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Istanbul : la police antiémeute reprend le contrôle de la place Taksim
Publie le mardi 11 juin 2013 par Open-PublishingLes policiers ont pris d’assaut les barricades érigées par les manifestants, qui dénoncent la politique du gouvernement turc depuis douze jours. Le Premier ministre doit recevoir leurs représentants ce mercredi.
Des dizaines de policiers anti-émeutes ont repris le contrôle mardi de la place Taksim à Istanbul, siège du mouvement de protestation antigouvernementale qui secoue la Turquie depuis 12 jours, faisant un usage massif de grenades lacrymogènes.
Les policiers, secondés par des blindés munis de canons à eau, ont pris d’assaut les barricades érigées par les manifestants sur certaines avenues menant à la place, mais ne faisaient pas mouvement vers le parc Gezi, jouxtant la place, où des centaines de protestataires ont installé leurs tentes.
Le gouverneur d’Istanbul, Hüseyin Avni Mutlu, a assuré que l’objectif de l’opération n’était pas de chasser les manifestants du parc. « Notre intention est d’ôter les pancartes et les dessins sur la place. Nous n’avons pas d’autre objectif », a déclaré Hüseyin Avni Mutlu sur Twitter.
« On ne touchera en aucun cas au parc Gezi et à Taksim, on ne vous touchera absolument pas. A partir de ce matin, vous êtes confiés à vos frères policiers », a également affirmé le gouverneur, appelant les manifestants à « rester à l’écart des possibles méfaits » de provocateurs.
De nombreux jeunes se sont cependant répandus dans les rues proches de la place Taksim et ripostaient à la police avec des lance-pierres et des cocktails Molotov, tandis que les canons à eau sont entrés en action.
Erdogan va recevoir les manifestants
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a auparavant fait un premier geste concret lundi pour désamorcer la crise qui secoue le pays en acceptant de recevoir, mercredi, des représentants des manifestants qui exigent sa démission.
Au soir d’une nouvelle journée de mobilisation à Istanbul et Ankara notamment, le chef du gouvernement a surpris lundi en faisant annoncer sa première entrevue avec ceux qu’il présentait encore la veille comme des « extrémistes » ou des « pillards ».
« Notre Premier ministre a donné rendez-vous à certains des groupes qui organisent ces manifestations. Je crois qu’il en rencontrera certains mercredi », a déclaré le vice-Premier ministre Bülent Arinç à l’issue du conseil des ministres. « Ils seront informés des faits et notre Premier ministre écoutera ce qu’ils ont à dire », a poursuivi Bülent Arinç sans préciser le nom de ces groupes.
Sitôt annoncée cette ouverture, le porte-parole a adopté à nouveau un ton plus ferme en indiquant que « les manifestations illégales ne (seraient) plus tolérées en Turquie », sans fournir de plus amples détails. « Nous vivons dans un Etat de droit », a-t-il dit.
Le président Abdullah Gül a de son côté promulgué lundi soir une loi très controversée, véritable pied de nez aux manifestants, qui limite la vente et la consommation d’alcool. De nombreux contestataires en ont fait le symbole de la dérive autoritaire et de la volonté de Erdogan de vouloir « islamiser » la société turque.




