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Le scandale de la maltraitance des pots de fleurs au 20H de France 2

par Le SNJ-CGT

Publie le samedi 15 décembre 2012 par Le SNJ-CGT - Open-Publishing
4 commentaires

Mercredi 12 décembre, en ouverture du journal, David Pujadas décide de parler de "ces débordements sur le site de PSA à Poissy, en marge d’une manifestation syndicale… 1500 suppressions de postes supplémentaires venaient d’être annoncées… Plusieurs dizaines de salariés sont entrés dans les bureaux… ils ont détruits du matériel…"

Le commentaire du reportage est à l’avenant. Rien sur les raisons de la colère des manifestants, rien ou presque sur l’annonce de la direction, la veille, de 1500 suppressions d’emploi supplémentaires. Par contre, on découvrira "les dégâts matériels (…) importants" (quelques pots de fleurs et une télé renversés !) causés, d’après la journaliste, par "plusieurs dizaines de sympathisants CGT (qui) pénètrent violemment dans le bâtiment. En une dizaine de minutes, ils renversent tout sur leur passage". Sur les images, on voit des manifestants marcher dans les couloirs et scander des slogans, où est la violence ? Dans trois pots de fleurs retournés ? Que signifie cette criminalisation des manifestants ? Pourquoi stigmatiser des "sympathisants CGT" ? A ce propos, comment reconnaît-on un sympathisant d’un militant CGT, il n’a pas (encore) de couteau entre les dents ?

Et quand la parole est donnée à Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, c’est pour lui demander s’il regrette de tels débordements. En 2009, pendant la lutte des "Conti" contre la fermeture de l’usine de Clairoix, David Pujadas avait déjà cru bon de demander à Xavier Mathieu, délégué CGT lui aussi, s’il "regrettait" les dégradations dans la sous-préfecture de Compiègne. Déjà, à cette époque, David Pujadas s’intéressait plus au sort des pots de fleurs et des écrans LCD qu’à l’avenir de centaines de salariés.

Il ne s’agit pas ici de passer sous silence les dégradations commises sur le site de Poissy, mais ces incidents sont avant tout le résultat de l’absence de dialogue social. Le groupe PSA joue le pourrissement du conflit. Si violence il y avait hier à Poissy, elle était dans les annonces de la direction : ce ne sont pas 8000 mais 11200 suppressions de poste qui vont avoir lieu. On comprend mieux alors la colère des salariés en lutte qui refuse d’avoir le Pôle emploi pour seul horizon.

C’est à la justice de juger si cette manifestation était "violente" ou pas. Et pour le moment, contrairement à ce qui a été dit dans le reportage, la direction de PSA n’a toujours pas porté plainte.

La semaine passée, un journaliste de France2 se faisait passer pour un sans domicile fixe dans les rues de Paris (équipé d’une caméra caché) pendant 48 heures pour tenter de décrire le quotidien des personnes à la rue en plein hiver. Invité en plateau, il s’est dit frappé par l’indifférence des passants à son égard. Et David Pujadas de conclure que la rue est "un monde très dur". Et bien justement, c’est ce monde "très dur" que refusent aujourd’hui tous les salariés en lutte dans ce pays. Ils manifestent à l’annonce de la fermeture de leur usine et protestent contre des plans sociaux mensongers. Ce sont des travailleurs qui osent relever la tête que la télévision publique comparait, hier soir, à des émeutiers.

Messages

  • David PUJADAS est un habitué pour décrier l’action syndicale !
    Son appartenance politique est bien connue et il ne se vante pas des
    personnes qui l’interpellent dans la rue, lui peignent son scooter ou
    autres, lui adresse des courriers .....
    Il règne en maitre sur le 20 heures depuis des années et barre la route à d’autres journalistes plus objectifs que lui (sans peine !)

    Nous avons un problème identique de dénigremnt et répression syndicale en Savoie par la police et la BAC qui ont interpellé 2 militants syndicaux devant l’usine de fabrication de camions de pompiers
    (IVECO CAMIVA) à St Alban Leysse qui va être délocalisée en ALLEMAGNE (ULM) fin 2012.
    L’un, de l’Union Locale CGT a été emmené de force au Commissariat pour déposition pendant 2 heures (prise d’empreintes,photos, accusations
    d’entrave)et le 2ème,de SUD Santé Sociaux (Solidaires) mis en garde à vue pendant plus de 8 heures et convoqué au TGI le 19 décembre pour "2 supposés délits" : voies de fait sur un véhicule de la Direction et refus de tests ADN
    Les syndicats Sud Solidaires et CGT appellent à un rassemblement
    unitaire devant le Tribunal de Chambéry (à 16 h 45)

    Le lendemain, intervention des forces de police "pour évacuer" l’entrée
    de l’usine et permettre aux camions italiens de la déménager !
    Le Préfet commandait les "opérations !"