Accueil > L’imposture démocratique

L’imposture démocratique

par Jean-Pierre Dubois

Publie le samedi 8 décembre 2012 par Jean-Pierre Dubois - Open-Publishing
2 commentaires

3587224313.PNG

Luciano Canfora [1] observe à juste titre qu’en Occident le mot « démocratie », abusivement substitué à celui de parlementarisme, cache et recouvre le contraire de ce qu’il veut dire étymologiquement.

En réalité, ces régimes, dits démocratiques, sont dirigés par une élite représentant les classes économiquement fortes, la moyenne et la haute bourgeoisie. [2]

Leur vie politique est largement dominée par des facteurs extra-parlementaires (donc non démocratiques) comme en témoigne la similitude de l’action des gouvernements qui se succèdent au pouvoir. En dépit d’éventuels changements de majorité !

C’est en mettant ses « forces matérielles immenses » au service des rituels électoraux que cette élite parvient à s’entourer d’un consensus qui lui est favorable.

3264159380.PNGAinsi, le triomphe du nombre (la décision de la majorité) n’est qu’apparent car, comme le notait Antonio Gramsci : « Le décompte des voix est la dernière manifestation d’un long processus dans lequel l’influence maximale appartient aux centres de rayonnement les plus forts, aux élites décisives. »

Parmi les facteurs de ce rayonnement, il faut compter avec la toute-puissance des moyens d’information qui ont toujours été un des piliers structurels de la démocratie occidentale.

Or, la frontière entre la conquête et la manipulation de l’opinion publique est assez ténue.

Déjà, en 1947, de retour des Etats-Unis, De Gasperi, le chef du gouvernement italien, témoignait : « Qui possède la télévision gagne les élections ».

La domination politique des nantis qui prévaut en toutes circonstances dans les sociétés occidentales ne saurait donc, en aucun cas, être qualifiée de démocratie.

●●●

[1] Luciano Canfora est historien de l’Antiquité. Il est professeur de philologie grecque et latine à l’Université de Bari et directeur scientifique de l’École supérieure d’études historiques de l’université de Saint-Marin. Cet article utilise comme source un de ses ouvrages : L’imposture démocratique paru aux éditions Flammarion en 2003.

[2] On peut rapprocher cette forme de « démocratie » à celle qui prévalait dans l’Antiquité à Athènes quand une élite issue des classes marchandes dirigeait la république en se faisant périodiquement légitimer par les masses.

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

Portfolio

Messages

  • En effet, à mon humble avis peu de gens savent à part les curieux que par exemple l’élection du président de la République en France, au suffrage universel n’est "démocratique" qu’en apparence. Il a en fait la prépondérance législative sur les députés, qui sont eux les représentants légitimes du Peuple dans une démocratie parlementaire, alors qu’il est censé exercer uniquement le pouvoir exécutif.
    De même, par déformation, les partis politiques dits "démocratiques" donnent un pouvoir démesuré à leur premier secrétaire ou secrétaire général ou autre, par rapport aux représentants élus par leurs adhérents. Cela favorise et on le voit ici l’installation de groupes d’intérêts de classe, sous la houlette du plus déterminé d’entre eux, d’ oligarchies, dont les intérêts peuvent se rejoindre, malgré les nuances apparentes d’opinions qui relèvent plus de leurs personnalités et de leurs ambitions que de l’intérêt général des gens qu’ils disent représenter : l’UMPS n’est pas un mythe.

  • Il est évident que le régime parlementaire n’est que la caricature de la démocratie : les citoyens délèguent leurs pouvoirs à leurs représentants... Mais la constitution de 1958 (proposée par référendum par Debré-De Gaulle) n’a pas arrangé les choses. On voit le pouvoir exécutif dominer le pouvoir législatif, au point de mettre la démocratie à terre. Car il n’y a plus séparation des pouvoirs !
    Relisez le Contrat Social de J-J Rousseau.
    http://webduweb.free.fr/democrat.htm