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réactions dans Le temps (quot suisse) aux propos France sur Iran

mardi 18 septembre 2007

Mohamed ElBaradei refuse que les grandes puissances lui dictent sa conduite

NUCLEAIRE. Le patron de l’AIEA demande à ne pas se « laisser emporter » sur le dossier iranien. Etats-Unis et France visés.

Maurin Picard, Vienne
Mardi 18 septembre 2007

Mohamed ElBaradei en a fait une affaire de principe : aucune grande puissance ne dictera sa conduite à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), basée à Vienne. Pour le directeur général de cette institution « technique » rattachée au système des Nations unies et en charge de la lutte anti-prolifération nucléaire, aucune manœuvre politique ne saurait détourner ses inspecteurs, auréolés d’un Prix Nobel de la paix en 2005, de leur objectif sacré : établir aussi précisément que possible les contours du programme nucléaire d’un pays suspecté de chercher à se doter de la bombe atomique et de contribuer ainsi au désarmement de la planète, vœu pieux inscrit dans la charte du Traité de non-prolifération (TNP), en 1968.

Les propos énergiques du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à l’encontre de Téhéran et de son programme nucléaire, ont donc très logiquement déclenché la colère de Mohamed ElBaradei. Le haut fonctionnaire onusien d’origine égyptienne a déclaré hier, en marge de l’assemblée générale de l’AIEA qui s’ouvrait à Vienne : « Nous avons affaire à un dossier très lié à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale au Proche-Orient et c’est pourquoi je demanderai à tout le monde de ne pas se laisser emporter jusqu’à ce que nous soyons parvenus au bout de la procédure (d’inspection des sites nucléaires iraniens, entamée en février 2003). J’ai clairement signifié que je ne voyais pas en ce moment de danger clair concernant le programme nucléaire iranien. » Celui qui est à la tête de l’Agence de Vienne depuis 1997 récuse dont fermement la perspective, à ce stade, d’une option militaire contre l’Iran.

Né en Egypte en 1942, diplômé en droit de l’Université du Caire, Mohamed ElBaradei s’est attiré ces derniers jours les foudres des Etats-Unis au sujet du dossier iranien. Le 5 septembre, le quotidien américain Washington Post lui reprochait de vouloir signer une « paix séparée » avec l’Iran, au moment où le Conseil de sécurité des Nations unies débat d’une troisième salve de sanctions à l’encontre de Téhéran.

Soupçonné par divers pays occidentaux de chercher à se doter de l’arme nucléaire, sous couvert d’un programme civil de production d’électricité, l’Iran refuse de renoncer à ses activités d’enrichissement de l’uranium et a signé le 21 août dernier avec l’AIEA un plan d’action qui lui donne jusqu’à la fin de l’année pour répondre aux questions en suspens autour de ses activités nucléaires. « Laissez-nous la main et nous verrons bien où nous en serons en novembre », ne cesse de clamer depuis le directeur général de l’AIEA.

« Au lieu d’appliquer la politique du Conseil de sécurité ou des instances de l’agence, s’indigne le Washington Post, Mohamed ElBaradei se comporte comme s’il était indépendant d’eux, libre d’ignorer leurs décisions et d’utiliser son agence pour contrarier ses membres dirigeants, en premier lieu les Etats-Unis. » Le chef de l’Agence de Vienne aurait en outre été victime de menaces téléphoniques nocturnes et d’e-mails anonymes l’accusant « d’abus de pouvoir, d’arbitraire, de vaste corruption, de népotisme et de violation des droits de l’homme ».

Ce n’est pas la première fois que Mohamed ElBaradei se retrouve dans le collimateur des Etats-Unis. En décembre 2004, en pleine campagne de désignation du nouveau chef de l’AIEA, des micros avaient été découverts dans son bureau. Les Etats-Unis menaient alors un intense lobbying pour empêcher la troisième réélection consécutive du diplomate égyptien, déjà accusé de chercher à faire gagner du temps aux Iraniens. Confrontés à son immense popularité, ils avaient préféré renoncer.

Cette hostilité de l’administration Bush à son égard remonte aux tout premiers jours de 2003. Mandaté par le Conseil de sécurité pour établir la vérité sur les armes de destruction massive irakiennes, Mohamed ElBaradei, accompagné du chef des inspecteurs, le Suédois Hans Blix, avait ridiculisé les Etats-Unis, en affirmant que les « preuves » fournies par la CIA ne reposaient sur rien de concret. Pour Washington, qui n’a jamais pardonné cet affront, pareil camouflet, cette fois-ci au sujet de l’Iran, serait jugé inadmissible.

Vive inquiétude après les propos belliqueux de Kouchner
L’évocation d’une possible guerre avec l’Iran suscite la colère de Téhéran.
Sylvain Besson, Paris
Gaffe ou message savamment calculé ? Lundi, experts et diplomates tentaient d’analyser les propos du ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, qui a exhorté ses concitoyens à se préparer « au pire », c’est-à-dire à « la guerre », dans le dossier du nucléaire iranien.

Téhéran a très vivement réagi à cette déclaration : « Depuis son élection, le président Nicolas Sarkozy essaye de se glisser dans la peau d’un Américain, accuse l’agence officielle IRNA. Les occupants de l’Elysée [orthographié « Ellyse » dans le communiqué] sont devenus les traducteurs des politiques de la Maison-Blanche en Europe et ont adopté un ton qui est encore plus dur, plus incendiaire et plus illogique que celui de Washington. » Sur le site internet de l’IRNA, le communiqué est agrémenté d’un portrait plutôt patibulaire de Nicolas Sarkozy.

« Incompréhensible »

En France, le Parti socialiste a demandé qu’un débat soit organisé à l’Assemblée nationale « à la suite des propos de Bernard Kouchner disant que notre pays doit se préparer à la guerre ». Selon Didier Billion, directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris, le discours du ministre, par sa formulation « à l’emporte-pièce », risque de renforcer l’aile la plus dure du régime iranien. Quant à la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, elle a jugé « incompréhensible » la « rhétorique martiale » utilisée par Bernard Kouchner.

En réalité, les propos du ministre français s’inscrivent dans une escalade verbale soigneusement orchestrée. Le 27 août, Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’un échec des négociations sur le nucléaire iranien conduirait à une « alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ». Lundi, son premier ministre François Fillon a enfoncé le clou : « Les Iraniens doivent comprendre que la tension est à son extrême », a-t-il déclaré.

Pour François Heisbourg, auteur d’un livre sur la crise du nucléaire iranien*, le but des responsables français est de convaincre l’Iran « qu’il court des risques très réels », notamment celui d’être frappé militairement par les Israéliens ou les Américains. Le bombardement d’un mystérieux objectif en Syrie par l’aviation israélienne, le 6 septembre, constitue à cet égard un signal éloquent. « Dans le monde arabe, à part la Syrie elle-même, personne n’a réagi, ce qui devrait faire réfléchir les Iraniens », estime François Heisbourg.

Mais pour l’heure, selon cet expert, l’Iran n’a manifesté « aucune volonté » de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium, comme le demande le Conseil de sécurité de l’ONU. Une attitude qui, si elle persiste, pourrait susciter d’autres déclarations alarmistes de la part de responsables occidentaux.

*Iran, le choix des armes ?, Paris Stock, 2007.

Messages

  • KOUCHNER ET LA YOUGOSLAVIE ,MAINTENANT KOUCHNER ET L’IRAN

    partout ou ce mONSIEUR PASSE = GUERRE ,MORT ,DESTRUCTION MAIS .........

    N ’OUBLIEZ SURTOUT PAS LE PORTAGE DE SACS DE RIZ ,ALLEZ LA FRANCE EGUISEZ

    LES COUTEAUX " QU’UN SANG IMPUR ABREUVE NOS SILLONS "

    OEIL DE BISON

  • KOUKOUCHE même pas foutu de faire le travail qu’on lui demande : mission DARFOUR et la famine en Afrique.
    C’est dire si ses déclarations sur IRAN font autant d’effet que de pisser dans le désert.
    Savent plus quoi dire pour passer à la téloche, bien habillé, bien maquillé mais pour le reste complètement infantilisé.
    Niveau bac à sable ou cour d’école de primaire jouant à la guerre.
    Ridicule comme dab. Avant on avait doublabla maintenant on koukouche à son maître.