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Joue pas avec mes nerfs (video)

par Béranger, via Chico

Publie le vendredi 26 octobre 2012 par Béranger, via Chico - Open-Publishing
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Juste l’envie de partager une chanson de Béranger, ce genre de chanson dont on se dit, incrédule, qu’elle raconte exactement ce qu’on a au fond des tripes et des neurones, qu’elle récapitule notre pensée... qu’elle a d’ailleurs contribué à former.

Béranger, t’es pas passé sur Terre pour rien, bravo l’Artiste. Et merci !

Chico

JOUE PAS AVEC MES NERFS

 Joue pas avec mes nerfs
 J’ai un flip de travers
 Une arête dans l’gosier
 Je n’peux plus respirer
 Plein de trucs me sidèrent
 J’ai beau dire j’ai beau faire
 Parfois je me réveille
 Et je m’dis pourquoi faire

 Le vieux monde s’essouffle
 Il court après sa queue
 Il pédale dans l’yaourt
 Se noie dans la choucroute
 Le Shah se fait chasser
 Il part en pleurnichant
 Avec des milliards
 Ramassés dans le sang

 On aurait dû le pendre
 A un croc de boucher
 Le Shah se fait virer
 Par un vieux puritain

 Sorti du moyen-âge
 Lançant des anathèmes
 Planqué près de Paris
 Et le bon peuple l’aime

 Le rêve communiste
 Pourrit dans les goulags
 Le rêve d’Israël
 Est mort dans la haine
 Des jeunes gens par milliers
 Se tournent vers le chimique
 Le rêve hypodermique
 Nous kidnappe les meilleurs

 Je regarde ébahi
 Le grosse face bouffie
 D’un de nos dirigeants
 Qui remplit tout l’écran
 On dit qu’à quarante ans
 Un visage dit tout
 Ce que j’vois sur le sien
 Me donne des boutons

 Il est content de lui
 Tout va bien c’est la joie
 Ceux qui grognent ceux qui rognent
 Sont des mauvais esprits

 A l’Est rien de nouveau
 Les villes de Lorraine
 Deviennent villes mortes
 Pourrissant de colère

 Les cheminées qui fument
 Passent au rang des souvenirs
 Les chômeurs désoeuvrés
 Vont parfois s’balader
 Devant les grilles fermées
 A l’ombre des terrils
 Les milliards sont partis
 Là où c’est beaucoup plus rentables

 Je regarde une photo
 Du ghetto d’Varsovie
 Un p’tit môme en casquette
 Lève les bras bien haut
 Derrière lui un nazi
 Satisfait sûr de lui
 Lui braque dans le dos
 Son flingue indifférent

 Le visage de l’enfant
 C’est la terreur du monde
 L’innocence violée
 L’humanité bafouée

 La gueule du pourri
 C’est l’abus du pouvoir
 L’éternelle saloperie
 Tout pouvoir est maudit

 J’pourrais être l’enfant
 J’pourrais être le nazi
 Quel est le dieu vicieux
 Bien planqué dans les cieux
 Qui décide de tout ça
 Qu’on lui tire la barbe
 Qu’on lui crève les yeux
 Qu’on le balance au néant

 Un jour ça prévient pas
 On se réveille vieux
 On se réveille vide
 Des rides autour des yeux
 Des sanglots pleins la gorge
 Qui pèsent comme des pierres
 Un jour ça prévient pas
 On se retrouve seul

 Les amours sont parties
 On a pas su aimer
 On en voulait plusieurs
 On en a plus aucune

 Il faut n’en aimer qu’une
 Et choisir ou partir
 On a l’amour bizarre
 On sait pas l’exprimer

 Les voisins s’font la guerre
 Et ne parlent pas
 Au sous-sol c’est l’négro
 Au premier c’est l’catho
 Au second c’est l’Coco
 Au troisième c’est l’P.R.
 Au dernier c’est l’pédé
 On est tous à enfermer

 Y’a toujours des malsains
 Quelles que soient les époques
 Pour se dire nom d’un chien
 Qu’est-ce que c’est c’te galère
 Y’a toujours un malin
 Pour ramener sa gueule
 Pour penser pour chanter
 Que tout le désespère

 Que vraiment ça va mal
 Que c’est l’époque-charnière
 Qu’après ça rien n’va plus
 Que personne n’en peut plus

 Pourtant ça continue
 C’est ça qu’est fantastique
 Ça fait des millénaires
 Qu’on respire le même air

 Qu’on se tire dessus
 Comme des élastiques
 Que ça naît que ça meurt
 Que ça crie de douleur
 Et nous là-dedans on vit
 On s’salue on sourit
 On n’est pas des bestiaux
 Non le monde est vraiment beau

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