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Les socialistes français et le pouvoir : Philippe Corcuff soutient Bellaciao... Merci Philippe

mercredi 20 septembre 2006 - Contacter l'auteur - 1 com

Les socialistes français et le pouvoir (1830-1947) : pour une critique mélancolique de la gauche

de Philippe Corcuff et Alain Maillard

Quand militants, dirigeants, citoyens, journalistes, ou même chercheurs, se retournent aujourd’hui sur le passé de la gauche socialiste, les repères apparaissent particulièrement brouillés. Manquant de points d’appui dans le passé comme de projection vers l’avenir, le « présent perpétuel néolibéral » déboussole la gauche si l’on suit les analyses d’un historien médiéviste passionné par le néozapatisme du sous-commandant Marcos, Jérôme Baschet : « Un éternel présent s’impose, fait d’instants éphémères qui miroitent du prestige d’une illusoire nouveauté mais ne font que substituer, toujours plus rapidement, le même au même »(1).

Ainsi, « la marchandisation du monde » se transformerait aussi en « une guerre contre le temps »(2) : « dans le temps dominant du Marché mondialisé, il n’y a aucun passé à connaître, aucun futur à espérer » (3). On retrouve ici la tendance au présentisme, entendu comme l’avènement d’« un présent monstre » se révélant « à la fois tout (il n’y a que du présent) et presque rien (la tyrannie de l’immédiat) », que l’historien François Hartog associe à notre rapport actuel au temps(4).

Le néozapatisme mexicain propose justement une réaction contre cette tendance qui n’aurait rien d’inéluctable, en esquissant une reconnexion du passé et de l’avenir via l’action présente. Le sous-commandant Marcos nous invite à un usage rétrospectif-prospectif de ressources issues de traditions passées, voire oubliées : « De même qu’Alice découvre que pour atteindre la Reine Rouge, elle doit repartir en arrière, nous aussi devons-nous retourner vers le passé pour pouvoir avancer et devenir meilleurs. Dans le passé, nous trouverons des chemins pour l’avenir. Et nous, vous, n’avons pas d’aspiration plus grande que l’avenir. C’est pour cela que le passé est important. Si quelque chose de nouveau naît, c’est parce que meurt quelque chose de vieux. Mais dans le neuf, le vieux se prolonge et peut dévorer l’avenir si nous ne savons pas le contenir, le connaître, lui parler, l’écouter, en somme, si nous continuons d’en avoir peur »(5).

C’est dans une inspiration analogue que nous avons envisagé cet ouvrage collectif et pluraliste. Nous sommes partis à la recherche de ressources, aujourd’hui largement méconnues, y compris quand elles semblent trop connues (comme la figure de Jean Jaurès ou le discours de Léon Blum au congrès de Tours de 1920), afin de réveiller la gauche quant au double assoupissement de son passé et de son avenir. Nous avons refusé de nous complaire dans un doucereux vague à l’âme, ou une nostalgie floue de légendes dorées attachées à un passé supposé glorieux, accompagnant le consentement au monde tel qu’il va. Nous avons préféré secouer le cocotier de nos évidences, afin de regarder avec un œil neuf certaines séquences de l’histoire socialiste de la gauche entre 1830 et 1947. Un œil nourri, certes, du triple désenchantement dû aux impasses totalitaires des régimes qui se sont réclamés du communisme, aux abdications de la social-démocratie devenue social-libéralisme et à l’impuissance d’un certain gauchisme, mais aussi de la préservation de l’étincelle fragile d’autres mondes possibles que l’ordre capitaliste.

Nous n’avons pas seulement procédé par une reconstitution historique de morceaux du passé, mais également par des va-et-vient entre le passé et le présent, en insérant des questions du présent dans le passé et des éclairages du passé dans le présent. Plutôt que de mariner dans une mélancolie politique courante, se tournant nostalgiquement et exclusivement vers le passé pour oublier les cages de fer du présent, nous avons voulu réactiver une mélancolie radicale ouverte sur l’avenir. Qui garde certes un enracinement dans le passé, en n’oubliant pas l’expérience des désenchantements pour ne pas recommencer de manière béatement optimiste « comme avant », mais afin de s’envoler vers un autre avenir. Dans l’Encyclopédie (1765), Diderot définissait de manière étonnante la mélancolie comme « le sentiment habituel de notre imperfection »(6). La conscience de nos imperfections historiques d’humains peut parfois nous amener à acquiescer à l’ordre existant des choses, ou alors à fuir nos fragilités dans un passé ou dans un futur mythifiés. Mais elle peut aussi nourrir une politique de la fragilité, qui s’obstine à poser et à reposer, mélancoliquement, la question d’une société radicalement autre. Ce sont de tels sentiers de la radicalité mélancolique que nous tenterons d’esquisser.

Mais notre entreprise est plurielle, dans les méthodes utilisées comme les valeurs et les interrogations politiques plus ou moins explicites de ses auteurs. Par exemple, si les deux coordinateurs de ce volume participent à l’émergence d’une nouvelle gauche radicale anticapitaliste, ce n’est pas le cas de tous les contributeurs, et en particulier de Michelle Perrot qui fait un « éloge du réformisme » réévaluant les « vertus » de « l‘économie de marché ». Dans la reconstruction en cours de la gauche, le débat le plus large est nécessaire. Le sectarisme et le dogmatisme sont à bannir, sous peine de tomber dans de vieilles ornières, en passant à côté des défis du temps et en prenant de simples slogans pour des pensées. Mais ce débat ne peut que s’enrichir des contradictions et des oppositions, à l’écart des consensus mous, si, du moins, les divergences sont argumentées et que l’invective ne remplace pas la raison critique.

Pourquoi et comment puiser des ressources dans le passé ?

Pourquoi ce détour par le passé pour aborder la classique question des rapports entre socialismes et pouvoir politique ? Il ne s’agit pas de chercher dans l’histoire des socialismes des recettes qui auraient été insuffisamment suivies, en l’occurrence dans les courants français que le marxisme a marginalisés. Vaines sont les tentatives de dénicher l’oiseau rare qui pourrait nous aider à réinventer une alternative. D’aucuns voudraient renouer avec les dimensions soi-disant « libérales » de certains socialistes français (Leroux, Proudhon, Jaurès...) afin d’apporter une « nouvelle » assise historique à la « troisième voie » chère à nos sociaux-libéraux. D’autres préfèreraient, au contraire, réactiver le républicanisme des socialistes jacobins pour faire face à la domination des marchés financiers. Nous ne cherchons pas pour notre part à redistribuer les cartes pour recréer des arbres généalogiques et des prix d’excellence.

Certes, en se tournant vers le passé, on entend continuer à envisager un autre monde. Notre démarche n’est pas déconnectée de nos préoccupations du moment : panne stratégique, redéfinition d’un projet d’émancipation individuelle et collective pour le XXIème siècle. Revenir sur quelques séquences historiques vise d’abord à sortir de l’enfermement dans le présent, expression de la domination d’un temps désorienté et erratique, propre aux incertitudes de notre époque. Tenter de retrouver un peu de profondeur historique, c’est donc comprendre tout à la fois ce qui nous sépare et ce qui nous rapproche du passé. Nous essayons de combiner en quelque sorte une rétrospective et une prospective, à rebours des quêtes de mémoires et des célébrations pieuses.

Réunissant des contributions d’origine et de facture diverses, ce livre ne se veut nullement exhaustif et ne prétend pas reconstituer une unité doctrinale. Outre le nécessaire travail d’une socio-histoire, anthropologique et politique, des mouvements ouvriers et socialistes, qu’avait commencée par exemple un Edward P. Thompson pour l’Angleterre, il nous paraît utile de proposer des lectures transversales et comparatives portant au jour des ordres de questions. C’est l’une des raisons qui nous a incités à rééditer un écrit de Michelle Perrot de 1966 : son analyse spectrale des socialismes français de 1871 à 1914 montre comment les clivages stratégiques se reconfigurent, se déplacent selon les conjonctures et les changements structurels. Certains entendent progresser à l’intérieur des institutions établies ; d’autres refusent toute adaptation à un système verrouillé par la classe dominante et exigent « la rupture ». On remarquera, de surcroît, une permanence des tensions entre des socialismes « par le bas » et « par le haut ». Il en est aussi qui proposent des formules médianes. Le cas de Jaurès peut être réexaminé sous ce dernier angle comme l’indiquent ses textes sur la propriété sociale choisis et présentés par Philippe Chanial. Le cas de Blum apparaît aussi significatif de ce point de vue, si l’on suit l’éclairage proposé par Philipe Corcuff sur son discours du congrès de Tours. (...)

Aujourd’hui, en ce début du XXIème siècle, des questions analogues se posent, dans un contexte différent, face à des expériences et des problèmes renouvelés. « Le socialisme est-il d’actualité ? », demande sans ambages, Michelle Perrot. C’est une vraie interrogation qui traverse le retour critique et contextualisé qu’elle effectue sur l’écriture de son texte de 1966, alors qu’elle militait au PSU et qu’une perspective socialiste rénovée participait encore de l’air du temps. Oui, le socialisme est encore d’actualité, répondent Daniel Bensaïd et Michael Löwy, qui ajoutent que « le marxisme reste (pour reprendre la célèbre expression de Sartre) "l’horizon indépassable de notre époque" : les prétentions de le "dépasser" - ou de bricoler un "post-marxisme" improbable - finissent toujours par revenir en deçà, et non au-delà, de Marx ». Non, le socialisme n’est pas tout à fait d’actualité répond Philippe Corcuff, qui plaide pour un nouveau projet d’émancipation appelé « social-démocratie libertaire », post-républicain et post-socialiste (et donc puisant dans les traditions républicaines et socialistes pour réinventer l’émancipation), s’abreuvant de références critiques plus larges et diversifiées que le seul « marxisme » (des pensées libertaires aux sciences sociales contemporaines). Comme quoi, dans cette période de redéfinitions, les points de vue sont pluriels, y compris au sein de la gauche radicale émergente.

Mais relancer la question de l’actualité et de l’inactualité du socialisme, dans la confrontation avec les histoires socialistes de la gauche, ce n’est pas se contenter d’établir des légendes dorées, voire aseptisées, fabriquant des monuments et des commémorations qui bouchent l’ouverture d’un avenir différent via une bien-pensance vaguement nostalgique. Relancer la question de l’actualité et de l’inactualité du socialisme, ce n’est pas tenter d’oublier les empreintes marxistes sur les socialismes français, mais interroger de manière critique ces marxismes, leurs écueils et leurs possibilités, leurs aveuglements et leurs lucidités, leurs points forts et leurs limites. Qu’on continue à en faire, à la suite de cette interrogation, un « horizon indépassable », selon la formule de Sartre reprise par Bensaïd et Löwy. Ou que l’on envisage, avec Maurice Merleau-Ponty qu’« avec les événements des dernières années le marxisme est décidément entré dans une nouvelle phase de son histoire, où il peut inspirer, orienter des analyses, garder une sérieuse valeur heuristique, mais où il n’est certainement plus vrai dans le sens où il se croyait vrai, et que l’expérience récente, l’installant dans un ordre de la vérité seconde, donne aux marxistes une assiette et presque une méthode nouvelles »(7). Quelques intellectuels socialistes contemporains sont pourtant tentés de fabriquer des légendes simplistes, en dotant les évidences sociales-libérales de notre présent d’un supplément d’âme historique.

Légendes socialistes aseptisées : « arracher la tradition au conformisme » (Walter Benjamin)

Pour le marxisme hétérodoxe et mélancolique de Walter Benjamin dans ses thèses « Sur le concept d’histoire » (1940), « Á chaque époque, il faut chercher à arracher de nouveau la tradition au conformisme qui est sur le point de la subjuguer »(8). Aujourd’hui, que l’on soit socialiste ou post-socialiste, la confection de légendes manichéennes menace de paralysie les traditions socialistes.

Un jeune dirigeant socialiste, Laurent Baumel, s’est récemment efforcé de conjurer une tentation très présente dans les milieux socialistes contemporains en France : le « vide théorique », le « pragmatisme mou », l’« ennui sidéral »(9). On peut toutefois rester sceptique quant à sa tentative de « renouveau doctrinal » face à l’anti-intellectualisme rampant qui marque profondément le Parti socialiste français en ce début de XXIème siècle. « Les socialistes sont-ils capables d’ouvrir le réfrigérateur de leur pensée pour en sortir autre chose que des tranches de marxisme rance ensevelies dans les pots de confiture du social-libéralisme ? », demandait déjà Didier Motchane, un des refondateurs du Congrès socialiste d’Epinay (1971), lors de l’anniversaire des soixante-dix ans du congrès de Tours (1920)(10). Depuis, l’inertie intellectuelle du PS, entre professions de foi de gauche et pratiques sociales-libérales, n’a guère progressé. Les travaillistes britanniques ont, quant à eux, reconstitué théoriquement un social-libéralisme à égale distance de l’ancienne social-démocratie et du néolibéralisme thatchérien(11). On peut les critiquer à partir d’un point de vue radical(12), mais ils ont au moins osé procéder à un renouvellement intellectuel et afficher la couleur, plutôt que de se cacher derrière l’inertie des vieilles étiquettes comme les sociaux-libéraux français.

Malgré l’anti-intellectualisme ambiant et l’oubli du passé régnant actuellement parmi les socialistes français, quelques intellectuels ont essayé de revisiter l’histoire socialiste. L’essai le plus ambitieux apparaît aussi le plus décevant : il s’agit du livre de l’historien Alain Bergougnioux, par ailleurs dirigeant socialiste, et du politologue Gérard Grunberg, ancien conseiller de Michel Rocard à Matignon, sur les socialistes français et le pouvoir entre 1905 et 2005(13). Ce volumineux ouvrage est guidé par une hypothèse assez simple : un « modèle génétique », cristallisé entre « l’unification politique des socialistes français au congrès de la salle du Globe en 1905 et l’adoption de la synthèse jauréssienne au congrès de Toulouse de 1908 », orienterait « toute l’histoire du Parti socialiste français jusqu’à aujourd’hui »(14). Cette continuité socialiste résiderait dans « une tension permanente entre son intégration croissante au système politique et le refus de tirer au niveau de sa doctrine et de ses principes les conséquences de celle-ci »(15). L’histoire socialiste française serait alors scandée par quatre grandes périodes : « le refus du pouvoir » (1905-1936), « le remords du pouvoir » (1936-1971), « l’ambition du pouvoir » (1971-1994) et « le pouvoir incertain » (1995-2005). (...)

Un tel simplisme méthodologique, qui filtre très brutalement les divers fils des histoires socialistes possibles, se rigidifie davantage encore sous la férule d’une normativité étroite et guère consciente d’elle-même. Bergougnioux et Grunberg sont obsédés par ce qu’ils supposent être une nécessaire et toujours retardée « révision doctrinale » intemporelle. C’est ce jugement de valeur qui leur fait critiquer la « synthèse jaurésienne » entre réforme et révolution(16) ou sa poursuite par Léon Blum(17), ou encore, plus près de nous, qui leur fait regretter que le PS n’ajuste pas sa doctrine à la pratique engagée par le tournant néolibéral de 1983 : l’adaptation aux « mutations du capitalisme »(18) ! Marc Bloch avait déjà identifié ce penchant normatif : « en bien des cas le démon des origines fut peut-être seulement un avatar de cet autre satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement »(19). Manie du jugement renforcée par le penchant monocausal : « la superstition de la cause unique, en histoire, n’est trop souvent que la forme insidieuse de la recherche du responsable : partant du jugement de valeur »(20). Chez Bergougnioux et Grunberg, le « modèle originel » a quelque chose du « péché originel » ! Jaurès en serait, malgré sa figure sympathique (il serait difficile de trop noircir ce visage si familier du panthéon socialiste pour nos deux intellectuels « socialistes »...), un des principaux responsables ; la malédiction (de l’absence de « révision doctrinale ») se répercutant ensuite à l’infini sur l’ensemble des générations socialistes. Le manichéisme flirte ici avec la pensée magique. (...)

Il est bien temps d’arracher les traditions socialistes françaises, dans leur diversité et leurs interactions, au conformisme aseptisé dont les intellectuels « socialistes » les menacent.

Des radicalités mélancoliques : « Et mon passé revient du fond de sa défaite ! » (Charles Aznavour)

Si l’on donne une actualité à la mélancolie historique de Walter Benjamin, on se doit d’« attiser dans le passé l’étincelle de l’espérance »(21). Dans cette version laïcisée du messianisme juif, on est amené à rompre avec une vision linéaire de l’histoire, celle « d’un mouvement dans un temps homogène et vide »(22), pour préférer bousculer les rapports lisses entre le passé, le présent et le futur. Cela nous pousse, intellectuellement et pratiquement, à tenter d’« arracher une époque déterminée au cours homogène de l’histoire »(23), mais pas dans une ambiance sereine et tiède. Bien au contraire : « à l’instant du danger »(24), quand les dégâts de la mondialisation libérale s’amoncellent et que des politiques racialisantes frappent de nouveau à la porte.

Comme l’a mis en évidence Daniel Bensaïd, il y a au moins historiquement deux grandes catégories de mélancolie : une mélancolie nostalgique, presque exclusivement tournée vers le passé, et une mélancolie active, radicale, puisant dans le passé des ressources pour inventer un nouvel avenir(25). Cette seconde mélancolie est celle de Benjamin. Celle aussi de Charles Aznavour, dans sa chanson « Non, je n’ai rien oublié » (1971), qui conte la possibilité d’un nouveau départ amoureux, par-delà l’échec du passé. « Et mon passé revient du fond de sa défaite ! », lance à un moment le chanteur. Cueillis au sein de traditions oubliées, de nouveaux fruits d’espérance peuvent éclaircir l’avenir. Dans les débats des auteurs et des courants socialistes présentés par Daniel Bensaïd et Michael Löwy, Philippe Chanial, Philippe Corcuff, Thierry Hohl, Alain Maillard, Michelle Perrot ou Bruno Scacciatelli, dans leurs lucidités comme dans leurs impensés, de telles perles peuvent surgir. Il ne s’agit pas de justifier dogmatiquement une orientation politique, comme Bergougnioux et Grunberg, mais, dans un rapport critique à l’histoire, d’ouvrir de nouvelles interrogations politiques, susceptibles de nourrir elles-mêmes de nouvelles pratiques politiques. Le travail intellectuel garde son autonomie, mais dans des liens nouveaux avec la politique, qui ne sont pas des liens de justification ou de subordination, mais de fécondation réciproque. La radicalité, inscrivant sa pensée et son action dans l’horizon d’autres mondes possibles, ne se dégrade pas en manichéisme, car elle se coltine la pluralité et les fragilités humaines. Á gauche, radicalement. De manière gauche, mélancoliquement.

Notes :

(1) Jérôme Baschet, L’étincelle zapatiste - Insurrection indienne et résistance planétaire, Paris, Denoël, 2002, p. 181.

(2) Ibid., p. 182.

(3) Ibid., p. 183.

(4) François Hartog, Régimes d’historicité - Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003, p. 217.

(5) Sous-commandant Marcos, « Appel à la cinquième rencontre européenne de solidarité avec la rébellion zapatiste » (janvier 1996), http://www.zapata.com/bulletins/01_96.htm#Rencontre.

(6) Repris dans Yves Hersant, Mélancolies - De l’Antiquité au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2005, p. 683.

(7) Maurice Merleau-Ponty, Signes, Paris, Gallimard, 1960, p. 15.

(8) Walter Benjamin, « Sur le concept d’histoire », thèse VI, repris dans Œuvres III, trad. franç., Paris, Gallimard, collection « Folio-Essais », 2000, p. 431.

(9) Laurent Baumel, Fragments d’un discours réformiste - Contribution au renouveau doctrinal de la gauche française, Paris, L’Aube, 2006, p. 10.

(10) Didier Motchane, « PS : rendez-vous manqué », Témoignage Chrétien, 22-12-1990.

(11) Voir notamment Anthony Giddens et Tony Blair, La troisième voie - Le renouveau de la social-démocratie, préface de Jacques Delors, trad. franç. Paris, Seuil, 2002.

(12) Pour une critique radicale du social-libéralisme britannique, voir notamment Keith Dixon, Un digne héritier - Blair et le thatchérisme, Paris, Raisons d’agir, 2000, et Philippe Corcuff, « La social-démocratie est à refonder - Cheminements critiques à partir d’Anthony Giddens », dans La société de verre - Pour une éthique de la fragilité, Paris, Armand Colin, 2002, pp. 242-251.

(13) Alain Bergougnioux et Gérard Grunberg, L’ambition et le remords - Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005), Paris, Fayard, 2005 ; une première version de ce livre a été publiée en 1992 chez le même éditeur sous le titre : Le long remords du pouvoir - Le Parti socialiste français (1905-1992).

(14) Ibid., p. 9.

(15) Ibid.

(16) Ibid., p .70.

(17) Ibid., pp. 91-92.

(18) Ibid., p. 330.

(19) Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien (manuscrit inachevé, écrit en 1940-1943), Paris, Armand Colin, collection « U », 1974, p. 27.

(20) Ibid., p. 145.

(21) « Sur le concept d’histoire », op. cit., thèse VI, p. 431.

(22) Ibid., thèse XIII, p. 439.

(23) Ibid., thèse XVII, p. 441.

(24) Ibid., thèse VI, p. 431.

(25) Daniel Bensaïd, Le pari mélancolique, Paris, Fayard, 1997pp. 233-258.

* Extraits de l’introduction de : Les socialismes français à l’épreuve du pouvoir (1830-1947) - Pour une critique mélancolique de la gauche, ouvrage collectif sous la direction de Philippe Corcuff et Alain Maillard

Paris, Éditions Textuel, collection « La Discorde », septembre 2006, 208 pages, ISBN : 2-84597-181-8, 20 euros

Éditions Textuel - 48, rue Vivienne 75002 Paris - email : editionstextuel@wanadoo.fr - Site internet : http://www.editionstextuel.com


Sommaire

*Introduction - La gauche face à son histoire socialiste : des légendes aseptisées aux radicalités mélancoliques, par Philippe Corcuff et Alain Maillard

Partie I : Les socialistes et le pouvoir : jalons historiques d’une question

Chapitre 1 - Esquisse d’un tableau chronologique des socialismes français (1789-1905), par Alain Maillard (maître de conférences en sociologie à l’Université de Picardie-Jules Verne)

Chapitre 2 - Les socialistes français et le pouvoir (1871-1914), par Michelle Perrot (professeure émérite en histoire contemporaine à l’Université de Paris VII)

Chapitre 3 - « C’est le pouvoir qui nous a possédés » - La gauche socialiste et le pouvoir (1921-1947), par Thierry Hohl (agrégé d’histoire, docteur en histoire contemporaine de l’Université de Bourgogne)

Partie II : Figures militantes

Chapitre 4. - Auguste Blanqui, communiste hérétique, par Daniel Bensaïd (maître de conférences en philosophie, Université de Paris VIII) et Michael Löwy (directeur de recherches émérite en sociologie au CNRS)

Chapitre 5 - Les militants parisiens de la Ière Internationale et le « proudhonisme » dans les années 1860, par Bruno Scacciatelli (doctorant en sociologie à l’Université de Picardie-Jules Verne)

Chapitre 6 - Jaurès, la propriété collective ou le pouvoir des sans-pouvoir, par Philippe Chanial (maître de conférences en sociologie à l’Université de Paris IX-Dauphine)

Chapitre 7 - Léon Blum au congrès de Tours de 1920 - Actualité et inactualité d’une lucidité partielle, par Philippe Corcuff (maître de conférences en science politique à l’Institut d’Études Politiques de Lyon)

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