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"Là-bas si j’y suis" : "Une atteinte au sens du service public"

mardi 20 juin 2006 - 5 coms

Pour lire et signer la pétition "Là-bas si j’y suis est menacée" cliquer ici.

par Daniel Mermet, présentateur et producteur délégué de l’émission "Là-bas si j’y suis", sur France Inter

de Baptiste Legrand

Il est question de déplacer votre émission "Là-bas si j’y suis", sur France Inter, de 17 heures à 15 heures. Pourquoi y êtes-vous radicalement opposé ?

- Un déplacement de l’émission à 15 heures représente la division par deux du nombre d’auditeurs : à 17 heures, nous touchons 500.000 auditeurs, contre 250.000 à 15 heures. Cette tranche est connue pour son audience beaucoup plus faible. "La bas si j’y suis" a pourtant de bons résultats. L’audience est stable depuis des années et même en légère hausse, alors que l’ensemble de France Inter a fléchi.

"La bas si j’y suis" a également progressé en termes d’image et de notoriété. Je ne suis pas contre tout changement sur la grille des programmes, mais pas pour perdre des auditeurs. Quelque soit leur fidélité, une grande partie d’entre eux ne pourra pas écouter l’émission à 15 heures.

Pour quelles raisons votre émission est-elle déplacée ? "La bas si j’y suis" est une émission engagée et vous avez déjà été poursuivi devant la justice...

- Cela fait partie des hypothèses, même si je n’ai pas envie de tomber dans la parano. Ce n’est pas une émission qui est neutre et nous sommes au seuil d’une année électorale.

Nous avons été identifiés comme des partisans du "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen. On peut supposer des tas d’arrière-pensées, mais il n’y a rien de certain.

En tout cas, il ne fait mystère pour personne que le président de Radio-France, Jean-Paul Cluzel, a longtemps été un proche collaborateur de Jacques Chirac. C’est un inspecteur des finances intime d’Alain Juppé qui s’est il y a peu converti au sarkozysme. Jean-Paul Cluzel est un président très politique. Sans procès d’intention, comment ne pas faire le rapprochement ?
Concernant les deux poursuites judiciaires, j’ai été relaxé chaque fois. Ce sont des affaires classées.

Le seul argument de la direction de la station est de dire qu’à 15 heures, nous ferions progresser l’audience. Mais c’est tellement gros ! Il y a des émissions qui ont été reconduites alors qu’elles perdaient des auditeurs. Au delà de notre petite émission, c’est une affaire beaucoup plus grave. On ne fait pas une grille d’une radio du service public avec uniquement les arguments des chiffres ! Il y a une atteinte au sens du service public. Nous entrons dans la logique d’une radio commerciale.

Nous avons peu de publicité, pourtant avec la redevance, nous pourrions aussi bien nous en passer.

France-Inter doit avoir d’autres buts que de faire de l’audience et s’intéresser au contenu. Nous voulons tous toucher un maximum d’auditeurs, mais en partant d’une idée. Visiblement, on va faire des émissions qui correspondent à l’audience ; on ne va pas faire du RTL, on ne va pas faire de l’Auchan, mais on va faire du Timberland. A cela, s’ajoute le licenciement de cinq personnes, plus Alain Rey. C’est traumatisant pour tout le monde car nous ne sommes pas habitués à ce genre de procédés. Et il y aussi ceux qui ne savent pas ce qu’ils deviennent à le rentrée.

Pensez-vous que la direction de France Inter peut encore revenir sur sa décision, et est-ce que "Là-bas si j’y suis" va disparaitre si ce n’est pas le cas ?

- C’est mon souhait, car c’est inadmissible. "La bas si j’y suis" est une équipe de sept ou huit personnes et nous prendrons la décision ensemble. Nous n’allons pas détourner l’antenne, mais je trouve normal que les auditeurs soient informés. Une pétition a été lancée, et nous sommes étonnés du nombre de mails et de messages de soutien qui nous parviennent.

J’ai parlé avec le directeur, qui rendra sa décision le 3 juillet. Il ne m’en a pas dit davantage. J’ai de bonnes raisons de penser que sa décision est prise depuis longtemps, mais nous gardons l’espoir de le faire changer d’avis...

http://permanent.nouvelobs.com/medias/20060620.OBS2481.html

Messages

  • "Les cons, ça ose tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît." disait Michel Audiard dans "Les tontons flingueurs" par la bouche de Lino Ventura.

    Daniel Mermet était venu à Toulouse à l’invitation du GREP, une association à but philosophique.
    Il avait clairement dit qu’il pensait que le point d’inflexion des idées ultralibérales était passé et que celles-ci reculaient désormais dans l’opinion.

    A l’occasion du pot qui suivit la conférence, je lui faisais remarquer qu’alors que les idées libérales déclinaient, partout où un gouvernement de droite était au pouvoir, les réformes libérales étaient menées tambour battant, dans une espèce de fuite en avant ou de technique de la terre brûlée. Je m’étais même amusé à comparer cette fuite en avant à l’attitude de la division "Das Reich".

    Aujourd’hui, malgré le fait que l’on mesure à quel point la propagande ne marche pas (voir le référendum sur le TCE), malgré que les sondages soient de moins en moins fiables, ce gouvernement s’obstine dans la violence : violence d’une politique libérale et répressive, violence de la censure, etc. Daniel Mermet va en faire les frais, car il est évident qu’ils ne reculeront pas. C’est d’autant plus dommage pour les auditeurs que son cette censure est inutile et surtout contre productive.

    Oui, vraiment, les cons, ça ose tout.

    RC de Toulouse.

  • eh oui ils ont viré POLAC, LANGLOIS et son émission RESISTANCES, BENASSAYAG ( orthographe exacte ? ,ils ont filé une chaine télé au Sénat mais pas à TV Bocal ou à ZALEA TV, ....la liste des actes de censure, de copinage est bien trop longue.....
    Je suis fière de ne pas avoir voté CHIRAC EN 2002 .
    Els@

  • ça y est les vieilles méthodes d’un temps qu’on croyait révolu réapparaissent, ils vont essayer de faire un grand ménage, un grand lavage de cerveau. La campagne présidentielle a commencé, la France d’en bas doit fermer sa gueule coûte-que-coûte, bientôt il ne restera plus que la rue pour s’exprimer, le fachisme pointe le bout de son nez. Télé poubelle, radio lisse comme une toile cirée, ça fait peur non ? IL FAUT REAGIR....
    TOUT MON SOUTIEN A DANIEL MERMET ET A LA-BAS SI J’Y SUIS
    sylvie

  • Mermet c’est ma récréation dans mon chomage, le jour ou il le feront sauter j’irai peut etre aussi faire sauter un enculé de droite pour occuper ma récréation desormais libre.
    Tout mon soutien à Daniel Memret et à tous ceux de La bas ! Un jour la roue tournera !

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