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Un livre témoignages sur les essais atomiques aux USA dans les années 60 - pdf
Publie le dimanche 2 décembre 2012 par Open-Publishing– "American Ground Zero - La guerre nucléaire secrète" de Carole Gallagher, 1993. Ce livre paru aux Etats-Unis a été traduit en français à l’initiative de deux membres d’un groupe antinucléaire parisien. Il fut proposé à divers éditeurs, grands, comme petits. Tous ont renoncé à le publier, essentiellement semble t-il pour des raisons financières. C’est pourquoi ce livre est maintenant diffusé en PDF sur Internet.
Extrait page 40 :
Après l’essai, quelques gars de la section eurent des
motifs supplémentaires d’être choqués et épouvantés. Alors
qu’ils balayaient la zone pendant leurs manoeuvres, certains
d’entre eux avaient vu des cages et des clôtures. Certaines
contenaient des animaux brûlés au point d’en être rendus
méconnaissables. Quand Carter m’a dit que les autres renfermaient
des êtres humains menottés et enchaînés aux clôtures,
je commençai à douter de sa crédibilité. Je savais qu’un aspect
clinique de la dépression profonde était la paranoïa, et peutêtre
même la détonation avait-elle déclenché chez lui un épisode
psychotique. Peut-être s’était-il agi d’une sorte d’hystérie
de masse chez des hommes soumis à un stress psychologique
et physique aussi dur.
Toutefois, pendant les trois années suivantes, je recueillis
la même histoire, chaque fois venant d’hommes ayant participé
au tir de Hood. Le récit du sergent des Marines, Israel
Torres, figurant dans un dossier juridique constitué par l’avocat
William A. Fletcher et publié dans le Whashington Law
Review, était identique à celui de Carter. Effectivement, quand
les soldats déclaraient avoir vu des restes d’êtres humains brûlés
et entravés sur le champ de bataille nucléaire, on les soumettait
au même programme de “déconditionnement” psychiatrique.
J’ai vu une autre chose horrible... Là-bas dans le désert
après avoir été décontaminés et nous être installés dans nos
camions. Nous n’avions fait que peu de chemin quand l’un de
mes hommes a dit : “Bon Dieu, regardez ça !” Je regardai
dans la direction indiquée et ce que je vis m’horrifia. Il y avait
des gens sur une palissade - une clôture faite de chaînes avec
du fil de fer barbelé attaché au sommet. Leurs cheveux tombaient
et leur peau semblait peler. Ils portaient des jeans mais
pas de chemise... Mon Dieu, mon Dieu, c’était épouvantable.
Alors que j’étais à l’hôpital, je dis à mon infirmière ce que
j’avais vu. Le lendemain lorsque le docteur m’examina, il dit :
“l’infirmière m’a raconté une histoire peu banale. Parlez-moi
de ces gens que vous dites avoir vu au site d’essais du
Nevada ?” (on questionna Torres à deux occasions pendant les
deux jours suivants. Il pensait qu’un des enquêteurs était un
psychiatre)... Ils me transférèrent à l’hôpital naval Balboa à
San Diego (où 4 hommes le questionnèrent longuement). Je
racontai l’histoire des gens attachés par une chaîne derrière la
clôture. Ils me dirent que mon imagination me jouait des tours.
L’un d’entre eux me traita de menteur et m’introduisit de force
une grosse pilule dans la gorge.
J’ai dû être drogué pendant plusieurs jours, parce que je me réveillai au Camp Pendleton à l’hôpital. Le jour où je le quittai pour retourner à mon unité,
un docteur me dit de ne pas répéter l’histoire “bizarre” au
sujet des gens que j’avais vus. Il me dit que si je le faisais, il
lui faudrait examiner l’affaire et que je serai exclu du corps
des Marines4.
A noter que les militaires français ont fait à peu près la même chose en Algérie avec les "pelo" (personnel local) et un certains nombre d’appelés.




