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Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
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13 Mars ! Déjà 8 ans que Jean Ferrat nous quittait emportant ses rêves inachevés d’un monde meilleur (video)
de : Roberto Ferrario
mercredi 14 mars 2018 - 09h49 - Signaler aux modérateurs
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Jean Ferrat, auteur-compositeur né le 30 décembre 1930 à Vaucresson (Seine et Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche) est intimement lié à la commune d’Ivry-sur-Seine, où il a vécu 40 ans. En octobre 1960, il s’installe avec sa compagne Christine dans un petit appartement du 129, rue de Paris (plus tard renommée avenue Maurice Thorez), qui servira de cadre à plusieurs reportages lui étant consacrés, dont cet extrait de l’émission "Au delà de l’écran" diffusé sur la RTF le 15 mars 1964, l’occasion de faire un bond dans le passé et d’entrevoir l’aspect du quartier dans les années 1960. Fidèle au Petit-Ivry, Ferrat déménagera ensuite à quelques encablures de son premier lieu de villégiature ivryien, élisant domicile rue Baudin. Le 17 juin 2011, une place est nommée en son honneur à l’extrémité nord de l’Avenue Maurice Thorez.

Profitez de votre passage dans le quartier pour faire un tour dans la promenade des Petits-Bois accessible par le passage situé au numéro 127. Remontez l’ancienne "rue de Paris", théâtre de la cavale haletante de Jules Bonnot en 1912, et rejoignez la place Jean Ferrat, d’où vous pourrez admirer le Moulin d’Ivry.

En mai 2004, Jean Ferrat dénonçait, dans un article paru dans Le Monde Diplomatique - « Chanson française et diversité culturelle » - les phénomènes d’ententes dans l’industrie du disque ainsi que l’absence de diversité musicale dans les radios. Critique des médias et passionné de justice : merci Jean Ferrat !

Chanson française et diversité culturelle

par Jean Ferrat

Il ne s’agit pas d’un postulat : la connaissance de la chanson française que j’ai depuis plusieurs années et celle de rapports et d’études de syndicats et d’organisations professionnelles m’ont poussé aux conclusions suivantes.

Tout d’abord j’ai la conviction qu’on ne peut rien comprendre à ce qui se passe dans la chanson française si l’on ne tient pas compte avant tout de quelques données incontestables : d’après un rapport de la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) paru fin 2002, le nombre d’interprètes français qui sont passés sur les ondes, toutes radios confondues, entre 1996 et 2000 a été divisé par quatre  !

Et, pour le quart restant, voici d’après une enquête du Figaro Entreprise du 10 janvier 2003 le nombre de passages radio des cinq premiers pour l’année 2002 :

- Jean-Jacques Goldman : 37 200 passages (plus de 100 par jour)  ;

- Gérald de Palmas : 28 700 passages  ;

- Pascal Obispo : 14 800 passages sur un titre  ;

- Johnny Halliday : 12 900 passages  ;

- Renaud et Axelle Red : 14 800 passages sur un titre.

Dans la même période, sur les cinquante titres les plus programmés, quarante-deux ont bénéficié de campagnes publicitaires des producteurs atteignant parfois plusieurs millions (en francs).

Le nombre de titres différents diffusés est passé en quatre ans de 56 300 à 24 400, soit une diminution de 60 %. Tous ces chiffres ont une signification : ils traduisent de façon éloquente la mainmise écrasante de cinq multinationales (1) du disque dans les domaines de la production de la diffusion et, en dernier lieu, de la distribution.

«  Jamais, écrit l’Union des producteurs phonographiques indépendants (UFPI), le décalage n’a été aussi grand entre la diversité de la production phonographique et la frilosité des médias.  »

Mais pour quelles raisons les radios mènent-elles cette politique  ? Il y a bien sûr, en premier lieu, l’accélération des phénomènes de concentrations verticales (entente producteur-diffuseur), mais aussi une autre raison : plus les radios «  matraquent  » le même titre, plus elles font des «  tubes  ». Plus elles font des «  tubes  », plus elles ont d’écoute. Plus elles ont d’écoute, plus elles ont de «  pub  » et plus elles ont de «  pub  », plus elles font de profit.

C’est ainsi qu’un certain nombre d’artistes, soutenus par ces grands monopoles de production, envahissent les médias avec une telle force (et sans qu’ils soient responsables eux-mêmes de ce phénomène) qu’il n’y a plus de place pour les autres. La «  libre entreprise  » des marchés dans le domaine de la chanson conduit à un appauvrissement dramatique de la diversité culturelle : elle met en cause l’existence même de la liberté d’expression pour la très grande majorité des artistes français.

Mais je voudrais abandonner un instant l’univers des chiffres pour vous expliquer les motivations qui m’ont poussé, depuis deux ans, à intervenir sur ce sujet. C’est que j’ai découvert des artistes qui chantaient parfois depuis longtemps, des gens magnifiques, au talent remarquable, mais que le grand public ignore totalement car ils ne sont jamais passés régulièrement dans aucun média. J’ai déjà cité le nom de certains : Allain Leprest, Bernard Joyet, Christian Paccoud, Philippe Forcioli, Michel Arbatz, Michèle Bernard, mais il y en a des dizaines d’autres, tous pratiquant ce que j’appellerai la «  Chanson de paroles  » - du nom du festival de Barjac (2) - ou la chanson artisanale, tous victimes d’une injustice inacceptable.

Certains d’entre eux semblent avoir pris leur parti de cette situation. Alors ils œuvrent dans des petits lieux - cafés, restaurants, cabarets, festivals - en touchant un certain public qui les suit, mais qui, le plus souvent, ne leur permet pas de vivre dans des conditions acceptables, sans parler de la frustration éprouvée devant ce manque de reconnaissance.

Il leur arrive aussi d’être dans l’obligation de «  passer le chapeau  », retrouvant ainsi, dans les conditions d’exercice de leur métier, la situation du XIXe siècle  ! Nous nous étions pourtant battus, avec mes amis du Syndicat français des auteurs, pendant des années, pour que les cachets minimaux, en particulier dans les médias, soient appliqués sans contestation. Il paraît qu’aujourd’hui, lorsqu’un artiste est assez téméraire pour oser demander la même chose, on le regarde comme s’il proférait des injures  !

De cette situation il résulte que la nouvelle réglementation visant les intermittents est particulièrement injuste, car elle touche en premier les plus défavorisés d’entre eux. Il est juste de mentionner aussi que, même dans ces conditions, un certain nombre d’artistes arrivent malgré tout à atteindre une grande notoriété (souvent provisoire). Des exceptions qui confirment la règle.

Depuis deux ans, je suis donc intervenu à plusieurs reprises dans les médias pour alerter les responsables. L’ancien ministre de la culture, M. Jean-Jacques Aillagon, m’écrivait en mars 2003 : «  Cette situation me préoccupe autant que vous. J’ai, à cet effet, engagé l’élaboration d’un code de bonne conduite entre les radios et les producteurs privés et la mise en place d’un observatoire de la diversité musicale...  »

A l’heure actuelle, cet «  observatoire  » doit toujours être en train d’«  observer  », car j’attends encore le résultat de ces «  observations  ». Quant au «  code de bonne conduite  », il paraît que, sous l’égide du ministère de la culture, un projet d’accord - qui officialiserait la chose - aurait été rédigé, provoquant les réactions immédiates du Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) et de l’Union nationale des auteurs et des compositeurs (UNAC) : «  Nous sommes particulièrement choqués qu’un tel accord puisse être signé, entérinant ainsi des pratiques commerciales... que nous contestons absolument.  » Il est significatif qu’aucun représentant des artistes, auteurs et interprètes ne participait à ces réunions. Et l’on en comprend les raisons puisqu’il s’agit du phénomène gravissime des ententes verticales entre les grandes industries de production de disques alliées à celles de la communication qui seraient autorisées et porteraient ainsi un coup mortel à la diversité culturelle  !

Je n’entrerai pas ici dans le détail des mesures possibles pour remédier à la situation présente. Il en existe de nombreuses, proposées par les organisations professionnelles. Personnellement, je suis persuadé que les législateurs ou leurs représentants sont seuls capables d’établir les réglementations nécessaires pour assurer le pluralisme indispensable à l’exercice de notre démocratie.

Il y a eu à Paris, du 2 au 4 février 2003, une rencontre capitale de cent organisations culturelles internationales sur la nécessité de reconnaître la notion de diversité culturelle en France, mais aussi en Europe et dans tous les autres pays. Cette réunion fera date, car elle a montré que, sur le plan mondial, les professionnels réagissaient de manière très forte. Un comité de suivi a été mis en place, les réponses du ministre français de la culture et du président de la République, M. Jacques Chirac, ont été sans équivoque, totalement favorables à l’établissement, sur le plan légal international, d’une reconnaissance de cette diversité culturelle. C’est ainsi qu’à l’automne 2003 l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) s’est emparée du problème afin d’établir un texte qui, face aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), pourrait servir de base légale. Il est réconfortant de voir cette mobilisation des gens de culture pour affirmer que les produits culturels ne sont pas que des marchandises et que la diversité culturelle est un des points fondamentaux des droits humains et de la liberté.

Encore faut-il qu’en France les pouvoirs publics prennent les mesures indispensables pour la rendre possible. Non seulement dans le domaine de la chanson mais aussi dans toute l’étendue du champ culturel. Et c’est là que se posent les questions fondamentales. Quelle est la volonté du ministre de la culture et de l’Etat de mettre un frein à l’appétit dévorant d’une poignée de sociétés multinationales des industries culturelles et de la communication  ? Ne nous trouvons-nous pas devant une crise idéologique majeure entre la soumission ou la résistance au marché  ? Donc politique.

Je crains qu’à l’heure actuelle la soumission soit plutôt de mise, réduisant à néant les intentions affirmées par nos dirigeants. Je suis persuadé qu’il appartient à la gauche de s’emparer de cette question et d’en faire un point phare de son programme futur.

Jean Ferrat

Auteur-compositeur et interprète.

(1Universal, Sony, Warner, IMI, BMG.

(2Ce festival de chanson, qui se tient du 24 au 29 juillet 2004, à Barjac dans le Gard, fête cette année son dixième anniversaire.

https://www.monde-diplomatique.fr/2...



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