Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

Cet homme est-il un « casseur » ? Non, c’est un policier
de : Vladimir Slonska-Malvaud
lundi 3 novembre 2014 - 15h23 - Signaler aux modérateurs
JPEG - 11 ko

La police se déguise de plus en plus en «  casseurs  », dont l’image violente est utilisée ensuite par les médias. Samedi après-midi, une nouvelle manifestation s’est tenue à Nantes suite à la mort de Rémi Fraisse. Les provocations policières ont rapidement donné lieu à des affrontements, alors que la manifestation était majoritairement pacifique. Et les policiers en civil, déguisés en manifestants, jouent un rôle trouble.


- Nantes, reportage

Samedi 1er novembre, à Nantes, la manifestation en hommage à Rémi Fraisse, militant écologiste tué par une grenade explosive de la gendarmerie le 26 octobre 2014 sur le lieu du barrage de Sivens, dans le Tarn, a une nouvelle fois donné lieu à un déchaînement de brutalités policières contre les 1.500 manifestants présents, dans leur grande majorité non violents.

Avant même le début de la manifestation, la quasi-totalité de la presse locale titrait sur les violences à venir, fournissant la liste du vocabulaire de circonstance — «  casseurs  », «  dégradations  », «  guérilla urbaine  » — et déroulant la litanie des lamentations de commerçants et de Nantais nécessairement «  excédés  » par les événements. La précédente manifestation nantaise pour Rémi Fraisse, lundi 27 octobre, avait, il est vrai, fourni du grain à moudre aux annonciateurs de désastres : vitrines et banques démolies devant des policiers passifs. Les petits commerces avaient été globalement épargnés.

Ce samedi, un tract appelait cette fois à faire «  ce qu’ils n’attendent pas de nous  » : «  Aujourd’hui, cela sent davantage le guet-apens qu’une insurrection qui vient  », notait le texte signé par «  quelques occupants de la ZAD  ». Une consigne dans l’ensemble respectée, les destructions ayant été minimes tout au long de la journée.

La marche, commencée à 14 heures devant la préfecture, se déroule d’abord dans le calme. Des banderoles et pancartes «  naturalistes en lutte  » ou «  ils mutilent, ils tuent nos enfants. Surarmement, impunité de la police, stop  » sont posées sur le monument aux morts des 50 Otages.

Deux hélicoptères survolent la ville. Alors que le cortège remonte la rue de Strasbourg, les rangées de CRS sont de plus en plus proches. Les manifestants scandent «  assassins  » en passant devant les policiers.

Les premiers incidents démarrent avec la présence d’un CRS visant les manifestants avec son flashball.


- Le tireur se distingue entre les deux policiers casqués.-

Une provocation, puisque la manifestation se déroulait jusque-là dans le calme. Quelques œufs et bouteilles vides volent en direction du fonctionnaire, et servent de prétexte pour tirer les premières grenades lacrymogènes et pour charger.

Le cortège est coupé en deux. Une quinzaine de membres de la Brigade anti-criminalité (BAC), à l’apparence et au vocabulaire plus proche de braqueurs de banque que de policiers, surgit en courant du haut de la rue.


- Des "casseurs"  ? Non. Des policiers...-


- Précisons : des "casseurs"  ? -


- Le foulard qui lui dissimule le visage dessine... une tête de mort. -

Cagoulés, matraques télescopiques en main, ils arrêtent une première personne.

L’homme, au sol, est frappé dans le dos.

Un autre lance «  casseur de merde  » à un jeune manifestant, pourtant calme. Un habitant du quartier qui souhaite rentrer chez lui s’avance vers les policiers, qu’il gratifie d’un «  fascistes  ».

Il est emmené manu militari.

Mais notez, à gauche, ces policiers à l’allure de "casseurs" :

Un peu plus loin, un premier blessé, touché au niveau de l’arcade, est pris en charge par un secouriste de la manifestation.

Alors que le cortège rebrousse chemin en direction de la place du Commerce,

le scénario du reste de la journée se met en place. Un front, constitué des manifestants favorables à l’affrontement – essentiellement des militants anarchistes et autonomes – se positionne face aux gendarmes mobiles ou aux CRS. Le reste du cortège se situe en retrait, mais ne se disperse pas. Aux tirs de la police, les premiers répondent par des charges sporadiques, parfois protégés par des barrières de chantier, par des jets de pavés, de bouteilles vides et parfois de fusées de détresse.

Deux poubelles sont incendiées cours des 50 Otages, au niveau de la place de l’Ecluse. Des pavés sont arrachés des voies de tram.

L’auteur de ces lignes n’a, en revanche, pas été témoin de lancers de bouteilles contenant de l’acide, comme l’a affirmé plus tard le préfet de Loire-Atlantique lors d’une conférence de presse.

Peu à peu, la composition de la manifestation change, avec l’arrivée de jeunes moins politisés, attirés par les affrontements. Un camion à eau est stationné dans une rue adjacente.

De nouvelles charges dissolvent une partie de la manifestation peu après 17 h 30, mais le rassemblement se reconstitue. Un sitting est organisé face à un cordon de plusieurs centaines de CRS et de gendarmes mobiles.

Vers 18 h 30, le cordon avance et les policiers frappent à coup de pied les militants assis au sol. Le mouvement est accompagné de tirs de gaz lacrymogène, de flashball, de grenades assourdissantes. Une jeune manifestante non violente, blessée à la jambe par une grenade de désencerclement (tirée par des policiers encerclant les militants…), s’enfuit en hurlant et s’effondre au sol. «  L’endroit où ils ont enlevé les arbres au Testet, c’est là où j’habitais quand j’étais petite  », nous raconte-t-elle plus tard, après avoir repris ses esprits.

À ce moment, un nombre non négligeable de manifestants pacifiques se trouve encore sur place.

La dissolution définitive a lieu vers 19 h 30, en particulier après une charge d’un groupe d’une quinzaine de personnes, probablement d’extrême droite, sur des jeunes (tabassage, jets de pierre) qui venaient de renverser un conteneur à verre place de la petite Hollande.

La manifestation s’est soldée par l’arrestation de vingt-et-une personnes, dont cinq étaient toujours en garde à vue dimanche midi selon la presse locale. Nous avons par ailleurs pu constater un nombre de blessés supérieur au bilan de cinq à six personnes annoncé dans la presse. L’un d’eux a notamment été blessé au nez par un tir de flashball.

Malgré la présence d’une majorité de militants non violents, l’ensemble des personnes présentes à Nantes ce samedi ont été systématiquement qualifiées de «  casseurs  » dans la plupart des médias et par les partis politiques, du Parti socialiste jusqu’à l’extrême droite. Des casseurs n’ayant pas cassé grand-chose et dont il restera donc à préciser la définition. De son côté, Europe Ecologie Les Verts s’est contenté de condamner les violences, sans un mot sur la responsabilité de la police. Une prise de position qui aura une fois de plus abandonné de nombreux militants dans la rue sans aucun soutien politique.


Source et photos : Vladimir Slonska-Malvaud pour Reporterre.

http://www.reporterre.net/spip.php?...



Imprimer cet article





Communiqué de la CNT de Barcelone face aux derniers événements
mercredi 23 - 14h20
de : jean 1
Messages du président Bachar al-Assad en visite surprise sur le front d’Idleb (vidéo)
mercredi 23 - 12h38
de : nazairien
2 commentaires
Rassemblement soutien à Vincenzo Vecchi le 23 oct
mercredi 23 - 11h26
DÉSORDRE
mercredi 23 - 10h17
de : Ernest London
15 photos qui racontent les manifs à Barcelone
mercredi 23 - 10h11
À propos d’Extinction Rebellion – Partie III : La 4e Révolution industrielle
mardi 22 - 20h35
de : Kim Hill
SNCF : l’accident qui montre que le « train sans contrôleur » est dangereux pour tout le monde
mardi 22 - 20h24
de : Rachel Knaebel, avec Sophie Chapelle pour bastamag
Seconde Guerre mondiale : la Russie déclassifie des documents sur la libération de l’Europe par l’Armée rouge
mardi 22 - 14h22
de : nazairien
Projection "Au nom de tous mes frères. Journal de Nadine Loubet au Chili." jeudi 24 octobre 2019 à 20h
mardi 22 - 13h21
de : Nicole ff
L’État français cherche à nous faire oublier les essais nucléaires en Polynésie
lundi 21 - 22h11
de : Delaunay Matthieu
Sécurité.
lundi 21 - 19h38
de : L’iena rabbioso
Erreur de Pôle emploi en votre défaveur : garder des nerfs d’acier
lundi 21 - 09h48
Appel du non lieu dans la mort de Rémi Fraisse
dimanche 20 - 23h30
de : desarmons-les
Voilophobie : tentative de compréhension et d’explication.
dimanche 20 - 00h18
de : Christian DELARUE
11 commentaires
Canal Seine-Nord : la catastrophe écologique et économique en route !
samedi 19 - 19h08
de : Eve
6 commentaires
Reconnaissance faciale dans les lycées
samedi 19 - 11h02
de : quadrature du net
LA RAGE CONTRE LE RÈGNE DE L’ARGENT
samedi 19 - 08h44
de : Ernest London
Points de vue sur les Gilets jaunes
vendredi 18 - 16h35
de : jean 1
Yankees et son larbin français, effacent les preuves, de leur "implication terroriste" en syrie
vendredi 18 - 11h59
de : nazairien
"Gôôôche" démocratique et républicaine ou TRAHISON ?
vendredi 18 - 10h45
de : jean-marie Défossé
2 commentaires
Badgeophobie ou syndicalistophobie
jeudi 17 - 23h45
de : Christian DELARUE
1 commentaire
Est-ce que oui ou non castaner va dégager ?
jeudi 17 - 20h22
de : jean 1
VERS LA BANLIEUE TOTALE
jeudi 17 - 14h12
de : Ernest London
Est ce la panique, en macronie ? Le gouvernement envisage de retarder la réforme des retraites (vidéo)
jeudi 17 - 12h49
de : nazairien
3 commentaires
Le Crédit Mutuel prépare une vague de licenciements massifs
jeudi 17 - 11h23
de : PDUROC
Suspicion délation répression ... et agressions impérialistes
jeudi 17 - 10h56
de : Chantal Mirail
Sous le voile, une femme !
jeudi 17 - 10h36
de : Chantal Mirail
2 commentaires
Sociale vigilance / C’est l’heure de l’mettre
jeudi 17 - 10h28
de : Hdm
Droit d’informer : Nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires
jeudi 17 - 09h58
Barcelone : des manifestants indépendantistes affrontent les forces de l’ordre pour la troisième nuit consécutive (vidéo
jeudi 17 - 00h53
de : nazairien
1 commentaire
Une personne porte ici un signe religieux ostensible !
mercredi 16 - 22h29
de : Christian DELARUE
9 commentaires
La manifestation des pompiers dégénère : incidents et tensions (15 octobre 2019, Paris) (vidéo)
mercredi 16 - 16h24
de : nazairien
2 commentaires
Des scènes de guérilla urbaine dans le centre de Barcelone, après la condamnation des dirigeants séparatistes (vidéo)
mercredi 16 - 16h09
de : nazairien
1 commentaire
Retraites : la CGT, FO, Solidaires et la FSU appellent à la grève le 5 décembre
mercredi 16 - 07h54
1 commentaire
15 Octobre 1987 THOMAS SANKARA
mardi 15 - 17h29
de : CADTM
De qui se moque t on ? Les frais d’hébergement des députés à Paris vont être davantage remboursés
mardi 15 - 17h11
de : nazairien
2 commentaires
ZOMIA ou l’art de ne pas être gouverné
mardi 15 - 14h20
de : Ernest London
Grande Fête du livre de Noir et Rouge
lundi 14 - 23h10
de : Frank
Nucléaire : le danger qui nous menace s’accroît
lundi 14 - 23h03
de : pierre peguin
Emission - Sabotage de l’école – Un peuple éclairé serait-il incontrôlable ?
lundi 14 - 20h03
de : Emission - Polémix et La Voix Off

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Tous les hommes sont des intellectuels, mais tous les hommes ne remplissent pas dans la société la fonction d’intellectuel. Antonio Gramsci
Info Com-CGT
Facebook Twitter Google+
DAZIBAO
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 septembre
de Info’Com-CGT
Cette année encore notre syndicat participera à la Fête de l’Humanité les 13, 14 et 15 septembre à La Courneuve. Cet événement est à la fois un moment de débats politiques, syndicaux et sociaux, mais également des moments de partages entre camarades. C’est pour notre syndicat une manifestation grâce à laquelle nous pouvons faire connaître les combats que nous portons, rencontrer des salarié.es de nos secteurs d’activité et d’autres, échanger et approfondir des (...)
Lire la suite
11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 septembre
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Mes amis, C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, (...)
Lire la suite
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
Lire la suite
Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
Lire la suite
Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
Lire la suite