectuelle ? C’est ici que l’on saisit l’étroite parenté entre Descartes et Platon, et le Christianisme de Descartes. C’est lorsqu’on pénètre dans cette place qu’on remarque combien sont faux les décors et les costumes et jusqu’à la diction du Théâtre Français : du Racine et du Corneille de la Comédie Française. Pour Racine et pour Corneille, est-il meilleur décor que cette place ? Hermione, Andromaque, Britannicus, Horace y sont chez eux. Cette place est leur palais royal, leur temple, leur véritable patrie. Elle est toute à la fois Ilion, Thèbes, Corinthe, Athènes, Sparte, Trézène : l’aimable Trézène. Les héros de Corneille et de Racine - fut-il jamais héros français ? - y respirent l’air pur de l’Ilissos, de la Béotie, du Péloponnèse, de la Troade, de la mer. Le dieu de cette place est Poséidon. Le rigoureux Poséidon au souffle salé. Car la présence de l’eau y est continuelle, inévitable. Ce n’est pas au fleuve seul qu’est due cette présence, mais aux marbres blancs des statues diversement disposées sur l’immense place, à la chevelure verte des arbres, au bleu clair du ciel. Le blanc et le vert, dans le paysage français, dans la poésie et la peinture française, deviennent, on le sait, du gris et du bleu : les couleurs du paysage français de la nature française d’Ile-de-France. Dans toute la poésie française, point de blanc et de vert, mais du gris et du bleu. Et le Poussin est français, qui faisait des paysages du Latium avec tout le vert de leurs arbres et tout le blanc de leurs nuages, des paysages français, c’est-à-dire gris et bleus. Lorsqu’on entre ici, on croit entrer dans un paysage aquatique, les arbres appartiennent à la flore sous-marine, l’eau circule entre les plantes et les statues, tient lieu d’atmosphère. Et les rares oiseaux qui traversent la place (il n’est guère de place au monde où les oiseaux soient aussi rares ; et cela tient, je crois, à ce que les oiseaux volent et ne nagent pas) paraissent mystérieux, comme des hirondelles de mer. Ils remontent vite à la surface, regardent d’en haut ce lac d’un bleu léger peuplé d’arbres et de statues. Plus qu’à d’autres heures, c’est tôt le matin, et le soir au coucher du soleil, que l’on éprouve cette impression aquatique.

La place de la Concorde est une idée : ce n’est pas une place, c’est une manière de penser. Et la transformation qui s’est produite chez les Français pendant ces quatorze années apparaît justement en ce que, d’une façon désormais évidente, il n’est plus d’harmonie entre cette place et eux ; autrement dit, leur manière de penser n’est plus la même, n’est peut-être plus aussi française qu’avant. Ce qu’est aujourd’hui le Français, je l’ignore. On ne trouve chez lui que peu de trace de ce qui fait aujourd’hui l’Europe, et surtout il y a chez lui un défaut aujourd’hui répugnant, qui était déjà profond chez lui jadis, et qui est le provincialisme. Autrefois, il n’y avait que lui sur terre, est c’est lui qui était tout : " ils font tout et ne savent rien, ils ne savent rien et font tout", comme disait Alfieri, en exagérant, dans le Misogallo[1] ; le reste de la terre ne comptait pas, et Paris était le nombril du monde. Manière de penser qui était un défaut, et fort grave, dans un monde qui marchait déjà vers l’autonomie à l’égard non seulement de la France, mais même de l’Europe. Il y avait là assurément une forme de provincialisme, de nationalisme petit bourgeois. A présent, c’est exactement le contraire. A présent le Français n’est rien, c’est un homme fini, diminué, la France est ruinée, c’est un pays fini, tout le monde, même un Hottentot, vaut mieux que les Français, etc., etc.

Et c’est une autre forme de provincialisme, plus répugnante encore, peut-être que celle d’hier. Quand j’entends des propos de ce genre dans le métro, les autobus, les cafés, les salons, moi qui ne suis pas Français, qui suis l’étranger, qui suis (et c’est, en France, le plus lourd handicap) Italien, je dois lutter de toutes mes forces contre la tentation de faire taire l’imprudent. Pour finir, je le fais, et toujours, et avec n’importe qui ; surtout avec les jeunes, même si ce sont de petites gens, comme souvent il arrive. Et quand je me sens submergé par la lâcheté d’autrui, par cette manie morbide, propre aujourd’hui aux Français de dénigrer la France, je viens faire une promenade place de la Concorde. C’est là qu’est la France. Et il me semble être dans le ventre de la France comme Jonas dans le ventre de la Baleine






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