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Les Patriot en Turquie pour une autre guerre ?

par Maxime Azadi

Publie le samedi 15 décembre 2012 par Maxime Azadi - Open-Publishing
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Les systèmes défensifs de missiles Patriot qui seront déployés en Turquie ne sont pas des mesures prises contre le régime de Bachar al-Assad, mais pour une autre guerre, selon le co-président du principal parti kurde syrien PYD, Saleh Moslim.

Les systèmes défensifs de missiles Patriot seront fonctionnels à la fin du mois de janvier, annoncent les responsables occidentaux. Ils font croire que ces systèmes seront déployés en Turquie pour éviter un débordement du conflit syrien.

Le régime détient des armes chimiques depuis 1992

« Début 2011, avant les événements en Syrie, nous avions conclu lors d’une réunion de notre parti qu’une intervention étrangère contre la Syrie n’était pas possible » a déclaré à l’ActuKurde Salih Muslim, chef du PYD.

« Car, le régime syrien détient des armes chimiques. Il ne s’agit pas d’une menace contre les syriens mais contre l’Israël. Des missiles Scud équipés de têtes chimiques ou biologiques sont déployés aux alentours de Damas. Ces missiles sont pointés vers l’Israël et ils sont placés sous la terre. Les détruire en un coup est impossible. Le régime utilisera ses missiles en cas d’une intervention. »

Il affirme que les missiles Scud sont déployés près de la frontière de l’Etat hébreu. « Une fois les missiles sont tirés, l’intervention des systèmes défensifs de missiles Patriot ne seront pas suffisants pour les empêcher car, les tètes chimiques seront de toute manière tombées à l’intérieur du pays puisque la distance est limitée. »

Cette menace contre l’Israël constitue une barrière devant une éventuelle intervention militaire étrangère, selon M. Muslim. « Mais si ces armes chimiques sont éliminées d’une manière ou d’une autre, l’intervention sera alors possible. En outre, les armes chimiques existent depuis 1992, mais ils (les occidentaux) en parlent aujourd’hui. »

Les systèmes Patriot sont contre l’Iran

Le chef du PYD écarte une éventuelle utilisation des armes chimiques contre la Turquie. « Ils ne seront pas utilisés contre la Turquie. Le but de ces systèmes défensifs de missiles Patriot qui seront déployés en Turquie est tout autre. Ce sont les préparatifs d’une autre guerre, celle de l’Iran. Les armes chimiques syriennes ne constituent pas une menace contre la Turquie, car le système de missiles de défense a une portée de 250 kilomètres. La distance entre Damas et Alep est de 300 km. »

Il a également affirmé que la Turquie ne peut pas lancer une opération contre la Turquie, puisqu’elle fait partie de l’OTAN.

L’ASL subit de lourdes pertes face aux kurdes

Par ailleurs, les kurdes syriens sont de plus en plus visés par des groupes armés soutenus par l’Occident et la Turquie, ainsi que les pays du Golf. Le 12 décembre, des centaines de membres d’au moins vingt groupes liés à l’Armée syrienne libre (ASL) sont entrés à Rass al-Ain (Serékaniyé en kurde) depuis la Turquie pour attaquer les kurdes. Subissant de lourdes pertes, la majorité des « rebelles » se sont retirés vers la Turquie. Le 14 décembre, ces « rebelles » ont du demander un cessez-le-feu, a-t-on appris de sources kurdes. Plusieurs dizaines de « rebelles » auraient été tués lors des affrontements. Jeudi 13 décembre, plus de 30 blessés parmi les « rebelles » ont été transférés dans des ambulances vers des hôpitaux de Ceylanpinar, ville kurde en Turquie.

Les groupes armés impliqués sont Kataëb Anwar Al Haq, Liwa Ahfad Al Rassoul, Conseil militaire de la Révolution de Raqqa, Kataëb Al Farouk, Kataëb Dire Al Djezire, Sheikh Islam Al Toumayma, Kataëb Ali Bin Abi Talib, Kataëb Al Alah Akbar, Brigade de Mergada, l’Office de sécurité de la révolution de Raqqa, Gouraba Al Cham, Brigade d’Al Adiyat, Brigade d’Al Abrar, Brigade de Shadadi, Brigade d’Ahrar Kheran, Divistion de Djind Al Haramayn, Brigade de Dir Al Shamal, Joundallah, les héros de Mandij et de Jarablous, Brigade d’Ahrar Al Tewaif .

Les Unités de défense du peuple (YPG), forces armes kurdes créées en juillet 2012, affirment avoir démantelé plusieurs domiciles, utilisés comme des bases d’attaques et avoir saisi des armes, des ordinateurs et des drapeaux turcs. Les affrontements se poursuivaient vendredi 14 décembre, se concentrant notamment dans le quartier arabe Mahat et sur la voie de Hassaka.

Les attaques contre les kurdes planifiées par la Turquie

« Ces attaques sont orchestrées par la Turquie pour objectif de rendre les kurdes inoffensifs » a déclaré Saleh Moslim. Pour lui, les groupes armés ont vécu l’illusion de la victoire après le retrait des forces de Bachar al-Assad, misant sur la défaite des kurdes. « Mais ils ont reçu des coups sévères face aux kurdes. Ils font croire que nous sommes avec le régime et n’arrivent pas à comprendre que les kurdes agissent de manière neutre et indépendante. Nous leur avions dit que si vous restez tranquilles, les forces kurdes ne lanceront aucune attaque. »

Il conclut : « Nous n’avons jamais voulu une révolution militaire en Syrie. Mais les autres, notamment la Turquie, ont transformé la révolte en un conflit armé. Il s’agit maintenant d’une guerre de pouvoir. Ce n’est pas une révolution que nous voulions. Ils s’entretuent maintenant. L’opposition externe (CNS) a été renouvelée à plusieurs reprises, parce qu’elle ne comprend pas les kurdes et les autres minorités. Cette opposition manque de soutien du peuple. Le peuple est avec nous, ne veut pas la guerre et ne voulait pas que la Syrie se transforme en un bain de sang. Mais le régime Assad est pour une telle guerre. Ils continueront à s’entretuer jusqu’à la victoire d’une partie. Nous ne sommes pas comme eux et voulons sauver le pays. »

-Quelle solution pour les kurdes et le Moyen-Orient ?

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