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L’opium du peuple & la barbarie capitaliste.

mardi 13 janvier 2015 , par sadeche - Contacter l'auteur - 3 coms

La base philosophique du marxisme, est le matérialisme dialectique qui a fait siennes les traditions historiques du matérialisme incontestablement athée et résolument hostile à toute religion.
Ainsi le marxisme considère la religion, les églises, les mosqués et les organisations religieuses de toute sorte comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer les masses et la classe ouvrière.

Au contraire le capital et l’empire ont toujours répandu & ménagé la religion et la philosophie religieuse. Ainsi aux Etats unis une partie des républicains du Tea parti sont des extrémistes religieux de droite .Toutes les administrations américaines ont soutenu de toutes leurs force les états théocrates - d’extrêmes droites. Ainsi Les meilleurs alliés des Etats unis au MO ,sont l’état Juif d’Israël, le régime théocrate d’Arabie saoudite, les cheiks du golfe et bientôt la théocratie d’extrême droite des mollahs d’Iran .

Tel des Rambos américain, Afin de se faire oublier toute sa misère , " la créature opprimée" s’autorise à se servir de la religion pour tuer et assassiner les civils et les non croyants .Cela pas seulement en France mais aussi en Syrie , au Pakistan ou à Kobané .
De la même manière et pour ses propres intérêts , l’empire autorise ses alliés d’extrêmes droites de se servir de la religion pour commettre de massacres continues de Palestinens à Gaza par l’Israël, de génocide de communistes par les mollahs en Iran ou de faire des investissements massif dans le terrorisme international par l’Arabie Saoudite .

Dans l’Anti-Dühring , Friedrich Engels accuse Dühring de manquer de fermeté idéologique dans son matérialisme, de ménager des biais à la religion . Ou encore Engels reproche à Feuerbach, d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire, mais dans celui de la replâtrer, d’inventer une religion « élevée ».
C’est pourquoi la base et la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion reste l’affirmation de Marx :« La religion est l’opium du peuple »

Sadeche

Mots clés : Mouvement / Religions-Croyances /

Messages

  • l’opium du peuple c’est le peuple, pas moins que la religion, quand on oublie que le capitalisme est une contradiction entre classes

    la critique de la religion par Marx, que l’on résume à la formule « la religion est l’opium du peuple » date de 1843, très tôt dans son œuvre. Elle est inséparable de la critique de l’Etat, de son pendant, la citoyenneté. Celle de l’humanisme Feuerbachien vient plus tard. Elle signifie renverser le ciel sur la terre, c’est-à-dire l’idéalisme bien au-delà de l’idée religieuse, et Marx alors n’est pas très éloigné de Feuerbach qui avait critiqué l’idéalisme de Hegel. Il dépasse Feuerbach en considérant que ce ne sont pas les idées qui transforment les rapports sociaux, mais l’inverse. Que ces idées soient religieuses ou matérialistes, même communistes, n’y change rien (Le communisme n’est pas une idée... Thèses sur Feuerbach 1845)

    quant Marx et Engels disposent du concept de classe, il balaye les notions de peuple, d’Etat, et de nation, ceci dès le Manifeste du Parti Communiste, en 1848, et cela débouche sur la création de l’Internationale. Quand Engels y revient après la mort de Marx, il redresse la signification de 1844, textes « livré à la critique rongeuse des souris », parce que la lutte de classes a été réintroduite dans la pensée communiste, et anarchiste

    la tradition communiste française, en digne héritière de la Révolution bourgeoise de 1789-93, marie prolétariat et Nation, notamment à l’époque du Front populaire (1936), et ne cesse depuis de décliner ce credo au fil de son déclin idéologique, jusqu’à supprimer le critère de classe (par exemple ses appels électoraux et le dernier en date, à la marche de dimanche). Le PCF est devenu transclassiste, largement composé de couches moyennes, et les prolétaires français ne s’y retrouvent plus. Normal.

    pour revenir à la religion opium du peuple (citation complète plus bas), la formule a un double sens : « La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. »

    ne voir dans les religions monothéistes que ce qui, dans leurs textes, permet de l’associer à l’esclavage, au colonialisme et aux nouvelles croisades occidentales comme justifier la lecture intégriste de l’Islam, c’est oublier que la majorité des musulmans s’en désolidarisent parce qu’ils en sont les premières victimes, et que nombre de croyants, dans l’histoire, ont agi concrètement dans leurs luttes contre le capital, avec une position de classe qu’ils arrangeaient avec leur religion (Théologie de la libération en Amérique du Sud, etc.)

    l’immense majorité des victimes de l’intégrisme islamistes sont des musulmans, qui sont aussi massacrés par les aventures guerrières du capital occidental au Moyen-Orient, et soyons sérieux, celles-ci n’ont plus besoin d’une caution chrétienne comme les croisades, l’esclavage et le colonialisme

    avec les partis nationaux (ou européens), avec l’absence de toute transversalité mondiale des luttes de classes, et comme on l’a vu ce dimanche, ne subsiste largement que l’idée de peuple, peuple français, peuple américain, etc. et celle de citoyenneté nationale construite par la politique et la démocratie interclassiste, on obtient l’inévitable : l’identité nationale, la fabrique des autres, et la religion comme prétexte

    l’opium du peuple c’est le peuple, pas moins que la religion, quand ils oublient que le capitalisme est une contradiction entre classes n’existe pas comme unité de civilisation, et qu’il est loin d’être la religion de seuls arabes (Afrique, Asie occidentale, Indonésie...)

    en un mot, l’opium du peuple c’est le peuple, pas moins que la religion, quand on oublie que le capitalisme est une contradiction entre classes

    en quelque sorte, on peut dire que l’idéologie citoyenniste, avec l’idée de peuple national, est une nouvelle religion et qu’elle s’accommode de la religion de l’argent et de l’Etat. C’est ce qui a rendu possible que la marche "Charlie", avec ses bougies, ait pris l’allure d’une communion niant l’antagonisme de classe, dans un humanisme compassionnel, et en ceci, ce n’est pas Hollande qui a récupéré ce qui est un credo de la gauche institutionnelle : n’a été "récupéré" que ce qui était récupérable, et nombre de participants n’ont été que « les dupes stupides d’eux-mêmes » (Lénine)

    *

    Marx, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel 1843 : «  c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme. A la vérité, la religion est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c’est donc, indirectement lutter contre ce monde là, dont la religion est l’arôme spirituel.


    La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple. »

    • D’abord le marxisme s’inscrit dans un athéisme critique et définit la croyance religieuse comme une fiction et une aliénation.

      Vous ecrivez : « l’opium du peuple c’est le peuple » . Voulez vous dire que la religion reste une affaire privée ? Dans ce sens je suis résolument contre . En effet la religion serait une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle-même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier.

      D’autre part , la religion exprime une attente humaine, c’est une sorte de consolation pour calmer la détresse, et une réponse à la souffrance dans l’attente d’une vie meilleure et éternelle !! C’est donc une forme de compensation illusoire pour surmonter les difficultés de l’existence.

      Lorsque l’homme est aliéné socialement & économiquement, lorsqu’il souffre de sa condition, il ne parvient à l’apaisement que par l’imagination et la fiction de ses croyances. Dans ce sens la religion est donc « l’opium du peuple » car elle agit comme une drogue qui tend à faire oublier les souffrances par la promesse d’un bonheur fictif .

  • Karl Marx Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel

    Le fondement de la critique irréligieuse est celui-ci : l’homme fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. La religion est en réalité la conscience et le sentiment propre de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore trouvé, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme n’est pas un être abstrait, extérieur au monde réel. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, une conscience erronée du monde, parce qu’ils constituent eux-mêmes un monde faux. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa raison générale de consolation et de justification. C’est la réalisation fantastique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine n’a pas de réalité véritable. La lutte contre la religion est donc par ricochet la lutte contre ce monde, dont la religion est l’arôme spirituel.

    La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle, et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple.

    Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l’auréole.

    La critique a effeuillé les fleurs imaginaires qui couvraient la chaîne, non pas pour que l’homme porte la chaîne prosaïque et désolante, mais pour qu’il secoue la chaîne et cueille la fleur vivante. La critique de la religion désillusionne l’homme, pour qu’il pense, agisse, forme sa réalité comme un homme désillusionné, devenu raisonnable, pour qu’il se meuve autour de lui et par suite autour de son véritable soleil. La religion n’est que le soleil illusoire qui se meut autour de l’homme, tant qu’il ne se meut pas autour de lui-même.

    L’histoire a donc la mission, une fois que la vie future de la vérité s’est évanouie, d’établir la vérité de la vie présente. Et la première tâche de la philosophie, qui est au service de l’histoire, consiste, une fois démasquée l’image sainte qui représentait la renonciation de l’homme à lui-même, à démasquer cette renonciation sous ses formes profanes. La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique.

    Extrait :

    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm

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