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lundi 28 juin 2010 - 00h46 - Signaler aux modérateurs

Lettonie
Pensez-vous que la Grèce aurait des problèmes ?

Le cheminement de la Lettonie vers le servage

par Michael Hudson et Jeff Sommers

Le 15 février 2010 « Counterpunch » - Alors que la presse mondiale se focalise sur la Grèce, ainsi que sur l’Espagne, l’Irlande et le Portugal, étant les zones européennes les plus affectées ; la crise la plus sévère, carrément dévastatrice même parmi les économies postsoviétiques candidates à l’accession de la zone Euro, a échappé – on ne sait comment – à l’attention générale.

C’est sans doute parce que l’expérience de ces pays est un réquisitoire contre l’horreur destructrice du néolibéralisme – et également de la politique de l’Union européenne de les traiter non pas comme elle leur avait promis, non pas en les aidant à se développer comme des pays de l’Europe occidentale, mais au contraire comme des zones à coloniser, comme des marchés d’exportation et des débouchés pour les banques, pour les dépouiller de leurs surplus économiques, de leurs forces vives de main d’œuvre qualifiée et non-qualifiée, leur patrimoine foncier et leurs bâtiments, et tout ce qui avait été hérité de l’ère soviétique.

La Lettonie a subi une des pires crises économiques dans le monde. Elle n’est pas seulement économique mais aussi démographique. La baisse de son PIB de 25,5% en juste deux ans (20%, rien que pour l’année dernière) est déjà la pire baisse qui soit enregistrée. Selon ses propres pronostics, édulcorés, le Fonds monétaire international anticipe une baisse supplémentaire de 4%, ce qui mettrait l’effondrement de l’économie lettone devant celle des États-Unis lors de la Grande Dépression. Les mauvaise nouvelles ne s’arrêtent, toutefois, pas là. Le FMI projette que l’année 2009 verra un déficit capital et financier total de 4,2 milliards d’euros avec 1,54 milliards d’euros, soit 9% du PIB, qui quitterait le pays en 2010.

Entretemps le gouvernement letton accumule rapidement des dettes. De juste 7,9% du PIB en 2007, la dette lettone est estimée à atteindre 74% du PIB cette année, et supposée se stabiliser, selon les meilleures prévisions du FMI, à 89% en 2014. Cela mettrait la dette de la Lettonie loin au-delà des limites exigées par Maastricht pour lui permettre d’adopter l’euro. Pourtant, réussir à entrer dans la zone euro, a été le prétexte principal dont s’est servi la Banque centrale lettone pour imposer de pénibles mesures d’austérité nécessaires pour le maintien du taux d’échange du Lat. Le maintien de ce taux a consommé des montagnes de réserves en devises, qui auraient autrement pu être investies dans l’économie du pays.

Et pourtant personne en Occident ne demande pourquoi l’économie lettone, si typique des pays baltes et d’autres pays postsoviétiques - mais de manière un peu plus extrême -, a-t-elle subi ce sort. Il y a presque vingt ans (1991) depuis que ces pays on réussi leur libération de la vieille URSS, et le système soviétique peut à peine être accusé d’être la seule cause de leurs problèmes. Pas même la corruption - héritage certes de la dissolution de la période soviétique - à elle seule, ne peut être accusée, bien qu’elle ait été augmentée, intensifiée et même encouragée par la forme kleptocratique qui a permis de fournir de telles récoltes de profits aux banquiers et aux investisseurs étrangers. Ce sont les néolibéraux occidentaux qui ont financiarisé ces économies avec leurs « réformes pro-affairistes » si hautement applaudies par la Banque mondiale, Washington et Bruxelles.

De plus bas niveaux de corruption auraient, évidemment, été souhaitables (mais en qui d’autre l’Occident pourrait-il avoir confiance ?). En la réduisant de manière dramatique cela améliorerait peut-être la situation de la Lettonie à un certain niveau dans son cheminement vers le servage euro-endetté. Ces pays baltes ont aussi souffert d’un chômage dramatique, du déclin économique, du déclin de la santé, de l’émigration, en contraste aigue avec la Scandinavie et la Finlande.

Joseph Stieglitz, James Tobin et d’autres économistes bien connus par le public en Occident, ont commencé à expliquer que quelque chose n’allait pas radicalement avec l’ordre financiarisé importé le lendemain de l’effondrement soviétique par les vendeurs idéologiques occidentaux. La théorie économique néolibérale n’était, certainement, pas le chemin pris par l’Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait d’une nouvelle expérimentation, dont la répétition générale avait initialement été imposée au Chili par les « Chicago Boys » à la pointe du pistolet. Ces conseillers en Lettonie provenaient de Georgetown, mais l’idéologie était la même : démanteler le gouvernement et l’offrir à leurs soutiens politiques locaux.

Pour l’application postsoviétique de cette expérimentation cruelle, il était envisagé de donner aux banques occidentales, aux investisseurs financiers et aux économistes ostensiblement adeptes « du marché libre » (ainsi surnommés pour avoir distribué librement, même détaxée, la propriété publique et donné un nouveau sens au terme « déjeuner gratuit » [free lunch]) carte blanche dans une grande partie du bloc soviétique pour concevoir des structures économiques complètes pour chacun des pays. Mais au bout du compte tous les modèles étaient les mêmes. Les noms des personnes changeaient, mais la plupart étaient liées et financées par Washington, la Banque mondiale et l’Union européenne. Et comme les institutions financières occidentales étaient aussi leurs parrains, il n’était pas surprenant qu’ils aient mis en place des systèmes qui favorisaient leurs propres intérêts financiers.

C’était un plan qu’aucun gouvernement démocratique en Occident n’aurait accepté. Les entreprises publiques ont été offertes à des individus de confiance pour les revendre à des investisseurs occidentaux ou à des oligarques locaux. Ceux-là, à leur tour, transféraient leur argent à des havres fiscaux en Occident. Le comble était que les systèmes d’imposition locaux créés épargnaient d’impôt les principaux clients occidentaux – les monopoles fonciers et les infrastructures naturelles. Cela a « libéré » les loyers et les prix monopolistiques, pour qu’ils soient payés par les banques occidentales sous forme d’intérêts plutôt que comme base d’imposition domestique, ce qui aurait aidé à la reconstruction de ces économies.

Il n’y avait presque pas de banques commerciales en Union soviétique. Plutôt qu’aider ces pays à créer leurs propres banques, l’Europe occidentale a encouragé ses propres banques à créer du crédit au dépens de leur économie avec des taux d’intérêts en euros ou en d’autres devises fortes, pour protéger ainsi les intérêts de leurs banques. Cela violait le premier axiome de la finance : de ne jamais définir vos dettes en une monnaie forte, quand votre revenu est défini en une monnaie plus faible.

Mais comme dans le cas de l’Irlande, l’Europe avait promis d’aider ces pays à entrer dans la zone Euro en adoptant des politiques spécialement aménagées. Les « réformes » consistaient à leur montrer comment enlever les impôts des affaires et du foncier (la meilleure clientèle bancaire) et de les mettre sur la main d’œuvre, non seulement comme impôts secs sur le revenu, mais aussi comme impôts secs sur les « services sociaux », pour payer la Sécurité sociale comme un service à l’usage des travailleurs, plutôt que par le budget général alimenté par les revenus les plus élevés.

Contrairement à l’Occident, il n’y a pas de taxes foncières significatives. Cela a obligé les gouvernements à taxer les ouvriers et l’industrie. Mais contrairement à l’Occident il n’y a pas d’imposition progressive, ni d’impôt sur la fortune. La Lettonie dans beaucoup de cas impose les travailleurs à 59%. (Les dirigeants du Comité du Congrès des États-Unis et leurs groupes d’influence, ne pourraient que rêver d’une taxe si punitive à l’encontre de la main d’œuvre - un tel « déjeuner gratuit » pour leurs contributeurs de campagnes !) Avec une telle taxe, les pays européens n’ont rien à craindre des économies qui ont émergé sans impôts sans charges de propriété foncière pour alourdir le coût de leur main d’œuvre avec des taxes, des bas coûts d’habitation et des bas coûts de crédit. Ces économies étaient empoisonnées dès le départ. C’est ce qui les a rendues si « marché libre » et « pro-affairistes » du point de vue de l’orthodoxie occidentale d’aujourd’hui.

Ne pouvant pas prendre des impôts sur le foncier et d’autres propriétés – ni même de mettre en place un impôt progressif sur les revenus les plus élevés, les gouvernements étaient obligés de taxer la main d’œuvre et l’industrie. Cette philosophie fiscale du dégoulinement [idée selon laquelle la richesse dégouline du haut (des riches) vers le bas (les pauvres) – NdT] a provoqué une augmentation importante du prix de la main d’œuvre et du capital, rendant ainsi l’industrie et l’agriculture des économies néolibéralisées si couteuses qu’elles ne peuvent concurrencer la « vieille Europe ». En fait les économies postsoviétiques ont été transformées en zones d’exportation pour l’industrie et les services bancaires de la vieille Europe.

L’Europe occidentale s’est développée en protégeant son industrie et sa main d’œuvre, et en imposant le loyer de la terre et d’autres revenus qui n’avaient pas de contrepartie nécessaire dans le coût de la production. Les économies postsoviétiques ont « libéré » ce revenu en faveur des banques d’Europe occidentale. Ces économies – libres de dettes en 1991 – ont été accablées de dettes en devises fortes (autres que les leurs). Les prêts des banques occidentales n’ont pas servi à développer leurs investissements en capitaux, ni leurs investissements publics, pas plus que pour améliorer le niveau de vie. La plus grande partie de ces prêts ont été accordés principalement pour des actifs déjà sur place, héritage de la période soviétique. Au départ il y a eu un important essor de constructions immobilières, mais maintenant la plupart des bâtiments, délabrés, valent moins que rien, alors que les banques occidentales exigent que la Lettonie et les pays baltes paient, et les pressent encore plus pour s’emparer de leur surplus économique avec encore plus de « réformes » néolibérales qui menacent encore plus de chasser leur main d’œuvre à l’étranger alors que leurs économies rétrécissent et leur appauvrissement s’étend.

Le schéma d’une kleptocratie dirigeante au sommet et une force de travail endettée qui ne serait pas, sinon faiblement, syndiquée, avec peu de protections au niveau de la législation du travail – a été applaudi comme un modèle pro-affairiste à copier par le reste du monde. Les systèmes économiques des pays postsoviétiques étaient totalement « sous-développés », rendus désespérément trop chers et généralement incapables de concurrencer leurs voisins occidentaux dans des conditions tant soi peu comparables.

Le résultat fut une expérimentation économique d’une allure démente, une utopie inversée où les victimes sont l’objet des blâmes. L’idéologie néolibérale du dégoulinement – apparemment préparée pour être appliquée en Europe et en Amérique du Nord, avec une rhétorique aussi optimiste – a été si destructrice économiquement que c’est comme si ces nations avaient été envahies militairement. Par conséquent il est vraiment temps pour commencer à s’inquiéter si les pays baltes ne font pas l’objet d’une répétition générale de ce que nous allons voir aux États-Unis.

Le mot « réforme » dans les pays Baltes comme en Russie, prend maintenant une connotation négative. Il signifie désormais la régression vers la dépendance féodale. Mais alors que les seigneurs féodaux de Suède et d’Allemagne dirigeaient leurs manoirs lettons par le pouvoir que leur permettait la propriété des terres, maintenant ils contrôlent les pays baltes par leurs hypothèques en devises étrangères sur le patrimoine foncier de la région.

Le servage de l’endettement a remplacé le servage tout court. Les hypothèques sont de loin supérieures aux valeurs du marché, qui en 2009 a chuté (selon le type d’immobilier) de 50 à 70%, aussi elles sont de loin au-delà des capacités à payer des propriétaires lettons. Le volume de la dette en devises étrangères est loin au-delà de ce que ces pays peuvent gagner par l’exportation, la production de leur main d’œuvre, de leur industrie et de leur agriculture, vers l’Europe (qui s’intéresse à peine à importer quoi que ce soit) ou d’autres régions du monde où leurs gouvernements démocratiques tiennent à protéger leur force de travail et non pas à la vendre et l’assujettir à des programmes d’austérité sans précédent – tout cela dans le cadre des « marchés libres ».

Deux décennies sont passées depuis l’introduction de l’ordre néolibéral. Les résultats sont désastreux sinon presqu’un crime contre l’humanité. La croissance de l’économie n’a pas eu lieu. Les actifs de l’ère soviétique ont été engloutis dans la dette. Après la Seconde Guerre mondiale, ce n’est pas ainsi que l’Europe occidentale s’est développée, ni même avant – ou la Chine plus récemment. Ces pays avaient poursuivi une voie classique de protection de leur industrie nationale, des dépenses de leur infrastructure publique, adoptant une imposition progressive, des lois contre les délits d’initiés et le pillage – tout ce qui est anathème pour l’idéologie néolibérale du marché libre.

Ce qui est de toute évidence en question sont les hypothèses sous-jacentes de l’ordre économique mondial. Au cœur de la présente crise de la théorie et de la politique économique, ce sont touts les prémisses et concepts directeurs de l’économie classique qui ont été oubliés. George Soros, Stieglitz et d’autres décrivent le casino de l’économie globale (où Soros en y jouant s’est bien enrichi) dans lequel la finance s’est détachée du processus de création de richesses. Le secteur financier fait des demandes de plus en plus grandes, même impayables, sur la vraie économie de marchandises et de services.

C’était cela la préoccupation des économistes classiques quand ils traitaient du problème des rentiers, des propriétaires et des privilèges spéciaux dont les revenus (qui n’avaient pas de contrepartie dans le coût nécessaire à la production) conduisaient a la taxation de fait de l’économie, et dans ce cas en lui imposant de la dette. Les économistes classiques reconnaissaient la nécessité de subordonner la finance aux besoins de l’économie réelle. C’était celle-là la philosophie qui dans les années 30’ guidait la réglementation bancaire, et que l’Europe occidentale et le Japon ont suivie de 1950 à 1970 pour soutenir l’investissement dans la production. Plutôt que réguler la capacité du secteur financier à s’engager dans des excès spéculatifs, les États-Unis dans les années 1980 ont abrogé ses règlements. Les profits du secteur financier aux États-Unis, ont passé de juste au-dessous de 5% en 1982, à une augmentation sans précédent de 41% en 2007. En effet cette activité économique nulle constituait un additionnel prélèvement de « taxes » à l’économie.

De pair avec la restructuration financière, l’élément principal dans le paquet classique était la politique d’imposition. Le but était de rétribuer le travail et la création de richesse, et de collecter le « déjeuner gratuit » provenant des économies sociales « externes » comme base de taxation naturelle. Cette politique de taxation avait l’avantage de réduire la charge sur le revenu (salaires et profits). La terre était considérée comme fournie par la nature sans qu’il y ait pour sa production un coût de main d’œuvre à payer (donc sans coût de valeur). Mais au-lieu de la prendre comme base d’impôt naturel, les gouvernements ont permis aux banques de la surcharger de dettes, augmentant ainsi la hausse du loyer de la terre en intérêts à payer. Le résultat en terminologie classique, est une imposition financière sur la société – un revenu que la société est supposée collecter comme base de taxe pour l’investir dans l’infrastructure économique et sociale pour rendre la société plus riche. L’alternative a été de taxer la terre et le capital industriel. Et ce que les collecteurs d’impôts ont cédé, les banques le collectent sous la forme d’augmentation du prix de la terre – un prix pour lequel les acheteurs paient un intérêt sous hypothèque.

L’économie classique aurait prédit les problèmes de la Lettonie. Sans qu’il y ait de restreintes à la finance, ni de réglementation contre les monopoles, ni aucune protection industrielle, avec la privatisation du domaine public pour créer des « économies de poste de péage » [« tollbooth économies »] et une politique d’imposition qui appauvrit les travailleurs et même le capital industriel alors qu’elle récompense les spéculateurs, l’économie de la Lettonie n’a vu que peu de développement économique. Ce qu’elle a accompli – et c’est ce qui lui a fait gagner tant d’éloges de la part de l’Occident – a été sa volonté de ramasser d’énormes dettes pour subvenir à son désastre économique. La Lettonie a trop peu d’industries, trop peu de modernisation agricole, mais plus de 9 milliards de Lati en dettes privées – qui maintenant risquent d’être transférés sur les comptes du gouvernement, exactement comme cela s’est passé pour renflouer les banques étasuniennes. Si ce crédit avait été utilisé de manière constructive pour bâtir l’économie lettone, cela aurait été acceptable. Mais pour la plus grande partie il a été non productif, octroyé pour alimenter l’inflation du prix de la terre et la consommation de luxe, réduisant la Lettonie à un état de quasi servage par l’endettement. Sarah Palin aurait appelé « machin espoir-changement » [« hopey-change thing » - !!! NdT] quand la Banque de Lettonie suggère que le fond de la crise a été touché. Les exportations ont commencé à reprendre, mais l’économie est toujours en grande difficulté. Si la tendance actuelle persiste il n’y aura guère de Lettons pour profiter de la résurgence économique. Le chômage se tient à plus de 22%. Des dizaines de milliers ont émigré, et des dizaines de milliers encore ont décidé de ne pas avoir des enfants. C’est une réaction naturelle contre l’endettement public et privé de milliards de Lati avec lesquels a été chargé le pays. La Lettonie n’est pas dans la trajectoire des niveaux d’affluence occidentaux, et il n’y a pas de voie de sortie de sa politique actuelle d’imposition régressive, ni de son néolibéralisme anti-travailleur, anti-industriel et anti-agriculteur imposé de manière coercitive par Bruxelles pour permettre à la banque centrale lettone de payer les banques suédoises pour des prêts aussi improductifs et parasitaires.

Albert Einstein avait déclaré que « la folie consiste à faire la même chose encore et encore, et s’attendre à des résultats différents ». La Lettonie a utilisé le même Washington consensus « pro-occidental » [cadre d’une dizaine de dispositions économiques proposées par l’économiste John Williamson en 1989, et imposées par le FMI et la BM entre autres en Amérique latine], autodestructeur, anti-gouvernemental, anti-ouvrier, anti-industriel, anti-agricole, pour plus de 20 ans, avec des conséquences de pire en pire. La tâche maintenant consiste à libérer l’économie de ce cadre néolibéral qui conduit à ce néo-servage. On aurait pensé que la voie choisie serait celle tracée par des économistes du XIXe siècle qui ont mené à la prospérité que nous voyons en Occident et maintenant en Asie de l’Est. Mais cela demandera un changement de philosophie économique – ce qui à son tour demandera un changement de gouvernement.

La question est, comment l’Europe et l’Occident réagiront. Admettront-ils leur erreur ? Ou alors préserveront-ils ? Les signes ne sont pas prometteurs. L’Occident dit que les travailleurs ne sont pas suffisamment appauvris, l’industrie n’a pas été suffisamment affamée et le patient économique n’est pas suffisamment saigné.

Si c’est cela que Washington et Bruxelles disent au Baltes, imaginez-vous ce qu’ils préparent pour leurs propres populations !

Note :

Michael Hudson est un ancien économiste de Wall Street, maintenant un éminent Professeur à l’Université de Missouri, Kansas City (UMKC), et président de l’Institut pour l’étude des tendances macroéconomiques (ISLET). Il est l’auteur de beaucoup de livres, y compris Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire (new ed., Pluto Press, 2002) et Trade, Development and Foreign Debt : A History of Theories of Polarization v. Convergence in the World Economy. Il peut être contacté par son site web mh@michael-hudson.com.

Jeffrey Sommers est co-directeur du groupe Baltic Research à ISLET, et visiteur à la faculté de Stockholm School of Economics à Riga. Il peut être contacté à jeffrey.sommers@fulbrightmail.org No 135

[Traduction Alexandre MOUMBARIS ]

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mercredi 14 mars
de Roberto Ferrario
Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" (...)
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