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Le Front de Gauche : problème de leadership ou implosion ? Jean-Luc Mélenchon doit s’expliquer !!!

samedi 19 mars 2011

Le leader du Parti de gauche a voté au Parlement européen la résolution présentée par les socialistes et la droite incitant les « gouvernements de l’UE » à se « tenir prêts pour une décision du Conseil de sécurité des Nations unies concernant [...] la possibilité d’une zone d’exclusion aérienne ». Le leader du Parti de gauche s’en est longuement expliqué sur son blog. Tout en se disant conscient des risques « d’escalade militaire », il dit avoir pris sa décision, après discussion avec la direction du PCF, celle de la Gauche Unitaire, et naturellement celle du Parti de gauche. Et ajoute : « J’ai voté pour le texte et les mesures proposées concernant l’espace aérien dans le but d’aider le peuple en action contre le tyran qui le bombarde. Mon vote s’entend dans le strict cadre suivant : tout acte de guerre comme la création d’une zone d’exclusion aérienne ne peut être décidé que par l’ONU. »

Mais les trois parti du Front de Gauche ont diffusé des communiques qu’on l’air d’être de démenti public mais sans pour autant jamais se dissocier clairement du vote de Mélenchon...


Libye : soutenir les insurgés ! Non aux bombardements français !

Le Conseil de sécurité a adopté une résolution vendredi 17 mars permettant des frappes aériennes voulues par les gouvernements français et britanniques, avec le soutien désormais de l’administration américaine. Cette intervention des anciennes puissances coloniales va constituer un tournant dans la crise régionale qui secoue depuis 3 mois les pays arabes. Alors que le régime de Kadhafi regagne du terrain chaque jour sur les insurgés, les Etats français et anglais, qui ont soutenus la dictature de Kadhafi ces dernières années, trouvent l’occasion de faire oublier leurs collusions scandaleuses avec les régimes déchus de Ben Ali ou Moubarak et de se réimposer dans la région.

Car, cette intervention militaire en préparation s’inscrit avant tout dans la volonté des gouvernements français et britanniques de préserver leur influence politique et économique dans une zone stratégique dans laquelle ces deux pays ont beaucoup investis. Pour la France, outre l’intérêt pétrolier que constitue le 4ème pays producteur d’hydrocarbures en Afrique, la Libye est depuis la fin de l’embargo un eldorado pour les entreprises françaises. La Libye fut érigée comme un partenaire commercial de premier plan pour les entreprises du CAC 40 telles qu’Areva, BTP Vinci, EADS ou encore Total. Il est alors évident que ce n’est pas la défense de la démocratie et de la liberté du peuple libyen, que ce ne sont pas des préoccupations humanitaires qui préoccupent Cameron et Sarkozy. Ce dernier, qui recevait en grande pompe le dictateur Kadhafi à Paris en décembre 2007 ou encore qui agitait la menace de « flux migratoires incontrôlés », prétend maintenant vouloir « sauver le printemps des peuples arabes ». Mais il continue de soutenir les régimes dictatoriaux comme celui de l’Arabie saoudite, dont le gouvernement a envoyé des troupes réprimer le mouvement populaire à Bahreïn.

On ne peut céder à la fiction selon laquelle l’intervention militaire franco-britannique permettrait à la population insurgée de Libye de recouvrer la maîtrise de son destin, ou au moins de lui permettre de bénéficier d’un répit face à l’offensive sanglante de Kadhafi. Jamais les impérialistes ne sont venus en aide aux peuples, les guerres qu’ils ont déclenchées par le passé, ont toujours obéi à leurs propres intérêts, économiques ou géostratégiques. En l’occurrence, Sarkozy et Cameron, représentants de droites aussi provocatrices que contestées en France et en Grande-Bretagne, se lancent dans une aventure guerrière en croyant y retrouver un peu de prestige, sans même en avoir reçu mandat de leurs Parlements.

Que cette guerre se fasse avec l’objectif de « protéger les civils » et se prévale d’une résolution de l’ONU ne lui donne pas plus de légitimité. Ce n’est pas l’Assemblée générale des Nations unies qui a pris cette décision, mais le seul Conseil de sécurité, où siègent 15 membres et qui n’a rien d’une instance représentative des peuples de la planète. La première guerre contre l’Irak en 1991 avait été menée dans le cadre d’une résolution du même Conseil de sécurité et n’avait rien de légitime, même si elle se faisait sous couvert de la « légalité » internationale. La guerre menée par Bush en 2003 contre le dictateur Saddam Hussein n’aurait pas été plus juste si elle avait été justifiée par l’ONU.

En dépit du vote onusien dont elles ne manqueront pas de se prévaloir, les opérations de guerre en préparation seront, dans les faits, sous le seul contrôle des principales puissances de l’Otan, et avec l’appui de la logistique de cette dernière. Elles peuvent, pour cette raison, avoir des conséquences incalculables. Ce sont les peuples qui risquent d’en subir les effets meurtriers. Car quelles sont les évolutions possibles d’une telle intervention ?

- soit les gouvernements occidentaux se limiteront à quelques frappes ciblées qui n’empêcheront pas Kadhafi de reprendre le contrôle du pays. La France et l’Angleterre se seront alors contentées d’infliger quelques dégâts aux infrastructures de la dictature pour se redonner une bonne image. C’est le pari de Kadhafi qui a annoncé, via son ministre de la Défense, un cessez-le-feu pour gagner du temps.

- soit les gouvernements occidentaux s’engagent dans une campagne aérienne intensive qui ne garantira en rien une victoire du soulèvement populaire libyen, mais dont on ne peut exclure qu’elle entraîne une riposte de la part du régime de Kadhafi. Un porte-parole du régime de Kadhafi a déjà annoncé le déclenchement d’attentats contre des avions et des bateaux en mer Méditerranée.

- une confrontation prolongée posera nécessairement la question d’une intervention militaire au sol si les gouvernements occidentaux veulent réellement en finir avec le régime de Kadhafi. Cela passera par un écrasement du régime, à l’image de ce qu’ont fait les Etats-Unis avec l’opération « Choc et effroi » en 2003 contre l’Irak. Ce type d’opération qui vise à infliger à l’ennemi un maximum de dommages en un temps très limité est le plus meurtrier pour les populations. Et elle mène immanquablement à l’enlisement où se sont toujours retrouvées les occupations coloniales.

La folie de Bush et des néoconservateurs américains a démontré que la démocratie et la liberté ne s’exportaient pas à coup de bombardements même ciblés, qui seraient censés être des bombardements « zéro mort », à part quelques « dommages collatéraux ». Une telle intervention permettrait de plus à Kadhafi de retrouver son image passée d’anti-impérialiste, d’accuser les insurgés de faire le jeu de vieilles puissances coloniales, de recouvrer un soutien populaire.

Une autre politique est possible. Elle n’a rien à voir avec les prétentions des gouvernements européens qui pensent pouvoir décider du destin des peuples à leur place. La seule intervention politique utile et efficace des pays européens serait de répondre aux demandes des structures dirigeantes de l’insurrection et de leur fournir le matériel militaire qui leur fait tant défaut depuis plusieurs semaines. C’est ce qui pourrait permettre à la mobilisation du peuple libyen de faire face aux soldats restés fidèles à Kadhafi. C’est l’acte de solidarité concrète effective, utile, qui aurait contribué à dessiner de nouvelles relations entre Nord et Sud. C’est la politique internationaliste que la gauche devrait défendre et exiger qu’elle soit mise en œuvre.

Bureau National de Gauche Unitaire

http://gauche-unitaire.fr/2011/03/18/libye-soutenir-les-insurges-non-aux-bombardements-francais/


Non à l’intervention impérialiste militaire en Libye !

Après la Tunisie et l’Egypte, le soulèvement des peuples arabes a gagné la Libye où le peuple mène depuis près de 3 semaines, au prix de milliers de victimes, un combat juste pour renverser la dictature du colonel Kadhafi, installée depuis 42 ans. Ce régime à bout de souffle, qui emploie des moyens militaires massifs contre les civils, a bénéficié trop longtemps de la complaisance des puissances occidentales.

Celles-là mêmes qui armaient hier Kadhafi, envisagent aujourd’hui d’intervenir militairement en Libye. Mais c’est le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui a ré-autorisé le premier en Europe en 2007 la vente d’armes à la Libye ! Ce sont les Berlusconi, Sarkozy, Zapatero qui ont, depuis des années, dans le cadre de l’Union Européenne, soutenu inconditionnellement le régime criminel libyen. Avec l’objectif, comme l’a rappelé Kadhafi lui-même, qu’il les aide à mettre en œuvre la politique migratoire abjecte de « l’Europe forteresse ».

Les puissances impériales voient dans les massacres perpétrés par le régime libyen une justification pour envisager une intervention militaire en Libye dont l’éventualité se précise jour après jour. Le prétexte humanitaire masque mal la convoitise des multinationales américaines et européennes pour les ressources pétrolières de ce pays. Comme pour la Tunisie, l’Egypte et les autres pays arabes, la libération de la Libye ne peut être que l’œuvre de son propre peuple. Malgré les souffrances qu’il endure, celui-ci montre un courage admirable et sa totale détermination à se débarrasser de Mouammar Kadhafi. Ce dont il a besoin c’est de la solidarité effective de la France et de l’Union européenne dans sa lutte, exprimé par un soutien matériel et logistique de très grande ampleur, et en urgence.

Mais le Parti de Gauche affirme son opposition intransigeante à toute intervention militaire des Etats-Unis et de leurs alliés en Libye, qui viendrait fatalement installer au cœur du monde arabe des forces militaires foncièrement hostiles aux processus révolutionnaires en cours dans cette partie du monde si voisine de la nôtre, alors qu’ils sont porteurs d’un formidable espoir d’émancipation et de progrès non seulement pour les peuples qui les mènent là-bas, mais pour tous les peuples du monde, en lutte contre un ordre néolibéral dévastateur, porteur de crises et de guerres.

http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3540-non-intervention-imperialiste-militaire-libye


Libye : le PCF souligne les risques d’une logique de guerre

En adoptant, sous pression de la France et de la Grande-Bretagne, une résolution qui autorise une intervention militaire aérienne et des frappes ciblées, le Conseil de Sécurité prend le risque d’un engrenage en s’inscrivant dans une logique de guerre aux conséquences hasardeuses.

Le Parti communiste français, qui n’a cessé d’exiger l’arrêt immédiat des opérations et de la répression militaires ayant déjà fait de nombreuses victimes civiles, réitère une fois encore sa condamnation du régime de Kadhafi et son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil National de Transition. De lourdes questions se posent aujourd’hui. Toutes les possibilités d’aide directe ou par les États arabes à la rébellion ont-elles vraiment été étudiées ? Est-ce vraiment la protection du peuple libyen que cherchent les puissances occidentales ? Des experts, des journalistes expliquent déjà qu’il faudra envoyer des forces spéciales au sol et que l’objectif est de faire tomber le régime de Kadhafi...

Le Parti communiste français, dans ces graves circonstances, rappelle le désastre des guerres en Irak et en Afghanistan qui furent chaque fois déclenchées au nom de la protection des populations et de la démocratie. Il exprime son inquiétude profonde devant une telle situation. Il appelle à la plus grande vigilance. Il s’étonne enfin par ailleurs du silence complice qui entoure au même moment la répression du mouvement populaire au Barheïn.

http://www.pcf.fr/8349

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