La réaction d’Israël ne se sera pas fait attendre. Hier, la Palestine obtenait le statut d’« Etat observateur non-membre » à l’ONU. Aujourd’hui, l’Etat hébreu annonce la construction de 3000 nouveaux logements dans les territoires occupés de Jérusalem-Est.
Israël ne fait que poursuivre un projet qu’il n’a jamais vraiment mis de côté. Selon l’ONG israélienne Shalom Arschav, plus de 2000 logements ont été construits entre le 29 octobre et le 30 novembre de cette année.
La construction de ces logements dans la colonie de Jérusalem-Est n’est d’ailleurs pas un hasard. Les observateurs voient dans ces nouvelles constructions une reprise du projet E1 qui consiste à construire à l’est de Jérusalem jusqu’à couper le nord et le sud de la Cisjordanie et couper ainsi les quartiers palestiniens de leur hinterland. Jérusalem-Est serait de cette manière encerclé dans sa partie orientale.
Le projet E1 : la fin des espoirs d’une solution à deux Etats
Une dirigeante palestinienne, Hanane Achraoui, a immédiatement condamné l’annonce de ces nouvelles constructions par les autorités israéliennes : « Il s’agit d’une agression israélienne contre un Etat et le monde doit prendre ses responsabilités », a déclaré à l’AFP Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). « Ce qui a été annoncé aujourd’hui n’est qu’une partie d’un plan de colonisation global », a-t-elle déploré.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui appelé à la reprise des négociations avec Israël, tout en réclamant l’arrêt de la colonisation. "J’ai dit mille fois que nous voulons reprendre les négociations et nous sommes prêts à le faire (...) mais il existe pas moins de 15 résolutions de l’ONU qui considèrent la colonisation illégale et comme un obstacle à la paix (...) Pourquoi ils (les Israéliens) n’arrêtent pas la colonisation ?", a déclaré M. Abbas à des journalistes à New York. "Nous avons désormais le droit de saisir la CPI mais nous n’allons pas le faire maintenant et ne le ferons pas, sauf en cas d’agression" israélienne, a-t-il ajouté.
Selon l’ONG pacifiste israélienne Ir Amin, le projet E1, s’il était mis à bien, équivaudrait à la fin des espoirs d’une solution à deux Etats pour les Etats-Unis et l’Union européenne.





