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Tarifs du gaz : Les associations de consommateurs ont elles leur mot à dire ?
par nono
Publie le jeudi 13 décembre 2012 par nono - Open-PublishingSi on ne peut que se satisfaire d’une remise à plat de la formule obsolète de calcul du prix du gaz, on reste sur sa faim sur le rôle que fait jouer le gouvernement à la concertation. En effet, La ministre de l’environnement a présenté des mesures en trois points. Elle a entrouvert timidement la porte à une discussion avec les associations de consommateurs sur la création d’une clause de sauvegarde destinée à maîtriser ponctuellement l’augmentation trop forte du prix du gaz et du pétrole.
Depuis quelques temps on voit bien que l’Etat tente de reprendre la main sur le dossier énergie tout en se gardant de « fâcher » les grands groupes plus que jamais engagés dans la mondialisation. D’ailleurs Gérard Mestrallet s’exprime toujours de la même manière lorsqu’il souhaite une augmentation des tarifs du gaz : « Mon groupe perd de l’argent et c’est pourquoi les tarifs doivent augmenter de… ».
Le président de GDF-SUEZ n’en fait pas mystère la France n’est pas sa priorité et les investissements dans l’hexagone vont continuer à baisser.
De plus celui-ci recentre son groupe sur l’énergie au détriment d’autres filières tel que l’eau ou les déchets.
En tant qu’interlocuteurs, les associations de consommateurs ont beaucoup perdus depuis 5 ou 6 ans. Les lieux de discussions se sont amenuisés fortement. Il n y’a plus de représentant officiel au sein de la Commission de Régulation de l’Energie et la dernière audition sur le projet de révision de la formule tarifaire du gaz remonte à plus d’un an. Les nominations dans des organes consultatifs deviennent rares et sont parfois très controversées. Trop souvent on a ménagé les susceptibilités des uns au détriment des autres. Le plus flagrant a été sans nul doute la non réponse du gouvernement pour aider les personnes en situation de précarité qui se chauffent au fioul. La diabolisation des énergies fossiles a eu raison de la détresse de millions de personnes. Plutôt que de jouer au chat et à la souris il aurait fallut jouer carte sur table et instaurer un vrai débat. Le « Collectif chauffe qui peut » animé par INDECOSA-CGT a fait ce constat que bons nombres d’élus locaux sont conscients de l’envolé du prix du fioul mais rechignent à porter les réclamations des usagers pour éviter toute polémique sur leur territoire avec les partisans d’une énergie « décarbonée ». Ainsi plutôt que de trouver des solutions alternatives pourvoyeuses d’emplois et qui nous assureraient à terme une meilleure indépendance énergétique on se contente de dire que la seule solution c’est de se serrer la ceinture.
Si l’on veut redonner confiance aux consommateurs il est fondamental de jouer au maximum la carte de la transparence et de la justice sociale :
Pourquoi ne pas le faire à l’occasion de la reforme sur la fixation des prix du gaz ?
Dans les propositions faites par la ministre il est question de réviser annuellement la formule tarifaire du prix du gaz. On s’oriente probablement vers un « round » à trois entre l’Etat, la CRE et Suez.
Pour INDECOSA-CGT les associations de consommateurs doivent à cette occasion pouvoir jouer un rôle. Elles pourraient par l’intermédiaire du Conseil National de la Consommation (CNC) rendre un Avis qui serait pris en compte avant la promulgation de l’arrêté définitif.
Arnaud Faucon
INDECOSA-CGT




