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Quand le syndicat de police Alliance exigeait que Charlie Hebdo ne soit plus protégé

jeudi 22 janvier 2015 , par David Perrotin - Contacter l'auteur - 3 coms

Le flair du syndicat Alliance Police nationale fait vraiment peur. Dans son édition parue ce mercredi, Le Canard enchaîné publie un tract que l’organisation syndicale avait distribué en avril 2013.

Protéger Charlie Hebdo : « Inadmissible »

S’appuyant sur leur « bonne intuition », ces policiers assimilaient la surveillance des « locaux privés d’un journal » à une « tâche indue », à un « luxe ». Ils exigeaient :

« Le 4 avril, lors d’une audience auprès du directeur de la DOPC, nous avons exigé l’arrêt immédiat de la mission “ Charlie Hebdo !”.

Depuis plus de 7 mois les compagnies d’intervention fournissent jusqu’à 9 collègues par jour pour la protection des locaux privés d’un journal. INADMISSIBLE ! ! ! »

Selon Le Canard, la préfecture n’avait pas donné suite, mais la « garde statique permanente » devant l’hebdomadaire avait toutefois été remplacée depuis septembre par de simples rondes aléatoires.

Contacté par Rue89, Pascal Disant du syndicat Alliance ne voit « aucune erreur d’appréciation ». Il dénonce un « coup bas » :

« Le Canard enchaîné a publié l’extrait de notre tract et pas le document intégral. Nous ne ferons donc aucun commentaire. »

Mais que disait l’intégralité du document ?

« On se gardera bien de vous le dire. C’est une fausse polémique qui vient de la concurrence syndicale. Et sachez de toute façon que si trois, quatre ou cinq policiers avaient été postés devant les locaux de Charlie Hebdo, il y aurait simplement eu plus de policiers tués. »

Un syndicat coutumier des fausses rumeurs

Le syndicat Alliance sait aussi se faire remarquer pour ses fausses informations.

Le 9 janvier dernier, juste après l’assaut lancé par le Raid dans l’épicerie casher de la porte de Vincennes, Pascal Disant avait assuré à CNN, puis à Rue89 que la complice du terroriste Amedy Coulibaly était présente parmi les otages et avait pu prendre la fuite.

Cette « information » (que nous avions décidé de ne pas publier) s’est finalement révélée totalement fausse.

Loin de se remettre en cause, l’auteur de cette rumeur préfère se défausser sur les médias :

« Pour moi, l’info était solide, mais on a tous été débordés par l’actu du moment. Et puis nous ne sommes pas les seuls, BFMTV par exemple a fait beaucoup d’erreurs. »

Un autre « dérapage » en 2013

En juillet 2013, après la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, sur son Facebook et sur Europe 1, l’organisation syndicale assure que des cadavres de l’accident ont été dépouillés. Et tant pis si le procureur et la préfecture contestent immédiatement cette version.

Il faudra attendre une dizaine de jours pour que ce syndicat coutumier des erreurs et fausses rumeurs reconnaisse sa faute. Dans Libération, le secrétaire-général adjoint, Frédéric Lagache, admettait un « dérapage dû à la fatigue » :

« C’est l’été, certaines personnes qui n’ont pas l’habitude de communiquer se retrouvent en première ligne. Mais tout ça a été rattrapé par la suite, notre communiqué était beaucoup plus prudent que l’intervention de notre collègue sur Europe 1. »

http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/21/quand-syndicat-police-alliance-exigeait-charlie-hebdo-soit-plus-protege-257241

Mots clés : Attentats-Terrorisme / Police - Répression / Presse écrite / Syndicats /

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