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Allemagne : la gauche alternative en ordre de bataille

mercredi 20 juillet 2005 - Contacter l'auteur - 14 coms

de Paul Falzon

Ce n’est pas une simple mue d’été, mais un virage majeur que le PDS a opéré ce week-end en décidant de changer de nom. Les délégués du Parti du socialisme démocratique réunis en congrès extraordinaire ont entériné à une large majorité (75 %) la nouvelle dénomination de "Linkspartei", le Parti de la gauche. À deux mois de probables élections législatives anticipées (1), ce changement d’identité vise à donner un "signe de renouveau", selon Lothar Bisky, le président du Linkspartei. Il s’agit surtout de faciliter l’implantation du parti dans l’Ouest de l’Allemagne, où il souffre encore d’une image archaïque. À l’Est, où le PDS réalise ses meilleurs scores, il restera possible d’accoler le sigle PDS à celui du - Linkspartei.

Sondage prometteur

Dans la même logique, les délégués du PDS-Linkspartei ont confirmé l’alliance déjà lancée avec la formation créée par des dissidents du parti social-démocrate, la WASG (2). Cette dernière venait tout juste de se prononcer, vendredi dernier, pour des listes communes lors des législatives à venir. Bien ancrée dans les milieux syndicaux et associatifs de l’Ouest, la WASG pourrait être le pendant idéal du Linkspartei sur un plan électoral. Déjà, un sondage prédit un score prometteur à l’alliance : 11 % au niveau national, ce qui en ferait le troisième pôle politique derrière les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates, mais devant les écologistes et les libéraux. Des évaluations plus fines font apparaître que le Linkspartei pourrait même devenir la première force politique dans les Länder de l’Est, avec plus de 30 % des intentions de vote. Tandis que la WASG améliorerait les 2,2 % obtenus le mois dernier lors de son premier test électoral, en Rhénanie du Nord - Westphalie.

Si ses scores se confirment, le Linkspartei et la WASG devraient rapidement fusionner, dès les élections passées, en un seul parti. Un bouleversement majeur compte tenu du fossé qui séparait, il y a quelques mois encore, l’appareil du PDS, souvent vu à l’Ouest comme l’héritier de la RDA, des dissidents de gauche du SPD. L’arrivée au sein de la WASG de l’ancien président du Parti social-démocrate, Oskar Lafontaine, a sans aucun doute facilité le rapprochement. Encore très influent dans son pays, - Lafontaine a apporté une caution de sérieux à la petite formation contestataire, où il n’a eu de cesse de prôner l’alliance avec le PDS.

Un SMIC à 1 400 euros ?

Sur le plan politique, le Linkspartei et la WASG partagent une critique sévère de la coalition de Gerhard Schröder, particulièrement sur le plan social. Les délégués du PDS-Linkspartei ont d’ailleurs entériné lors de leur congrès une série de propositions allant à contre-courant des politiques actuelles : création d’un SMIC à 1 400 euros, allocation de 250 euros par enfant, garantie d’une retraite minimale de 800 euros dès le seuil de 30 années de cotisation. Ils ont réclamé l’abrogation des lois « Hartz » qui ont organisé le démantèlement progressif du Code du travail et des systèmes de protection sociale. Alors qu’il part en mauvaise posture contre la candidate conservatrice Angela Merckel, Gerhard Schröder a déjà annoncé qu’il ne comptait pas changer de cap et qu’il refuserait l’alliance avec le Linkspartei et la WASG. Une attitude qui a toutes les chances de lui faire perdre ses derniers espoirs de maintien au pouvoir.

(1) Le président Horst Kölher doit annoncer cette semaine la date de la consultation voulue par l’actuelle majorité sociale-démocrate.

(2) C’est-à-dire l’Alternative électorale pour le travail et la justice sociale, fondé en janvier dernier.

http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-07-19/2005-07-19-810710

Mots clés : Dazibao / Elections-EluEs / Europe / Partis politiques / Paul Falzon /

Messages

  • "Les délégués du Parti du socialisme démocratique réunis en congrès extraordinaire ont entériné à une large majorité (75 %) la nouvelle dénomination de « Linkspartei », le Parti de la gauche."

    >>La bonne nouvelle c’est qu’il reste tout de même 25% de gens critiques et de gauche au sein de l’ex PDS....et qui refusent la social-démocratisation de la gauche.

    • Ce n’est pas la dénomination qui importe , mais le contenu et plus précisément le "programme de gouvernement", car à la fin des fins il faudra bien au moment crucial et stratégique de la vie électorale de nos démocraties cesser de blablater et de gouverner, de "mettre les mains dans le cambouis", et c’est autrement plus difficile que de pondre des théories fumeuses sur la "social-démocratisation de la gauche", les "sociaux-traitres" et autres fariboles entretenues depuis des décennies par les sectaires de l’ultra-gauche -dont le commentaire ci-dessus est un bel exemple- qui n’ont jamais rien apporté de concret au "peuple", le vrai et non pas celui qu’ils prétendent défendre et qui n’est qu’une autre entité mythique et chimérique objet de toutes sortes d’incantations stériles.

    • Juste une petite remarque au post précédent, ce n’est pas l’extrème gauche qui porte préjudice à la social-démocratie, c’est la social démocratie qui années après années au gouvernement a trahie sa propore culture.
      Puisque je ne suis ni philosophe, ni sociologue et que ma voix peut être considérée comme mal venue, je vous conseille très vivement "Qaund la gauche essayait" de Serge Halimi, où il décortique les effets de la prise des rennes au gouvenrment par la "gauche".

      Excellent !

    • Les élections n’ont jamais, jusqu’à preuve du contraire, inquiété le capitalisme. Et di’ci à ce que ce nouveau parti soit en position de gouverner, si jamais il le sera un jour, il aura mis beaucoup d’eau dans son vin (d’autant plus qu’il se rapprochera du pouvoir).

      Howard Zin, dans son bouquin, dit la même chose : aux USA, les avancées sociales ont toujours été obtenues par les luttes.

    • Il ne s’agit pas de préjudice porté à la social-démocratie, dont je ne suis pas un fan. Il s’agit du peuple, des gens qui ont besoin de vivre ,de travailler, de se soigner, de s’instruire,etc.
      Qui a apporté les seules avancées sociales (congés payés,sécurité sociale,etc.) dont profitent les
      salariés aujourd’hui et que la droite "extrême" veut démanteler ?
      Certainement pas l’extrême gauche ou l’ultra gauche dont les éléments les plus sectaires préfèrent voire crever les plus démunis sur le bord de la route plutôt que d’accepter la moindre mesure susceptible "d’améliorer le système dominant". Mais en attendant l’autre monde, que proposent-ils pour vaincre lors des prochaines échéances électorales et faire en sorte d’empêcher la droite de pousuivre son entreprise de démolition ? C’est la seule question qui vaille. Tout le reste n’est que triple f (fariboles,fadaises,foutaises).

    • Howard Zin montre comment le capitalisme a subverti l’idéal démocratique et le vote, en particulier, mais il ne montre pas que çà et il ne pose pas une égalité entre élection(s) et piège(s) à cons !
      Je pense aussi que les partis sont des outils à remettre entre les mains des peuples afin de déterminer les programmes de gouvernement et les gouvernements chargés de les appliquer. Cela implique qu’ils doivent être capable de faire des alliances sur des compromis qui permettent de faire bouger la société.
      Ce qui se passe entre le Links et le WASG (dans ce très grand pays qu’est l’Allemagne) est extrêmement intéressant pour nous français ou autres européens. Cela donne de l’espoir. Imaginez une transposition à la France : çà donnerait des perspectives et du coeur à l’ouvrage du mouvement social, alors qu’actuellement c’est terne !
      Enfin, je ne pense pas qu’il soit d’un très grand intérêt pour les 25% restés PDS (?) de jouer aux purs et durs. Ils devront aussi bouger.

      J-J. POIGNANT

    • Etant donné que :

      Le marché seul est Dieu, l’OMC est son prophète

      Mettre les mains dans le cambouis, c’est camb’oui (ohé Jospin)

      Les sectaires de la gauche Hollande sont là au cas où Benito Sarkosi ferait une trop grosse connerie

      Alors oui, je me sens plkutôt fier, et je ne suis pas le seul, d’être un archéoptéryx.

      A QUAND LA NATIONALISATION (où est le concept dans cette con stitution ?) EUROPEENNE DES TELECOM ? (ce n’est pas du délire, nous sommes de très loin le premier marché mondial, sans lequel tout s’écroule, et je doute que le "tiers monde" dans ce cas irait spontanément appeler wordcom au secours de la liberté...)

    • Sur l’ami en pleine forme qui encensait la mise des mains dans le camboui,
      d’un tient-bon vaut mieux que deux tu l’auras...Faut-il lui rappeler combien de luttes radicales, hors des ors de la République, dans le confort des ministeres ont debouché sur des conquetes tout à fait réelles pour la société ?

      Ou bien, ça y est, la mode est aux trous de mémoire ?

      Mai 68, pas de gouvernement de gauche mais ....40% de SMIG en sus, des sections syndicales dans les entreprises, et un certain nombre de bonnes choses...
      Une liberalisation (le terme là dans le bon sens) des moeurs, libertés des gens, et des contre-coups qui vont peser pendant une quinzaine d’années en faveur des travailleurs ....
      Simone Weill n’était pas une ministresse de Mitterand, merci.

      Une des consequences de ce puissant mouvement sera un gouvernement de gauche...
      Mais une grande partie des conquetes se seront faites sous Pompidou et Giscard, parcequ’il y avait des travailleurs mobilisés et remuants...

      1936 :mouvement puissant
      Ils ne voulaient pas (la gauche au gouvernement)
      La puissance d’un mouvement ouvrier a fait que de grandes conquetes ont pu être faites...
      39-40 : le mouvement social est faible
      la gauche vote les pleins pouvoirs à Pétain

      45 le mouvement social est puissant,
      Les armes sont souvent tenues par des organisations populaires
      on a un gouvernement gauche-droite
      et des conquetes sociales

      les années 5O ,
      des faiblesses sociales et on a des gouvernements de gauche faisant la guerre aux peuples qui essayent de se liberer du colonialisme...

      68, etc...

      Sur le fond, le partage des richesses entre les travailleurs et le capital s’est dégradé sous Mitterand au profit du capital...A continué sous la droite, rebondit ...

      En Italie, les mouvements ont été de très grandes ampleurs s’ecoulant sur une periode plus longue et sans gouvernements de gauche pour la période des conquêtes sociales des années 60 et 70, pile-poile d’ailleurs sous l’ombre de la démocratie-chretienne...

      En Allemagne avec un gouvernemnt de gauche, comme sous Raffarin, sous la droite berlusconienne, sous le petit moustachu espagnol, sous le gouvernement autrichien, des attaques se sont faites en coodination europeenne contre les regimes de retraite, et on n’a pas vu l’ombre d’une difference là dessus entre droite et gauche.

      Gauche ou Droite ne sont certes pas la même chose, mais il faut vraiment méconnaitre l’histoire pour penser que des conquetes favorables au bien-être des couches populaires passent forcement par un gouvernement de gauche comme clé de l’obtention de celles-ci...
      Ce n’est pas vrai historiquement...
      Les conquetes se sont faites aussi bien sous la gauche que sous la droite.

      Le dernier gouvernement de gauche a été celui qui a vu Jospin aller signer l’allongement de la retraite en Europe à Barcelone... Y-était-il obligé ? Non ! Nullement... Et Raffarin a continué le boulot...

      Nous avons eu des points positifs comme le RMI et la CMU, des conquetes mal gaulées comme les 35 heures, c’est vrai..

      Mais au final, le partage des richesses était toujours aussi dégradé en défaveur des couches populaires. Et c’est là le fond. 10% des richesses produites étaient passés des mains des travailleurs vers les mains du capital...et ne sont jamais revenu, transformant les conquetes mineures en partage de la precarité salariale sans que la part globale du gateau accordée aux couches populaires ne soit augmentée, bien au contraire...

      Alors mettre les mains dans le camboui ?
      hum....
      Ce qui semble important ce sont les batailles menées par les couches populaires, sans celles-ci on a des gouvernements de gauche ou de droite qui vont se rouler dans la boue.

      Par exemple, sans ces exités d’altermondialistes des petits comploteurs de gauche auraient continué de se rouler dans le goudron pour accepter, co-concocter un accord à l’OMC qui se faisait en douce des peuples du monde il y a quelques années...

      Je ne suis pas un proche des altermondialistes, mais dans ma tête je n’oublie pas que ceux-ci ont bloqué une premiere offensive desastreuse de l’OMC qui donnait des droits déments aux mutlinationales, donc je n’oublierai pas d’aller fleurir le chemin sous leurs pas...
      Chapeau bas devant ceux-ci...

      Alors, ces braves gens n’étaient dans aucun gouvernement, et pourtant les comploteurs (j’emploie ce terme car cet essai d’accord était caché aux populations) ont dû reculer à cause de leurs initiatives en coordination avec une grande partie des mouvements de travailleurs (notemment certains syndicats américains)...
      Combien de representants de gouvernements de gauche y avait-il dans ce complot ?

      Un gouvernement ?
      Oui, non, il faut d’abord un projet, mais surtout auparavant la mobilisation des salariés, leur developpement démocratique (j’emploie ce terme galvaudé, mais que j’estime être au coeur de tout changement profond de société , aussi bien que dans la plupart des améliorations prosaiques du concret), comme clés d’un gouvernement qui serve réellement à quelque chose...
      Il faut surtout un minimum de valeurs morales dans les forces de gauche qu’on souhaite voir s’allier... Je sais ça fait desuet, un peu popu mais ça compte.
      Ainsi l’objectif n’est pas d’élire un gouvernement de gauche, et même pas un "bon" gouvernment de gauche mais de développer la puissance, la profondeur, la diversité des mouvements de démocratisation economique, de conquetes sociales, d’amélioration du cadre de vie, de preservement de l’écologie...
      Si on fait celà, même en se servant accéssoirement de campagnes électorales pour le promouvoir, le nourir, alors nous aurons un gouvernement de gauche finalement qui portera les réformes valables ou les changements benefiques..Non pas comme "chefs", "dirigeants" et toutes formes de logiques de pensées concevant les citoyens comme assujetis et à diriger, mais comme exprimant la volonté d’une société cherchant à s’humaniser.
      Un gouvernement de gauche ne peut être penser que comme subalterne de la volonté populaire et non l’inverse.

      Les sirenes d’une nouvelle alliance de gauche sans chercher à inverser la logique des precedents gouvernements de gauche conduit au pire, au sarkosisme en version soft et au lepenisme en version hard, et plus probablement à une alliance des deux à l’Italienne ou à l’autrichienne (croyez-vous, vu la personne, que Sarko hesiterait longtemps si l’alliance était indispensable pour avoir une chance de draguer un lepenisme sans lepen ? ce n’est plus là la génération de l’après guerre)...

      Ce ne serait plus se mettre les mains dans le camboui que de s’allier à une direction du PS inchangée, c’est à dire ayant soutenu un texte anti-democratique et anti-social, devenue sectaire, méchante et délirante,
      ça serait s’allier avec le pire et perdre tout...

      Ce qui se passe en Allemagne marque un inflechissement à gauche pendant qu’un gouvernement de gauche se mettant du côté du capital et contre les salariés est en perte de vitesse...

      Entre les deux il y a le risque de mêmes phenomenes que ceux qu’on a connu en France avec Avril 2002 : Faillites de gouvernements de gauche ayant une politique de droite, montée insuffisante d’alternatives à gauche et donc gouvernements de droites accentuant les politiques anti-populaires en profitant de cette faiblesse.

      Les travailleurs sont donc dans un piège au milieu de ces gués...

      Le phenomene français n’est pas isolé de ce qui se passe dans le reste de l’Europe. Une poussée lente d’un renouveau politique à gauche portant diverses formes (altermondialisme, scores electoraux d’extr gauche, secousses des mouvements anti-guerre, reactions vives à des attaques violentes sur les droits des travailleurs, referendum français montrant un fabuleux vote social contre un texte anti-democratique et hyper-liberal), mais sans encore que cette poussée soit suffisante pour commencer à inverser les baffes subies dans la periode precedente.

      Mais il n’y a pas de secret : Il faut franchir le gué et ne pas se recloquer avec une conception arrièrée de la gauche.

      Mettre les mains dans le camboui s’est s’occupper de ces questions concretes et non chercher à s’allier avec des gens comme ceux de la direction socialiste actuelle qui s’est attaquée ouvertement aux salariés en mobilisant pour le Oui au referendum , et qui continue son cours sectaire, pour faire un gouvernement...

      On ne s’allie pas sur n’importe quoi, sinon c’est du decervelage et ça finit en catastrophe...

      Faire ce que doit et vous verrez alors que le PS finalement bougera ou disparaitra...
      La meilleure façon pour donner une chance au PS de bouger est de s’allier à gauche de la gauche.

      Pasc.

    • LU SUR LE SITE d’Etienne CHOUARD http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ :

      Emmanuelle, française expatriée, m’a envoyé cet intéressant message :

      Bonjour,

      Il est en train de se passer quelque chose en Allemagne. Les allemands n’ont pas eu droit à un référendum sur la constitution européenne. En revanche, ils vont vraisemblablement aller aux urnes avec un an d’avance. Et un nouveau parti dans le paysage politique !

      Parce que le temps jusqu’aux élections du 18 septembre est très court, le (lui aussi nouveau) parti WASG - Wahlalternative für Arbeit und Sozial-Gerechtigkeit (en français "alternative électorale pour le travail et la justice sociale") et le rejeton de l’ancien parti communiste de l’Allemagne de l’Est encore bien implanté dans l’ex-RDA, le PDS, se mettent ensemble pour réunir les forces de gauche représentant une alternative au néo-libéralisme.

      Les deux partis se sont regroupés le week-end dernier dans une alliance portant le nom de Parti de Gauche. Ses leaders sont côté WASG Oskar Lafontaine et côté PDS Gregor Gysi.

      Leur programme est un programme sortant de la pensée unique : retraite minimum pour tous de 800 EUR, salaire minimum pour tous de 1500 EUR (il n’existe pas de salaire minimum en Allemagne), relance de l’économie par la création d’emplois par l’état, allocations familiales minimum de 250 EUR par enfant, assurance citoyenne dans laquelle les revenus des actions seraient aussi mis à contribution, mise en place d’un impôt sur les grandes fortunes, etc.

      Ce parti est crédité pour l’instant de 11 % des intentions de vote, ce qui en ferait le 3e parti allemand. Dans les Länder de l’ex-RDA, il est même au-delà de 30 %, soit au-dessus du CDU (démocrate chrétien). Il monte dans les sondages, il ramènerait même des abstentionnistes aux urnes et de plus en plus de gens s’imaginent pouvoir voter pour lui. Pour l’instant, ce parti fait peur aux partis traditionnels et il est victime côté médias et élites politiques de la même chose que le NON en France : on ne parle pas beaucoup du fond, juste de la forme. Il y a de cela quelques semaines, les journaux se préoccupaient du nom qu’allait prendre cette nouvelle alliance et des difficultés qu’il allait y avoir à la réaliser des deux côtés.

      Le problème est maintenant résolu : les délégués des deux partis (WASG et PDS) ont voté à plus de 75 % pour partir ensemble en campagne électorale. Oskar Lafontaine est critiqué, taxé de "populiste" et montré du doigt comme chassant des voix du côté de l’extrême droite par la classe politique traditionnelle parce qu’il a dit qu’il ne trouvait pas normal que les salariés allemands perdent leurs emplois du fait de la délocalisation ou de l’arrivée sur le marché du travail d’étrangers sous-payés (vous savez : le plombier polonais).

      Pas grand-chose pour l’instant dans les médias sur le programme du Parti de Gauche, si ce n’est pour le fustiger en disant qu’il s’agit d’un retour en arrière et de propositions démagogiques. Et pour cause ! Relance de l’économie par la création d’emplois financés par l’état, imposition de tous les revenus, y compris ceux du capital, création d’une "sécurité sociale citoyenne" où chacun participerait en pourcentage de ses revenus, id. pour le système des retraites, représentent une politique en rupture avec le néo-libéralisme ambiant, avec la possibilité d’avoir un vrai débat sur les choix de société, ce dont les partis traditionnels ne semblent pas vouloir.

      En France, on ne parle pas ou très peu du Parti de Gauche. Je viens de trouver un article en anglais disant que d’après des journalistes allemands (bien-pensants, cela va de soi), ce parti était un parti dangereux, populiste et démago. Étant donné que ce qui est ou va être véhiculé dans les médias français sera ce que les médias allemands diront de leur campagne, il existe un gros risque qu’en France, on n’en sache pas plus sur ce nouveau parti que l’on a véritablement lu en Allemagne les raisons pour lesquelles les français ont voté NON.

      Comme ce sont cependant les mêmes raisons qui ont mis le NON à 55 % en France et qui font du Parti de Gauche le parti qui monte, je voulais attirer l’attention là-dessus : il y a un truc qui est en train de se passer de l’autre côté du Rhin, une remise en cause du néo-libéralisme au niveau politique qui pourrait faire de grosses vagues. Et M. Lafontaine n’est pas plus populiste que MM. Mélenchon ou Emmanuelli. Mais évidemment, dans la pensée dogmatique ambiante des faiseurs d’opinion, ils ont profondément tort. À suivre.

      Emmanuelle

      Liens en français :

      Un article du Monde du 18/07/2005 sur le sujet :

      http://www.lemonde.fr/web/article/0...

      et http://www2.dw-world.de/french/pres...

      Sites en allemand : http://www.linkspartei.info/

      et http://www.w-asg.de/

      Articles en allemand :

      http://www.spiegel.de/politik/deuts...

      http://focus.msn.de/hps/fol/newsaus...

      http://www.zeit.de/2005/29/linksalt...

      L’article en anglais dont je parle (traduit d’un article allemand paru dans Die Zeit) : http://www.signandsight.com/feature...

      Question française : nos vieux partis sont-ils capables de défendre ardemment une réforme institutionnelle profonde ou faudra-t-il, chez nous aussi, faire émerger de nouvelles forces politiques ?

      Autrement dit : le néolibéralisme (accepté aujourd’hui par les vieux partis du centre, à gauche comme à droite) est-il compatible avec une authentique démocratie ?

      Est-il nécessaire, avant de réformer les institutions, de disposer d’un parti qui résiste vraiment à cette doctrine économique ? Ou bien faut-il d’abord rétablir des institutions démocratiques pour permettre un changement de cap économique, éventuellement d’initiative populaire ?

      Les deux problèmes, économique et politique, sont sans doute liés, mais je ne sais pas si l’un doit trouver sa solution avant l’autre.

      E. Chouard.

    • Et ils ont raison, c’est la première force politique en Allemagne, au respect de l’hisotire du prolétariat...
      Où est Daniel Cohn-Bendit ??? Se réveillera-t-il ???? Est-il devenu vieux ????? Comment lui donner envie de faire un peu de sport dans ces législatives allemandes ???? Oh ! Et puis après tout, le monde peut changer sans lui... Ach ! La bureaucratie et ses privilèges de classe, espérons que les militants verts rouges le secoueront un peu, pour voir...

    • Ben oui,

      D’abord ce nouveau parti allemand est une très bonne nouvelle pour l’avenir en Europe.
      Et il essuie les mêmes tsunamis inéquitables des médias unipolaires de concession étatique...

      La question de l’acces à la parole publique pour ce nouveau parti est essentielle, ne serait-ce que pour resister aux tombereaux d’ordures que n’hesiterons pas à verser ceux qui possedent les hauts parleurs.

      Il est donc essentiel que la réponse soit sur le terrain, et fourmillante sur le net, traduite dans toutes les langues, pour que ce parti puisse être entendu sans que ses propos soient grossierement carricaturés par des gens à l’esprit peu democratique.

      Il est drole de voir, merci Mr Chouard, ce parti essuyer les mêmes vilenies avec les mêmes arguments tournés en boucle de la part des forces qui possedent les médias unipolaires et qui en usent sans ethique, sans morale, en se roulant dans les mensonges car s’imaginant ne pouvoir être contredit en interdisant l’acces du micro à tout autre point de vue que le leur.

      La réponse ne peut donc se faire que sur le terrain et sur le net, à abuser massivement et à traduire dans toutes les langues européennes (et c’est très important pour nos amis allemands de le faire).

      Par ailleurs pour ce qui est des questions posées par Mr Chouard, savoir comment s’y prendre , reconstruire un ou des partis ? Ameliorer ceux existants ? essayer de gagner une bataille de democratisation des institutions comme préalable à une recomposition par ailleurs des forces politiques ?
      Je dirai un peu de tout mon general, mais en hierarchisant les choses :
      C’est le fond qui doit peser, et non attendre que par miracle les partis s’ameliorent ....

      On peut déjà pousser le PC à s’allier à l’extreme gauche et une grande partie de l’altermondialisme sur la base du fond et du terrain de batailles concretes, non comme solutions mais comme outil essentiel pour aboutir à d’autres regrouepements, et in fine, ça poussera le PS à se remettre du côté de la démocratie, des travailleurs, etc...
      Donc aller de l’avant sans attendre (l’alliance proposée à cette fonction là), aller au débat sur internet (puisque c’est le seul média accessible à la diversité actuellement) et sur le terrain (physique), promouvoir l’orientation que l’on desire et non plus un derivé de dérivé de dérivé de ce qu’on veut, aboutissant à des gouvernements de gauche se comportant mal au final, car ne respectant pas les ordres que leur ont donné les électeurs...

      Sur le non au referendum, ce n’est pas en attendant un bon accord entre forces de gauche que la bataille a été menée et gagnée, c’est en allant directement au feu, avec esprit d’ouverture et de construction que les forces ont pu s’amalgamer, les alliances se faire naturellement, pour aboutir à cette magnifique campagne qui voyait entre la gauche du PS, le PC et la LCR une remarquable complementarité du discours et de la bataille (cette complémentarité était saisissante dans les débats à la télé entre la sensibilité de Buffet, son opiniatreté à remettre sur le conccret social les discussions, et la vigueur , la clarté de Besancenot, en regardant ces débats je me suis dit à l’époque que si un des deux avait manqué à l’appel, la gauche réelle aurait boité bas. L’union, l’alliance, entre ces deux discours complementaires m’est alors venu naturellement, d’où ma position pour une alliance non enfermante entre les deux partis).

      Mais effectivement quand je parle d’alliances, je ne parle pas forcement de faire un même parti, ni de faire une force politique qui soit structurée à l’identique de partis ayant favorisé la délégation de pouvoir à un point extreme....

      Il nous faut voir autrement et surtout développer des lieux de débat, de démocratie, puissemment democratiques et pas trop intimes, comme celui-ci, pour avancer et amalgamer.

      Mais c’est vrai, c’est très different que de se batre pour des portefeuilles ministeriels, conserver des places dans telle ou telle mairie, et pour celà, se soumettre à des logiques qui , au cours des années, ont vidé d’une grande partie de leur contenu les partis de gauche pour aboutir au naufrages que l’on sait, naufrages payés par les salariés au premier chef.

    • Je crois qu’il faut bien comprendre la situation en Allemagne. Les socialistes et les Verts sont engagés dans une politique néolibérale féroce et bien ancrée à droite. A l’Ouest il n’y a plus de gauche visible. Aux dernières élections dans le NRW où j’habite, le WASG n’a pas décollé, mais a pris sur les 2-3 % du PDS. C’est une situation dramatique, au vu de la terrible politique qui nous est faite et qui nous coûte très cher en présent et en avenir..

      L’autre scénario aurait été l’adhésion d’Oskar Lafontaine au PDS. Mais aujourd’hui la fusion de PDS et du Wasg qui va probablement être décidée dans les semaines à venir est une chance immense.

      Cela n’est pas un virage socal-démocrate du PDS qui a toujours été un Parti organisé en plates-Formes et qui le reste. Cette décision est tout à fait dans la logique du Parti depuis ses débuts. Avoir un mouvement de gauche ici, c’est un imense espoir et aussi une nécessité révolutionnaire.

      Helge

    • Heureux de vous voir toujours au charbon, Étienne. Je confirme les propos de votre amie. C’est un immense espoir, parce qu’en Allemagne de l’Ouest, nous sommes sans défense contre la terribe politiques néolibérale des Socialistes-Verts. Au premier janvier, une série de mesures sont passées qui ont des répercussions dramatiques sur la vie de tous les jours pour une famille peu argentée comme la mienne.

      Il me semble que les médias - ils sont bien entendu hostiles - cherchent le créneau en tentant d’apparaittre "objectifs" c’est une technique d’ici. Par exemple on a souligné de manière fortement orientée fortement que lors du premier Forum Social d’Allemagne, ATTAC avait des sympathies pour le nouveau parti, mais restait "sans parti", en oubliant de dire que beaucoup de membres du PDS et du WAGS étaient militants d’ATTAC. Pour le reste c’est assez discret,mais l’enjeu est immense.

      Helge

    • Les avancées politiques et sociales sont le fruit de luttes, extrèmes et ultra et autres confondus. Mais en aucun cas des "rentiers" libero-socialistes comme le PS français ou la "nouvelle" gauche anglaise (on se demande encore ce qu’il y a de nouveau à revenir à la politique sociale du 19e siècle).

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