Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Les Palestiniens manifestent contre l’Autorité Palestinienne (video)

de : Ramallah
lundi 9 juillet 2012 - 10h40 - Signaler aux modérateurs

"La violente répression exercée par les policiers de l’Autorité palestinienne à l’encontre des manifestants de Ramallah, le samedi 30 juin et le dimanche 1er juillet, est une preuve de l’impopularité croissante de l’implication de l’AP dans les négociations et la normalisation de l’occupation israélienne." Lire ci-dessous l’analyse de Jamal Jumaa publiée par pourlapalestine.be

JPEG - 28.6 ko

Les forces de l’Autorité palestinienne tabassent des manifestants sans armes et des journalistes à Ramallah. (Issam Rimawi / APA images)

"Après vingt ans de négociations avortées, il est impossible d’accorder un fondement à ces entretiens, alors qu’Israël accélère le nettoyage ethnique de la Zone C —60 pour 100 de la Cisjordanie sous contrôle total par les Israéliens— et l’implantation de colonies accompagnée de la destruction de maisons palestiniennes, ainsi que la révocation des droits de résidence à Jérusalem.

Initialement lancée par le réseau de la société civile « Palestinians for Dignity » (Les Palestiniens pour la dignité), la manifestation du 30 juin entendait protester contre la décision de Mahmoud Abbas, le président de l’AP, d’inviter l’ancien ministre israélien de la « Défense » et chef d’état-major des forces israéliennes d’occupation, Shaul Mofaz, à Ramallah.

Mofaz ayant commandé les forces d’occupation israéliennes et ayant été, lors de la deuxième Intifada, ministre israélien de la « Défense », il porte une responsabilité directe dans les nombreux massacres et enlèvements. Parmi ses crimes les plus notoires, figure l’utilisation de bulldozers pour détruire des maisons dans le camp de réfugiés de Jénine en 2003 et tuer en même temps nombre d’habitants de ces maisons qui s’y trouvaient encore.

Un criminel de guerre accueilli par l’AP

L’AP a reporté la rencontre en toute dernière minute en raison des pressions intenses émanant des mouvements de jeunes, des partis politiques et au sein même du mouvement du Fatah, ce qui a limité une mobilisation bien plus large contre l’occupation. Néanmoins, les protestations des jeunes se sont poursuivies comme prévu.

Leur but était de souligner le dégoût éprouvé dans les rues palestiniennes à propos de l’invitation initiale, en particulier au vu du fait que des mandats d’arrêt pour crimes de guerre ont été lancés contre Mofaz dans d’autres pays et que, malgré cela, l’homme est reçu à Ramallah par l’AP. Les protestations voulaient adresser un message clair à l’AP : toute tentative de réorganiser cette rencontre ou toute poursuite de ces « négociations » absolument inutiles allait être confrontée à une mobilisation de masse.

La manifestation de samedi a été malgré tout très suivie, selon les normes de Ramallah, avec environ un millier de participants. La détermination des jeunes au cours des deux journées de protestation, avec le maintien des revendications simples en faveur de la dignité et des droits fondamentaux, leur a valu à juste titre un grand respect de la part de nos concitoyens. Ils sont devenus la conscience de notre peuple.

La réponse de l’AP à leurs actions a fait écho aux précédentes répressions des protestations à Ramallah, lors de l’Opération Plomb durci durant l’hiver 2008-09, lorsque la police de l’AP et la mukhabarat (la police politique en civil) se sont servies de bâtons et de gaz lacrymogènes (sans doute de fabrication israélienne ou américaine) pour agresser la foule. La répression de la solidarité avec Gaza avait été si bien coordonnée que l’AP avait même pensé à amener une unité d’agents de police féminins pour tabasser les femmes protestataires, par souci de ne pas offenser les sensibilités quelles qu’elles fussent.

Le soutien de l’extérieur, l’entraînement de l’AP

L’Union européenne et les États-Unis ont été essentiels dans le développement de cet appareil « sécuritaire » de l’AP, avec les États-Unis, et particulièrement la CIA, assumant la responsabilité de l’entraînement et de l’organisation des divers services de renseignement (« La CIA travaille avec les agents palestiniens de la sécurité », The Guardian, 17 décembre 2009).

La mission de police de l’UE dans les territoires palestiniens (EUPOL COPPS) assume la responsabilité d’entraîner la police. Des exemples de torture dans les prisons de l’AP font l’objet de rapports bien documentés et EUPOL COPPS a directement contribué à ces abus par le biais de l’entraînement du personnel carcéral aux techniques de « contrôle d’émeute » (voir le communiqué de presse de la mission : « 20 agents carcéraux palestiniens terminent 3 programmes d’entraînement à la répression des désordres en prison » - 28 mars 2012).

EUPOL COPPS, comme l’indique son site Internet, se consacre au « renforcement des lois et de l’ordre ». Vu que la Palestine est occupée par Israël et que les Palestiniens sont soumis aux lois militaires israéliennes, l’application de la logique aboutirait à la conclusion qu’EUPOL COPPS et, partant, les forces palestiniennes de « sécurité », pourraient très bien finir aussi par « renforcer les lois [militaires israéliennes] et l’ordre [inique] » de l’occupation.

Il est d’un intérêt historique de faire remarquer que l’ancien chef de la mission EUPOL COPPS auprès de l’AP, entre janvier 2009 et janvier 2010, n’était autre que Paul Robert Kernaghan, un ancien inspecteur en chef des Forces royales de l’ordre en Ulster, la fameuse police paramilitaire, noyautée par les protestants, qui appliquait le pouvoir colonial britannique en Irlande du Nord.

Kernaghan a connu une ascension hiérarchique assez étonnante au sein de ces forces de l’ordre, entre 1978 et 1991. Régulièrement, celles-ci opéraient en collaboration avec les escadrons loyalistes de la mort dans l’assassinat sectaire de civils catholiques, et elles réprimaient les manifestations par la violence, utilisant aussi bien des munitions réelles que des balles à enveloppe de caoutchouc (voir « La police de l’Irlande du Nord de mèche avec des tueurs », BBC News, 22 janvier 2007). Les balles « bâtons » enrobées de caoutchouc ont été à elles seules responsables de la mort de dix-sept civils, dont huit enfants (voir les archives Internet de l’Université de l’Ulster sur le conflit). Qu’un tel homme puisse être désigné à la tête de la mission de l’UE en dit particulièrement long sur les priorités du développement de l’appareil « sécuritaire » de l’AP, où l’accent est mis tout particulièrement sur la répression de la dissidence.

C’est précisément à ce genre de répression qu’on a assisté samedi et dimanche. Le recours à des tactiques similaires à celles utilisées lors du Printemps arabe — des mukhabarat agissant incognito et utilisant des chaînes métalliques et des bâtons pour tabasser des gens non armés, agresser des journalistes, rosser des femmes et des jeunes gens, enlever des manifestants en pleine rue et les tabasser dans les postes de police du régime – est un signe évident de ce que tout le vernis de respectabilité et de légitimité que l’AP a si difficilement tenté d’acquérir est occupé à se diluer de plus en plus.

Les crânes défoncés : un sale coup pour l’image de l’AP

Samedi et dimanche derniers, les bâtons de l’AP ont non seulement défoncé les crânes et rompu les os des Palestiniens, mais, de façon très significative, ont également asséné un sale coup à l’image de marque des forces sécuritaires de l’AP et de ses dirigeants.

Les forces de police constituent un élément central des structures de l’AP : 30% du budget général va aux forces de sécurité et, en comparaison, 0,1% seulement au secteur agricole. Il n’est donc guère surprenant que le principal slogan des gens, dimanche dernier, lorsqu’ils se sont fait taper dessus comme si on avait voulu noyer leurs cris, était « À bas le régime militaire ! »

Les échos du nouveau slogan mondialement connu du Printemps arabe – « Le peuple exige la chute du régime » – sont clairs. La violence de la police de l’AP a mis à nu la nature intrinsèquement oppressive d’un régime policier et centré sur le renseignement, qui cherche à contrôler la voie politique d’un peuple qui vit sous une occupation brutale. Il n’est nul besoin de rappeler que la violence et la corruption de la police ont été l’étincelle, en même temps que le carburant, des révolutions du monde arabe, pendant que les défenseurs armés du statu quo se muaient en symboles des grandes injustices de la société.

Bien sûr, les agents de police dans la rue, habituellement pauvres et souvent jeunes, ne sont pas les architectes de cette injustice, pas plus qu’ils ne tirent nécessairement profit de ce qu’ils font. Toutefois, ce sont quand même eux qui tabassent violemment et torturent des civils palestiniens non armés. Ce sont eux qui appliquent les mesures qui violent notre liberté de protester, de nous rassembler et de nous exprimer dans un climat au sein duquel les décisions prises dans les corridors du pouvoir de l’AP sont de plus éloignées des besoins et des revendications du peuple.

Le fait d’avoir invité Mofaz était une provocation adressée à chaque Palestinien mais, malheureusement, elle met en lumière un problème bien plus grave auquel le peuple palestinien doit s’atteler d’urgence. La réaction de notre jeunesse, sa volonté inébranlable et sa détermination nous donnent à espérer qu’une nouvelle génération est prête à jouer un rôle majeur dans la tâche malaisée et délicate de concevoir un nouvel horizon politique et d’œuvrer dans sa direction."

Jamal Juma’ est le coordinateur de Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign (la Campagne palestinienne de masse contre le mur de l’apartheid , basée en Cisjordanie.

Source : Article publié sur The Electronic Intifada 3 juillet 2012. Traduction de Jean-Marie Flémal.

Vidéo ci-dessous : manifestation à Ramallah le 3 juillet contre les violences policières.

http://www.europalestine.com/spip.p...


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

(test au 15 juin 2021)
Facebook Twitter
DAZIBAO
14e festival des Canotiers mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021
lundi 5 juillet
L’association Ménil Mon Temps présente le 14e festival Les Canotiers, « cinéma et concerts en plein air », qui se déroulera du mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021 sur le parvis de l’église de Ménilmontant. Au programme : Des concerts (20h30) : Mer 7 : Dominique Grange et Mymytchell, avec Jonathan Malnoury (guitare) et Alexis Lambert (accordéon). Jeu 8 : Cheikh Sidi Bemol (solo). Ven 9 : TyArd, [Duo Électro-Pop]. Dim 11 : M.A.J, [Duo Électro-Folk’n’Roll]. (...)
Lire la suite
Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
Lire la suite
QUI ATTAQUE UN CAMARADE ATTAQUE NOTRE SYNDICAT DANS SON ENSEMBLE !!!!
samedi 5 juin
de Roberto Ferrario
Après mon expulsion de infocom ordonné par Romain Altmann ma colère est très froide je peux dire glaciale... Je me réveille cet matin avec plein d’idées de comme organiser la riposte... mais tranquillement... Ma première adhésion syndicale à 17 ans mon premier boulot dans le plus grand hôpital de Milan, je ne 64 et certainement n’est pas un Romain Altmann qui va m’empêcher de continuer mon combat, probablement solitaire... Mais aussi avec mes camarades de mon syndicat, la (...)
Lire la suite
La purge interne chez Info’Com-CGT se poursuit...
vendredi 4 juin
de Collectif Bellaciao
La direction du syndicat #InfoComCGT dirigé par le secrétaire général Romain Altmann : après avoir poussé à la démission Mickaël Wamen (délégué CGT Goodyear) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Sidi Boussetta (secrétaire-adjoint UL CGT Blois) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Roberto Ferrario (porte parole du site bellaciao.org) du syndicat #InfoComCGT après la démission de Stéphane Paturey secrétaire général-adjoint d’#InfoComCGT après la démission de (...)
Lire la suite
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite