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Circulaire Valls : une régularisation au rabais qui ne règle rien !
par Le MRAP
Publie le vendredi 30 novembre 2012 par Le MRAP - Open-Publishing1 commentaire
Après de longs mois d’attente et quelques échanges inaboutis avec
syndicats et associations, la circulaire Valls sort au moment où
l’opposition de droite est provisoirement inaudible.
Point n’était besoin de ce luxe de précaution : les critères proposés
pour permettre la délivrance de titres de séjour aux étrangers privés du
droit au séjour par les lois de l’ère Sarkozy ne seront ni plus
généreux, ni plus respectueux des droits. Il s’agit d’une régularisation
de Gribouille. Elle conforte l’image d’un gouvernement qui sur tous les
terrains, du vote des étrangers aux élections locales à la politique de
l’immigration en passant par les contrôles au faciès, se refuse à la
confrontation idéologique avec la droite et l’extrême droite. Mais
refuser le combat, c’est le plus souvent laisser le champ libre à
l’adversaire...
La circulaire comporte certes quelques avancées et mettra un certain
nombre de familles, de salariés et de jeunes, présents depuis longtemps
sur le territoire français à l’abri des menaces d’expulsion.Mais c’était
déjà, le plus souvent, les pratiques préfectorales. Pour les autres,
rien n’est réglé !
Pour les parents, l’exigence de 5 années de présence, de trois ans de
scolarisation pour les enfants exclut un trop grand nombre d’entre eux,
les maintenant un peu plus longtemps dans les situations de détresse
morale et matérielle qui sont les leurs et celle de leurs enfants. Au
mépris des droits de l’enfant. Et ce n’est pas dans les critères «
salariés » que ses parents, ou les célibataires, pourront trouver une
issue : la plupart travaillent de façon non déclarée, un peu plus
exploités et précarisés encore, et rien n’est prévu pour eux.
Enfin pour les jeunes devenus majeurs, la circulaire passe aussi à côté
du but : en cumulant les exigences (années de résidence et de cursus
scolaire et/ou présence de parents en situation régulière pour permettre
la délivrance d’un titre pérenne), elle avance l’accès de droit au
séjour aux jeunes arrivés avant seize ans au lieu de treize
actuellement. Ce n’est pas indifférent, mais tous ceux qui connaissent
la réalité du terrain savent qu’un tel verrou laissera de côté un bon
nombre des jeunes que nous défendons.
Tous les autres se verront délivrer au mieux un titre « étudiant », dont
chacun sait qu’il ne règle rien à terme, ou seront menacés comme devant
d’une expulsion brutale !
* Que deviendront les jeunes qui sont venus rejoindre un frère, une
sœur, un oncle ou une tante et dont les parents sont encore dans le pays
d’origine ?
* Que deviendront les jeunes qui ont terminé leurs études, ou dont le
parcours scolaire a dû s’interrompre faute de titre de séjour, et qui ne
peuvent donc trouver un emploi ?
* Que deviendront les jeunes qui ont accepté, de guerre lasse, un titre
"étudiant" qui ne reflétait en rien la réalité de leur vie dans notre pays ?
* Que deviendront les mineurs isolés devenus majeurs, dont beaucoup
n’étaient pas pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, et qui sont
renvoyés à des dispositions de la législation qui ne règlent rien ?
Quant par ailleurs, le Ministre de l’Intérieur affecte d’abandonner la
politique du chiffre, mais ne cesse de s’y référer pour revendiquer un
nombre d’expulsions en augmentation et une stabilité des
régularisations, quand il se dote, avec la retenue de 16 heures, d’un
instrument dérogatoire du droit commun à l’encontre des étrangers sans
papiers, on est amené à un triste constat : en matière d’immigration, la
gauche est au pouvoir, mais c’est toujours peu ou prou la droite qui
gouverne.
Pour RESF en tout cas, et pour tous ceux qui le soutiennent, parmi
lesquels de très nombreux élus socialistes, l’heure reste aux
mobilisations de terrain pour imposer aux préfectures l’appréciation la
plus favorable des situations et surtout pour faire passer l’idée qu’une
autre politique est possible et nécessaire, plus généreuse et plus
respectueuse des droits fondamentaux.





Messages
1. Circulaire Valls : une régularisation au rabais qui ne règle rien !, 30 novembre 2012, 16:21
Ah bon ! Qu’attendaient-ils donc de la nouvelle droite au pouvoir et de son conducator Manuel ?