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Que pense l’opinion publique européenne ?

jeudi 26 juin 2008 - Contacter l'auteur - 12 coms

de Slovar

Sur le sujet de l’Europe et de sa construction, nos hommes et femmes politiques disent tout et son contraire. Nous avons pris l’habitude de cette savoureuse phrase : "nous avons besoin de plus d’Europe" jusqu’à l’écoeurement.

Ce que les citoyens perçoivent, c’est surtout que lorsque quelque chose réussit, c’est grâce aux gouvernements nationaux et lorsqu’une contrainte surgit, c’est la faute des bureaucrates de Bruxelles. Bureaucrates qui tiennent d’ailleurs leurs pouvoirs des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne.

Une autre remarque : C’est probablement parce que nous avons "besoin de plus d’Europe" qu’aucun leader politique français ne siège au parlement européen. Toutes les têtes de listes des grands partis ainsi que leurs principaux membres profitent de la première occasion pour passer leur mandat à leurs suppléants pour mieux revenir siéger ... à Paris.

Devant ce magnifique enthousiasme de nos dirigeants, on est en droit de se demander quelle est la perception de ceux à qui on ne demande jamais quelle est leur "besoin (envie ?) de plus d’Europe"

Cette perception nous est donnée par la "Vague 69" de l’Eurobaromètre publié le 25 juin 2008. Cette étude a été réalisée entre mars et mai 2008. Le document qui est très riche en données permet pour une fois de connaître et peut être de mieux comprendre pourquoi et comment le fossé se creuse entre citoyens et experts.

C’est, entre autre, le site "Toute L’Europe" qui nous l’annonce et le commente. Le commentaire de Toute l’Europe met en valeur les réactions françaises, le rapport lui, présente les réactions et attentes de façon plus globale.

Sommaire du rapport

PARTIE I : INDICATEURS DE TENDANCE

1. LES ATTENTES A COURT TERME

2. LES PREOCCUPATIONS DES CITOYENS EUROPEENS

3. LES NIVEAUX DE PRISE DE DECISIONS POLITIQUES

4. LA DIRECTION DANS LAQUELLE EVOLUENT LES CHOSES

5. L’IMAGE DE L’UNION EUROPEENNE

6. LE SOUTIEN A L’APPARTENANCE A L’UNION EUROPEENNE

7. LES BÉNÉFICES DE L’APPARTENANCE A L’UNION EUROPEENNE

8. LA CONFIANCE DANS L’UNION EUROPEENNE ET LES INSTITUTIONS NATIONALES

9. LA PERCEPTION DE LA COMMISSION EUROPEENNE

10. LA PERCEPTION DU PARLEMENT EUROPEEN

PARTIE II : QUESTIONS POLITIQUES

11. LA MONDIALISATION

12. LES VALEURS

13. LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Présentation et commentaires sur rapport de ce rapport de 143 pages sur le site "Toute l’Europe"

Après les bons résultats enregistrés lors de la vague précédente, elle traduit un retournement du moral des Français sur les questions économiques, qui a des répercussions sur leur attitude à l’égard de l’UE.

Le pouvoir d’achat : source d’inquiétude n° 1 pour les Européens

Première constatation : le pouvoir d’achat prend la tête des préoccupations des Européens. Cité par 37 % des sondés, cet item enregistre une hausse de 21 points en deux ans. Il y a donc désormais plus d’Européens inquiets face à la hausse des prix que face au chômage ou à l’immigration. En France, l’inflation est même citée par plus de la moitié des personnes interrogées (51 % d’entre elles).

Le sujet est encore plus présent en Autriche (54 %) mais les prix sont aussi au premier plan chez les Belges (48 %), les Allemands (44 %) et les Italiens (44 %), qui citent le pouvoir d’achat avant tout le reste. L’Europe du Nord semble moins affectée par ce phénomène puisque moins de deux personnes interrogées sur dix au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède le placent en première position.

Sale temps en vue pour l’économie

Concernant la situation économique de leur pays, la plupart des Européens (46 %) estiment que les douze mois à venir seront moins bons que les douze derniers. Si les pronostics économiques sont particulièrement pessimistes au niveau national, ils le sont un peu moins pour l’Union européenne : seulement 26 % des sondés pensent que la situation sera plus mauvaise que l’année passée.

Les Français sont plus inquiets que la moyenne européenne : 57 % s’attendent à un avenir moins florissant. Ce changement rompt avec le regain d’optimisme enregistré quelques mois après l’élection présidentielle de 2007. Alors que moins de la moitié des Européens (45 %) estime que "les choses vont dans la mauvaise direction dans leur pays", près de deux Français sur trois sont de cet avis (61 %). Seuls les Italiens, les Britanniques et les Hongrois les dépassent.

Ce constat plutôt négatif est conforté par le fait que 63 % des Français sondés pensent aux délocalisations lorsqu’ils entendent le mot "mondialisation", contre seulement 41 % de l’ensemble des Européens, soit un écart de 22 points.

L’appartenance à l’UE fait moins recette

Autre signe du pessimisme actuel des Français : au printemps 2008, leur attachement à l’UE recule, alors que depuis deux ans on observait le mouvement inverse. La moitié (48 %) des Français interrogés considère que l’appartenance de la France à l’Union est une bonne chose (contre 60 % mi -2007). Un tiers pense que ce n’est ni un bonne, ni une mauvaise chose et 17 % une mauvaise chose. La part de ceux qui estiment que la France a bénéficié de son appartenance à l’UE a également diminué pour s’établir à 49 %.

Quant au crédit des institutions politiques nationales, il enregistre lui aussi une baisse. Les Français font peu confiance à leur parlement (35 %) et à leur gouvernement (28 %). Ce dernier jugement se situe néanmoins dans la moyenne européenne. 32 % du total des personnes interrogées sont ainsi confiantes dans leur gouvernement, avec toutefois d’importants écarts entre les Lituaniens, Lettons et Hongrois (dont moins de 20 % accordent leur confiance à leurs dirigeants) d’une part et les Danois, Néerlandais et Suédois (entre 40 et 55 %) de l’autre.

On remarque finalement que beaucoup de Français (86 %) considèrent que la voix de la France compte dans l’Union européenne, ce qui contraste avec les autres pays européens : moins de deux Européens sur trois (61 %) sont de cet avis pour leur propre pays.

Enquête réalisée en face à face auprès d’échantillons de population âgée de 15 ans et plus, constitués selon la méthode aléatoire. 1 000 Français ont été interviewés, sur un total de 30 000 entretiens.

Résultats complets de l’étude (pdf)

Un document à consulter avec attention par les citoyens européens qui vont, dans peu de temps, se rendre aux urnes pour renouveler leur parlement européen.

Slovar les Nouvelles

http://slovar.blogpot.com

Sources, crédits et copyrights

Toute l’Europe

Le site de la commission européenne

Mots clés : Dazibao / Europe / Slovar /

Messages

  • L’Union européenne est antidémocratique, patronale, et cléricale.
    De plus en plus de gens le comprennent.

    • "L’union européenne" n’est pas européenne. Avant tout

    • "L’appartenance à l’UE fait moins recette"...

      c’est un euphémisme !

      La plupart des gens a désormais compris qu’il n’y a rien a attendre de l’UE du moins pour les salariés.
      Militons pour la sortie de l’UE.

    • militons pour la sortie de l’UE et pour la sortie du capitalisme.

      Aujourd’hui l’un ne va pas sans l’autre !

    • Ca reste à voir : si c’est un parti de droite qui est au pouvoir et qui veut nous sortir de l’UE pour des raisons bien à eux (le protectionnisme est une stratégie capitaliste comme les autres qui a son utilité pour les dirigeants à certains moments) j’irais voter non au référendum.

      remarque j’ai voté non à la constitution, et je voterais non a un référendum sur un adhésion à n’importe quelle organisation internationale.
      Sur un référendum pour accepter l’adhésion d’un autre pays à l’UE (comme la grande bretagne en 73), je m’abstiendrais.

      Ce que je voulais surtout indiquer c’est qu’on devrais laisser ces discussions à la droite et PS.

      La france seule n’est pas plus proche du socialisme (ou alors du fameux "socialisme dans un seul pays" qui n’était qu’un foutage de geule magistral).

      Portons directement la lutte au niveau européen (gréves simultanées,manifs devant le parlment et la commission européenne, exiger d’aligner le traitement de tout les travailleurs sur celui du pays ou ils ont le plus de droits etc) ca gagnera du temps.

    • je reviens sur la pauvreté de la propagande . Ce soir à la téle on nous bassine avec c’est grâce à l’Europe que la France et .. la liste suit , agriculture, modernisation du port du Havre etc..

      Puis les chiffre tombent, reçu 13,5 milliards d’EURO , versé 16,5 milliards d’Euros !

      Economiquement ,pas besoin de l’Europe pour faire des choses en France , d’ailleurs Airbus par exemple, c’etait bien avant cette Europe bureaucratique et non démocratique !

      Par contre des coopérations entre les peuples, une harmonisation Européenne par le haut des lois sociales , des actions contre la pollution etc.. nous somme pour, mais aussi sans oublier nos amis du sud !

      Je me sens aussi proche d’un Malien que d’un polonais !

    • moi aussi, c’est pas le problème, je suispas pro-UE, je suis contre perdre son temps dans une lutte qui peut ouvrir la voie à beaucoup de malentendus, qui peut se faire récupérer, et qui n’a aucune chance de nous rapprocher du socialisme (au sens faire prévaloir l’intéret des travailleurs sur celui des patrons).

      Si on peut être assez fort pour faire échec à la droite (et ses laquais PS) en france c’est qu’on est assez forts pour leur faire échec dans toute l’UE.

      Concrétement ca se passerait comment ce retrait ?
      Tu vas me parler de récupérer la souveraineté monaitaire etc, mais ca c’est la soucveraienté de la bourgeoisie.
      Pour nous, ca changera surtout que ceux qui habitent à coté de la frontière devront à nouveau se faire chier à chaque passage, que les camarades d’en face pourront peut-être plus venir soutenir nos manifs aussi facilement, qu’on sera taxés de "traitres à la patrie" si on veut organiser des gréves transnationales etc.
      Et est-ce que les étrangers seront mieux traités ?

      Tu parle d’Airbus, bien, regarde le problème actuel : les syndicats francais et allemands se tirent dans les pattes pour que leurs adhérents croient que c’est la faute des ouvriers de l’autre pays. Ce qu’il faudrait pour faire avancer la cause des travailleurs dans ce cas c’est un mouvement de la base unie à travers les frontières qui conr-circuite les syndicats. Comment tu articule la revendication du retrait de l’UE la dedans ?

      Regarde la yougoslavie des années 90, toutes ces indépendances déclarées parce que la yougoslavie était devenue anti)démocratique etc, ca n’a servis que l’élite locale qui se placait directement sous le controle de la finance internationale. Est-ce que je veut dire qu’il fallait soutenir milosevic ? NON !!! Je veut dire qu’il n’y a pas de "moindre mal" dans un contexte capitaliste, la plupart des alternatives sont pourries, il faut viser directement la sortie, c-à-d la mobilisation de la classe ouvrière pour la prise du pouvoir (rien à voir avec la guerilla du che).

      Bon, c’est un peu fouillis, demande si je suis pas assez clair.

    • Heureusement, qu’il y en avait un savait expliquer les choses mieux que moi, donc :

      Ne croyez pas, messieurs, qu’en faisant la critique de la liberté commerciale nous ayons l’intention de défendre le système protectionniste.

      On se dit ennemi du régime constitutionnel, on ne se dit pas pour cela ami de l’ancien régime.

      D’ailleurs, le système protectionniste n’est qu’un moyen d’établir chez un peuple la grande industrie, c’est-à-dire de le faire dépendre du marché de l’univers, et du moment qu’on dépend du marché de l’univers on dépend déjà plus ou moins du libre-échange. Outre cela, le système protecteur contribue à développer la libre concurrence dans l’intérieur d’un pays. C’est pourquoi nous voyons que dans les pays où la bourgeoisie commence à se faire valoir comme classe, en Allemagne, par exemple, elle fait de grands efforts pour avoir des droite protecteurs. Ce sont pour elle des armes contre la féodalité et contre le gouvernement absolu, c’est pour elle un moyen de concentrer ses forces, de réaliser le libre-échange dans l’intérieur du même pays.

      Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange.

      Marx, discour sur le libre échange

    • le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale.

      ... dans un système qui ne serait pas également FASCISTE, c’était peut-être vrai, et, en outre, "de nos jours", c’est à dire il y a un siècle.

      En un siècle, il y a eu des changements.

      Le divorce avec l’Union Européenne ne signifie pas le "protectionnisme" : celui-ci serait immédiatement suivi par tous les autres pays qui ne veulent pas de ce fascisme là. Et les peuples de ces pays pourraient peut-être alors prendre les choses en main, à LEUR profit, pour changer.

    • Marx, encore une fois, avait raison, tout simplement parcequ’il raisonnait à partir des intérêts du prolétariat mondial. La roue de l’histoire ne va pas vers des entité toujours plus petites mais vers des entités toujours plus grandes. Si la lutte finale n’a pas eu lieu avant, elle aura lieu quand le capitalisme, faute d’espace, ne pourra plus résoudre ses contradictions par la fuite en avant.

      CN46400

    • Le fascisme suppose des groupes armés prêts à castagner du gréviste et de l’imigré.
      L’UE est pour l’instant une entité capitaliste en formation, aussi pourrie que le reste mais si on a la force de pousser à la sortie de l’UE (et je parle d’une sortie combinée avec le socialisme pas une sortie par la droite comme le voudrait de villers etc, alors c’est qu’on a la force de changer l’UE directement, et ca ca inspirerait le reste du monde.

      Je maintiens, que la lutte pour le socialisme doit s’appuyer sur une politiqueINDEPENDANTE de la classe ouvrière. indépendance vis à vis de la bourgeoisie sous toutes ses formes que ce soit ton patron (quand il se fait racheter par un autre patron, tu vole pas à son secours, non ?), la bourrgeoisie nationale, européenne ou internationale. Il n’y a pas à s’allier avec l’une contre l’autre.

      Le cadre actuel des luttes, c’est le monde entier, parce que les entreprises ont les moyens techniques pour fonctionner à l’échelle de milliers de kilométres, pour communiquer en un instant d’un bout du monde à l’autre.

      Lutter en s’enfermant dans un cadre plus petit c’est se tirer une balle dans le pied (ou dans l’oeil).
      Evidament ca pose de problème, ca impose de rompre certaines habitudes (la révolution par les urnes devient nettement moins possible).

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