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Israël : le bon droit

lundi 10 juillet 2006 - Contacter l'auteur - 11 coms

de Bernard Lallement

Le propre d’un militaire est de faire la guerre. De cette évidence découle plusieurs conséquences dont celle d’en assumer tous les risques, y compris celui d’y perdre la vie.

Telle est la dure loi des armes qui semble, au Moyen Orient, rencontrer une valeur relative. Le caporal de Tsahal, Gilad Shalit, a été capturé par des palestiniens qui exigent son échange contre les prisonniers détenus par Israël.

En représailles, ce dernier a procédé à l’arrestation de ministres et députés du Hamas présents en Cisjordanie, détruit des infrastructures civiles, dont une centrale électrique, procède à des vols supersoniques à basse altitude afin de terroriser les populations et, dans ses actions ciblées, a fait plus de trente morts civils dont plusieurs enfants.

Une riposte baptisée du nom très poétique de Pluie d’été !

Le but avoué est de récupérer son soldat. L’ampleur des moyens mis en œuvre laisse à penser qu’il s’agit, plutôt, d’effrayer les occupants de la bande de Gaza, et au-delà les civils de Palestine, afin qu’ils renient et dénoncent le gouvernement du Hamas. Au final, l’expérience nous enseigne que le résultat obtenu est toujours inverse. Depuis le temps que dure le conflit, les dirigeants israéliens ne peuvent pas l’ignorer.

En la circonstance, on fait payer par tout un peuple des actes ressortissant de la responsabilité de quelques uns. Attitude en infraction avec le droit des gens sauf à considérer que, pour l’Etat hébreu, les quelques un million et demi de palestiniens, enfants compris, sont tous des activistes patentés.

« Nous ferons tout, je dis bien tout, pour libérer le soldat. Je le répète : personne ne sera épargné » a soutenu Ehoud Olmert,

Dans sa revendication récurrente à s’auto défendre, la doctrine d’Israël amène à se poser deux questions : Comme pour tout pays démocratique, doit-il être assujetti au droit international ? La nation israélienne a-t-elle les moyens de vivre, politiquement et économiquement, dans la paix ?

Aujourd’hui, force est de devoir répondre par la négative.

http://sartre.blogspirit.com

Mots clés : Bernard Lallement / Dazibao / Guerres-Conflits / Proche & Moyen Orient /

Messages

  • Quoi dire ! Le visage de la guerre quelque soit le nom des belligérants n’est pas beau à voir. Si un dieu existe (pacifiste) alors qu’il ait pitié des hommes. Mais p’tain, existe-t-il dans le règne animal, des animaux qui détruisent leur propre espèce ? J’en vois pas, à part peut-être la mante-religieuse !

  • Qui a commencé ?

    Gidéon Lévy

    (...)Que se passerait-il si les Palestiniens ne lançaient pas de roquettes Qassam ? Israël lèverait-il alors le boycott économique imposé à Gaza ? Ouvrirait sa frontière au travail palestinien ? Libérerait des prisonniers ? Rencontrerait la direction élue et mènerait des négociations avec elle ? Encouragerait les investissements à Gaza ? Balivernes. Si les habitants de Gaza restaient tranquilles, comme Israël l’attend d’eux, la question disparaîtrait de l’ordre du jour, chez nous et dans le monde. Israël continuerait la ‘convergence’ destinée exclusivement à servir ses objectifs tout en ignorant les besoins des Palestiniens. Personne ne prêterait attention au sort des habitants de Gaza s’ils ne recouraient pas à la violence. C’est une vérité terriblement amère, mais les 20 premières années de l’occupation ont passé pour nous dans le calme, et nous n’avons pas bougé le petit doigt pour mettre un terme à cette occupation. Au lieu de ça, profitant du calme, nous avons élaboré l’énorme et criminelle entreprise des colonies. Et nous poussons maintenant, une fois encore, les Palestiniens à recourir à la pauvre arme dont ils disposent et à laquelle nous répondons en mettant en œuvre presque tout le formidable arsenal en notre possession, tout en continuant à clamer : ce sont eux qui ont commencé.

    C’est nous qui avons commencé. Nous qui avons commencé avec l’occupation. C’est à nous qu’incombe d’y mettre un terme, un terme à la fois véritable et absolu. Pour la violence, c’est nous aussi qui avons commencé : il n’y a pas pire violence que la violence d’une occupation s’imposant par la force à tout un peuple et la question de savoir qui a tiré le premier est par conséquent une dérobade destinée à distordre le tableau. Après Oslo également, il s’en est trouvé pour déclarer « nous sommes sortis des Territoires », dans un mélange comparable d’aveuglement et de mensonge.
    (...)
    Ha’aretz, 9 juillet 2006 - http://www.haaretz.co.il/hasite/pag...
    Traduction de l’hébreu : Michel Ghys

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