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Les comités d’entreprise assument-il leur rôle social en période de crise ?

jeudi 29 janvier 2015, par Eric S

Comité d’entreprise

Destinés à défendre les droits des salariés au sein de l’entreprise, les objectifs concrets des CE sont aujourd’hui difficiles à identifier tant leurs missions et compétences se sont diversifiées. Véritables représentants syndicaux ou simples faire-valoir du patron, les élus à la tête de ces comités sont désormais pris entre deux feux et ne peuvent plus simplement se contenter de négocier la prime de Noël. Ces élus ont bien souvent perdu de vue le rôle social qu’ils doivent jouer à l’égard des salariés et de la société en générale et cela d’autant plus à une époque marquée par tant d’inégalités.

Selon une enquête du réseau Cezam qui regroupe des inter-comités d’entreprise, 82% des CE estiment que leur rôle est de privilégier des actions touchant le plus grand nombre mais seuls 15% souhaitent favoriser les plus modestes. "Les représentants du personnel sont des élus, soumis au processus électoral, analyse le Cezam. Ils sont en quelque sorte "contraints", afin d’être réélus, de proposer des activités qui conviennent au plus grand nombre". Un constat affligeant dans un contexte de développement des contrats temporaires et des temps partiels subis et qui nous impose aujourd’hui de repenser la mission sociale de ces instances représentatives.

Car soyons clair, si le niveau et la qualité de vie de notre classe moyenne est aujourd’hui en perdition, la population en situation de pauvreté et les inégalités sociales face à la santé, à l’éducation, au logement ou à la culture n’ont jamais été aussi fortes dans notre pays. Une précarité devenue latente contre laquelle les syndicats et a fortiori les comités d’entreprise peuvent agir au quotidien.

D’autre part et comme l’a démontré le fort taux de participation aux élections des CMCAS (Caisse mutuelles et complémentaires d’action sociale) de l’industrie électrique et gazière (EDF, GDF Suez, etc.), les salariés se sentent, à l’inverse du syndicalisme, de plus en plus concernés par les actions mises en place dans le cadre des comités d’entreprises qui les représentent.

Les résultats de ces élections publiés récemment par l’Humanité, prouvent en effet que malgré la crise, la montée de l’individualisme et du rejet de l’autre, les Actions sociales du secteur énergétique ont su garder la confiance des énergéticiens et rester fidèles aux valeurs historiques de "solidarité, de dignité et de justice". Rappelons que la CCAS (Caisse centrale d’Ativités sociales) constitue à ce jour l’équivalent du premier comité d’entreprise de France.

Privilégier les plus démunis et rassembler les salariés autour des valeurs et des activités communes dans le sens d’un épanouissement collectif, voilà à quoi devrait s’atteler le CE. Il ne peut plus se limiter à la distribution de chèques repas ou à la gestion de la billetterie, et doit agir pour les jeunes ou les bas salaires, en favorisant le départ en vacances des smicards par exemple ou en facilitant la mise en place de nouveaux dispositifs de solidarité et de partage comme le covoiturage entre salariés.

Mais de nombreux efforts restent encore à consentir dans ce domaine. En effet, selon les chiffres du Cezam, seuls 18,7% prétendent avoir adopté des critères sociaux impliquant une prise en charge par le CE plus importante pour les salariés les plus modestes.

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