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Médias : François Hollande pratique les effets d’annonce sans lendemain

vendredi 23 janvier 2015 , par Le SNJ-CGT - Contacter l'auteur

Le discours de François Hollande, à l’occasion des cérémonies du 70
e
anniversaire de l’AFP,
s’est soldé par l’absence de réponses concrètes. Quelques jours après la tuerie
de Charlie
Hebdo qui pose la question de la défense du droit d’expression et de l‘existence des titres
sans ressources publicitaires et face aux menaces sur le pluralisme du fait des
concentrations, le gouvernement n’apporte aucune proposition sérieuse.

La tenue de ces festivités avait suscité le refus du SNJ CGT d’y prendre part non seulement
car ces agapes se tenaient quelques jours après l’assassinat de nos 12 confrères de Charlie,
mais aussi parce que de nombreux salariés de l’AFP étaient choqués par
l’invitation du PDG
Hoog faite à la présidente du FN, Marine Le Pen, d’assister à la cérémonie.
Malheureusement elle était bien présente et elle a bénéficié, grâce à cette invitation, une
nouvelle fois d’une couverture médiatique abondante
faisant oublier
que l’on commémorait la
libération de l’AFP du joug de l’occupant nazi par un groupe de journalistes résistants.

Le chef de l’Etat s’est borné pour sa part à réitérer les promesses faites par le candidat
Hollande pour l’adoption du projet de loi devant re
nforcer la protection des sources des
journalistes. Le texte
« 
sera discuté au Parlement cette année
 »
a-t-il assuré, omettant
toutefois de rappeler que le gouvernement Ayrault, et en particulier, le ministre de l’intérieur
de l’époque, Manuel Valls, en av
ait empêché le vote l’an dernier.
Aujourd’hui le même Valls,
hôte de Matignon, a
demandé
sans précision, que ces aides
soient
« 
plus ciblées sur la
presse dite d’information politique et générale quitte à ouvrir la définition de cette notion
 ».
Dont acte.

Concernant l’AFP, François Hollande s’est félicité du vote de la loi Françaix par les députés,
pressant lourdement les sénateurs d’entériner ce projet. Même s’il a
rappelé que le statut
de
1957 a été depuis près de soixante
ans
« 
le statut de l
a liberté
 »,
le chef de l’Etat a
clairement laissé entendre qu’il avait
cédé aux diktats de Bruxelles sur le dogme de la
« 
concurrence libre et non faussée
 »
pour mettre fin au statu quo.

Le SNJ-CGT réitère son opposition à cette réforme dangereuse et ap
pelle à revoir cette loi et
les pseudo
s
réformes qui l’accompagnent, car elles constituent un danger pour l’avenir de la
seule agence de presse mondiale non anglo-saxonne. Une loi dont le contenu va à l’opposé
des promesses du candidat Hollande qui, à l’ép
oque, prônait la pérennité du statut de 1957
et la permanence de son budget pour lui permettre d’assurer son rôle mondial.

Si le chef de l’Etat a évoqué de grands principes et formulé de belles paroles sur la question
du pluralisme, il a soigneusement évité de donner des pistes concrètes pour re
médier aux
concentrations qui sont de plus en plus prégnantes au profit des grands groupes multimédias
et des banques. En clair c’est main basse sur la presse et on ne change rien.

Pour le SNJ-CGT, il y a urgence avec les journalistes et leurs organisatio
ns syndicales à
remettre en chantier les lois anti-concentrations et revoir de fond en comble la politique des
aides à la presse. Il est temps de mettre les bouchées doubles pour que vivent les titres de
la presse d’information générale et notamment ceux q
ui sont en sursis. Le sort de Charlie
Hebdo a été mis tragiquement sur le devant de la scène à ce sujet.

L’hebdomadaire
satirique, avant la tragédie, était à l’agonie et, malgré les demandes pressantes auprès du
gouvernement, n’avait pas trouvé de solution
, hormis de lancer une souscription auprès de
ses lecteurs. Il a fallu que survienne l’horreur pour qu’enfin les pouvoirs publics daignent
débloquer des fonds et éviter la disparition du titre.

Nous rappelons également au gouvernement Valls-Hollande les d
emandes de syndicats de
la profession permettant de garantir l’indépendance des journalistes en accordant un statut
juridique aux rédactions.

François Hollande, lors de ce discours, n’a pas trouvé un mot pour évoquer l’avenir du
service public de l’audiovi
suel. Il est pourtant urgent de mettre un terme aux politiques
d’austérité appuyées sur les principes du
cost killing
qui conduisent à des réductions de
postes et au bout du compte à une mise en cause de la qualité de l’information et des
programmes du ser
vice public.
Nous attendons désormais du gouvernement des actes concrets afin de défendre la liberté
d’expression mais aussi les droits des journalistes frappés par les suppressions d’emplois, la
précarisation et les atteintes à leurs droits sociaux.

Les q
uatre millions de manifestants du 11 janvier ont aussi marché pour défendre une
information pluraliste et de qualité.

La démocratie c’est maintenant.

Mots clés : Gouvernements / Médias-Presse-Sondages / Syndicats /
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