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L’Italie de Berlusconi, meilleure élève que la France

lundi 22 septembre 2003 - Contacter l'auteur - 1 com

Mardi 16 septembre 2003 (LE MONDE)

Dans l’hebdomadaire "Panorama", le sociologue Alain Touraine jette un pavé
dans la mare : "La France est en pleine crise", le PS aussi, alors que
"l’Italie a de l’avance sur la France".
Un modèle pour la France que l’Italie de Berlusconi ? C’est ce que pense en
tout cas Alain Touraine. Pour le sociologue français, "la France traverse
une période de déclin", alors que, explique-t-il dans un entretien à
l’hebdomadaire transalpin Panorama, "on peut être optimiste pour l’Italie".
Certes, les Italiens viennent d’apprendre, par les chiffres de l’Institut
national de la statistique (Istat), qu’ils sont depuis six mois en récession
économique. De plus, leur compatriote, le commissaire européen Mario Monti,
vient de leur révéler que la compétitivité de leur pays "décline, y compris
face à ses partenaires européens".

Mais ils peuvent se consoler à la lecture du diagnostic que livre
l’intellectuel français dans le magazine du groupe Fininvest, la holding
appartenant au chef du gouvernement italien et à sa famille. Le directeur de
l’Ecole des hautes études en sciences sociales, 78 ans, y dresse un tableau
très noir de la situation de son pays : "La France est en pleine crise. Le
système hospitalier, autrefois excellent, part en morceaux. Les gens ne
croient plus à rien. Le déficit augmente dans des proportions démesurées. Il
y a un climat d’impuissance de l’Etat qui fait penser à la vieille image
stéréotypée de l’Italie en perpétuelle difficulté."

Crise de l’Etat, crise économique, crise sociale, crise politique, crise de
confiance. La France n’échappe à rien : "Seule l’opposition arrive à
surpasser le gouvernement en matière d’inefficacité." Cet intellectuel, qui
fut proche du Parti socialiste, ne reconnaît plus le PS, où milite sa fille,
Marisol, ancienne collaboratrice de Michel Rocard, puis de Lionel Jospin à
Matignon : "Les socialistes n’ont pas de programme, ils n’ont pas de chef,
et je commence à me demander s’ils ont vraiment un parti." Ils ne pensent
qu’à une chose, "se préparer pour les élections de 2007, comme si les trois
ou quatre prochaines années étaient une ennuyeuse formalité, à expédier sans
trop s’engager étant donné que le pouvoir est en d’autres mains". L’Italie
obtient là son premier bon point : "Je pense que l’opposition italienne a
beaucoup plus de maturité que la française."

Mais la France a un autre handicap : le trop d’Etat. Alain Touraine prend
l’exemple des décès de personnes âgées pendant la canicule. "La France était
fière de son appareil public, qui a été dépassé par la situation." En Italie - où il y a eu tout de même près de 4 500 morts supplémentaires en août -
"se seraient déclenchés ces mécanismes - la famille et les liens sociaux -
qui n’ont pas été balayés par la confiance en un Etat omnipotent".
"BOUCHER DES TROUS"

Autre exemple d’une société pragmatique qui "s’est habituée à dépendre de
manière réduite de l’Etat" : l’immigration dans le nord-est du pays,
principal berceau de la Ligue du Nord, parti populiste et xénophobe
d’Umberto Bossi. "Tandis que l’on parle contre l’immigration, la société
réelle accueille mieux qu’ailleurs les immigrés dont elle a besoin pour
faire tourner son économie."

Sur le dialogue social aussi, assure Alain Touraine, "l’Italie a de l’avance
sur la France", où "ce sont les catégories les plus protégées, et parfois
surprotégées, qui protestent le plus". Il insiste particulièrement sur le
cas des intermittents du spectacle. Enfin, en matière de politique
budgétaire, il ne souscrit pas au dogme des 3 % de déficit imposé par la
Commission européenne, mais il n’accorde pas pour autant un satisfecit au
gouvernement de Jean-Pierre Raffarin : "L’idée de contenir par décret le
déficit pénalise l’économie dans les phases critiques et c’est la moins
keynésienne que l’on puisse imaginer. Le vrai problème n’est pas le déficit
en soi, mais la manière dont on le crée. La France d’aujourd’hui ne
s’endette pas pour investir, mais pour boucher des trous qu’on ne réussit
pas à éliminer autrement."

Fondateur, en 1981, du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques à
Paris, qu’il dirigea jusqu’en 1993, Alain Touraine a écrit de nombreux
ouvrages, dont Comment sortir du libéralisme (Fayard, 1999) ou Qu’est-ce que
la démocratie ?, un essai dans lequel il tentait de tracer les limites du
pouvoir de l’Etat.

Jean-Jacques Bozonnet

www.panorama.it

Mots clés : Economie-budget / Italie /

Messages

  • Et Alain Touraine va faire les compliments à un journal de Berlu:un modèle pour la France que l’Italie de Berlu

    ""La France est en pleine crise. Le système hospitalier, autrefois excellent, part en morceaux. Les gens ne croient plus à rien. Le déficit augmente dans des proportions démesurées. Il y a un climat d’impuissance de l’Etat qui fait penser à la vieille image stéréotypée de l’Italie en perpétuelle difficulté."

    Crise de l’Etat, crise économique, crise sociale, crise politique, crise de confiance.

    je change ;l’Italie est en pleine crise,le système hospitalier,jamais excellent,est paralysé par Berlu.Les gens croient aux valeurs de l’argent,illégalement empoché,y compris les journalistes qui se sont vendus à Berlu.IL Giornale de Berlu a monté une campagne diffamatoire contre les leaders de l’opposition.Les rogatoires,demandées par le Parquet de Turin ,démontrent que tout est faux,mais aucun journal ne rectifie.Le chef de l’Etat dénonce l’attaque aux magistrats par Berlu,qui ne veut pas etre soumis à la loi.Berlu dit que le fascisme était un système bénéfique,que les juges son " antropologiquement différents de la race humaine".Le Premier ministre garde ses 3 chaines privées de TV,dirige la RAI ,TV publique.Sa loi Gasbarri va achever le monopole de l’information par le Premier Ministre et enrichir Mediaset par l’exclusivité de la publicité.L’illégalité est une forme de gouvernement.L’économie est demantelée,le trou dans les finance est aussi vaste qu’un trou noir,les salaires suffisent pour 15 jours,le pouvoir d’achat de l’argent est celui d’une poignée de cacahouètes.Heureusement qu’une grande mobilisation va s’annoncer.Patrizia

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