Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
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La guerre d’une seule religion


de : Jean-Yves Peillard
dimanche 15 février 2015 - 18h19 - Signaler aux modérateurs

Dieu L’Économie©

Braves français dormez tranquilles

Les dieux et les Pseudo-socialistes sont tombés sur la tête.

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OMPI

par Karl Copyleft

« On nous cache tout on nous dit rien »
On parle de « choc des civilisations » et la crapulerie doublée d’oeillères tente de refourguer une énième « guerre des religions » et des représentants de l’État d’affirmer que « nous sommes en guerre » etc.
Alors que c’est la guerre d’une seule religion, contre le vivant, contre l’humanité. « La violence des riches » de Pinson-Charlot contre les pauvres.
La guerre d’une seule religion comprenant près de 7 milliards de sujets pas tous volontaires.
Il n’y a pas un Paradis mais des paradis fiscaux qui sont les pièces maîtresses du système, comme une immense machine à laver l’argent et un refuge pour les nantis.

Car « si Dieu existe » force est de constater qu’il est capitaliste, L’OMPI est son Église©.

 Le Vatican est sa banque et son refuge© (et à l’occasion refuge et passeur pour quelques nazis).
 la scientologie est sa litanie©
 Ses autres lieux de culte, ses chapelles sont l’OMC, le FMI, Banque mondiale BERD, Commission européenne.
 L’OTAN est son bras armé ; son inquisiteur le conseil de sécurité de l’ONU.

 Les économistes, banquiers, ses prêtres, l’argent est son vecteur © Ses lois sont « in god we trust » « Green is green » et « Après moi le déluge » « travailler plus pour gagner plus » « privatiser les profits et socialiser les pertes » sois belle et tais-toi sois bête et tais toi, consommes, achètes une montre© du paradis fiscal avant 50ans... Sa religion est l’industrie la croissance le capitalisme quelque soit sa couleur vert bleu rouge brun...©

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Ses moyens sont illimités :

 le racisme© la xénophobie© le colonialisme© la phobie des autres religions© et autres différences grand nez grandes oreilles petit bras etc tout pour justifier la domination sur l’autre voire l’élimination de l’autre.

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 la dette©

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 la science©©

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 La peur ©
 La mobilité (personne, machine et capitaux)
 L’ obsolescence programmée
 La délocalisation
 Le brevetage © La marchandisation de tout, d’absolument tout :eau, air, terre, lune, corps vivant et mort, pensée etc
 Le nationalisme, le chauvinisme, le sexisme©.

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 La guerre©

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car ses canons sont canoniques pour « donner du travail aux ouvriers »(Sarkozy©)« les armes©, c’est fait pour s’en servir (Dassault©) » EADS Lagardère DCN Safran affaires Clearstream-Junker-Karachi-Luxembourg

 La philanthropie, les fondations Areva©, Bill&Mellinda Gates© Aspen© Ford© Rockefeler© et cetera©

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 L’audit©, consulting©

 La politique eucalyptol© l’acceptabilité sociale, la résilience. (NDDL comme un avion sans ailes...Ô miracle de la dynamique des fluides)(censuré©)

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 l’oxymore© : Croissance verte et développement durable©

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La Décroissance ©

, empreinte-carbone-compensation, biologie de synthèse©, transition énergétique©, aménagement du territoire, bio-carburant etc.
, Autre supercherie matérielle-virtuelle sans frontières entre les deux : mobilité ;voiture électrique, aviation, TGV etc, verbiage, baratin, grande gueule©, hypocrisie, mensonge, prévarication etc.

 la propagande© de Bernays à Goebels©

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 rabâchage bourrage de crâne répétition partout tout le temps depuis l’enfance

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Abris bus campagne evangeliste tous les six mois

et autres pub seguelatitude, merdias, télémacron © culte de la personnalité et du virtuel etc.

 Les grands projets inutiles©

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EPR
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 L’acculturation (ici exemple de l’ancienne pyramide de Khéops© revisitée)

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 Récupération

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Jaures Fanch© piqué sur colonne de gôche

, prétexte humanitaire, ONG bidon, déviance doctrinale et conspiration du silence :

* Exemple du Monopoly ©
cas des « réformateurs » dupés :
« L’idée à la base. On considère qu’Elisabeth « Lizzie » Magie Phillips, de Chicago, l’a inventé. Elle a déposé une demande de brevet en 1903 pour le jeu de société The Landlord’s Game (« Le jeu du propriétaire »). En tant que quakeresse et partisane du réformateur social Henry George, Lizzie Phillips a voulu mettre en lumière les dangers de la propriété foncière monopolistique et dénoncer la paupérisation de la population rurale. Le jeu devait soutenir les revendications d’Henry George. Faisant valoir que la terre appartient au public et ne doit pas devenir une propriété privée, il appelait l’instauration d’une single tax, un impôt foncier qui aurait dû rendre peu attrayante la possession du sol. De son point de vue, on ne devrait posséder que ce que l’on a soi-même bâti ou crée.
La motivation de Lizzie Phillips pour obtenir un brevet était, selon ses propres mots, la pédagogie. Peut-être cette ambition a-t-elle échoué (sic) parce qu’à bien des égards, la version brevetée du jeu n’a pas suivi les idées réformistes sociales de Henry George. On n’y trouvait des similitudes qu’avec l’abandon du secteur productif et des services. Même la single tax manquait à l’appel. Pourquoi la notion de réforme sociale a-t-elle disparu dès les origines ? Cela pourrait tenir aux règles de ce jeu - rebaptisé depuis lors Monopoly- qui exaltait le zèle et la cupidité, deux traits de caractère par trop humains.
Ce n’est pas Lizzie Phillips qui s’est occupée de la commercialisation mais un artisan, Charles Darrow. D’un bricolage qui ne consistait jusqu’alors qu’en dessins et bâtiments schématiques, il a fait un jeu doté de miniature remarquables. Les dimensions, proportions, couleurs et formes du Monopoly ont contribué à son essor pendant les années de crise. Et Darrow passe pour le premier auteur de ce jeu qui l’a rendu millionnaire ... »(Dominique A. Zimmermann)

 Exemples de textes apocryphes :
 1984 George Orwell

Henry George (Cf « Progrès et pauvreté » Éditions l’Age d’Homme 2012 (première édition 1879),

 Quelques avis sur la question :

 Lénine http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... LENINE (1905) "Socialisme et religion"
 Karl Marx
 http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... L’état et la religion
 http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... L’opium du peuple & la barbarie capitaliste
 http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... Après la barbarie capitaliste, quel monde construire
 http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... Comment Marx est revu pour fonder l’islamophobie

 Sebastien Faure http://libertaire.pagesperso-orange... Douze preuves de l’inexistence de Dieu

 Dieu L’Economie selon :

« La grande industrie règne comme autrefois la religion, elle impose automatiquement ses principes et sa pratique. Elle a sa mystique qu’elle nomme science, sa morale, qui est la technique et sa politique qui est le plan. » Bernard Charbonneau « Tristes campagnes »

 Karl Polanyi
p245 "Personne ne peut mettre en doute la sincérité qui inspire la conviction de Hannah More : plus les pauvres se plient à leur condition dégradée, plus ils vont se tourner facilement vers les consolations célestes."[...]
p349 « Nous voilà arrivés à l’étape finale de notre raisonnement. Débarrassés de l’utopie du marché, nous voici face à face avec la réalité de la société. C’est la ligne de partage entre le libéralisme, d’une part, le fascisme et le socialisme de l’autre. La différence entre ces deux derniers n’est pas seulement économique. Elle est morale et religieuse. Même dans les cas où ils professent une économie identique, ils ne sont pas seulement différents, mais incarnent en vérité, des principes opposés. Et le point ultime sur lequel ils se séparent est, une fois de plus, la liberté.
Les fascistes comme les socialistes acceptent la réalité de la société, avec la finalité que la connaissance de la mort a imprimée à la conscience humaine. Le pouvoir et la coercition sont une partie de cette réalité, un idéal qui voudrait les bannir de la société doit être invalide. La question sur laquelle ils se séparent est de savoir si à la lumière de cette connaissance, l’idée de liberté peut ou non être soutenue ; la liberté est-elle un mot vide, une tentation, destinée à détruire l’homme et ses ?uvres ou bien l’homme peut-il réaffirmer sa liberté en face de cette connaissance et s’efforcer de la réaliser dans la société sans tomber dans l’illusionnisme moral ? Cette question angoissée résume la condition humaine. L’esprit et le contenu de cette étude devraient donner l’idée d’une réponse.

« Nous avons invoqué ce que nous croyons être les trois faits constitutifs de la conscience de l’homme occidental : la connaissance de la mort, la connaissance de la liberté, la connaissance de la société. La première selon la légende juive, a été révélée dans l’histoire de l’Ancien Testament. La deuxième a été révélée par la découverte de l’unicité de la personne dans les enseignements de Jésus-Christ tels que les rapporte le Nouveau Testament. La troisième révélation nous est venu par le fait que nous vivons dans une société industrielle. Aucun grand nom ne s’y rattache[...]

p350 Owen a été le premier à reconnaître que les Évangiles ignoraient la réalité de la société. [...] Owen reconnaissait que la liberté que nous avons acquise par les enseignements religieux était inapplicable dans une société complexe. Son socialisme [Robert Owen] était la prise en charge de l’exigence de liberté dans cette société là. »[...] L’homme atteint la maturité et devient capable d’exister comme un être humain dans une société complexe. »[...] « l’homme a accepté la réalité de la mort et a bâti sur elle le sens de sa vie physique. Il s’est résigné à la vérité qu’il a une âme à perdre et qu’il y a pire que la mort, et c’est là-dessus qu’il a fondé sa liberté. Il se résigne, à notre époque, à la réalité de la société qui signifie la fin de cette liberté. Mais encore une fois, la vie jaillit de l’ultime résignation. En acceptant sans se plaindre la réalité de la société, l’homme trouve un courage indomptable et la force de supprimer toute injustice susceptible d’être supprimée et toute atteinte à la liberté. Aussi longtemps qu’il est fidèle à sa tâche de créer plus de liberté pour tous, il n’a pas à craindre que le pouvoir ou la planification s’opposent à lui et détruisent la liberté qu’il est en train de construire par leur intermédiaire. Tel est le sens de la liberté dans une société complexe : elle nous donne toute certitude dont nous avons besoin. » ("La Grande Transformation" Karl Polanyi 1944)

(p.25-26) « C’est le rapport entre religion et espace public qui change car le retour de la religion dans l’espace public ne se fait plus sous la forme de l’évidence culturelle mais plutôt sous le mode de l’exhibition d’un "pur religieux" ou de traditions reconstruites. Les conversions qui fonctionnent dans toutes les directions sont un bon indice de ce brouillage du lien entre culture et religion. Mais il est clair que, dans tous les cas [entendu ici comme touchant toutes les religions ] ce sont les formes dites "fondamentalistes" ou "charismatiques" des religions qui ont connu le développement le plus spectaculaire, qu’ils n’agissent des évangélismes protestants ou du salafisme musulman. Un même raidissement orthodoxe parcourt l’Eglise catholique ou le judaïsme, voire l’hindouisme..... Le fondamentalisme est la forme du religieux la mieux adaptée à la mondialisation parce qu’il assume sa propre déculturation et en fait l’instrument de sa prétention à l’universalité" . (Olivier Roy « La Sainte ignorance »)

 Léon Tolstoï
« Aujourd’hui ils sont intéressés à maintenir le système actuel de la répartition et de la division du travail ; ils font des lois pour obliger les hommes à se soumettre aux exigences de cette organisation. La cause fondamentale de l’esclavage est donc l’existence même de lois quelconques, l’existence d’une caste d’hommes qui a le pouvoir de faire des lois. » [...] p92 « leur faire comprendre que cette discipline, que les gouvernements prisent si fort, a pour condition le plus grand crime qui se puisse commettre contre l’humanité » [...] « La discipline, c’est la mort de la raison et de la liberté humaine. » [...] « Le seul but de la discipline est celui de mettre les hommes en état de tuer leurs frères et leurs pères. » [...] p95 « Tant que l’homme n’a pas compris ce que c’est qu’un gouvernement ou ce que c’est qu’une Église, il ne peut leur témoigner qu’un pieux dévouement. Tant qu’il se laisse guider par eux, il doit croire , pour satisfaire son amour propre , à leur grandeur et leur sainteté.
Mais dès qu’il s’est aperçu qu’il n’y a ni dans le gouvernement ni dans l’Église rien d’absolu et de sacré et que se sont là simplement inventions des méchants pour imposer au peuple, d’une manière déguisée, une façon de vivre qui soit utile à leurs intérêts, il est pris tout aussitôt d’un sentiment de dégoût pour ceux qui le trompaient indignement, et ce revirement est d’autant plus profond, que la fiction dont il découvre la vanité le guidait autrefois sur des questions plus graves. Les hommes connaîtront ce dégoût à l’endroit des gouvernements, quand ils auront compris le véritable sens de ces institutions.
Ils comprendront que s’ils participent à l’ ?uvre des gouvernements_ en donnant une somme d’argent qui représentera une part des produits de leur travail, ou en servant dans les armées_ ils ne feront pas en cela un acte indifférent, comme on le croit d’ordinaire, mais un acte coupable parce que, outre le préjudice qu’ils auront ainsi causé à leurs frères et à eux-mêmes, ils auront accepté de collaborer aux crimes que tous les gouvernements ne cessent de commettre et à la préparation des crimes futurs pour lesquels les gouvernements entretiennent des armées disciplinées. »
(Léon Tolstoï ’ « L’esclavage moderne »)

p15 « Les gouvernements comprenant eux-mêmes qu’ils sont inutiles et nuisibles, et sachant que personne ne croit à leurs sainteté se guident par le seul instinct de conservation, et profitant de tous les moyens qu’ils possèdent, sont toujours en garde contre tout ce qui peut, non seulement détruire mais ébranler leur pouvoir. Dans chaque gouvernement actuel, il y a une armée de fonctionnaires reliés par [...] téléphones etc, il y a des fabriques, des prisons avec toutes les nouvelles inventions : photo etc [...] il y a des explosifs, des canons [...] et aussitôt que parait quelque chose de nouveau, immédiatement ils l’adaptent à leur système de sauvegarde. »
[...]
p17« Pourquoi donc eux, ces soldats , marchent-ils contre eux-mêmes ? Ils le font parce qu’ils ne peuvent agir autrement, parce que grâce à un passé long , compliqué_ d’éducation et d’enseignement religieux et d’hypnotisme_ ils sont amenés en un tel état qu’ils ne peuvent raisonner et ne peuvent qu’obéir. Le gouvernement avec l’argent pris au peuple, achète des fonctionnaires de toutes sortes qui doivent recruter des soldats, et ensuite des chefs militaires qui doivent les instruire, c’est à dire les priver de toute conscience humaine. » (Léon Tolstoï « Où est l’issue ? »)

 Bernard Charbonneau
p53 « La conscience de la servitude est celle qui brise un jour les fers » »[...] « Retournant la personne contre elle-même, elle avait rompu le cercle infernal qui l’enfermait en son individu pour l’ouvrir à l’autre et à autrui : la dressant contre sa condition, elle rompt le cycle des fatalités qui l’absorbaient dans l’entropie universelle. Dans cette univers, j’ignore si l’homme est libre ou non. Mais je sais que la conscience libère et qu’agir c’est vaincre la fatalité. »[...]
p59 « Et c’est la conscience du passé, notamment du notre, qui fournit les armes qui permettent au présent de se donner un futur »[...] « La mémoire et la prévision sont les deux démarches d’une même opération par laquelle l’homme demeure et devient lui-même dans le flot dissolvant du temps »[...] p60 « Un pays qui oublie son passé et ne prétend plus se donner un futur a déjà perdu la vie . Une humanité sans mémoire qui refuserait de marquer de son sceau l’avenir refuserait son destin qui est d’accomplir l’homme.

p84 « L’individu physique peut alors connaître la peur de la mort , et le fidèle appréhender le châtiment, l’esprit ignore le vertige du néant. Dans la mesure où la société paysanne participe encore de l’ordre primitif, elle n’éprouve ni angoisse ni désarroi devant la mort.

Pour l’Orient traditionnel celle-ci est la délivrance qui met fin à la nausée de l’éternel retour ; le nirvana sauve l’homme de la survie : promesse inconcevable pour nous [(Christ vie éternelle etc)]. Aussi ne faut-il pas s’étonner que le Japon ait pu recruter des unités entières de volontaires de la mort ; en eux Nippon vivait plus que l’individu japonais. Ni l’Allemagne d’Hitler, ni même l’URSS, à plus forte raison la France ou les USA n’ont pu compter sur des escadrilles de kamikazes. Et s’il y eu malgré tout quelques aviateurs pour s’écraser volontairement sur l’objectif, c’est parce que l’individu des sociétés libérales l’est moins qu’il ne semble."[...]
p85 « La difficulté de mourir est à la mesure de la conscience de soi ; la plupart ne se la donnent que parce qu’ils ont renoncé à leur condition individuelle »[...] « Le suicide progresse, paradoxalement semble-t-il, avec la gravité de la mort. Ayant tout ramené à soi-même, l’individu n’a plus rien d’autre à espérer. Si par hasard son existence individuelle ne répond pas à son exigence _et désormais il lui demande tout _ il ne lui reste plus que le néant c’est-à-dire la mort : Elle était pour lui l’Amour, la Vérité faite chair, mais Elle ne l’aimait pas, alors il s’est tué. Tandis que l’ordre d’hier s’écroulait en émancipant l’individu, celui de demain se constituait en le niant.
Plus il devenait seul, plus il se sentait absurde, et plus les suicides se multipliaient : les derniers coups de revolver retentissent quand se ferment les portes du silence totalitaire. Le suicide, tant sur le plan individuel que social, est à la fois le signe de la présence et de la fin de l’individu, l’acte limite de celui qui se sent à la fois exclu de l’univers et incapable d’accepter cette exclusion. Chaque homme est libre...de se tuer _ Les statistiques des sociétés libérales en témoignent. »[...]
« La société libérale la fuit à chaque instant dans chacun de ses membres, mais elle ne peut nier la mort qu’en niant l’individu : en sacrifiant chaque homme de chair à l’Homme qui ne meurt pas, à l ’Espèce, ou mieux encore car l’espèce est périssable, à la matière éternelle. Mais si l’homme ne meurt pas, on ne peu pas le tuer ; si la mort n’est rien, assassiner n’est pas grand chose : le respect de la vie humaine est fonction de la gravité reconnue à la mort. Supprimer un homme n’est qu’effacer une apparence pour assurer la seule vie qui existe : le devenir collectif ; et chaque meurtre en consacrant son existence, nous assure que nous ne mourrons point. »[...]
« ainsi la peur de mourir conduit au meurtre, et le refus de la mort n’empêche pas le siècle de la philanthropie de s’acheminer vers les guerres les plus sanglantes que l’humanité ait connues. »

p89 « Le refoulement de la mort est encore plus fondamental que celui du sexe ; et dans ce cas aussi la négation de la réalité nourrit un monde de névroses individuelles et collectives. Ainsi quand elle ne détruit pas notre corps, la mort détruit notre esprit. »[...]
p90 « Tandis que se perdre dans le métier ou dans l’État comble le désir individuel par excellence : échapper à soi-même pour échapper à la mort. L’individu se sauve dans une pseudo-éternité de nature sociale : ainsi les « Immortels » de l’académie française... » [...] « Mais le siècle de la liberté portait en lui à son insu, la puissance qui devait le détruire en même temps que ses contradictions : le culte du fait matériel, de l’utile. »[...]
« L’obsession politique de ce temps, le culte d’un pouvoir qui résume en lui toutes les forces matérielles : l’État totalitaire, est un sous-produit de notre refus de la mort. La passion de l’argent des entreprises économiques qui se justifient par le service matériel de l’humanité sert en réalité un désir de puissance qui traduit notre impuissance devant la mort. »[...]
p94 « La conscience de la mort féconde la vie, en situant le réel face au vrai. Qui l’accepte dépasse toujours sa subjectivité, et qui rejette une aussi grande évidence est prêt à bien d’autres mensonges. »[...]
p98« Que nous le voulions ou non, tout homme même le plus médiocre, même le plus préservé, vit un destin inouï, et non cette comédie bourgeoise qu’un décor chaque jour rapiécé protège du vide et du ciel. Ceci, c’est le bon sens le plus élémentaire qui nous l’enseigne. » [...]

p105 « Comment faire de la liberté le principe de la vie sociale ? »[...] « Nous tenons notre liberté pour naturelle et rationnelle, quand tout homme libre s’étonne d’en être un et sait qu’au fond du c ?ur il souhaite être débarrassé de ce fardeau. La liberté n’apporte pas la paix mais l’épée, non la certitude mais l’inquiétude, non l’accord avec soi-même et autrui mais le débat et la lutte. Elle mène exactement par le doute à la bataille, alors qu’en la niant nous obtenons la paix avec les hommes et l’univers par celle du c ?ur. Qui hésiterait ? La liberté n’est pas à la taille de l’imagination, de la volonté ou de l’amour d’un homme, il faudrait sans doute être un dieu pour être pleinement libre en soutenant l’épreuve jusqu’au bout.
La liberté est un drame dont l’agent est la contradiction et le conflit, la conclusion finale la mort et la folie : il est normal que l’acteur ne soit pas à la hauteur de son rôle. Et pourtant il faut bien qu’un homme le joue, car il n’y a pas de plus grand, ni de plus lourd de sens. » [...]

« Tout individu honnête sait bien que sa pente est de ne pas penser pour ne pas agir » [...]
p123« pour nous défendre du vide cosmique, nous bâtissons des murs qui enferment un microcosme où la loi humaine se substitue à celle de la jungle. Sur l’enfer de nos instincts, notre volonté, et surtout le Droit édifient la scène lumineuse nécessaire à notre vie. Mais plutôt qu’ils ne les suppriment, ils les refoulent et les dissimulent : du violent ils font le perfide et de la brute l’hypocrite. La société n’introduit un minimum d’ordre dans le chaos qu’au nom d’un idéal moral ou politique qui a pour fonction de camoufler le mal autant que de l’abolir. Parce qu’il est trop évident que la condition humaine est dominée par l’argent, le sexe et la mort, toute société se fonde officiellement sur un homme moral qui n’aurait pas plus de portefeuille que de couilles, et qui naturellement ne meurt pas. » [...]
p124 « Le fragile décor de la civilisation recouvre l’enfer de la force ; et impossible de savoir si c’est pour sauver l’homme de la force ou la force de la révolte de l’esprit humain. Quand l’ordre social s’effondre comme en juin 40, le masque est arraché ; et nous assistons stupéfaits à la révélation de ce que peut être l’individu moyen quand il n’est plus tenu à défaut d’une foi personnelle, par un cadre social ; une brute prête à s’avilir ou à tuer plus faible que soi pour un verre d’eau. Mais dès que nous le pouvons, nous nous hâtons d’oublier ce mauvais rêve. Et l’On nous y aide ; ce n’est pas pour rien que le temps de guerre est celui des héros, et que la France de la débâcle devînt celle de la Résistance. La civilisation et la morale c’est la contrainte intériorisée en hypocrisie ; et quand Dionysos se révèle, c’est barbouillé de merde et de sang . On ne sort pas du cercle, n’en déplaise aux moralistes ou aux immoralistes. Mais à tout instant quelqu’un peu le rompre.
Même en temps normal, pas besoin de creuser très profond pour découvrir que les rapports humains sont des rapports de force, d’ailleurs aussitôt mués en rapport d’autorité. Là où l’obstacle est trop lourd le courant se détourne ; là où une pression s’exerce nous cédons, là où elle cède nous avançons. »[...]
p125 « Encore plus que les rapports entre individus, ceux du groupe sont de l’ordre de la guerre_ même camouflée sous les fleurs de la politesse ou de la diplomatie. Quand une classe est vraiment dominante, elle ne s’interroge pas sur ses droits et en use jusqu’au bout. Mais si l’évolution ébranle sa domination, elle sera prise de scrupules et découvrira la Justice en même temps que sa faiblesse. » [...]
« Aussi la politique comme l’économie, quand elle se veut humaine, est-elle seulement l’art du moindre mal : on sacrifie quelques soldats pour sauver un régiment.
Et le choix politique est en général douteux, car dans bien des cas il immole des richesses et des personnes existantes à un intérêt forcément abstrait dans la mesure où il est général et futur. Le domaine de tout gouvernement est celui de la réalité _ du mal : un Himalaya de cadavres est là pour nous en avertir. Mais comme il faut bien mettre un peu d’ordre dans le désordre, il ne s’agit pas de fuir avec la politique le constat de ce mal inévitable, seulement de le reconnaître afin d’en limiter les dégâts. Il n’y a pas d’autre moyen de maintenir la politique ou l’économie à hauteur d’homme, à mi-chemin de la meilleure des théories et de la pire des pratiques.
Dans notre effort même pour vaincre le mal et la mort nous ne saurions leur échapper. Car si l’esprit est d’en haut, le corps ne peut subsister sur terre qu’avec la participation des puissances d’en bas. Si la force est évidemment suspecte, il n’est cependant de bien que réalisé _ donc par l’empli d’une force plus ou moins dominée. En ce sens le glaive matériel est celui de l’esprit, et il nous faut chercher notre chemin entre un mépris idéaliste du pouvoir et un réalisme qui l’adore pour lui-même. En outre comme le bien n’est pas simplement de l’ordre de la nature, l’action humaine ne peut incarner l’un dans l’autre qu’en usant de violence : sa mesure est toujours celle de spirituel. L’homme est ainsi pris dans le dilemme d’un esprit de paix qui est capitulation devant l’état de fait ou d’une violence révolutionnaire, policière ou militaire, perpétuellement tentée d’identifier la Justice à son glaive. C’est le drame des révolutions politiques ou religieuses, qui, engendrées par la passion du Bien, dégénèrent en exercice sadique et sanglant du pouvoir sur la nature et les hommes. Ici bas le meilleur est inextricablement lié au pire. Qui l’oublie déchaîne l’enfer en voulant construire un paradis. Le progrès des sociétés n’y change pas grand chose, elles troquent seulement les vertus et les vices de la jeunesse pour ceux de la vieillesse. L’histoire des peuples comme celle des individus est prise entre deux écueils qu’il est difficile d’éviter. » [...]
« Puis quand les nations se civilisent ou plutôt quand leurs forces déclinent, elles réussissent à enchaîner leurs vieux démons mais en éliminant du même coup les dieux et la nature.
D’où chez les individus les plus forts, la nostalgie d’un passé où la vie n’avait pas perdu son sel, l’espérance d’une fête libératrice qui briserait les cadres d’une société trop rationalisée et moralisée. Ainsi révolutions et guerres font un jour éclater la mince enveloppe qui contient les fureurs primitives, nous replongeant un instant dans un univers en fusion où s’affrontent les puissances sacrées. Mais les horreurs du délire guerrier n’aboutissent qu’à revaloriser la paix et la morale. Comment l’homme réunirait-il en lui Dionysos et Athéna ? Le mal est le fond même de la vie social aussi toutes les sociétés s’efforcent-elles de le nier. Jusqu’ici, elles le faisaient en l’opposant au Bien comme le noir au blanc. L’Église ou l’État réalisant la vertu, le vice était projeté dans un Adversaire parfaitement affreux : ainsi Satan, dont nous retrouvons les traits épouvantables dans le juif, le bolcheviste ou le capitaliste. Mais l’exorcisme religieux ou idéologique ne suffit plus dans une société où la science succède à Dieu et à la Morale, elle se doit de nier le mal en soi en proclamant que cette catégorie n’a plus de sens du point de vu de la science. Mais s’il n’y a plus de mal, y-a-t-il encore un bien ? En niant qu’il y ait un bien et un mal, sommes-nous au-delà ou en-deçà ? »[...]
p127 « Ainsi partout et jusque dans l’homme la conscience et la raison ne trouvent tout d’abord que la nécessité _ du mal. A s’en tenir là le choix de la liberté est folie : acte de foi, pari. Pourquoi quelqu’un le fait-il ? Parce qu’il ne peut autrement : parce que sans liberté, vivre est impensable. Elle n’est pas dans les objets [...] bien mieux elle est dans le sujet. Elle n’est pas dans les choses parce qu’elle est un pur impératif spirituel : c’est son immatérialité qui l’enracine dans l’esprit personnel.[...] L’homme n’est pas libre ; il le devient. »
p129 « Dans ces structures physiques ou sociales nous ne pouvons rien, mais contre elles, nous pouvons tout par le moyen d’une imagination et d’une action révolutionnaire. Ainsi la conscience de la détermination est l’acte originel et décisif. L’esclave qui prend conscience de ses fers les a aux trois-quarts rompus ; déjà il sonde les murs de sa prison pour trouver la fissure. Mais s’il désespère, ou pire, s’il se croit libre... Et il en est de même du mal. C’est quand on se refuse à le reconnaître qu’il se déchaîne. Il nous est aussi dur d’en prendre conscience et de le dire qu’il nous est naturel de le refouler et de le taire ; notre penchant serait de l’identifier à son expression. Alors que celle-ci libère ; qui le refoule le porte désormais en lui. »
p133 « Pas plus qu’il n’est nécessité ou liberté l’homme n’est nature ou liberté, mais nature et liberté. » [...]
« L’homme est fils de la terre, nous sommes en train de le réapprendre aujourd’hui que nos moyens sont devenus si puissants qu’ils menacent de la détruire, donc nous sommes avec elle. »[...]
p140 « Au moment où nos moyens nous donnent l’illusion de pouvoir rompre avec la nature, sa passion nous rappelle que l’homme participe d’elle et qu’il se détruira s’il la détruit. Mais ce n’est pas en reniant sa liberté, en retournant à la jungle originelle qu’il évitera de la faire, c’est au contraire en la poussant jusqu’au bout : en décidant de pratiquer un respect que lui imposait jusque là sa faiblesse. Depuis Hiroshima en quelque sorte, le mal est fait, les moyens sont là, que nous le voulions ou non. Ce qui tenait à la nature tient à notre décision, en premier lieu celle de déposer nos armes. L’homme est acculé à la liberté. Il n’a plus le choix qu’entre celle de se détruire ou de sauver la terre par ce surplus de pensée qui, après l’univers, mène à se maîtriser soi-même ; c’est-à-dire après la nature cette seconde nature sociale qui lui a permis de dominer la planète. »[...]
p162 « La lutte politique et sociale et celle de la pensée ne sont que deux faces d’une même bataille. »

p167 « La justification de l’univers »
« L’homme libre est celui qui cherche une raison de vivre...Et qui l’a trouvé ne l’est plus. »[...]
« L’homme est possédé par le démon de la justification, la nostalgie d’une pensée et d’une vie conformes à quelque Justice parfaite. Seules les bêtes ne se justifient pas, il leur suffit d’être. Étant sans conscience, elles sont sans hypocrisie. »[...]
p174 « Rien de plus courant dans les discours de nos Machiavel que la substitution aux hommes réels d’un citoyen idéal parfaitement lucide et altruiste. Si vous vous avisez à ce moment de mettre en doute son existence, ils se scandaliseront comme de petits enfants d’un tel pessimisme, et le public fera chorus. »[...] « Le monde est ainsi mené par de soi-disant réalistes ou de soi-disant idéalistes toujours prêts à couvrir la viande avariée de la misère humaine du miel de leur discours. »[...]

p185 « La justification de l’individu »
« Nous ne nous contentons pas de vivre, nous prétendons penser et tenir des discours : cette vie a un sens, le moindre de nos gestes dessine la figure de la Vérité qui l’éclaire. Pas un de nos instants qui ne sous-entende cette prétention d’être le reflet d’un esprit universel, et surtout d’avoir choisi de l’être. Pas besoin de le dire, cela va de soi ; même s’il y est contraint le paysan le plus inculte fournira les raisons de son acte et ne supportera jamais d’entendre ces deux mots : « tu mens », même s’ils sont murmurés par sa conscience. Notre esprit ne tolère pas la contradiction surtout avec soi-même. » [...] « L’individu devant se justifier, les contradictions subsistent dans sa vie, qu’il doit s’efforcer de résoudre ; cet effort, il tend toujours à le réduire au minimum par des rites ou bien des ?uvres, mais le plus commode est encore le discours. » [...] « Violents par nature, nous justifierons la violence comme étant la vrai douceur ; malades nous prêcherons la valeur de la souffrance, et menacés de mort le détachement à la vie. »[...] « A la différence des pierres l’homme parle, et quand il parle sérieusement c’est en général pour se justifier. » [...]
p188 « Même pris sur le fait le coupable se justifie. Il n’a pas cédé à sa pente, il a choisi d’agir selon la loi. Et tout homme est ce coupable, pris sur le fait de sa vie par le regard de sa conscience. En paix avec lui-même et avec autrui il ne se serait pas justifié. » [...]
p189 « Le discours est le négatif de l’être ; comme dans ces États qui parlent trop de paix, ...ce qui est pleinement vécu se passe du langage. Quand serons-nous vêtu de silence et de vérité comme la fleur sauvage ? La toute puissance de l’esprit pousse l’individu à se proclamer conforme au moment où il se contredit, et jamais il n’est aussi sincère, car la sincérité est indispensable à une bonne justification. Si vous l’incriminez de mensonge, il vous considérera avec l’ ?il bleu de la vertu outragée. »... « Quelle que soit sa subtilité, le propre de la justification est d’être purement intellectuelle : contre le vrai et le réel elle joue des mots. Son ennemi c’est l’expérience, le constat du fait, matériel ou spirituel. Elle refuse de remonter aux sources. Elle part de la vérité, et le langage est le chemin qui l’en éloigne. »[...] p190 « Elle n’est pas libre, elle sert. Talonnée par la nécessité, elle n’a pas le temps de la conscience : vous étonnerez toujours quelqu’un en lui montrant qu’il se justifie. »[...]
p197 « La justification naît de la liberté pour la détruire. »[...] « L’homme est libre en esprit parce que la nécessité ne peut le posséder qu’avec la complicité de sa liberté. Qui se voit acculé au meurtre de son prochain en dépit de la révolte de la conscience, n’a plus qu’à transformer le meurtre en devoir. « Je suis forcé de tuer » devient « je dois tuer ». C’est au niveau de l’esprit que se décide le meurtre, celui qui n’est pas instant de folie, mais tuerie préméditée. La justification est la faute décisive et irrémissible qui, d’exception , fait du mal la règle qui gouverne toute une vie d’homme ou une société. La conscience déchirée est encore libre dans son impuissance ; elle est lucidité, chance, qui peut toujours dévier le geste et provoquer la rédemption. Tandis que la justification ferme les portes de l’enfer. »[...]

p199 « Le mensonge de la liberté »
« ...qui donne son nom à la nécessité[...] le seul fait de penser pousse à imprimer la structure de l’esprit sur l’univers. Déjà les anciens païens exorcisaient ce qu’il y a de brutalement élémentaire dans le cosmos et de transcendant dans le divin en faisant des forces de la nature des personnes divines. Nous personnifions encore les puissances naturelles qui nous échappent en donnant des prénoms aux cyclones. [...] Nous baptisons nos machines. » [...]
p201 « La liberté dont On parle n’est qu’un libéralisme qui l’identifie aux mécanisme du langage ou des choses. L’idéaliste libéral dissimule un réaliste qui serait bien près d’en douter si elle n’était démontrée par les « faits ». Mais il y a cet autre fait, encore plus proche de nous ; l’exigence humaine. Aussi pour la satisfaire la détermination et la contrainte irréductibles doivent se camoufler en liberté. Un minimum d’ordre social en est la condition paradoxale : les sociétés les plus libres comme celles du Nord ne le sont que parce que les disciplines de la morale y dispensent de celles de la police. Mais la contrainte sociale ne peut s’imposer à l’individu que si elle lui laisse l’illusion de l’autonomie, au moins d’avoir choisi d’obéir. Alors, une fois de plus l’identification de la nécessité _ ici de la discipline sociale_ à la liberté permet de résoudre la contradiction. Le libéralisme confond la liberté avec la loi : l’obligation et la sanction. Et toutes les sociétés participent du mensonge libéral, d’autant plus qu’elles sont tyranniques. Elles fondent le pouvoir de l’État sur quelque contrat social plus ou moins mythique, seule en varie la forme_ et encore ! _ puisque de nos jours tous les régimes ont recours au vote pour se fonder. L’abdication de la liberté se fait toujours en son nom. »[...] « Le régime qui nie la liberté doit s’en réclamer plus qu’un autre. » [...]
p202 « Le mensonge de la liberté est le ciment des sociétés. Comme il en faut toujours, il faudra toujours le dénoncer. » [...]

p204 « Le choix de la liberté »
« Choisir la liberté, c’est accepter la contradiction avec l’univers et soi-même, c’est refuser la justification, surtout celle qui s’opère au nom de la liberté. Au lieu de se fabriquer un univers anthropocentrique dans un système philosophique ou religieux, c’est seulement chercher la vérité. Mais alors la vérité _ absolue et transcendante_ et non quelque idole ou idées valorisant le monde et mon individu. La vérité non ce fantasme de nos médiocres désirs : le Rationnel, ou l’Utile. » [...]
« L’esprit humain se meut vers l’absolu, mais c’est à travers le relatif. Penser signifie vivre, et la conformité de la vie à la pensée comme celle de la pensée à la vérité n’est pas l’état mais le but d’un homme. » [...]

p215 « L’erreur centrale du libéralisme, la cause de tous ses échecs, c’est la confusion verbale de la liberté et de ses contraires : la logique, la nature et l’État.

(Bernard Charbonneau « Je fus - Essai sur la liberté »)

« Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »
[...]
« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la "maladie" sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »
[...]
« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction "adaptative" elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »
(Henri Laborit)

p12 « L’honnêteté n’est pas une force perturbatrice, qui déplace les orbites de l’économie ; c’est au contraire une force de cohérence et d’ordre. En obéissant à cette force et à aucune autre, les orbites peuvent se préserver du chaos »[...]
p44 « Mais les économistes n’ont jamais fait profession de prendre en considération les bénéfices de nature générale. Notre science est simplement la science de devenir riche. [...]
p45 « En premier lieu, j’observe que les hommes d’affaires connaissent rarement la signification du mot « riche » ; du moins s’ils la connaissent , ils n’admettent pas dans leur raisonnement qu’il s’agit d’un mot relatif qui implique son opposé « pauvre » d’une manière aussi implacable que le mot « nord » implique son corrélatif « sud » [NDLR « Il y a des riches parce qu’il y a des pauvres » (AB pierre)] Presque toujours les hommes parlent et écrivent comme si la richesse était quelque chose d’absolu, et comme si en suivant certaines prescriptions scientifiques, il était possible à tous de devenir riche. Alors que la richesse est une force comme celle de l’électricité, qui opère seulement par les inégalités ou négations d’elle-même. »[...]
p47 Mais l’économie mercantile, l’économie des « salaires », signifie l’accumulation, entre les mains d’individus, de droit moraux ou légaux, ou de pouvoir , sur le travail des autres ; chacun de ces droits impliquant exactement autant de pauvreté et de dette d’un côté que de richesses et de privilèges de l’autre. »
(John Ruskin « Il n’y a de richesse que la vie »)

 René Passet : « Il faut prendre du recul pour voir qu’un autre monde est en train de naître »
Par Agnès Rousseaux (13 mai 2013)

Vivons-nous une simple crise passagère ou une profonde mutation du système ? Pour l’économiste René Passet, face à un pouvoir financier qui impose son tempo, les gouvernements font fausse route en raisonnant à court terme. Il n’est pas plus tendre avec les économistes, incapables d’analyser le monde autrement que par le prisme des marchés, un peu comme l’homme des cavernes ne concevait l’univers autrement que magique. Sa solution : une « bioéconomie », seul remède à la crise de civilisation. Entretien.

Basta ! : Notre manière de penser l’économie dépend de notre perception du monde. Et varie totalement en fonction des époques et du progrès technique. Dans votre dernier ouvrage, vous proposez de relire l’histoire économique à la lumière de ces mutations. Quelles sont les grandes étapes de cette longue histoire ?

René Passet [1] : Ceux qui voient le monde comme une mécanique, une horloge, ne considèrent pas l’économie de la même façon que ceux qui le voient comme un système énergétique qui se dégrade. Les mêmes astronomes, armés des mêmes instruments, ne perçoivent pas les mêmes choses dans le ciel, avant et après Copernic. Quand l’homme n’a que ses sens pour comprendre le monde, l’univers lui apparaît mystérieux. C’est un univers qui chante, qui le nourrit, qui gronde aussi parfois. Des forces jaillissent de partout. Il pense que des êtres mystérieux et supérieurs le jugent, l’approuvent ou le punissent. Avant même le Néolithique, l’homme s’aperçoit que la plante dont il se nourrit pousse mieux dans les milieux humides. Ou que les déchets organiques favorisent la végétation. Il découvre ainsi les forces productives de la nature et les régularités du monde naturel. Cela va faire reculer les esprits, qui se réfugient sur les sommets des montagnes, comme l’Olympe. Les dieux succèdent aux esprits, le monde mythique au monde magique. La civilisation grecque marque le basculement de l’esprit vers la conceptualisation. Un tournant décisif, le début d’une réflexion sur la nature des choses, avec la philosophie, science première. On passe ensuite des dieux au pluriel à un dieu au singulier. L’activité économique est encore une activité pour le salut des âmes, dans la perspective chrétienne. Si vous ne voulez pas finir vos jours dans les lieux infernaux, il faut vivre selon les préceptes économiques des théologiens. »
Suite sur http://www.bastamag.net/article3064.html

voir aussi
 texte de sortir de l’économie quelques ennemis du meilleur des mondes
texte détourné de Paul Lafargue 1886 par « Gaston Lafargue » Belle-Île-en-Mer 2007 p67-80
www.sortirdeleconomie.ouvaton.org

 l’Église de la très sainte consommation
 sur l’OMPI, l’armée étasunienne a vu sur chaque brevet déposé .

Conclusion :

« Ce sont les hommes qui n’ont pas su interpréter correctement les paroles des sages » (Paulo Coelho)

Bientôt , comme les hirondelles qui annoncent le printemps, les témoins de Jéhovah viendront frapper à votre porte, ne les brusquez pas comme d’habitude, soyez tolérant ; dites simplement non merci, non merci au nucléaire no tav no ogm no aéroport etc et enfin dites « non merci, je ne crois pas à l’au-delà , je préfère le vin d’ici ».

Soyez athée attentif ou apocryphe pensif,
Ainsi soit-il - Maktub et bénit soit le Saint Esprit Critique



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