Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

Avec ses ordonnances Travail, Macron a réussi à nous refourguer… le CPE pour tous
de : Thomas Vampouille
dimanche 1er octobre 2017 - 17h12 - Signaler aux modérateurs
JPEG - 21.8 ko

Les ordonnances voulues par Emmanuel Macron pour réformer le code du travail facilitent sensiblement le licenciement d’un salarié en CDI ayant moins de deux ans d’ancienneté. Et les indemnités prévues ne sont pas lourdes. Finalement, Marianne a calculé que cela revient au même que le fameux CPE que la rue avait fait enterrer.

En pire, même…

C’est la ministre du Travail elle-même qui nous mis la puce à l’oreille. Si vous ne l’avez pas vu, Muriel Pénicaud était l’invitée d’Elise Lucet ce mardi 26 septembre dans son émission Cash investigation. Elle a notamment été interrogée sur les dommages et intérêts prud’homaux auxquels, maintenant que ces ordonnances voulues par Emmanuel Macron pour réformer le code du travail ont été promulguées, peuvent prétendre les salariés en cas de licenciement abusif. La ministre s’est alors royalement emmêlé les pinceaux sur le barème d’indemnité prévu selon l’ancienneté.

On vous passe les détails mais du coup, on a replongé le nez dans ce fameux barème, applicable depuis le 24 septembre. Et voici ce qu’il prévoit : en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, jusqu’à un an d’ancienneté dans l’entreprise, le salarié lésé peut espérer que les prud’hommes condamnent son employeur à lui verser jusqu’à un mois de salaire maximum. Mais ça peut être moins, vu qu’il n’y a pas de minimum prévu. Entre un et deux ans d’ancienneté, un plancher est en revanche fixé à un mois de salaire, et la somme peut aller jusqu’à deux mois de salaire. Pas plus.

Deux ans de CDI précaire…

Deux ans, donc, Deux ans durant lesquels le salarié qui signe désormais un CDI saura que son employeur peut le virer du jour au lendemain et, en cas de condamnation pour licenciement abusif aux prud’hommes, sans devoir lui verser plus de deux mois de salaire en dommages et intérêts. Ce n’est qu’après ces deux ans que le plancher passe à trois mois de salaire, les plafonds augmentant progressivement. Les ordonnances prévoient donc bien deux années à part, deux ans d’un CDI particulièrement précaire, qui résonnent dans l’histoire sociale récente du pays : c’était la durée du fameux CPE. .

Souvenez-vous, en 2006, ce fameux Contrat première embauche que le Premier ministre de droite de l’époque, Dominique de Villepin, avait tenté de mettre en place. L’idée était celle-ci : le salarié qui signerait ce CDI d’un nouveau genre se verrait, après sa période d’essai classique de trois mois, plongé dans une période dite "de consolidation" qui devait durer… deux ans. Dans ce délai, si son employeur le virait sans motif, le salarié bénéficiait d’une indemnité de rupture de 8% (du montant total de sa rémunération brute due pour la durée du contrat).

Concrètement, voici ce que cela signifiait : 8% de la rémunération brute sur 24 mois, pour un salarié payé au Smic d’aujourd’hui, cela représenterait 2.842 euros. Si le CPE était en vigueur, un salarié smicard qui l’aurait signé et qui serait viré après 18 mois dans l’entreprise toucherait donc ces 2.842 euros d’indemnités. Mais la rue ayant fait reculer Dominique de Villepin, le CPE a été enterré.

Un licenciement abusif coûte le même prix qu’une rupture de CPE

Qu’en est-il depuis le 24 septembre ? Eh bien l’employeur peut de nouveau prévoir de virer un salarié sans raison puisque, grâce au plafonnement des indemnités prud’homales, il sait désormais exactement quelle somme provisionner si le salarié se retourne contre lui. Et en-dessous de deux ans d’ancienneté, les conditions sont particulièrement favorables. Devinez par exemple combien cela représenterait pour notre smicard viré au bout de 18 mois ? 2.960 euros. Maximum. Soit presque exactement ce que prévoyait l’indemnité du CPE. Et encore, dans le nouveau système, faut-il que l’employé ait la ressource d’attaquer son employeur devant les prud’hommes, que ceux-ci lui donnent raison, et qu’ils lui accordent l’indemnité maximum ! Autant dire que tout le monde ne sera pas concerné… Avec le CPE, au moins, la somme était assurée au salarié, sans démarche judiciaire.

Alors, bien sûr, avant d’aller éventuellement aux prud’hommes, le salarié d’aujourd’hui touchera une indemnité légale de licenciement. C’est celle-là que le gouvernement a augmentée de 25% (dans la limite des 10 premières années d’ancienneté) pour faire passer la pilule de ses ordonnances. Elle se monte désormais à 25% de mois de salaire par année d’ancienneté et se déclenche au bout de 8 mois d’ancienneté. Concrètement, donc, notre smicard viré après 18 mois dans l’entreprise touchera 370 euros. Mieux que le CPE, qui ne donnait pas droit à cette indemnité de licenciement ? Même pas, puisque celui-ci prévoyait en revanche une allocation forfaitaire de 490 euros par mois pendant deux mois. Soit 980 euros. Finalement, le salarié d’aujourd’hui viré comme un malpropre touchera de facto moins que s’il avait signé un CPE. Ce n’est que s’il se retourne vers les prud’hommes qu’il pourra espérer toucher autant, dans le meilleur des cas.

L’employeur gagnant sur tous les fronts

Vous l’aurez compris, le calcul est surtout gagnant pour l’employeur. Car un dernier détail différencie les deux systèmes. Quand Dominique de Villepin a mis le CPE sur la table, son gouvernement a tout de même reconnu qu’il s’agissait d’une précarisation du salarié en prévoyant que l’employeur qui l’utiliserait verserait aussi 2% du salaire brut aux Assedic. Soit, pour un smicard, 710 euros sur deux ans. Alors que dans le système actuel, le CDI reste classique et n’impose pas ce versement supplémentaire. Les 370 euros d’indemnité légale de licenciement versés à notre smicard coûtent donc deux fois moins cher à l’employeur que les Assedic du CPE. Dans le même temps, il aura provisionné une somme équivalente en vue du licenciement sauf que cette fois, il n’est même pas sûr d’avoir à la payer si le salarié se décourage avant d’aller aux prud’hommes.

Finalement, l’argument qui avait mobilisé en 2006, à savoir que "le CPE équivaut à une période d’essai de deux ans", vaut aujourd’hui pour les ordonnances Travail. En pire, même, puisque cette fois le dispositif ne concerne pas seulement les moins de 26 ans (comme c’était le cas du CPE) mais tous les nouveaux CDI signés ! On en connaît qui seraient descendus pour moins que ça dans la rue. Le CPE a en effet été la première mobilisation de nombreux jeunes socialistes aujourd’hui trentenaires… Au nombre desquels figurait, comme l’a rappelé un article du JDD début juillet, un certain Stéphane Séjourné, qui organisait les assemblées générales anti-CPE à la fac de Poitiers. C’est là qu’il a rencontré un certain Sacha Houlié, alors lycéen, qui se vante encore aujourd’hui d’avoir été "à la pointe du mouvement contre le CPE". Lequel était le colocataire du président de l’Unef Pierre Person, qui a connu son premier engagement politique à 16 ans… dans les manifestations contre le CPE. Dix ans plus tard, deux sont députés La République en marche, Séjourné est conseiller d’Emmanuel Macron à l’Elysée, et tous s’apprêtent donc, lors du vote de ratification des ordonnances à l’Assemblée, à donner valeur de loi à un CPE pour tous.

https://www.marianne.net/societe/av...



Imprimer cet article





Y-a-t-il eu fichage des « gilets jaunes » blessés lors des manifestations ?
samedi 20 - 08h15
de : François Béguin
Fortes restrictions du droit de manifester : Un Etat de droit en dérive !
samedi 20 - 07h03
de : Chrstian DELARUE
« VIVRE L’ANARCHIE » film documentaire de Michel Mathurin
vendredi 19 - 22h31
de : Nemo3637
Grande action de désobéissance civile en cours à Paris (video)
vendredi 19 - 15h26
de : JO
1 commentaire
VIVE LA LIBERTÉ DE MIGRER !
vendredi 19 - 12h09
de : BERNARD DUPIN
NOTRE-DAME : OU VA LA GENEROSITE ?
vendredi 19 - 10h38
de : Nemo3637
2 commentaires
Un capitaine de police, mère de famille, s’est donné la mort avec son arme de service Récit d’un ancien flic (vidéo)
jeudi 18 - 14h48
de : nazairien
4 commentaires
Carré Blanc sur Fond Blanc
jeudi 18 - 10h39
de : Marc ARAKIOUZO
3 commentaires
Toulouse : « il y a une volonté politique d’interdire les manifestations »
jeudi 18 - 08h35
1 commentaire
Gilets Jaunes : motion de soutien de la FIJ aux journalistes français
jeudi 18 - 08h25
de : FIJ
Un caillou dans sa chaussure / C’est l’heure de l’mettre !
jeudi 18 - 07h53
de : Hdm
Manifestation potagère le samedi 18 Mai à Sainte-Pazanne contre les multiples projets de grandes surfaces dans le 44 !
jeudi 18 - 06h52
de : Collectif Terres Communes
Wauquiez sera sûrement d’accord pour un EPR en lieu et place de NDDP
mercredi 17 - 23h58
de : Quasimodo de NDDL à Quasimodo de NDDP via jyp
2 commentaires
Aucune fermeture selon Macron. « Un hôpital sans chirurgie, sans maternité ni urgence, ce n’est plus un hôpital », réagit Christophe Prudhomme
mercredi 17 - 17h31
Les bâtiments peuvent être reconstruits mais la nature ne peut pas se reconstuire aujourd’hui !
mercredi 17 - 11h54
de : Shepered Gaïa
1 commentaire
Rencontre débat sur les violences policières ici et là-bas
mercredi 17 - 11h48
CGT, France insoumise, « gilets jaunes »... Appel à l’union pour une « grande mobilisation » sociale le 27 avril
mercredi 17 - 08h26
SANS FEU, NI FLAMME ..
mercredi 17 - 08h13
de : Mickael Wamen
1 commentaire
Bordel, quelle hypocrisie !
mercredi 17 - 08h09
de : anti-k
4 commentaires
Sauvons la cathédrale du cœur. Pour un autre usage de Notre-Dame-de-Paris
mercredi 17 - 07h54
de : Un curé de campagne en visite à Paris
Divine surprise.
mardi 16 - 17h15
de : L’iena rabbioso
8 commentaires
Espagne : 44 ans après la mort de Franco, l’extrême droite s’apprête à entrer au parlement
mardi 16 - 16h37
de : Stéphane Ortega
1 commentaire
Justice : la cour administrative d’appel annule la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac
mardi 16 - 14h13
de : Juliette Meurin
LES BLACK BLOCS - La liberté et l’égalité se manifestent
mardi 16 - 12h24
de : Ernest London
Olivier est tombé, son arche restera debout !
mardi 16 - 11h34
de : Le Cercle 49
Christelle Déchronique Les péages urbains (audio)
mardi 16 - 09h48
de : Ciné Christelle
Conférence débat, Michèle Audin présente Eugène Varlin, ouvrier-relieur, jeudi 18 avril à 18h30
mardi 16 - 09h28
de : Info’Com-CGT
1 commentaire
LE 26 MAI, METTONS LA RACLÉE À MACRON ! - Meeting Mélenchon, Aubry, Ruffin, Becker à Amiens (video)
mardi 16 - 08h40
Juan Branco, avant le "grand déballage" macron, dénonce une nouvelle fois nos "pseudos élites" (video)
lundi 15 - 17h41
de : nazairien
8 commentaires
Acte 22 Place de la République, police nationale et bagueux de Paris, complètement hors sol (vidéo)
lundi 15 - 14h19
de : nazairien
4 commentaires
Toulouse #Acte22 : La police tabasse 2 Journalistes et casse leurs caméras (video)
lundi 15 - 11h01
Jean-Luc Mélenchon. Privatisations : « VOTRE MODÈLE EST FINI » (video)
lundi 15 - 10h33
Le "meilleur des mondes" A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes.
dimanche 14 - 13h30
de : nazairien
6 commentaires
Anti-impérialisme : cycle de conférences
dimanche 14 - 13h29
Marlène Schiappa, piégée par ses mensonges, quitte l’interview (vidéo)
samedi 13 - 15h29
de : nazairien
1 commentaire
Rassemblement pour la libération de Georges Abdallah mercredi 17 avril 2019, 18h00, métro Château-rouge (Paris 18ème)
samedi 13 - 13h22
GAFA de tous les pays, taxez-vous en Irlande !
samedi 13 - 08h52
de : Karine Darmanche
Saurel chante sa révolution à la Comédie Dalayrac
samedi 13 - 00h04
Mobilisation samedi 13 avril contre la loi « anticasseurs »
vendredi 12 - 16h30
de : jean 1
2 commentaires
Le calme avant la tempête
vendredi 12 - 13h56
de : jean 1

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons. Martin Luther King
Facebook Twitter Google+
NON AU LICENCIEMENT DE GAEL QUIRANTE / STOP À LA REPRESSION (video)
Info Com-CGT

Souscription Le journal prescrit sans ordonnances ! Moins Une et plus si affinités
Solidarité, le sens d’une vie » de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia
« Liquidation » de Mourad Laffitte (video)
DAZIBAO
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
Lire la suite
Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
Lire la suite
Disparition de Marceline Lartigue, Communiqué de presse
dimanche 6 mai
de Micheline Lelièvre
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Marceline Lartigue. Elle s’était faite discrète les temps derniers, mais je voudrais saluer la mémoire de celle que je connaissais depuis le début de sa carrière. Elle avait 16 ans, je crois, et dansait avec Fabrice Dugied la première fois que je l’ai vue. Puis nous nous sommes liées d’amitié. Marceline avait un caractère bien trempée, une intelligence très fine et un grand talent de chorégraphe. (...)
Lire la suite
Marceline Lartigue est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en pleine distribution de tracts
samedi 5 mai
de Jean-Marc Adolphe
Aujourd’hui, 1er mai 2018, Marceline Lartigue ne participe pas aux manifestations du 1er mai 2018. Cela ne lui ressemble pas. Mais elle, tellement vivante, ça ne lui ressemble pas non plus de mourir. Et pourtant, Marceline est partie en voyage, rejoindre Antonio Gramsci et quelques autres camarades de lutte (l’un de ses tout derniers billets sur Facebook rendait hommage à Gramsci, mort le 27 avril 1937). Marceline est partie brusquement, fauchée par une attaque cérébrale en (...)
Lire la suite
Tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai...
vendredi 4 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
C’est une photo prise par Baker 5 minutes avant que tu tombe... Avec ton sourire magique, Marceline Lartigue Ma compagne, mon amour, mon amie, ma camarade tu me manque, tu est tombé devant moi pendant la diffusion des tractés pour la manif du 1ere et du 5 mai, avec tout mon courage et ma force je suis pas arrivé a empêcher la faucheuse de faire son salle boulot, tout le temps ensemble sur les barricadés contre les injustices de cet monde, aujourd’hui je part a manifester pour (...)
Lire la suite
13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
Lire la suite