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Manu Chao, un nomade contemporain
par Norbert GABRIEL
Publie le dimanche 23 décembre 2012 par Norbert GABRIEL - Open-PublishingManu Chao, un nomade contemporain, par Véronique Mortaigne
S’il y a des biographies de chanteurs qu’on peut expédier en une soirée, et dont il ne restera qu’un peu d’écume anecdotique, ce n’est pas du tout ce qui vous attend dans le portrait de cet artiste embarqué par nature et par histoire personnelle familiale, dans le carrousel du monde et de ses convulsions parfois incohérentes.
Mais la vie de Manu Chao est cohérente, citoyen d’une planète en péril, résolu à accompagner les mouvements altermondialistes, dès sa jeunesse la musique sera le levier et le moyen de ses convictions.
Dans une contestation musicale qui se traduit d’abord par la création de tous les mouvements des alternatifs des années 1985-90 quand les groupes comme Los Carayos, les Bérus, les Garçons Bouchers, La Mano Negra, Les Casse Pieds, remettent tout à plat dans leur approche de la musique. C’est festif, mais pas seulement, c’est enragé, mais pas seulement, c’est engagé, au sens de Camus, l’artiste est un citoyen embarqué, un témoin, et dans son cas, c’est un témoin actif. En ce sens qu’il ne refuse pas de voir ce qui se passe, sous couvert de neutralité artistique.
Un exemple : dans sa tournée au Mexique Manu Chao se voit plébiscité par les foules suite à un concert dans un festival qui a failli lui valoir l’expulsion. Il faut savoir que très peu de temps avant, le président Sarkozy a fait un voyage au Mexique, très diversement perçu dans différentes opinions publiques, et en conséquence, la tournée de Manu Chao prend une importance inattendue par ses répercussions. Entre autres par les liens qui vont se créer avec le sous-commandant Marcos, une sorte de révolutionnaire poète, qui a plus usé de la parole que des armes dans son action.
Véronique Mortaigne met en perspective cet ensemble avec précision, sans que ce soit non plus un livre politique, c’est un parcours riche et intense, d’un glandeur magnifique qui n’arrête pas de bouger et de mettre son art dans la vie, et la vie dans son art.
Mais que ce soit au fond d’une forêt ou dans un quartier de Tijuana, Manu Chao est connecté en permanence avec le reste du monde, Internet est toujours là pour relayer ses rencontres, raconter ses projets, démultiplier les actions.
Ce livre peut être lu à plusieurs niveaux, suivre le parcours du musicien de Boulogne-Billancourt aux forêts sud américaines, avec les poètes du Nordeste et du Sertao brésilien, l’Espagne et l’Afrique, ou bien suivre les mouvements révolutionnaires altermondialistes, voyager avec ce nomade contemporain, sans frontière ni tabou.
Ce livre, on peut le lire en plusieurs fois, y revenir pour revoir plus en détail ce qu’on a survolé une première fois. D’ailleurs j’en suis là, je l’ai lu d’une traite une première fois, ensuite, il y avait des choses que j’avais envie d’approfondir, et ça dure depuis 15 jours, et je n’en ai pas encore tiré toute la substantifique moëlle.
Mais c’est Noël dans quelques jours, et vous avez probablement un ou deux cadeaux à faire ou à vous faire. Si vous aimez la musique et les chevaliers errants utopistes et néanmoins réalistes, c’est pour vous. Et si vous ne les connaissez pas bien, ces nomades contemporains, c’est le moment de les rencontrer, avec Manu Chao vous en avez un de première qualité. Hasta luego, y revoluciόn !
Et suivez le, c’est là http://www.manuchao.net/




