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QUAND LES DISCUSSIONS DE SALON FONT FI DE LA REALITE A LA POSTE.

par DUPIN Bernard Administrateur CGT Groupe La Poste

Publie le vendredi 7 décembre 2012 par DUPIN Bernard Administrateur CGT Groupe La Poste - Open-Publishing
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Plus de 3 mois après le compte rendu de la commission Kaspar et face à la situation de crise économique et sociale qui traverse La Poste, aucune prémisse d’un début de proposition de décision concrète présentée par les dirigeants de l’entreprise n’a encore vu le jour.

Alors que des mesures immédiates comme l’arrêt des réorganisations, la fin des suppressions d’emplois et l’embauche immédiate en CDI de tous les CDD et intérimaires s’imposent, la Poste axe toujours les discussions avec les organisations syndicales autour d’une méthodologie qui renvoie les décisions à ... plus tard.

Pendant ce temps, le service après vente du rapport Kaspar est assuré en dehors de l’entreprise.

Entre amis

Ainsi, le 20 novembre 2012, Monsieur Kaspar en personne participait à une conférence sur le rapport de la commission présidée par lui-même et organisée par l’Observatoire Social International, dont il est Vice-président. On n’est jamais aussi bien servi que par soi même !

Participaient à cette réunion, de nombreux DRH de diverses entreprises et le Président de La Poste Jean-Paul Bailly accompagné de Madame Dominique Blanchecotte à la fois Directrice de Cabinet et Médiatrice de la Vie au Travail.

Déjà, l’annonce de la création d’une commission du « Grand Dialogue » à la Poste le 27 mars dernier, n’avait pas convaincu car un soupçon de partialité pesait sur Jean Kaspar qui œuvrait comme expert pour « Entreprise et Personnel », un réseau d’entreprises consacré à la gestion des ressources humaines...présidé par Jean-Paul Bailly et où intervenait également Georges Lefebvre, l’actuel Délégué Général du groupe.

Même si Jean Kaspar refuse de partir du constat d’une crise majeure, cette crise est pourtant bien réelle, une crise que la réponse du PDG de l’entreprise à son personnel effleure à peine, lorsque tel Lombard en son temps à France Télécom, il continue à affirmer vouloir poursuivre les changements qui en sont la cause.

Dans un contexte semblable, à France Télécom, le gouvernement précédent avait nommé un nouvel administrateur et décidait de superviser une enquête externe en profondeur sur la situation de l’entreprise.

Force est de constater aujourd’hui que les dirigeants de La Poste poursuivent sans trop d’obstacles de la part de la tutelle, une politique de changement aux effets pathogènes, qu’une enquête maison s’empresse de valider dans les grandes lignes.

Les postiers apprécieront qu’alors que leurs représentants négocient en interne les contours de ce que pourrait être un accord suite au « Grand Dialogue », le PDG de La Poste se permette de juger à l’extérieur de l’entreprise, des « relations sociales à la française » qui conduiraient les organisations syndicales à La Poste à refuser de s’engager par crainte de cautionner les suppressions d’effectifs.

Il est toujours plus facile en externe et sans contradicteur, de pointer d’éventuelles insuffisances syndicales pour expliquer la situation où se trouve La Poste aujourd’hui et de dénoncer « la distance à parcourir par rapport à d’autres pays » pour se rapprocher du syndicalisme allemand, danois ou suédois qui serait, lui, capable de peser sur la situation.

Coopérons, coopérons vous dis-je !

Donner des leçons de syndicalisme quand on se retrouve entre amis n’a jamais été un bon signe de recherche de solutions.

C’était pourtant prégnant dans les déclarations et en particulier celles de Jean Kaspar qui se vantait d’avoir rappelé aux syndicats de La Poste « que les pères fondateurs du syndicalisme avaient pour ambition l’émancipation et la responsabilisation des salariés. Une organisation syndicale ne peut se contenter d’une telle attitude. Une révolution culturelle est à opérer, qui suppose une réflexion stratégique ».

Voilà la solution. Nous devons tous coopérer à l’élaboration d’une même politique qui est la seule possible et à la mise en place d’une seule et même stratégie.

C’est la solution trouvée parce que parait il, « notre troisième millénaire marquera l’histoire de l’Humanité si nous sommes capables de développer des stratégies de coopération ».

Pour un changement de cap à La Poste.

La Cgt, si elle avait été présente aurait pu au contraire expliquer que loin « d’être en surplomb », elle invite en permanence chacune et chacun de ses syndiqués(ées) et le personnel à prendre sa place dans l’action et l’activité syndicales, à s’y investir, à s’y épanouir selon ses souhaits et ses possibilités . Car la Cgt, ce n’est pas " les autres ", qu’ils soient responsables ou délégué(e)s, élu(e)s ou mandaté(e)s ; la vraie force de la Cgt, c’est l’action conjuguée et cohérente de ses adhérents pour améliorer la situation de toutes et tous.

Soumise à la logique du profit, la société actuelle est en effet traversée par la lutte des classes et par de multiples contradictions dont les conséquences conduisent dans des entreprises comme La Poste à des inégalités et exclusions majeures ainsi qu’à des affrontements d’intérêts et à des drames.

Les salariés ont besoin de se rassembler comme tels pour se défendre, conquérir leur émancipation individuelle et collective.

C’est tout le sens de la journée de mobilisation à l’appel de la CGT, le 13 décembre 2012, pour peser sur les négociations interprofessionnelles portant sur les retraites complémentaires et la « sécurisation de l’emploi » où le MEDEF ne recherche en fait qu’à licencier plus facilement.

Loin des gentilles discussions de salon, les postiers veulent voir en effet un changement de cap radical dans les orientations de la politique de La Poste.

Portfolio

Messages

  • La CFDT est le syndicat "Jaune" qu’il nous FO, nous avons tout à craindre de ces "syndicalistes" reclassés auprès du MEDEF dont le rôle est de nous faire entrer de force dans l’idéologie de l’entreprise dont il faut revendiquer intégralement le retour au Public. "La Poste" continue parce qu’elle a des ordres venus de son encore patron l’Etat. Et ce n’est pas le PS qui a lancé sa privatisation qui va s’opposer àcette politique destructrice puisque elle est destinée à vendre notre Service Public pour "réduire la Dette" bref pour satisfaire les "investisseurs" financiers. Ces concertations sont du bidon et de l’argent dépensé exclusivement au profit de ces bandits contre les travailleurs de La Poste.