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Quand les Verts avalent des couleuvres et prétendent nous conduire à nouveau vers la « Terre Promise »

mardi 19 avril 2005 - Contacter l'auteur - 9 coms

De Patrice Bardet

Ils nous serinent
- que le Parlement Européen pourra faire et défaire, notamment les politiques anti-sociales, protéger les services publics, casser la suprématie du libéralisme, être à l’initiative des lois.
- Qu’une « pétition citoyenne » pourra infléchir les politiques, et même être à l’initiative d’une loi

Sur ces deux points particuliers, on vérifiera sans problème avec le texte du traité que c’est faux, puisque seule la Commission a l’initiative des lois (article I-26-2 : un acte législatif de l’Union ne peut être adopté que sur proposition de l’Union, sauf dans le cas où la constitution le prévoit)

Les Verts savent à n’en pas douter avaler avec brio les "couleuvres" et en bons bonimenteurs, prétendre à nouveau nous conduire vers la "Terre Promise" du fédéralisme.

Un retour sur la campagne des Verts pour les Elections Européenne du 13 Juin 2004 s’impose pour juger ce que valent les « promesses de lendemains qui chantent » et les « pouvoirs » du Parlement Européen.

Soyons justes, ils nous annonçaient déjà la couleur : le moisi de leur modèle de société entre deux tranches d’avancées institutionnelles


Extrait de la campagne des Verts aux élections du 13 juin 2004

Vient ensuite la déjà tristement célèbre "troisième partie" qui n’est qu’un "copié/collé" des politiques nocives inscrites dans les traités en vigueur. Il faut ici rappeler - avec force - que cette partie n’a jamais été débattue en plénière par la Convention, et que seuls les deux premiers volets composaient le livre final présenté, par elle, au Sommet européen de Salonique, en juin 2003.

C’est donc une escroquerie totale que de présenter cette 3ème partie - les politiques - comme inéluctablement liée aux règles institutionnelles. Et c’est bien là que doit porter la bataille électorale qui s’annonce, afin de défaire un "paquet" que les dirigeants européens productivistes veulent présenter comme bien ficelé.

Accepter de répondre à la question "Au final, prendriez-vous ce paquet global ?" c’est accepter de tomber dans le double piège des libéraux qui tentent, soit de "fourguer" le moisi de leur modèle de société entre deux tranches d’avancées institutionnelles, soit de bloquer, en cas de rejet, le curseur réglementaire au niveau actuel, ce qui leur assure également, de fait, tous les pouvoirs.

Car n’oublions jamais que rejeter tout projet constitutionnel en prétendant ainsi se débarrasser de sa 3ème partie est une absurdité. Car ne resterait alors en vigueur que le traité de Nice - l’actuelle "Constitution" - et toutes ses politiques qui composent - justement - cette 3ème partie !

Par leur vote du 13 juin prochain, nous appelons donc nos concitoyens à désamorcer, avec nous, ce "colis piégé".

Partout dans l’Union, le parti Vert européen - premier parti continental jamais créé - va ainsi faire de ce scrutin une exigence de retrait de cette 3ème partie, par un vote sanction contre les politiques qui y sont enkystées. Et, en fédéralistes convaincus, nous réaffirmerons - en même temps - l’impérieux besoin d’une Constitution pour éviter que l’Union, bloquée à 15 membres, ne devienne grabataire à 25.

Mots clés : Dazibao / International / Partis politiques / Patrice Bardet / TCE - (EUROPE) /

Messages

  • A défaut de couleuvre ils peuvent aussi boire la tasse, comme nous le fait remarquer ce conseiller municipal Verts de Guérande. ça fait plaisir de voir certains en rebellion !
    Que disent les Verts du RIFstein ?
    Libéralisons et développons durablement qu’ils disent, les pollutions sont intégrées à notre économie, la déréglementation poursuit son cap

    Les marins eux ont bien compris les dégats du marché européen :


    POURQUOI LES MARINS VOTERONT NON
    J’ai eu l’occasion de m’exprimer lorsque les marées noires de l’ERIKA, puis du PRESTIGE, se sont répandues sur nos côtes.

    J’ai dit et redit que ces marées noires sont la conséquence du "toujours moins cher". C’est-à-dire d’une volonté politique, clairement affirmée en Europe, selon laquelle le transport doit coûter le moins cher possible, pour faciliter la concurrence "non-faussée".

    J’ai connu une époque où une loi française imposait aux pétroliers d’importer 60% du brut sous pavillon français, pour raison d’indépendance nationale. En conséquence, les navires Total ou Shell étaient en bon état, car participant de la publicité dela marque. Mais bien sûr, cela "faussait" la concurrence. Cette loi a donc été abrogée, et les tankers sont passés sous pavillon de complaisance. Je peux donnerune date pour la période charnière. 8 janvier 1979. Explosion du pétrolier Bételgeuse dans le port de Bantry Bay. 51 morts. Il devait être vendu et dépavillonné. Des témoins ont indiqué qu’il était entretenu au minimum en attendant.

    J’ai connu une époque où, par mesure de justice pour les Etats du Sud, et faciliter le développement de leur flotte de commerce, le principe du 40/40/20 avait été adopté sur les lignes régulières. Ce principe de partage du marché du transport entre 40% pour le pays importateur, 40% pour le pays exportateur, 20% pour les outsiders, avait commencé à être appliqué. Mais c’était contraire à la liberté de concurrence. Terminé. Il n’y a plus de flotte des pays du sud. Plus de flotte des pays du Nord nous plus d’ailleurs. C’est-à-dire que tous les navires ou presque sont sous pavillon de complaisance, avec des pays du sud qui louent l’utilisation de leur pavillon à des armateurs-financiers du Nord. C’est mieux. C’est la concurrence non-faussée. Et tant pis pour les dégâts collatéraux.

    J’ai connu l’époque où les Etats (et pas seulement les héritiers de Colbert) considéraient nécessaire pour leur indépendance nationale d’avoir des navires pour couvrir leurs importations et exportations. En foi de quoi ils subventionnaient les armateurs d’une manière ou d’une autre, en particulier, en France, par l’aide à la construction des navires. Mais il est apparu que ces aides "faussaient" la concurrence. Elles ont donc été interdites. En conséquence de quoi les armateurs ont commencé par faire construire leurs navires là où c’est moins cher (la Corée par exemple, Etat qui, soit dit en passant, ne se gène pas pour aider ses chantiers navals), ce qui a eu comme premier résultat de faire disparaître nos chantiers navals, à l’exception des Chantiers de l’Atlantique, qui construisent des paquebots de luxe. Mais comme tous les armateurs ont fait le choix du constructeur le moins cher, cela n’a pas été suffisant pour faire face à la concurrence.

    Certains ont donc passé leurs navires sous pavillon de complaisance. D’autres Etats Européens ont détourné le principe de "concurrence non faussée" en créant des registres bis avec des règles hors du commun : Impôts sur les bénéfices supprimés au profit d’une taxe unitaire, suppression des impôts directs pour les marins (au profit des armateurs qui les paient moins cher), possibilité d’embarquer des marins offshore sous-payés, effectifs en dessous des conditions nécessaires pour assurer la sécurité en toutes conditions.

    Ces choix n’ont pas été considérés comme contraire aux traités par la Commission. La France vient de suivre cette voie en créant le RIF (registre international français), pavillon de complaisance français qui remplace le registre TAAF.

    Le principe de la "concurrence non faussée", c’est donc, dans le transport maritime, la disparition des chantiers navals, la disparition de la flotte française, et son remplacement par une flotte de navires battant pavillon français, mais hors-la-loi commune, puisque la loi applicable aux marins sera celle du pays où est établie la société de main-d’ouvre qui va fournir ces marins, et qui sera officiellement l’employeur.

    Maintenant, cela n’étonnera personne si je vous dit que les marins à qui j’ai posé la question m’ont tous dit qu’ils voteront NON. Il est vrai qu’ils ne sont plus beaucoup. Mais ils sont nombreux, ceux qui ont été obligés de mettre sac à terre, comme les anciens des chantiers, et tous ceux à qui on veut faire croire que la société de marché, c’est l’idéal et l’avenir des peuples.

    Jean-Paul Declercq
    ancien capitaine, marine marchande, syndicaliste , conseiller municipal Verts à
    Guérande

    • ET ILS SERONT NOMBREUX EN VERITE JE VOUS LE DIS CEUX QUI PRETENDENT A NOUVEAU NOUS CONDUIRE VERS LA TERRE PROMISE. COMME CEUX QUI NOUS CONDUISAIENT VERS LA LUMIERE ET LE BOUT DU TUNEL. TOUS CES SOPHISTES TOUS CES TARTUFFES QUE L’ON AGITE ET QUI S’AGITTENT QUAND CREVE L’HUMANITE CONDAMNEE D’AVANCE DANS L’OMBRE DES CENACLES.

    • tout à fait d’accord, et pour compléter je citerais l’exemple du transport terrestre où depuis 20 ans tout à été fait pour iibéraliser à outrance le transport routier, au grand bénéfice des transporteurs contre la SNCF. Les conséquences sur l’environnement et la santé sont connues depuis des décennies mais le profit reste l’objectif n°1. Les routiers esclaves de la société de consomation à flux tendus, et une SNCF cassée en morceaux prêts à être vendus, au grand bonheur du capitalisme européen......
      ancien cheminot moi-même, c’est NON

    • cher camarade vert contre le oui des tu devrais publier ton témoignage sur les médias libres

    • Les verts...opportunisme et libéralisme...et champions pour FAIRE AVALER DES COULEUVRES A LEUR ELECTORAT...

  • Bonjour
    Inspirés par de justes questions, le mouvement écologiste dans son ensemble, que ce soit en France ou ailleurs, a fait acte de détournement d’une contestation sociale qui, en d’autres temps, était ROUGE (pas rose bonbon) et menacante pour l’ordre établi. Certains, au nom d’intérêts qu’ils défendent, en ont toujours été conscients et ont laissé faire, d’autres, sincères, non.

    Retour aux racines i Ce n’est pas avec des "verts", des contestataires de la sorte, que la révolution française eut pu avoir lieu il y a deux siècles !

    Un régime aujourd’hui est à remettre en question.
    Mais attention aux naïfs : Les verts détournent la colère.

    Antoine

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