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QUE MILLE KYSTES S’EPANOUISSENT !!! (Luttes Chômeurs Ariège)
par Jules Elysard
Publie le mercredi 19 décembre 2012 par Jules Elysard - Open-PublishingBulletin d’information populaire ariégeoise Année 2012
Dépêche du 15-12-2012
QUE MILLE KYSTES S’EPANOUISSENT !!!
« De quel droit celui qui n’a rien s’enchainera t-il sous un pacte qui ne protège que celui qui à tout ? »
Sade
C’est ce jeudi soir 13 décembre que se tenait à Pamiers la énième parodie de débat démocratique, organisée sous la présidence du président socialiste du Conseil Général, Mr Bonrepaux (le père, le fils lui est président de la communauté des communes de Foix).
Suite aux propos méprisants réitérés de la part de ce monsieur par la voie de cette presse au service des notables locaux, les personnes présentes n’ont pu que prendre acte, une fois de plus, de la parodie de discussion citoyenne et du plus profond mépris envers ceux qui font les frais de ces politiques imposées depuis des décennies au bénéfice d’une minorité de nantis et de tous ceux qui les servent.
Rapidement, en effet, il s’est avéré que l’exercice de « démocratie participative » ne consistait en réalité qu’en une petite leçon de pédagogie à sens unique, du maitre à l’adresse de ses obligés. Un dialogue sans interlocuteur en somme, mis à part ceux choisis par ce monsieur et qui constituent l’habituel petit parterre de courtisans plus ou moins moribonds.
Ni décidé à demeurer réduit au silence et à l’invisibilité qui fait la condition de subalterne, ni non plus à participer complaisamment à cette farce, la parole a dû être arrachée à ce personnage préférant répondre à des questions virtuelles et triées à l’avance, plutôt que de considérer l’urgence majoritai- rement exprimée par nombre des personnes présentes physiquement à cette réunion publique, touchant pour certains aux conséquences sociales très actuelles des politiques menées par « nos responsables ».
En soi, c’est toujours un événement politiquement assez prodigieux de voir se constituer collectivement ceux qui alternent entre travail précaire, chômage et minima sociaux..., malgré l’épreuve de conditions matérielles et psychiques dégradées dans lesquelles ils sont tenus. Symétriquement, pour l’oli- garchie, ceci constitue la condition politique même de son maintien aux « affaires ». dans ce monde où les liens tendent à devenir intégralement médiés par la logique de valorisation marchande, intervenir collec- tivement redonne ici une certaine consistance au mot de « dignité », dans un monde où règne la connivence aux intérêts bien compris, le consensus et le non-sens.
La posture autistique dans laquelle s’est muré alors le gérontocrate représentant de « l’intérêt général » ne constituerait sans doute au fond qu’un spectacle pathétique si on pouvait accorder quelque crédit à ses propos, notamment lorsqu’il affirme ne pas être responsable tout en assumant par ailleurs pleinement d’invectiver et de désigner les plus exposés à la misère comme étant une charge intenable pour la collectivité, surfant ainsi allègrement sur la division entre pauvres et plus pauvres qu’eux, au grand bonheur de ses amis.
Mais de « collectivité », d’ « intérêt général », de « citoyenneté », de « devoirs », qu’en est-il dès lors que du Parti socialiste à l’extrême droite, la même ritournelle politique sécuritaire et de stigmatisation fait leur unique et même fond de commerce, leur ultime façon de prolonger leur règne dans le vaste désert de liberté, d’égalité de fraternité qu’ils ont activement participé à construire et à maintenir ?
la voix des subalternes, ce monsieur et son parti, son gouvernement aussi, il faut également en prendre acte, ils sont donc plus que jamais incapables de l’entendre. Les positions respectives de chacun dans cet ordre sordide et irrespirable qui est donc légitimement le leur, apparaissaient encore avec éclat ce jeudi soir et laissaient chacun apprécier combien était tangible un irréconciliable antagonisme. la bourgeoisie, ainsi que ses laquais, sur tout le large spectre des affamés de pouvoir, trouve « ubuesque », taxe de « tricheurs »... des gens « aux obscures motivations » dont ils ignorent tout des conditions quotidiennes d’existence et au nom desquelles
pourtant ils s’autorisent toujours à parler. sans doute, le sentent-ils bien, toute la richesse sociale et créative dont les existences de ces personnes sont porteuses et auxquelles elles n’ont pas renoncées, ne peut qu’être fatal à l’ordre sur lequel toute cette oligarchie trouve à se gaver.
Tant leurs caprices d’aéroport et leurs projets d’expansion proprement sur- réaliste dans un monde où les ressources s’épuisent, leurs partenariat public-privé pour toujours élargir le parc pénitencier où le surplus humain est traité comme de la merde, leur politique sociale, l’action inquisitoriale et le pouvoir discrétionnaire de leurs street- level buraucrats, leurs travailleurs sociaux dont la déontologie n’est apparemment pas opposable au fait de travailler en étroite collaboration avec la police ici en Ariège et ailleurs... tout cela est révoltant. Tout cela est le prix à payer rétorque-t-on à l’envie, tout cela serait un regrettable mais inévitable - autant qu’absurde - sacrifice.
La fameuse « contre- partie », les « devoirs » dont doit s’acquitter éternellement l’exploité non repentant, astreint à endosser le poids d’une dette infinie afin de redorer sans cesse la bonne conscience du petit bourgeois, afin de mieux les absoudre de toute leur responsabilité autant pour ce qui concerne leurs petits actes pervers que pour ce fiasco planétaire aujourd’hui incontestable. Aux populations donc de s’adapter aux politiques de ces exploiteurs -expropriateurs qui, au fur et à mesure qu’ils concentrent les richesses, dépossèdent d’autant des conditions nécessaires à l’existence la masse grandissante du surplus humain. Ainsi, c’est aux populations de s’adapter aux conséquences des disparités socio-économiques relatives et conséquentes au découpage territorial des « compétences ». Mais Le problème des budgets sociaux onéreux de ces « collectivités » n’est pas celui de la masse toujours grandissante de la population qui en fait les frais. Le problème de l’intérêt général en réalité c’est cette oligarchie ; la crise c’est eux. Et la nécessité irréductible de ne pas être dépossédé des moyens nécessaires à la production et reproduction de l’existence à la fois individuelle et collective implique nécessairement sa mise en cause, puisque elle-même ne veut rien entendre.
D’où évidemment, que Mr Bonrepaux ne soit pas un interlocuteur prompt au dialogue et qu’il n’ait surtout pas envie de devoir reconnaître que lui et ses amis capitalistes sont en fait un obstacle, la honte et non la « fierté des nations ». Toutes ces mises en scènes parodiques n’ont pour objet profond que la conjuration obsessionnelle de ce qui s’affirme irrépressiblement, à savoir que ce système économique et politique dont l’autorité fait l’aura de leur auguste personne d’« élu » se soutien d’un gâchis inextricablement humain et environnemental. toutes les richesses, humaines, techniques et naturelles sont mises au service d’une croissance insoutenable au prix d’entrainer leur destruction et leur mutilation. Cela, pour le seul profit d’une minorité toujours plus arrogante et décomplexée.
Les existences précaires du monde entier, n’ont pas à rougir et à se cacher mais à frayer la voix salutaire qui exige la liquidation de cet obstacle. Et ce n’est vraiment pas les 10 % d’augmentation concédée aux RSAstes tout récemment qui les rendront plus reconnaissants envers un tel geste de bonne conscience du bourgeois qui veut bien admettre que le parasite social, qui est sa création la plus réussie et le gage de sa réussite, n’est pas totalement indigne pour autant. D’autant moins reconnaissant quand ces RSAstes (« gens de mauvaise foi ») savent que ces dernières années les riches ont captés 21 milliards et les pauvres ont perdus 5 milliards dans la répartition des revenus. De même il en manquera de beaucoup que les éternels emplois aidés répondent au besoin d’avoir un avenir pour la jeunesse populaire, quand bien même on choisirait de l’appeler « contrat d’avenir ». à l’instar de la rage à jamais inassouvie au cœur de ces cités sans soir qui portent parfois un nom de fleur, la distorsion est ahurissante.
De tout cela qu’en dit Mr Bonrepaux ? Rien. Et même s’il le voulait, de toute manière il fait partie de ceux qui ne peuvent plus entendre. Incurable disent les experts. Il s’est alors satisfait de couvrir de sa voix sonorisée les interpellations, forcément bruyantes de ce fait. Ubuesque. Au final, on pouvait constater que ces vulgaires dispositifs d’autopromotion, et malgré le secours « désintéressé » de leurs organes de propagande bêtes au moins autant que méchants, ne font plus guère écran pour le nombre croissant de ceux qui n’ont plus rien à perdre et dont la survie implique de vivre une vie illégale. De ces illégalismes, les tenants de l’ordre, eux, savent bien profiter impunément (on estime par exemple à 26 000 milliards d’euros l’évasion fiscale dans la monde) tandis que la répression s’abat sans discernement sur les faibles.
En reprenant ce terme de redoutable vulgate organiciste du corps social malade portée par leur ministre de l’intérieur, on peut constater que certes les « kystes » se multiplient. Oui, on pourrait presque dire que la classe laborieuse se confond de nouveau avec la classe dangereuse, comme on confondrait aisément une ZUS (zone urbaine sensible) et une ZSP (zone de sécurité prioritaire) en s’y promenant (ce qui arrive rarement c’est vrai). Telle serait la « normalité » dans le meilleur des mondes possibles, à présent lourd de conflictualité.
Ah, le monde serait tellement normal et la démocratie un objet de jouissance exclusive s’il n’y avait pas la manifestation intempestive de CAFCA (https://cafca09.noblogs.org/) et de tant d’autres. Ceux qui n’ont qu’un œil (celui qui rapporte) peuvent bien n’avoir calculé de retenir que les vertes invectives déversées intempestivement dans un monde d’amour et de fraternité. Que tous ces scélérats se rassurent cependant, car chez nos amis grecs, dans ce beau pays berceau de la démocratie, les élus du peuple se rendent à leur office en hélicoptère pour éviter le lynchage.
CEUX QUI RESISTENT DANS LE MONDE ET VERTEMENT SONT L’ESPOIR





