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Anti-terrorisme, outil démocratique efficace de répression de toute résistance non homologuée par l’Etat

Publie le mercredi 26 novembre 2008 par Open-Publishing
3 commentaires

Anti-terrorisme, outil démocratique efficace de répression de toute résistance non homologuée par l’Etat ?

C’est à un grand cirque que nous assistons depuis quelques mois. Il y avait déjà eu au cours de l’année quelques articles et déclarations suite à des arrestations. Le pouvoir avait alors commencé à agiter le pompon d’une mouvance qui n’existait que sur les rapports de la DCRI la mouvance "anarcho-autonome", pourtant liant deux idéologies politiques ("anarchistes" et "autonomes") bien différentes. Mais le Ministère de l’Intérieur savait déjà très bien que les journalistes, soit ne comprenant rien à l’histoire ou fidèles retranscripteurs de rapports de la police (une motion spéciale au Figaro qui se surpasse de plus en plus tous les jours), allaient suivre comme une nuée de charognards.

Un coup magistral de l’outil anti-terroriste a donc eu lieu ce 11 novembre avec une participation massive de l’industrie des médias. Une revue de presse assez détaillée est fournie en attaché joint à la fin de l’article. Un outil qui permet d’outrepasser tous les droits juridiques fondamentaux et d’exercer une politique de l’Etat d’exception sur un groupe, des communautés, des quartiers préalablement soupçonnés d’être criminogènes.

L’anti-terrorisme ne vient pas du 11 septembre, cet événement l’a fortement propulsé sur le devant de la scène. Cet outil provient notamment du concept de prévention situationnelle (concept mettant en avant un droit à la sécurité, formulant la possibilité de prévenir les actes délinquants en isolant, stigmatisant des populations jugées criminogènes : jeunes de banlieue, militants non homologués, appartenances culturelles ...) La criminologie et la victomologie en sont des outils.

Ce droit à la sécurité éclipse alors la casse continue des droits sociaux fondamentaux et touche donc aux libertés individuelles tout en faisant accepter de les perdre. Ce concept est ainsi appliqué vis à vis d’un ennemi intérieur impalpable servant juste d’épouvantail pour rogner sur les acquis existants (droit à la présomption d’innocence, obligation de fournir son ADN et ses données personnelles vitales etc ...) Il a été appliqué depuis de nombreuses années pour fournir des arguments à une politique de la ville basée sur une gestion sécuritaire des quartiers populaires et des centres-villes qui date au moins depuis la transition démocrate de 1981. (vidéo-surveillance, puçage RFID, politiques de prévention de la délinquance ...)

Pour finir, on ne peut que déplorer la réaction du porte-parole de la LCR déclarant les actes de sabotage ne sont pas et ne seront jamais ceux de la LCR. Car oui, le sabotage a toujours fait partie de la lutte et le restera, il fait partie intégrante d’un rapport de force politique. (voir qui met en ligne un recueil du guide du sabotage publié par la CIA) que l’on trouve dans des magasins comme la fnac.

http://infokiosques.net

La LCR en publiant de tels propos fait alors partie intégrante du processus répressif en aidant le pouvoir à marquer une différence entre la gauche homologuée (acceptant la confrontation démocratique dixit Michelle Alliot-Marie et la gauche non fréquentable et criminogène)

Rouen, Nancy, Toulouse : Rassemblement de Solidarité avec le comité de Tarnac(les inculpés du 11 novembre) et tous les autres

Toulouse : Rassemblement le samedi 29/11 à 14 heures en solidarité avec le comité de soutien de Tarnac et pour leurs Libération
Petit recueil des réactions la mascarade d’Etat :

RESISTANCE POPULAIRE !

RASSEMBLEMENT EN SOLIDARITE AVEC LE COMITE DE SOUTIEN DE TARNAC POUR LA LIBERATION DES JEUNES DE CE VILLAGE

SAMEDI 29 NOVEMBRE 14 Heures

DEVANT LE MONUMENT DE LA RESISTANCE Allées Frédéric Mistral , TOULOUSE

Messages

  • J’écris à titre personnel mais je pense que nous beaucoup de militants lcr seront d’accord avec moi. Quel procès ce texte nous fait-il ? Depuis des années la LCR, notamment par la voix de sont porte-parole, dénonce l’aggravation constante de la répression contre les mouvements sociaux. Les militants de la LCR sont dans leur écrasante majorité en accord avec le diagnostique qui est fait dans cet article sur la répression et nous continuerons à la dénoncer au sein du NPA. La LCR a clairement pointé du doigts les principaux saboteurs du service publique " Les cheminots et les usagers ont déjà assez à faire avec les saboteurs venus de la direction de la SNCF, du gouvernement et de l’Union européenne qui font reculer le service public ferroviaire" PARIS, 11 nov 2008 (AFP). D’autre part il n’est pas tolérable que l’on assimile des individus qui endommagent des caténaire à des terroristes, en les livrant à la vindicte médiatique. Il s’agit d’une énième tentative de criminalisation des mouvement sociaux. Solidarité total sur ce point avec les 9 de Tarnac, dont au passage, la fameuse "présomption d’innocence" est foulé au pieds. J’espère que les camarades seront nombreux ce 29 novembre à Toulouse. Mais qu’on ne viennent pas nous demander de cautionner des actions isolées et vaines. Ce que nous souhaitons c’est que la SNCF, l’outil de travail appartienne aux travailleurs pour le service du plus grand nombre. Hors de question donc de le détruire. Nous continuerons à affirmer que c’est l’action du plus grand nombre qui permettra de s’approprier les principaux outils de production. A lire ce texte les militants de la LCR ont remplacé les CRS et milite pour un durcissement des lois répressive etc. Logique puisque nous faisons "partie intégrante du processus répressif." Rien que ça ! Ce type d’accusation, ce n’est pas la première fois qu’on les entend. Elles ressemblent à celles prononcés par des gars qui par exemple n’ont pas hésité le 5 avril dernier à Paris lors d’une manifestation de sans-papier à chercher la bagarre avec le cortège LCR. Et ce à quelques dizaines de mètres des CRS, au risque de voir des sans-pap se faire embarquer par la flicaille. Belle leçon d’activisme politique ! Nous ne nous laisserons pas dicter nos mode d’action par qui que ce soit. Le sabotage est un mode d’action qui ne justifie pas en tout lieu et à tout moment. Ce qui était valable sous l’occupation, ne l’est pas forcement aujourd’hui. Il en sera peut-être autrement demain, ou dans d’autres circonstances. Pour l’instant la priorité nous semble de préserver la SNCF en bon état de fonctionnement pour le bénéfice des travailleurs.