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Dire "NON" au traité constitutionnel, pour construire l’EUROPE !

mercredi 13 octobre 2004 - Contacter l'auteur - 11 coms

Face à la mondialisation libérale et aux firmes transnationales, nous avons
besoin d’Europe. Mais celle qui se fait aujourd’hui n’est pas l’Europe dont
nous avons besoin.

L’Europe qu’on nous demande d’avaliser est totalement organisée autour d’un
principe unique : le marché, la généralisation de la concurrence. C’est cela
qui autorise l’attaque contre les services publics, l’incitation à
l’allongement de la durée du travail et sa flexibilisation, l’encouragement
à la régression sociale dans chacun des pays de l’Union européenne. Cette
Europe-là est menée par le haut, par des négociations opaques entre les
gouvernements et par des instances qui ne sont pas soumises au contrôle
démocratique, telles la Commission ou la Banque centrale européenne.

Les peuples ne se reconnaissent pas dans cette pseudo-Europe qui a le marché
pour idole et la négociation secrète pour liturgie. Il est urgent de sortir
de cet engrenage.

Le " traité constitutionnel " adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement
le 18 juin 2004 constitue l’ensemble juridique libéral le plus complet et
contraignant de la planète. Il grave dans le marbre les dogmes et les
politiques inscrites dans le Traité de Rome aggravé dans un sens néo-libéral
par les traités ultérieurs. Il ouvre la voie à une politique militariste
subordonnée à l’OTAN. Il refuse l’égalité des droits à ceux qui résident en
Europe sans posséder la nationalité d’un Etat membre et les désigne au
harcèlement administratif et policier. Il remet en cause le principe de
laïcité auquel nous tenons. Enfin, il laisse les citoyens à l’écart des
lieux de décision.

Il n’est d’ailleurs une constitution ni par son mode d’adoption, ni par son
mode d’élaboration, ni par son contenu. S’il est ratifié, l’unanimité des 25
Etats membres sera ensuite requise pour le modifier. Cela, alors même qu’il
fixe dans le détail des choix politiques, économiques et sociaux essentiels
qui ne pourront donc plus être remis en cause. Ce vice anti-démocratique
affecte déjà les traités actuels ; il est incorporé avec eux.

Cette masse de stipulations précises et contraignantes va toujours dans le
même sens : la domination du marché, la liberté d’action des capitaux et des
firmes transnationales. Au fronton de cet édifice est inscrit un principe
primordial, décrété intangible : " le principe d’une économie de marché
ouverte où la concurrence est libre et non faussée ".

Cette Europe-là n’est pas la nôtre.

C’est pourquoi il est urgent de donner à l’Europe de nouvelles fondations
qui l’émancipent du capitalisme financier, prédateur et belliciste, qui la
réconcilient avec le progrès social, la démocratie, un développement
soutenable, la coopération entre les peuples, qui portent la paix sur une
planète déchirée par les guerres.

Nous sommes des partisans résolus d’une Europe du droit pour toutes et tous
à l’emploi, mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation du
cadre de vie. Une Europe qui renforce les garanties sociales, met en oeuvre
un développement économique compatible avec les équilibres écologiques,
défend la diversité culturelle, respecte la laïcité et veille à la stricte
application de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Nous voulons une Europe démocratique, fondée sur la pleine citoyenneté de
tous ses résidents. Nous proposons une Europe dont les peuples seront les
acteurs d’un authentique processus constituant, qui leur permette de décider
vraiment des choix politiques et de contrôler leur mise en oeuvre.

Pour que cette Europe si nécessaire devienne possible, il faut partout
donner la parole aux citoyens et refuser cette prétendue " constitution "
européenne.

Nous entendons l’argument de celles et ceux qui combattent avec nous le
néo-libéralisme et craignent pourtant qu’un tel refus serve les forces
réactionnaires. Mais laisser l’Europe actuelle continuer sur sa lancée
favorise l’essor dangereux des populismes réactionnaires, des droites "
souverainistes ", de l’extrême-droite xénophobe. Cette Europe-là représente
une grande menace pour l’idée européenne elle-même.

C’est pourquoi nous appelons à opposer un " non " majoritaire au " traité
constitutionnel ". Un " non " de gauche, en rupture avec le système libéral,
qui puisse traduire dans les urnes ce que les mobilisations sociales et
altermondialistes de ces dernières ont exprimé avec le soutien de la
majorité de la population, des salariés, de la jeunesse.

Sur ces bases, nous créons un collectif d’initiative et appelons à ce que
des rassemblements similaires se constituent dans toutes les villes et dans
tous les secteurs de la société.

Signatures à retourner à : willypelletier@yahoo.fr

Mots clés : Europe / Jean-Marie ROBERT / TCE - (EUROPE) /

Messages

  • Je voterai non, naturellement.
    Mais je note que le texte de JM Robert ne dépasse guère le stade des bons sentiments :

    Si mondialisation il y a, c’est d’une mondialisation du capital dont il s’agit. Parler de mondialisation "libérale" ne permet pas d’identifier clairement ce qui est à l’oeuvre.

    "Nous avons besoin de l’Europe" nous dit JMR...Ce type de banalités ressassées à l’infini devient franchement pénible. Là encore, il y a cloisonnement de la pensée . Quelle Europe ? Celle dans laquelle Blair et Aznar envoient des troupes en Iraq contre l’avis de leur population ? Celle de Berlusconi qui crétinise son peuple ? Celle de Schröder et Blair qui pratiquent des politiques plus à droite que la Cdu et les conservateurs ? Celle de Chirac-Raffarin en train de détruire les services publics de France ? L’Union européenne est faite par ce type d’individus depuis 5 décennies, la "constitution" n’en est que l’avatar ultime.

    Ce que JMR appelle l’"Europe" n’est qu’un ensemble de pays très artificiellement rassemblés. S’interroge-t-on sur les raisons qui font qu’Andorre, Saint Marin, le Liechstenstein n’en font pas partie ?
    Comprend-on pleinement le rôle collaborationniste qu’y joue la confédération "européenne" des syndicats ?
    Mesure-t-on l’orientation idéologique d’Eurostat ?
    Gobe-t-on la propagande payée par le contribuable (France Europe Express) ?
    Ignore-t-on que l’acception française de laïcité -déjà bafouée dans notre pays- est condamnée par cette Europe-là ?
    Borne-t-on sa compréhension des mécanismes économiques et sociaux à ce que l’on croit connaître le mieux ? Puisque l’on parle de "mondialisation", ayons donc une analyse globale, et exigeons que les droits humains soient élargis à l’ensemble de la planète. Ce n’est pas en consolidant le bastion du capital qu’est l’Ue que l’on se donnera des perspectives pour atteindre ces objectifs !

    Disons "Non au traité".
    Disons surtout : "Destruction de l’Union européenne".

  • Mon Dieu, Seigneur, Jésus !!!

    En plus, je viens d’écrire un commentaire où je conseillais au Vatican de devenir musulman s’il veut dominer le peuple, parce que cela paraît plus simple avec cette religion-là, et maintenant je ne trouve pas d’autre exclamations que celles-ci.

    Enfin, tout cela pour dire que je suis choquée de lire qu’on va voter oui à la constitution sur le site de Bellaciao. Il faut écouter Anne-Cécile Robert sur l’émission Des sous et des hommes de Pascale Fourier ou lire le flash de septembre de la Fondation Copernic, ou aller sur le site de l’URFIG pour s’informer. On vote "non" si on ne veut pas être esclave du libéralisme, du capitalisme, de l’impérialisme de l’OMC, si on ne veut pas signer pour une constitution dont on ne peut rien changer sans l’unanimité. Rien que cette seule question me suffit à la rejeter, mais je sais que j’en ai plein d’autres.

    Si un beau jour, nous avions un autre président qui décide de se lancer dans une économie sociale, de soutenir ceci ou cela de social, et qu’il trouve encore cinq ou six états pour le soutenir, il en trouvera toujours un pour dire non et la décadence libérale continuera de plus belle. Et si on vote "non" ce ne sera aucun problème pour la France, on continuerai à vivre comme maintenant et ceux qui l’ont préparée n’ont qu’à refaire leur travail en intégrant la société civile. On peut la réécrire, on peut leur faire une proposition, si on veut, comme d’habitude, si on veut se fatiguer pour le faire.

    Je me demande parfois s’ils veulent tous qu’on s’entretuent, avec les armes françaises bien sûr, ou qu’on se suicident pour accélérer la fabrication productiviste des cercueils. Vous voulez leur faire ce plaisir ?

    Sonia J. FATH

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