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Lettre ouverte des Syndicats Cgt à Aurélie Filippetti : rythmes scolaires
par Cgt Spectacle
Publie le vendredi 23 novembre 2012 par Cgt Spectacle - Open-Publishing1 commentaire
LETTRE OUVERTE à :
Madame Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication Madame Valérie Fourneyron, ministre des Sports
Monsieur Vincent Peillon, ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et de la Vie Associative
Mesdames, Monsieur les ministres
Le Snam-Cgt ( Union des syndicats d’artistes interprètes et d’artistes enseignants de la musique et de la danse CGT ) et l’USPAOC-CGT (Union de syndicats des personnels de l’animation, des organismes sociaux, sportifs et culturels CGT) sont affiliées à la Fédération Cgt du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle. Ils regroupent et représentent les intérêts moraux et matériels des musiciens, enseignants artistiques spécialisés, des professionnels de l’animation, du sport et les acteurs du lien social que ce soit dans la fonction publique territoriale , les écoles associatives, les « Dumistes » de l’Éducation Nationale, les centres de formations professionnelle s ou de loisirs ainsi que dans le secteur de l’animation, du sport, des centres sociaux et de la petite enfance.
Le gouvernement a mis en œuvre une réforme de l’Éducation Nationale qui semble débuter par une
modification des rythmes scolaires.
Dans le même temps d’autres préoccupations concernant l’Éducation Artistique et Sportive à l’école sont
soumises à la réflexion avec une volonté d’aboutir à l’élaboration de textes d’orientation sur ces sujets.
Nous partageons l’ensemble de ces préoccupations, et notamment la nécessité d’adapter la vie scolaire aux
rythmes des enfants et aux dispositions les meilleures pour leur santé, leurs conditions de travail, d’apprentissage et de disponibilité pour apprendre.
Pour autant, nous sommes convaincus que cette réforme des rythmes scolaires intervient sans que précédemment l’on ait mesuré ses conséquences sur les activités de loisirs et d’animation, de pratiques sportives, d’enseignement artistique spécialisé et de pratiques culturelles, sans oublier les conséquences au niveau du secteur de la petite enfance (mode de garde). En effet, ces secteurs seraient touchés de plein fouet par de telles dispositions avec des effets importants sur leurs rythmes propres et l’organisation de leurs
calendriers. Cela aboutirait à une désorganisation considérable de ces secteurs. Nous sommes certains que ce n’est pas le but recherché .
Au regard de notre représentativité au sein de ces différents champs d’activités et bassins d’emplois, nous vous demandons de bien vouloir surseoir à cette réforme et d’engager une concertation qui dépasse la seule communauté scolaire et s’ouvre à tous les secteurs périscolaires concernés.
Le SNAM-CGT et L’USPAOC-CGT ont, depuis longtemps, affirmé que la question des rythmes ne pouvait
être dissociée de celle des contenus des programmes scolaires.
Nous nous prononçons pour une véritable intégration de l’éducation artistique et sportive au sein de ces programmes et en particulier l’intégration d’un vrai cycle initial d’éducation artistique pour tous les élèves dans les programmes scolaires du primaire. De plus, ils nous semblent qu’une réflexion sur les politiques éducatives pendant les temps libres et de loisirs doit être entreprise concernant le jeune public.
La démocratisation de cet enseignement, étendu à toutes les classes d’âge, ne pourrait que bénéficier aux enfants et à leurs familles de toutes origines, de tous milieux, de toutes zones d’habitation . Cette ouverture des programmes , si elle se fait dès les plus jeunes âges et comme le prescrivent unanimement les sciences cognitives, ne peut que renforcer les capacités de chacune et chacun à apprendre et répond particulièrement pour ce qui est de la musique aux difficultés de nos concitoyens dans l’apprentissage des langues, que ce soit le français ou les langues étrangères.
A ce titre, l’association de l’éducation musicale à celle des langues devrait être portée au sein de l’UE par la France depuis qu’elle fait partie (2005) du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) qui privilégie l’approche culturelle et la démarche liée à l’action, et même s’il ne prescrit pas de méthodologie spécifique pour l’apprentissage des langues.
Il y a là un enjeu de société dont les réponses, orientations, propositions, élaborations et décisions relèvent bien d’une vaste concertation.
Une telle démarche engagerait de nombreux ministères, et donc le gouvernement, mais aussi les collectivités territoriales.
Bien évidemment cela nécessiterait du temps et des moyens, nous en sommes bien conscients . Mais à l’heure
où sont mises en chantier des lois de décentralisation, d’orientation sur la création, sa production et sa diffusion dans le spectacle vivant et les arts plastiques, sur l’école et sur l’éducation artistique, une telle volonté de réformes ne peut être entreprise par bout et par secteur, sans vision d’ensemble ni cohérence des unes vis à vis des autres.
Sans aucun doute la mise en œuvre de tels projets passera par l’adoption de mesures transitoires , étalées dans
le temps, voire sur les territoires.
Mais, et c’est tout les sens de notre expression, cela ne peut se faire si des décisions prises ici ou là entraînent
déjà des effets ailleurs sans que la concertation ne soit engagée.
C’est la raison pour laquelle nous souhaitons ici exprimer nos plus grandes réserves sur la méthode qui consiste à engager dans la précipitation une réforme des seuls rythmes scolaires sans partage ni débat avec l’ensemble des secteurs d’activité qui seraient directement concernés par ses conséquences.
Mesdames et Monsieur les ministres nous sommes bien certains que vos projets visent à redonner à la France une école et un système éducatif plus performants, plus ouverts et plus démocratiques. C’est bien parce que nous partageons ces mêmes desseins que nous vous demandons de prendre en compte les inquiétudes des secteurs que nous représentons et d’engager la large concertation que nous appelons de nos vœux.
Mesdames et Monsieur les ministres veuillez croire en l’expression de notre haute considération.
Le Snam-Cgt Marc Slyper Secrétaire Général– l’Uspaoc-Cgt Ahmed Hamadi





Messages
1. Lettre ouverte des Syndicats Cgt à Aurélie Filippetti : rythmes scolaires, 23 novembre 2012, 19:07, par Josip
Le but recherché, c’est réduire considérablement le nombre d’enseignants budgétivores du Primaire Public, afin de faire intervenir le plus possible des précaires mal payés par les collectivités locales ou par des "sous-traitants" souvent dissimulés en associations. Comme dans tous les services Publics un immense "plan social" est en marche dissimulé sous des annonces alléchantes. Le tout au bénéfice de la concurrence libre et non faussée.
Ils sont si aveugles que cela à l’Education Nationale ?
Après Leclerc et Mac Donald "bienfaiteurs" autorisés de nos kermesses, pourvoyeurs de petits services rendus lors d’activités extra-scolaires, nos amis socialistes poursuivent l’oeuvre éducative libérale entreprise depuis fort longtemps, à l’encontre de ceux qui leur ont laissé la majorité.