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Altermondialisme, individualisme, Besancenot, etc. : le nouveau ContreTemps

mercredi 1er septembre 2004 - Contacter l'auteur - 3 coms

Bonjour,

Ci-joint (sous deux formes : dans la suite de ce message et en doc attaché rtf) une information sur le dernier numéro (septembre 2004) de la revue ContreTemps consacré au thème "Penser radicalement à gauche", qui vient de paraître. Le onzième numéro de cette revue animée par Daniel Bensaïd voit ouvrir son comité de rédaction à de nouvelles personnes. Par ailleurs, ce numéro spécial ouvre une série de débats, dont un sur l’altermondialisme et les rapports mouvements sociaux/partis (avec notamment les contributions de Pierre Khalfa, Michaël Löwy, Samuel Johsua ou Lilian Mathieu) et un autre sur l’individualisme contemporain (avec deux entretiens inédits : l’un avec Olivier Besancenot et l’autre avec le sociologue Robert Castel). Consultez donc ci-joint le sommaire du numéro, le texte rédigé avec Daniel Bensaïd pour l’élargissement de son comité de rédaction, le texte de présentation du numéro, ainsi que des détails techniques sur la revue.

cordialement

Philippe Corcuff, membre du comité de rédaction de ContreTemps


VIENT DE PARAITRE

Revue ContreTemps
N°11, septembre 2004 : Penser radicalement à gauche
Directeur de publication : Daniel Bensaïd
Editions Textuel
184 pages ­ 19 euros


Sommaire du n°11 de ContreTemps, septembre 2004
Penser radicalement à gauche

ContreTemps élargie pour une nouvelle gauche radicale
Par Daniel Bensaïd et Philippe Corcuff

Les radicalités en questions (dossier coordonné par Philippe Corcuff)

Mouvements sociaux et altermondialisme en débat
Sylvain Pattieu : Expériences et pratiques des nouvelles générations altermondialistes
Pierre Khalfa : Le mouvement altermondialiste, nouveau mouvement d’émancipation
Philippe Corcuff : Quelques repères communs pour la galaxie altermondialiste
Michaël Löwy : Négativité et utopie du mouvement altermondialiste
Lilian Mathieu : Notes provisoires sur l’espace des mouvements sociaux ­ Des nouvelles mobilisations à « Nous sommes la gauche »
Samuel Johsua : Le parti est une dentellière - Partis et mouvements sociaux

La gauche radicale, après les élections
Eustache Kouvélakis : Un nouveau cycle politique
Stéphane Rozès : Penser la radicalité de la période

Enjeux de société

- Entretien avec Olivier Besancenot : Ma génération et l’individualisme - La gauche radicale face à de nouveaux défis
- Entretien avec Robert Castel : Le néolibéalisme, l’insécurité sociale et l’avenir d’un individualisme social-démocrate
- Philippe Corcuff : Néocapitalisme et individualisme : en partant du Nouvel esprit du capitalisme et d’Empire
- Stéphane Lavignotte : Nos vies valent plus que la seule critique de leurs profits

Des traditions revisitées
Sophie Wahnich : La Révolution française au pays des trains fantômes
Sandra Laugier : Les voix de l’ordinaire : penser la démocratie radicale à partir de Wittgenstein et Cavell
Philippe Pignarre : Pragmatisme et politique marxiste : fabriquer les questions que nous sommes capables de résoudre
Cédric Colier, Joan Nestor et Laurence Prime : L’impérialisme, maladie chronique du capitalisme ­ Retour critique sur une tradition critique


Présentation du renouvellement de la revue

Daniel Bensaïd
Philippe Corcuff

ContreTemps élargie, pour une nouvelle gauche radicale

ContreTemps est née en mai 2001, « au carrefour des radicalisés » disions-nous.

Une nouvelle gauche radicale commençait à percer la vieille croûte de la (non-)politique dominante du marché, de la technocratie et du cynisme politicien. Le mouvement ouvrier classique reprenait des couleurs depuis les grèves de l’hiver 1995. De nouveaux mouvements sociaux se déployaient (sans-papiers, Droit au logement, mouvements de chômeurs, Act Up, etc.). De Seattle à Porto Alegre, la galaxie altermondialiste défiait, aux quatre coins du globe, les Puissants de ce monde d’argent triomphant et de guerres. Sur le terrain électoral, ce que l’on a coutume d’appeler « l’extrême-gauche » inquiétait une gauche du centre, plus attentive à ses dividendes électoraux qu’à l’avenir de la cité et de la planète.

Un carrefour de radicalités

Se voulant un accompagnement intellectuel à ce processus de radicalisation sociale et politique, ContreTemps s’est présentée dès le départ comme un lieu d’élaborations plurielles et d’échanges sur un quadruple plan :
- une rencontre entre des pensées critiques de cultures et de traditions différentes (notamment entre des marxistes non dogmatiques et des sociologues critiques inspirés du travail de Pierre Bourdieu) ;
- une rencontre entre des courants militants et des recherches universitaires ;
- une rencontre entre des générations formées dans des contextes intellectuels différents ;
- une rencontre avec des travaux étrangers inconnus ou méconnus en France.

En un peu plus de trois ans et dix numéros, ce pari ambitieux a commencé à s’inscrire sur le papier. On y a mis en parallèle Marx et Bourdieu (avec Gérard Mauger, Stéphane Beaud et Michel Pialoux ou Bernard Lahire), les théoriciens critiques de l’heure y ont été discutés et publiés (le sous-commandant Marcos, Michaël Hardt et Antonio Negri, John Holloway, Alex Callinicos, Étienne Balibar, Jean-Marie Vincent, Daniel Colson, François Chesnais, Jean-Marie Harribey, Yves Salesse, etc.), les questions de l’écologie politique, du renouveau de la pensée libertaire ou des menaces de l’extrême-droite ont été défrichées.

Un comité de rédaction ouvert à de nouvelles sensibilités

Ces débats initiés par ContreTemps ont toujours été conçus comme pluralistes du point de vue des positionnements politiques et intellectuels de leurs protagonistes. Toutefois, jusqu’à présent, la revue était principalement animée par des membres de la Ligue Communiste Révolutionnaire, se reconnaissant dans la tradition marxiste (Gilbert Achcar, Christophe Aguiton, Antoine Artous, Daniel Bensaïd, Janette Habel, Michel Husson, Samuel Johsua, Michaël Löwy, Catherine Samary, Josette Trat, Enzo Traverso, etc.) ou dans une filiation sociologique critique (Philippe Corcuff, Claire Le Strat, Lilian Mathieu, Willy Pelletier et Patrick Simon). De nouveaux membres nous ont rejoints en chemin, comme la politiste Sophie Béroud ou l’éditeur Philippe Pignarre. Mais, avec ce onzième numéro, le comité de rédaction s’élargit de manière plus systématique à douze nouvelles personnes (la syndicaliste Hélène Adam, la juriste Véronique Champeil-Desplat, le militant altermondialiste tunisien Sadri Khiari, le spécialiste de Marx Eustache Kouvélakis, la philosophe Sandra Laugier, le journaliste écolo-libertaire Stéphane Lavignotte, les sociologues Alain Maillard et Ivan Sainsaulieu, le chercheur en littérature moderne et contemporaine Philippe Mesnard, les politistes Violaine Roussel et Sabine Rozier, l’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich). Et, trait significatif, la plupart d’entre eux ne militent pas à la LCR ; la majorité ne se reconnaissant d’ailleurs pas dans les outils marxistes. La radicalité politique et intellectuelle incarnée par ContreTemps s’efforcera de s’énoncer de manière plus radicalement pluraliste encore, dans les références intellectuelles prises en compte. C’est dans cette perspective que ce onzième numéro propose d’évaluer les enjeux intellectuels de la nouvelle gauche radicale émergente.

Un contexte passionnant et difficile

La possibilité même d’une nouvelle gauche radicale constitue un pari ardu, d’autant que le contexte s’est quelque peu déplacé. Le mouvement altermondialiste s’est consolidé et élargi. La « pensée unique » néolibérale ne règne plus sans partage, ses évidences se sont effritées, d’autres voix se font entendre. La traduction politique de la radicalité sociale reste pourtant en suspens. En France, « l’extrême-gauche » s’est révélée fragile sur le plan électoral. L’hégémonie sociale-libérale incarnée par le PS connaît une nouvelle embellie dans les urnes, malgré le discrédit que sa politique avait connu il y a encore peu. L’extrême-droite est toujours en embuscade de probables désillusions. Sur le plan international des nuages s’amoncellent. La politique impériale américaine est devenue plus agressive depuis le 11 septembre 2001. Face à elle, des dérèglements ethnicistes et religieux se propagent dangereusement.

La politique se fait au jour le jour, « à vue de présent » écrivait Maurice Merleau-Ponty dans Les aventures de la dialectique (1955), au travers de contradictions, face à des circonstances, que nous n’avons pas voulues. Il n’est pas question pour ContreTemps de se détacher de cet ancrage concret et vivant de la politique pour se réfugier dans « le ciel pur des idées », comme tendent à nous y engager les logiques académiques ou des politiques de l’absolu incapables d’affronter les relativités du temps. Mais demeure l’exigence, proprement intellectuelle, de refonder une boussole pour nous aider à nous orienter sur les mers houleuses des luttes sociales et politiques. L’agitation électoraliste de la gauche officielle, les yeux rivés sur les sondages et le médiocre court terme des « luttes des places », se révèle inapte à prendre en charge cette exigence de moyen terme. Et pourtant ! Les barbaries staliniennes ont marqué définitivement leur impasse avec la chute du mur de Berlin en 1989. La social-démocratie européenne s’est enlisée dans le social-libéralisme, en participant au démontage de l’État social qu’elle avait souvent géré dans l’après Seconde Guerre mondiale. L’écologie politique, dotée de potentialités alternatives, a du mal à émerger comme nouvelle force émancipatrice, dans la priorité accordée aux arrangements politiciens par rapport à l’élaboration d’un projet de société.

L’enjeu est bien, cependant, la renaissance d’une politique d’émancipation pour le XXIe siècle. On peut considérer que « le socialisme », débarrassé de ses multiples scories totalitaires et platement gestionnaires, constitue encore l’horizon d’une telle émancipation. Ou on peut faire l’hypothèse qu’un éventuel avenir émancipé sera nécessairement « post-socialiste », dans les réponses données à de nouveaux défis. Cela participe de notre débat, pluraliste et contradictoire. Mais une boussole renouvelée pour la gauche radicale, au carrefour des marxismes hétérodoxes, des sciences sociales critiques, des nouvelles interrogations philosophiques et d’une inspiration libertaire, doit s’adosser à cet enjeu de civilisation.

Un pluralisme sans confusion

Qui dit pluralisme ne dit pas obligatoirement confusion et éclectisme. Dans l’espace de ceux qui se réclament de la gauche radicale, ContreTemps occupe une position singulière. L’exigence radicale de prendre les choses « à la racine » comme notre connexion aux luttes politiques concrètes nous conduisent à refuser certaines des voies aujourd’hui pratiquées :
- nous nous défions de l’humeur « anarcho-syndicaliste » active dans les mouvements sociaux ­ pour des raisons fort compréhensibles de désenchantements successifs vis-à-vis des forces politiques traditionnelles ­, car elle fait l’impasse sur le rôle des partis comme sur le rapport à l’État, dans une logique trop exclusive d’« anti-pouvoir » ou de « contre-pouvoir » ;
- nous ne pensons pas que le rattachement de l’esquisse de gauche radicale à une ex(ou future)-« gauche plurielle », toujours sous hégémonie sociale-libérale, puisse être autre chose qu’un supplément d’âme pour la seconde et un baiser mortel pour la première.

Mais nous voulons continuer à dialoguer avec ces différents points de vue, car personne ne possède les clefs d’un avenir autre et parce que le débat rationnellement argumenté demeure le meilleur moyen d’opérer des démarcations provisoires entre courants intellectuels et politiques, dans la tradition d’un rationalisme critique.

Il est urgent de changer radicalement la société.

Il est urgent de redéfinir les cadres intellectuels et politiques de la gauche du XXIe siècle.

Il est urgent d’apprendre la patience.
À contretemps.


Présentation du dossier

Philippe Corcuff

Les radicalités en questions

Les radicalités sociales, intellectuelles et politiques se sont réveillées en France et dans le monde au cours des années 1990. La galaxie altermondialiste en est l’expression tâtonnante, fragile, multiforme et exubérante. À travers ces résistances et ces nouvelles graines d’utopie se cherche peut-être un nouveau type de radicalité. Une radicalité qui aurait définitivement rompu avec les totalitarismes du XXe siècle comme avec les vaines postures gauchistes pour se coltiner pragmatiquement la transformation du monde, en étant conscient des faiblesses de l’action humaine. Cette radicalité, en germe dans le mouvement altermondialiste, n’a pas grand-chose à voir, dans sa diversité même, avec la caricature que peut en faire un Alain Finkielkraut, qui l’associe nécessairement au manichéisme, au simplisme et à la violence arbitraire(1). Notre radicalité est plutôt du côté de la complication du monde et de la fragilité des humains en lutte contre les oppressions qui tendent à les écraser. Être radical, pour Marx, c’était étymologiquement « saisir les choses à la racine »(2). Or, il y a plusieurs racines emmêlées dans les dynamiques sociales et historiques des relations humaines. D’où le souci de la complication, contre les rhétoriques simplificatrices empruntant, par exemple, les voies intellectuellement pauvres du « complot » (du type « les deux cent familles », « c’est la faute aux médias », etc.).

Sur la voie de la complication, nous nous sommes d’abord intéressés à la radicalité sociale, telle qu’elle s’exprime dans l’altermondialisme et plus largement les mouvements sociaux actuels. Dans cette partie intitulée « Mouvements sociaux et altermondialisme en débat », des points de vue divers sont confrontés (ceux de Sylvain Pattieu, Pierre Khalfa, Philippe Corcuff et Michaël Löwy). Le questionnement débouche sur le difficile problème des rapports entre les mouvements sociaux et les partis politiques, avec les textes de Lilian Mathieu et de Samuel Johsua.
Des partis politiques nous passons à la sphère électorale dans la seconde partie consacrée à « La gauche radicale, après les élections ». Deux lectures critiques des résultats décevants des listes LCR-LO lors des dernières élections régionales sont proposées par Eustache Kouvélakis et Stéphane Rozès, tous deux extérieurs à ces organisations. Nos deux critiques tentent une mise en perspective historique des spécificités de la conjoncture politique.

Mais une politique radicalement autre ne pourrait avoir de sens si elle n’était pas branchée sur des « Enjeux de société », selon le titre de la troisième partie du dossier. La « question individualiste » et l’écologie politique se présentent comme deux défis majeurs. Dans un entretien, Olivier Besancenot s’exprime sur les problèmes de l’individualisme à travers un point de vue générationnel. Il se risque à une réflexion plus personnelle que ne lui permet pas habituellement son rôle de porte-parole de la LCR. Ensuite, un entretien avec le sociologue Robert Castel nous introduit aux dégâts sociaux du néolibéralisme comme aux rapports complexes entre État social et individualisme, en dessinant la possibilité d’un individualisme social-démocrate. Ce qui est alors en débat avec Castel, c’est le degré de « réformisme » ou de « radicalité » d’un tel projet politique. Puis, Philippe Corcuff s’intéresse aux rapports entre individualisme et néocapitalisme, en partant du Nouvel esprit du capitalisme (de Luc Boltanski et Eve Chiapello) et d’Empire (de Michael Hardt et Antonio Negri). Enfin, Stéphane Lavignotte pointe les questions proprement civilisationnelles portées par l’écologie politique.

Pour conclure ce dossier, on a voulu montrer comment des radicalités nouvelles ne peuvent pas être créées ex nihilo, mais sont amenées à puiser dans des traditions intellectuelles et politiques souvent oubliées. D’où une quatrième partie centrée sur « Des traditions revisitées ». Sophie Wahnich, pour la Révolution française ; Sandra Laugier, pour un fil démocratique américain qui va de Thoreau et Emerson à Wittgenstein et Cavell ; Philippe Pignarre, pour la philosophie pragmatiste de l’Américain John Dewey ; et Cédric Colier, Joan Nestor et Laurence Prime, pour le corpus des critiques de l’impérialisme, se sont efforcés de les relire à la lumière de notre présent.

Ce dossier livre seulement des pistes, partielles, provisoires, plurielles, controversées et controversables, afin de penser radicalement à gauche. Le vide politico-intellectuel généré par l’électoralisme de la gauche social-libérale, les langues de bois d’organisations, les simplismes gauchistes de ceux qui font perdurer des petites boutiques de dénonciation ou les dogmatismes paresseux n’ont guère de place dans cette perspective. Nous nous situons pleinement dans la tradition du rationalisme critique supposant la mise en débat d’arguments contradictoires, pas de formules de marketing électoral, ni d’insultes diabolisantes. D’autres numéros de ContreTemps seront amenés à prolonger cette inspiration.

Notes :

(1) Voir Alain Finkielkraut et Peter Sloterdijk, Les battements du monde ­ Dialogue, Paris, Pauvert, 2003.

(2) Dans Karl Marx, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel (1e éd. : 1844), trad. franç. dans Œuvres III, éd. établie par Maximilien Rubel, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1982, p.390.


ContreTemps Revue fondée en mai 2001

Directeur de publication : Daniel Bensaïd

Comité de rédaction :

Gilbert Achcar, Hélène Adam, Christophe Aguiton, Antoine Artous, Daniel Bensaïd, Sophie Béroud, Sebastian Budgen, Véronique Champeil-Desplat, Sébastien Chauvin, Karine Clément, Philippe Corcuff, Léon Crémieux, Jacques Fortin, Janette Habel, Michel Husson, Bruno Jetin, Samuel Johsua, Razmig Keucheyan, Sadri Khiari, Eustache Kouvélakis, Thierry Labica, Sandra Laugier, Stéphane Lavignotte, Ivan Lemaître, Claire Le Strat, Michaël Löwy, Alain Maillard, Lilian Mathieu, Philippe Mesnard, Braulio Moro, Sylvain Pattieu, Willy Pelletier, Philippe Pignarre, Isabelle Richet, Violaine Roussel, Michel Rovère, Sabine Rozier, Ivan Sainsaulieu, Catherine Samary, Patrick Simon, Francis Sitel, Josette Trat, Enzo Traverso, Emmanuel Valat, Sophie Wahnich.

Textuel : 48, rue Vivienne 75002 Paris ­ Tél. : 01-53-00-40-40 ­ Fax : 01-53-00-40-50 ­ Email : editionstextuel@wanadoo.fr


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