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VIOLENCE D’ETAT, VIOLENCE REVOLUTIONNAIRE


de : Nemo3637
mercredi 4 décembre 2019 - 19h55 - Signaler aux modérateurs

Monuments saccagés, magasins pillés, policiers attaqués... Mais violences du quotidien : aux attaques de rue s’ajoutent les violences faites aux femmes...

Voyageriez-vous en stop aujourd’hui comme voici quarante ans ?

Du coup, émaillée de souvenirs douteux, la nostalgie du passé s’en mêle. On était tellement bien sous le Maréchal euh sous le Général,... Ah Clémenceau !...

D’où vient cette violence ? Est-elle inédite ? Qui la provoque ? Où et qui sont les auteurs du complot ?

La répression policière serait la réponse à toutes ces exactions. Des groupes politiques, des penseurs, répondent par des solutions simples, simplistes.

Ce serait le manque d’éducation, un laxisme généralisée, l’irruption d’envahisseurs étrangers, toujours trop nombreux, qui seraient les causes de cette violence. A gauche, les raisons de cette dégradation seraient à chercher avant tout dans une société où l’injustice devient insupportable. Et ne finit-on pas ainsi par excuser toute responsabilité personnelle ?...

Il est indéniable que la crise aigue qui touche le capitalisme a des répercussions au niveau des institutions qui ainsi se désagrègent (1). Elle se révèle, cette crise, au niveau du quotidien. Et, à l’image de la fin de l’Empire Romain, les règles de la vie civile ne sont plus respectés. L’individualisme aveugle et le pouvoir de la force ne prennent-ils pas le dessus ? Où est la solution politique et sociale ? Ne va t-on pas vers des affrontements inévitables ?

Voici quelques pistes...

I . VIOLENCE D’ETAT

L’irrespect des institutions vient aussi d’en-haut. La Démocratie est toute relative et nous savons qu’à sa convenance, le Pouvoir peut changer les règles, renverser la table. On invoque la Raison d’Etat. Tant il est vrai que le Droit n’est que la simple résultante d’un rapport de forces. Quand l’Etat dérape ainsi vers le fascisme où sont les garde-fous ?

La crise entraine le déclin des institutions.

Le capitalisme, qu’il soit ou non en crise, est à l’origine de violence. Comment qualifier autrement le licenciement de l’ouvrier qui condamne une famille à la misère ? Que dire de cette insuffisance chronique des revenus, voulue, (2) qui faisait, qui fait encore, vivre beaucoup dans la faim ou la disette ?

Aujourd’hui comment doit-on prendre le contrat rompu par le plus fort, par l’Etat, refusant de respecter ses engagements quant au salaire promis, quant aux avantages d’une pension que l’on avait cru pouvoir percevoir au bout de décennies de labeur ?

A cette misère, à cette violence ressentie, promise, répond logiquement la révolte, ne respectant plus l’ordre établi. Cette sédition des masses, bien connue, provoque une répression, réponse violente et logique de l’Etat. Celle-ci peut paraître injuste, exagérée, mais de son point de vue, elle est biern sûr légitime !

Par une insidieuse terreur, elle est indispensable à la défense de l’Ordre. Le pauvre ne doit-il pas vivre dans la soumission, dans cet Ordre commandé par Dieu, pour simplement espérer un mieux-être dans l’au-delà ?

Face aux difficultés systémiques inédites et insurmontables engendrées par la crise du capitalisme, les institutions ne sont plus respectées par l’Etat. Le système parlementaire lui-même, pilier du libéralisme, est bafoué. Des hommes de mains suppléent la police. Des groupes de pression, des lobbies font la Loi... Ministres ou élus se font néanmoins épinglés de temps à autre, au gré de conflits d’intérêt et des règlements de compte, par ce qui reste d’une presse indépendante.

La caractéristique de la crise réside dans la perte du sens. On n’éprouve plus le besoin de comprendre, de démontrer avec l’esprit scientifique nécessaire. Il suffit de croire. Les croyances, comme hier, remplace les savoirs. Le rationalisme qui constituait l’argument décisif de la bourgeoisie et du liberalisme,s’affaiblit. Ainsi traders et « économistes » ne virent pas venir la crise financière car ils n’avaient plus les simples outils de raisonnement nécessaires (3). Au nom de la Foi et des Croyances traditionnelles, on est prêt, génial que l’on est, à zigouiller le contradicteur !

En 1918-19, en Allemagne, le socialiste Ebert s’allia à la caste militaire, pour écraser la révolution allemande. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht furent assassinés en toute impunité. Un peu plus tard, en 1923, cette même République de Weimar se montra on ne peut plus indulgente avec Lunderdorf et Hitler qui avaient pourtant fomenté un coup d’état, et tué des policiers. Cet exemple nous montre les circonvolutions de cette Raison d’Etat. Et surtout le non respect de la légalité bourgeoise par le gouvernement lui-même quand c’est le système capitaliste lui-même qui semble menacé.

Aujourd’hui le feu est dans la maison. Partout la révolte gronde. Aux peuples qui se soulèvent, les gouvernements, se drapant dans une prétendue légitimité (« les élections »), répondent par la force, la violence, le non respect des droits, les flash-balls, les balles de fusil, les arrestations arbitraires, l’impunité des forces de l’ordre.

La légitimité de Macron est en carton-pâte et il devra rendre des compte devant la Justice plus vite qu’on ne le pense.

II. DISSIDENCES

Quelle légitimité pour le Pouvoir ?

Sans que l’ordre social ne soit remis en question, la légitimité du Pouvoir est parfois t contesté. Et ce par la force, la violence.

On pourrait remonter assez loin dans l’Histoire de France, à la Révolution Française. Contentons nous d’évoquer un personnage-clé, contestant un ordre établi, et pourtant à l’origine même de notre Constitution : le Général De Gaulle.

Rapidement, après avoir appelé à la résistance contre l’occupant, il conteste la légitimité du régime du Maréchal Pétain. Or celui-ci a pourtant été instauré dans les règles par le Parlement républicain français. Avec l’unité de la Résistance et les victoires des Alliés, la légitimité du Pouvoir revient aux résistants, aux opposants à Pétain, à De Gaulle.

De la même façon, la cause de l’Algérie indépendante, en devenant légitime sur le plan international, a signifié la défaite des colonialistes, quelque furent les victoires sur le terrain militaire et le nombre de partisans de chaque camp.

De Gaulle, dissident et partisan d’un pouvoir fort

En 1958, De Gaulle est toujours dans le mépris des institutions de la IVe République. S’il s’y plie très provisoirement, c’est en gardant bien à l’esprit l’instauration d’une nouvelle Constitution, celle de la Ve République. Les opposants crieront au coup d’Etat... Peu de temps après le « Putsch d’Alger » fait craindre le saut des parachutistes sur Paris, « la fin de la République » . Et on s’arme au siège du Parti Communiste...

Au nom de la raison d’Etat, le Droit n’est plus respecté.

Finalement, opération réussie, sans trop de casse. De Gaulle redevient le sauveur suprême.

Sans jugements, les opposants à la Guerre d’Algérie subissent une dure répression : Algériens jetés dans la Seine, manifestants « communistes » tués au métro Charonne. L’OAS est écrasée.

Les juges qui oeuvrèrent sous Vichy, par contre, étaient restés inamovibles, tout comme les GMR – police de Pétain – recyclés en CRS, nouvellement constituées en 1945.

Au nom de la légalité les lois anti-juives de Vichy devaient-elles être respectées ? Jusqu’où doit-on se soumettre à l’Etat, à sa législation ? Comment s’y soustraire ? Là réside l’honneur de ceux qui avaient toujours une conscience et qui, malgré le rapport de forces en leur défaveur, ont su résister...

On sait, depuis la répression des révoltes et révolutions du XIXe siècle, le massacre de la Commune de Paris, les fusillades des grèvistes par Clémenceau, la répression des grèves d’après-guerre, que la violence d’Etat, celle du capitalisme, ne date pas d’aujourd’hui, et qu’elle a pour principale cible les « classes dangereuses ».

Aujourd’hui contre qui est dirigée la violence des flash-balls ?

Un élu est malmenée par la police ? Comme par hasard, c’est un député de l’opposition de gauche (4).

Le Préfet de Police de Paris Didier Lallement ne cache pas alors son parti-pris. Dans cette atmosphère de guerre civile, on n’en est déjà plus là. Et l’on connait sa réplique à une manifestante : « "Oui, je suis ’gilet jaune’", lui dit-elle. Le Préfet, fidèle serviteur de son maître, lui répond : "Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp madame". »

La Liberté, le Droit ? Celui de manifester ? Ces droits, le gouvernement Macron les foule au pied !

III. VIOLENCE REVOLUTIONNAIRE

Violence républicaine et droit à l’insurrection

Le pouvoir monarchique était d’autant plus légitime car venant de Dieu. Par sa dureté et l’injustice ressentie, il est donc destitué par la Révolution Française. C’est dans le rapport de forces, la violence, la Terreur, que s’établit le régime républicain. Il tient désormais – au moins en principe – sa légitimité du Peuple. La Constitution de 1793, éphémère, instaure le droit à l’insurrection du Peuple en armes contre tout pouvoir devenant tyrannique (5)...

Même si, usant de la violence, les monarchistes resteront longtemps influents en France, fragilisant le régime républicain, avec le temps, les ralliements et les épreuves, c’est ce dernier qui l’emporte. Vichy, la « divine surprise » de Maurras, restera donc une éphèmère parenthèse réactionnaire rendue possible par la guerre...

La Révolution Prolétarienne

L’Etat n’est pas neutre, contrairement à ce qu’il prétend, à ce qu’essaie de nous faire croire les journalisres, les politiciens de gauche, de droite, et les capitalistes. Il a été démontré depuis longtemps que les intérêts qu’il défend sont ceux de la classe dominante, la bourgeoisie et les capitalistes dans les états à idéologie libérale, des nomenclatures dans les pays commandés encore par le capitalisme d’état, comme la Chine, la Corée du nord, Cuba...

Dans la réalité, on sait bien que persécuter sans répit le plus fidèle de vos clébards, vous vaudra sans doute finalement de vous faire mordre ... Le destin du prolétariat qui doit à tout prix cracher sa plus-value est se révolter.

Même si des révoltes ouvrières se produisent en France dans la première moitié du XIXe siècle, comme celle des Canuts de Lyon, ou en 1848, elles n’ont rien de décisives. Elles montrent surtout l’inanité d’une alliance des prolétaires en lutte avec les bourgeois républicains radicaux. Ce sont ces derniers qui, beaux parleurs, même blanquistes, tentent de se hisser comme leaders et qui trahissent finalement la classe ouvrière. Ce schéma est illustré notamment par l’écrasement de la Révolution ouvrière de 1848.

La violence de l’Etat bolchévique.

Le Manifeste Communiste de Karl Marx, qui ne fait que traduire une évolution de la conscience prolétarienne, énonce notamment trois principes importants :

1) « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » c’est-à-dire sans représentants bourgeois, sans alliance de classes. Il théorise le caractère messiannique du Prolétariat.

2) La nécessaire « dictature du prolétariat » pour prévenir l’action destructrice des anciennes classes possédantes.

3) La constitution d’un « grand Parti des Travailleurs » leader, dont la forme reste alors vague.

Le terme « dictature », avec ce que l’on connait de l’Histoire aujourd’hui, suppose la violence, l’oppression sans limite. Cependant à l’époque de Marx on employait plutôt, pour un tel régime, le mot « tyrannie » (désignant un pouvoir illégitime). C’est sciemment qu’il emploit le terme « dictature » pour désigner le caractère éphémère d’un pouvoir fort nécessaire mais provisoire, telle la dictature romaine.

Bien des marxistes sont passés par là depuis, dont un certain Lénine instaurant non pas la « dictature du prolétariat » mais la « dictature DU PARTI du Prolétariat ». L’Etat bolchévique a donc représenté les intérêts d’un parti politique, prétendumment d’avant-garde, et non ceux du prolétariat.

Cette critique fut énoncé très tôt, d’abord par les anarchistes, puis dans les années suivant 1917, par la gauche germano-hollandaise, Rosa Luxembourg, Herman Gorter, Anton Pannekoek...

Le choix des armes ?

Si la révolte des opprimés se veut victorieuse, elle doit établir un rapport de force. Que ce soit au XVIIIe siècle ou au XIXe siècle et même par la suite, la première réaction est de trouver des armes, des fusils, de quoi faire flancher le camp adverse. La Révolution Française, plus révolution bourgeoise que prolétarienne, bénéficie en partie du pouvoir de l’argent. Ce qui n’est pas le cas des ouvriers révoltés de la période suivante.

Les Communards, dans la confusion de la guerre de 1870, vont certes s’emparer de canons, bénéficier du ralliement d’une partie de l’armée. Mais faute d’un commandement organisé et cohérent ils se feront massacrés par les « Versaillais », l’armée de Monsieur Thiers, devenu pouvoir légitime. D’un côté plusieurs dizaines de milliers de fusillés, de l’autre quelques centaines – et encore ! - de « victimes des rouges ».

Cet échec sanglant de la Commune, va conforter les conceptions centralisatrices au sein de l’AIT, le « grand Parti des Travailleurs » de l’époque. D’un côté les « Marxiens-autoritaires », de l’autre les « Anti-autoritaires-anarchistes ». Jusqu’à la disparition de fait, par scission, de ladite AIT en 1872.

Stratégies et pacifisme du mouvement ouvrier.

Le mouvement ouvrier international met plusieurs décennies à se remettre de la défaite de la Commune de Paris et de la répression contre l’AIT. Les partis de gauche sociaux-démocrates, marxistes, ne se reconstituent sérieusement, qu’avec la IIe Internationale,dans les années 1880.

Les anarchistes, nombreux en France, en Italie et en Espagne, s’enferrent dans une « propagande par le fait » qui inclut la violence, un terrorisme revendiqué et donc l’assassinat de dirigeants politiques. Si les gouvernants sont souvent impopulaires, ces assassinats, nombreux, n’entrainent pas l’adhésion des masses.

Ce n’est qu’à la fin du siècle que les anarchistes mettent fin à cette stratégie mortifère. Une nouvelle génération se tourne vers le syndicalisme dont l’arme privilégiée sera celle, pacifiste, de la Grève Générale. Cette stratégie tourne le dos à la violence même si l’on sait que l’adversaire capitaliste, l’utilisera.

Georges Sorel, la violence, et le mythe de la Grève Générale

Si Georges Sorel, théoricien de la violence (6), soutient cette idée de Grève Générale, il dénonce le « pacifisme » des dirigeants de gauche et le réformisme syndical. Chez lui le terme « mythe » n’a rien de péjoratif et doit, tout au contraire, renforcer la foi des prolétaires.

Sorel va marquer durablement les mentalités de son époque, la pensée de certains dirigeants comme Mussolini. Après avoir soutenu les syndicalistes révolutionnaires, puis les monarchistes, il admire les Bolchéviques et Lénine lui-même. Celui-ci traitera Sorel, non sans raison, d’esprit brouillon. Il faut cependant lui reconnaître, adjointe à une connaissance du marxisme, une bonne faculté d’analyse.

La Grève Générale de 1906, déclenchée par la CGT, se voulant décisive, se révèle cependant un cinglant échec. Les manifestants sont d’emblée « cueillis » par la Police bien organisée, sans pouvoir se regrouper efficacement. « Quand trois anarchistes se réunissent, déclare alors un Préfet, il y a deux hommes à moi ».

L’opposition à la guerre, que prône le mouvement ouvrier, se révèle un nouvel échec en 1914. C’est l’esprit de l’Union Sacrée, allant des monarchistes aux anarchistes qui domine dans la société française.

La Révolution russe de 1917, apparente victoire, va néanmoinsrelancer l’idée d’une stratégie de la violence. Mais l’échec de la Révolution allemande montre cependant que la force militaire de l’Etat, l’armée qui lui reste majoritairement fidèle, l’union contre-révolutionnaire des états bourgeois, limitent les possibilités d’un renversement du Pouvoir par une force militaire prolétarienne.

Cependant le prolétariat en armes n’est pas resté un simple mythe. Aux Etats-Unis, les syndicalistes qui affrontent les forces de l’ordre, sont armés et, pour établir un rapport de forces, vont jusqu’ à s’allier avec la mafia pour tirer sur la police. En Espagne, dans les années 1930, chaque ouvrier a son arme cachée sous une bordure de trottoir....

La gauche rentre dans le rang

Avec la montée des fascismes dans les années 1930, la Seconde Guerre mondiale, la relance de l’économie, la gauche socialiste et communiste s’unit, puis se divise encore, mais reste fidèle à l’électoralisme auparavant rejeté par une grande partie du mouvement ouvrier. L’expansion économique – la société de consommation – adoucit les conflits.

Et les « manifestations », deviennent en fait des parades, des défilés débonnaires, où l’on réclame des augmentations de salaires avec des slogans du genre « ohé Pompidou-Pompidou navigue sur nos sous ». Et puis on rentre, on enlève son chapeau « Ricard » en papier, et son nez rouge de clown... Pour attendre le moment où l’on brandira fièrement son « terrible » bulletin de vote.

Guerrillas et guerres « révolutionnaires »

La guerrilla est la forme de lutte utilisée par le camp de ceux qui se voient en infériorité sur le terrain militaire. Si elle est adoptée par l’ensemble des Espagnols résistant à Napoléon, cinquante ans plus tôt la stratégie de la « petite guerre » avait été refusée par Montcalm, au nom de l’honneur, contre les Anglais en Amérique du nord.

Indochine et Algérie montrent certes l’efficacité de la guerrilla. Mais elle n’existe qu’à la condition d’un « arrière », un pays géographiquement proche, pouvant servir de base de repli, voire d’appui plus ou moins déclaré. L’ETA, au Pays Basque espagnol, a longtemps bénéficié de la passivité de l’état français. Avec l’indépendance de l’Eire, l’IRA put reprendre plus aisément son combat en Irlande du nord.

Mai 1968 et la violence

Encore aujourdhui on a encore du mal à qualifier « les évènements de mai-juin 1968 ». Plus personne ne croyait alors en une possible remise en cause radicale du capitalisme sous sa forme de « société de consommation ». Images d’un romantisme révolutionnaire dépassé, on imaginait encore moins des barricades dans les rues de Paris...

La victoire de la rue fut cependant rendue possible par une action de masse – plus de 10 millions de grévistes – et l’on put constater l’efficacité des manifestations.

La violence des forces de l’ordre, cherchant à dissuader par la terreur, finissait par engendrer naturellement une stratégie de l’escalade, une stratégie de nouveaux d’affrontement au caractère inédit. Les années 1970 constituèrent ainsi une période de durs combats de rue où commencèrent à s’illustrer les « groupes autonomes ».

Stratégies d’affrontement

De moins en moins nombreux, hormis quelques papis nostalgiques ou de jeunes innocents, sont ceux qui croient encore à l’efficacité des défilés bon enfant de jadis, que l’on pouvait même faire en charentaises ou avec un ballon rouge à la main.

On sait que cette société est celle du talon de fer, de la violence, que l’on n’aura rien sans effort, que seule une action énergique permettra d’aboutir. La récente révolte des Gilets Jaunes n’a fait que confirmer chez beaucoup l’efficacité de cette détermination. Aux milices ouvrières de jadis ont succédé les « black blocks » qui, par la bande, interroge sur la forme du prolétariat combattant et du travail. Ceux-ci ne sont que la traduction d’un mouvement populaire diffus, déterminée, revendiquant l’affrontement. Le fait qu’ils puissent être instrumentalisés ne change rien ici.

Cela ne doit pas signifier cependant une résignation, le refus d’imaginer des nouvelles formes de lutte sans doute pacifistes. En effet, il faut en temps voulu savoir faire la critique des armes. Et ce au nom de l’efficacité elle-même. Certains combats féministes nous montrent la voie, comme celle des Femen. Là réside la vraie guerre révolutionnaire. En Algérie et à Hong Kong, les insurgés, forts de l’expérience, ont ainsi mis en avant une volonté de non violence.

Si l’Etat au Chili et ailleurs, s’est enferré dans les exactions, notamment contre les Femmes, il n’a « récolté » que la détermination encore plus grande des révoltés, qui obtiennent à présent un soutien international. Le gouvernement chilien apparaît ainsi pour ce qu’il est : une bande de pitres incapables et désemparés.

En cette époque de rpture, le Président français provoque stupidement le Peuple. Ce faisant il rend indéniablement service à l’insurrection à venir.

L’équipe Macron, elle aussi, sera mise à nu.

Notes

(1) Nous avons évoqué dans plusieurs articles les conséquences de la crise économique : Macron et le trou noir sans répit ; Macron, la crise et les gilets jaunes ; ou encore La fin du Mordor. Et surtout « Krachs, spasmes et crise finale » sur le site incontournable de la « Chayotte noire » : https://lachayotenoire.jimdo.com/nemo/

(2) En Grande-Bretagne, berceau du capitalisme, il a longtemps existé une entente des puissants de l’Industrie pour payer les ouvriers à la limite de la survie, afin de les tenir à merci...

(3)Le capitalisme à l’agonie de Paul Jorion L’auteur évoque la carence de raisonnement des traders qui s’en remettent surtout aux ordinateurs pour penser...

(4) « Alexis Corbière « gazé » et bousculé en marge du défilé des Gilets Jaunes » Le Point – 16/11/2019. On en parla très peu dans les « médias ». Un député de « La France en Marche » bousculé aurait certainement fait plus scandale ! Mais là, c’était un copain à Mélanchon, alors...

(5) « L’oppression était ainsi définie par l’article 34 : « Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé ». Les manières d’y résister étaient évoquées dans les articles 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres », et 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».Wikipédia 

(6) Georges SOREL (1847-1922), philosophe et sociologue français, rédige vers 1906, « Réflexions sur la violence » surtout connu en Italie. « Il participe aux débats sur la crise du marxisme et contribue à l’émergence théorique du syndicalisme révolutionnaire. Déçu par la CGT (Confédération Générale du Travail), il se rapproche en 1909-1910 de Charles MAURRAS, pour son fédéralisme, malgré son nationalisme qu’il réprouve. Opposé à la guerre de 1914-1918, favorable à LENINE (ce qui n’est pas réciproque...), il défend les bolcheviks... » Wikipédia



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de Mickael Wamen
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De pire en pire le bad buzz continue... Se réjouir des licenciements à BFM c’est scandaleux !! Cette restructuration est totalement injustifiée comme toutes les autres et qu’elle touche des salarié/es de BFM ne donne pas droit de s’en réjouir ... Les salariés de BFM ne sont pas des chiens comme indiqué par Info’ Com ... En plus ce sont les « petits » qui vont morfler ! Comment Info’ Com peut il être à ce point une fois de plus totalement à la rue sur un (...)
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La chasse continue ... tu gênes donc on te dégage !!!! Bravo info’com ....
mercredi 17 juin
de Mickael Wamen
Ce n’est plus du syndicalisme mais utilisation de méthodes patronales les plus dégueulasses.... Bien content d’avoir démissionné car c’est impossible de continuer d’adhérer à un syndicat qui vire celles et ceux qui ne pensent pas comme la direction !!!! Info’com critique la conf’ mais fait pire ...ilsfont’com leur va très bien ! Ils sont plus fort avec leur « camarade agency » qu’avec la camaraderie la vraie, la gratuite.... Ils sont (...)
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Info’Com Cgt, nous n’avons pas adhéré avec obligation de nous taire !!!
jeudi 11 juin
de Mickael Wamen, Sidi Boussetta
WE LOVE NOTRE SYNDICAT Et OUI, nous aimons notre syndicat qui nous a accueilli en 2016, cette super équipe de l’époque, fraternelle, humaine et profondément militante... Ce même syndicat qui a toujours su différencier la CGT des hommes et des femmes qui la composent, qui a toujours osé dire les choses, par exemple, souvent relever les manquements du secrétaire général confédéral, de la confédération, de sa fédération, sans jamais remettre en cause la CGT... On est en droit de (...)
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Aux dirigeants d’Info’Com-CGT
vendredi 5 juin
de Mickael Wamen
2 commentaires
Après avoir repoussé plusieurs fois cette décision, je vous informe que je ne souhaite plus être adhérent au syndicat info’com CGT et je quitte le bureau de placement de la SACIJO. Je tiens de suite à indiquer que cette décision n’a strictement rien à voir avec cette connerie d’affiches. Ce serait trop facile pour vous de prendre cet argument pour expliquer ma décision.t Depuis les démissions d’Olivier et Stéphane, la ligne du syndicat ressemble bien trop à celle (...)
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