Archives : IT | EN | ES

Les articles depuis 2022

ITALIE 25 juillet 1943 : la chute de Mussolini

samedi 26 juillet 2003 - Contacter l'auteur



Mussolini et la naissance du mouvement fasciste

En 1919, Benito Mussolini, préoccupé par le chaos économique
dans lequel s’enfonce l’Italie, fonde les Faisceaux de combat
et le mouvement fasciste en s’appuyant sur ses amitiés nouées
dans l’armée. Les squadristi, groupes paramilitaires issus
des Faisceaux, pourchassent bientôt illégalement, mais en
toute impunité, grévistes, syndicalistes, socialistes et
démocrates, que Mussolini
rend responsables de la situation de son pays. Soutenu à la
fois par quelques grands industriels, par les classes moyennes
confrontées à la multiplication des désordres et par la grande
masse des chômeurs, il est élu, en 1921, député, en même
temps que 31 de ses proches. En novembre 1921, il crée le
Parti national fasciste et, en août 1922, les squadristi
brisent une grève générale. Mussolini entame alors une « marche
sur Rome » avec ses partisans. Le 29 octobre 1922, le roi
le nomme Premier ministre.

Mussolini et l’exercice du pouvoir

Profitant
de sa popularité et s’appuyant sur des qualités oratoires
certaines, Mussolini parvient un mois plus tard à se faire
accorder les pleins pouvoirs par la Chambre (25 novembre
1922). En 1924, l’assassinat du leader socialiste Matteotti
prélude à l’instauration d’une dictature (1925).

Reprenant dans une tonalité nouvelle le nom de Duce, (le « chef »),
qui lui avait été donné dans les années 1911-1914 par ses
camarades dans l’action anticolonialiste et antimilitariste,
il met alors en œuvre un programme politique fondé sur sa
doctrine antilibérale, antidémocratique et antisocialiste,
en instaurant en Italie un État totalitaire et corporatiste.
Il réconcilie ensuite l’Italie avec le Saint-Siège en signant
les accords du Latran (1929). Ambitionnant de donner à l’Italie
un vaste empire colonial sur le modèle de la Rome antique,
il lance ses troupes à la conquête de l’Éthiopie (1935-1936).
D’abord condescendant à l’égard de Hitler, hostile à l’annexion
de l’Autriche par l’Allemagne (il masse des troupes sur le
Brenner en 1934 après l’assassinat du chancelier Dollfuss),
il se rapproche du Führer, lorsque la Grande-Bretagne et
la France condamnent ses annexions africaines. Il apporte
son soutien aux troupes franquistes pendant la guerre civile
en Espagne (1936-1939).

En 1936, Mussolini lie le destin de l’Italie fasciste à celui
de l’Allemagne nazie, par le traité de Berlin connu sous
le nom d’Axe Rome-Berlin (15 octobre 1936), dont l’objet
est la lutte contre le bolchevisme.



La chute de Mussolini

Malgré les réticences de son entourage, il l’entrée dans
la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne, Mussolini
attaque et occupe l’Albanie en 1939, déclare la guerre à la
France en juin 1940, mais, dès 1941, commence à essuyer une
série de revers militaires sur tous les fronts, dont celui
de Libye, colonie italienne depuis 1912, et surtout dans
sa campagne contre la Grèce, et Hitler doit venir à sa rescousse.
La succession d’échecs que connaissent les armées italiennes
entame sérieusement le prestige du Duce, qui passe de plus
en plus pour un simple auxiliaire de Hitler. Ainsi, le 25
juillet 1943, le Grand Conseil fasciste le destitue afin
d’entamer des négociations de paix avec les Alliés. Emprisonné au
Gran Sasso, Benito Mussolini est libéré par un commando de
parachutistes allemands dirigés par Otto Skorzeng. Il
fonde en septembre 1943 l’éphémère République sociale italienne,
dont la capitale est à Salo, sur le lac de Garde. Il fait
alors exécuter les chefs fascistes qui l’ont renversé (dont
son gendre, le comte Ciano). En avril 1945, au cours d’une
tentative de passage en Suisse, il est capturé par des partisans
avec sa maîtresse Clara Petacci : exécutés le 28 avril, leurs
cadavres seront exhibés sur une place de Milan.

Quelques mouvements politiques se sont réclamés du fascisme,
en Europe, après la prise du pouvoir par Mussolini, notamment
en Espagne la Phalange de Primo de Rivera, en Belgique les
rexistes de Léon Degrelle, et en France certaines ligues
patriotiques.

Roberto F.
26.07.2003
Collectif Bellaciao

Mots clés : Dazibao / Gouvernements / Histoire / Italie /
Derniers articles sur Bellaciao :